AccueilAccueil  ­GalerieGalerie  ­FAQFAQ  ­RechercherRechercher  ­MembresMembres  ­S'enregistrerS'enregistrer  ­GroupesGroupes  ­ConnexionConnexion  
Partager | 
 

 Les positions de la Mouvance Ravalomanana

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
R@koto
Modérateur
Modérateur


Masculin Nombre de messages: 3925
Localisation: dans la brousse
Date d'inscription: 27/09/2005

MessageSujet: Les positions de la Mouvance Ravalomanana   Jeu 8 Oct - 17:28

dans le Courrier de Madagascar du 08 octobre 2009


source : http://www.courriermada.com/spip.php?article2034

Citation:
COMMUNIQUE : Aux Membres de l’Equipe Conjointe de Médiation et du Groupe International de Contact pour Madagascar
8 octobre 2009 par


La Mouvance Ravalomanana entend faire valoir comme suit sa position au stade actuel des négociations et des opérations d’évaluation :

1.la Charte de Maputo, et par référence à sa propre jurisprudence instaurée au cours du processus des présentes négociations qui ont initialement pris en compte l’opposition de la Mouvance Rajoelina, exige, pour l’adoption de toute décision à caractère consensuel et inclusif, l’accord parfait de toutes les parties. Or, à ce jour tel n’est pas le cas au vu de notre ferme opposition, pour les motifs maintes fois réitérés, à l’accession de la personne de M. Rajoelina et de tous les auteurs de coup d’Etat à la Présidence de la Transition conventionnelle,
2.la Mouvance Ravalomanana met l’ensemble des parties en présence en garde contre toute atteinte aux valeurs fondamentales qui doivent régir ladite Transition conventionnelle, et contre toute violation des accords et des principes contenus dans les instruments politiques et juridiques auxquels Madagascar fait partie et qui garantissent la permanence desdits valeurs et principes, notamment par l’interdiction à tout auteur d’un coup d’Etat d’accéder ou d’être confirmé à de hautes fonctions publiques,
3.la Mouvance Ravalomanana rappelle l’intangibilité desdits valeurs et principes, imposés de façon constante par la Communauté internationale elle-même comme étant incontournables dans le mode de résolution actuelle de la crise malgache, et sans lesquels toute dérive serait permise à Madagascar et en Afrique aux plans institutionnel et politique,
4.la Mouvance Ravalomanana est ainsi en droit et affirme comme légitime son devoir d’exiger la prise en compte immédiate de ce qui précède dans la mise en place des institutions issues de la Charte de Maputo afin d’atteindre les objectif y assignés,
5.dans ce sens, l’Exécutif constituant la clé de voûte du système institutionnel de la Transition conventionnelle, et par le fait que la Mouvance Ravalomanana est légale et légitime, car issue d’élections libres et démocratiques que personne ne conteste, elle revendique que sa position constamment exprimée trouve à se traduire concrètement dans le respect des aspirations des "militants légalistes" à une prise effective de responsabilités dans la transition en vue des prochaines échéances électorales.
Antananarivo, le 7 octobre 2009
Fetison Rakoto Andrianirina
Chef de Délégation, Mouvance Ravalomanana

_________________
korana mangingina
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.madatennis.be
R@koto
Modérateur
Modérateur


Masculin Nombre de messages: 3925
Localisation: dans la brousse
Date d'inscription: 27/09/2005

MessageSujet: Re: Les positions de la Mouvance Ravalomanana   Jeu 8 Oct - 17:30

dans le Courrier du 05 octobre 2009

source : http://www.courriermada.com/spip.php?article1939

Citation:
Marc Ravalomanana : "C’est affligeant !"
5 octobre 2009 par
Version imprimable, Format PDF,

Accusé de tous les maux et diabolisé dans tous les sens, Marc Ravalomanana, ancien président de la République était encore présenté comme le " traître " et celui qui a tout fait pour que la communauté internationale ne veut pas que Andry Rajoelina prenne la parole aux Nations unies. A la veille de la grande réunion du 6 octobre à Antananarivo, Marc Ravalomanana se soumet à une série de questions du Courrier de Madagascar.

Courrier de Madagascar : Monsieur le président, nous avons entendu votre message à la nation et au Gic à la veille de la rencontre du 06 octobre. Cependant, voudriez-vous apporter des éclaircissements sur quelques questions supplémentaires que nous estimons essentielles ?

•Marc Ravalomanana : Volontiers, Mais d’abord permettez moi de profiter de l’occasion pour adresser mes plus vives félicitations au GIC et à l’équipe de médiateurs de son excellence le président Joaquim, pour le travail remarquable qu’ils ont accompli depuis la première rencontre d’Addis-Abeba en avril, dans la recherche d’une sortie de crise pacifique pour Madagascar et je les remercie pour leur persévérance.
Qu’attendez-vous de la réunion du 06 octobre malgré votre absence ?

•Vous savez le GIC est le mandant de l’équipe de médiateurs ; donc la réunion est tout d’abord une évaluation des travaux accomplis par les mandataires et de la mise en œuvre des accords de Maputo. Par conséquent, la présence des chefs de file de chaque mouvance n’est pas un obstacle. Cependant je me réjouis de constater que des pays comme les Etats-Unis ou la France ont jugé utiles de dépêcher des délégués de haut niveau ; cela témoigne de l’importance qu’ ils accordent à la rencontre. Et ce sera l’occasion de clarifier une bonne fois pour toutes les ambiguïtés nées de certain comportement incompréhensible pour le citoyen lambda.
On vous accuse ici d’avoir pratiqué un lobbying payant pour empêcher Andry Rajoelina de s’exprimer à la tribune de l’ONU.

•Je considère cela comme une insulte pour les pays qui ont voté pour la motion et je voudrais m’en excuser auprès d’eux au nom du peuple malgache pour ces paroles irresponsables.
On n’a pas besoin de payer, et même pas de faire du lobbying, pour faire voter une telle motion à un grand pays comme l’Inde qui est toujours présenté comme la plus grande démocratie du monde, ou au Canada où les notions de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption ne sont pas des simples slogans ; et les pays de l’Amérique latine savent trop les effets néfastes d’un coup d’Etat. Ils n’ont fait rien de plus que de démontrer leur attachement aux valeurs universelles de respect des droits des citoyens, valeurs que nous avions nous-mêmes défendu dans notre déclaration de Maputo et auxquelles nous tenons encore et toujours.
Quant aux pays de la SADC, ils n’ont fait qu’assumer leur rôle de leader en vertu du principe de subsidiarité qui est la règle dans les relations internationales modernes.
Même le président de l’assemblée générale son excellence Ali Trekki a déclaré "avoir été personnellement contre cette prise de parole en tant qu’africain et par respect des principes de l’Union Africaine". Il faut bien maîtriser les mécanismes des relations internationales avant d’aller dans ce genre de réunion au lieu de raconter n’importe quoi.
Votre réaction à la proposition de Andry Rajoelina d’organiser au plus vite des élections pour sortir de la crise ?

•Au mois de mars j’ai proposé d’organiser un référendum pour régler la crise, qu’est ce qu’ils ont répondu sur la place du treize mai ?? Soyons sérieux ! Nous avons maintenant les accords de Maputo, réalisons les ! et j’interpelle Andry Rajoelina pour lui rappeler que c’est lui qui a proposé la charte des valeurs à Maputo. Ni lui ni personne n’a le droit de changer unilatéralement selon son bon vouloir ou ses caprices les termes et l’esprit des accords de Maputo.
Et sur ses dernières déclarations ?

•C’est affligeant ! Encore une fois il est le facteur de blocage. Je déplore ses contradictions en l’espace de moins de dix minutes.
Primo, il dit vouloir exécuter les accords de Maputo pour les avoir signés. Mais tout de suite après il dit vouloir les exécuter sous certaines conditions qu’il a précisées. Je signale qu’il n’avait pas posé ces conditions au moment de la signature. De plus on ne fait pas ce genre d’exigence et de cette manière avec la communauté internationale alors que l’on est demandeur. Le GIC et le GCM (groupe conjoint de médiation) sont des facilitateurs du dialogue mais ils n’imposent rien.
Deuxièmement, il déclare prêt à nommer le Premier ministre de consensus proposé par toutes les mouvances. Donc il se considère déjà Président de la transition, ce qui ne lui est pas encore acquis parce que nulle part dans les accords de Maputo et même dans les discussions informelles des Chefs de file, cela n’a jamais été décidé. C’est sa propre contradiction interne. Il a été déjà rappelé à l’ordre sur cette idée à Maputo.
Je vous remercie et vous demande de vous référer à mon message pour le reste
Merci et que Dieu nous bénisse !

Ndlr : Interrogé quant à ses projets d’investissements en Afrique du Sud relatifs à une chocolaterie et ayant fait la Une du journal La Gazette de la Grande Ile, l’ancien président de la République, Marc Ravalomanana a dissocié les affaires économiques des questions politiques brûlantes ; il en parlera au moment opportun car pour l’heure, il s’agit de la vie de toute une nation, dit-il.

Propos recueillis par Raw

_________________
korana mangingina
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.madatennis.be
R@koto
Modérateur
Modérateur


Masculin Nombre de messages: 3925
Localisation: dans la brousse
Date d'inscription: 27/09/2005

MessageSujet: Re: Les positions de la Mouvance Ravalomanana   Jeu 29 Oct - 20:28

dans Tribune du 29 ocobre 2009

source : http://www.madagascar-tribune.com/Marc-Ravalomanana-sur-les-medias,12969.html

Citation:

Marc Ravalomanana sur les médias français
jeudi 29 octobre 2009

Marc Ravalomanana a accordé deux interviews, respectivement à Sébastien Hervieu pour le journal français Le Monde et à Virginie Herz pour la chaîne de télévision France 24.

De ces deux interviews, on retiendra qu’il reste très ferme, et refuse d’avoir un auteur de coup d’État qui reste au pouvoir. Il rappelle qu’il reste le Président de la République démocratiquement élu, et que la communauté internationale a condamné un régime illégal arrivé par un coup d’État.

L’esprit de l’accord de Maputo est de former un gouvernement de transition neutre, inclusif et consensuel. C’est pourquoi il a lui-même accepté de ne pas participer à la transition. Malheureusement, Andry Rajoelina ne respecte pas ces accords : il devrait lui aussi quitter son poste de président de la transition. C’est ainsi que Marc Ravalomanana présente sa conception d’un gouvernement de Transition neutre, inclusif et consensuel.

Il affirme avoir dit au Président Jean Ping qu’il n’accepterait jamais la décision qui a été prise au Carlton le 6 octobre, car ce n’était pas le rôle des chefs de délégation de désigner les trois postes clés. Il ne serait pas normal qu’alors que la majorité des malgaches le soutient et qu’il est encore le Président de la République, lui ou sa mouvance ne soient pas dans les trois postes.

Et Marc Ravalomanana de dire à France24 : « Addis Abeba n’est pas un jeu de poker menteur où toutes les cartes sont déjà distribuées à l’avance. »

Interrogé par France 24 pour savoir s’il pourrait accepter Andry Rajoelina comme Président de la Transition si celui-ci acceptait de ne pas se présenter à l’élection présidentielle, Marc Ravalomanana a répété qu’il n’acceptera jamais Andry Rajoelina comme chef de transition, car celui-ci est l’auteur du coup d’État à Madagascar. Madagascar ne mérite pas d’être un mauvais exemple en Afrique et dans tous les pays en développement. Et il ajoute qu’il y a beaucoup de solutions pour une solution de neutralité respectant l’esprit de Maputo.

Interrogé par Le Monde sur ce qui se passerait s’il n’obtenait pas le départ d’Andry Rajoelina, il précise que si l’on n’a pas besoin de lui à la table des négociations, il peut rester en Afrique du Sud. Mais il ne veut pas abandonner son pays, et interroge les médiateurs s’ils veulent prendre la responsabilité de laisser à la tête de Madagascar un dirigeant qui enfonce le pays dans la crise. Il précise par ailleurs qu’il a refusé de faire une demande d’asile en Afrique du Sud, car il veut rentrer le plus tôt possible à Antananarivo.

France24 a justement interrogé Marc Ravalomanana sur l’annonce qu’il avait fait à ses partisans qu’il rentrerait bientôt à Madagascar ; ce retour se ferait-il avec l’accord de Andry Rajoelina ou pourrait-il se faire clandestinement ou avec l’aide de l’armée ? Il n’a pas répondu directement à cette question mais insisté sur le fait qu’il respecte toujours l’accord de Maputo, et qu’il travaillera avec les autres chefs de file pour trouver une sortie de crise.

Interrogé sur ses relations avec l’armée et s’il avait l’intention de s’appuyer sur celle-ci pour faire basculer la situation, Marc Ravalomanana a répondu qu’il faut éviter une telle solution. L’armée est divisée. Il faut faire attention à ne pas basculer dans la guerre civile, mais remettre l’armée dans l’ordre.

Pour Marc Ravalomanana, cette situation de l’armée où des sous-officiers et des commandants font la loi est l’une des illustrations qu’Andry Rajoelina n’est pas capable de diriger un pays. « Il ne sait pas commander les militaires, ses ministres et même son ancien premier ministre ». Aux yeux de Marc Ravalomanana, il n’y a pas d’État à Madagascar actuellement.

À la question du Monde sur son éventuelle candidature à l’élection présidentielle, Marc Ravalomanana répond qu’il est trop tôt pour répondre. Mais il rappelle qu’il a des militants dans tout le pays et un projet qui a donné des résultats. Et il réfute les accusations d’affairisme et d’autoritarisme, en déclarant avoir toujours séparé la gestion des affaires de l’Etat de celle de ses entreprises. Les seules erreurs qu’il identifie sont d’avoir été trop vite dans la mise en oeuvre de son projet et de ne pas avoir assez prêté attention à l’armée.

Interrogé sur les événements du 7 février à Ambohitsirohitra, il répond que les balles ne venaient pas du palais, mais de tireurs postés dans les arbres par l’autre camp.

Le Monde titre son interview : « Madagascar : le président déchu accuse la France », en se référant aux accusations de Marc Ravalomanana sur le fait que la France a soutenu Andry Rajoelina. Marc Ravalomanana dit précisément : « Le coup d’Etat à Madagascar était bien étudié et bien orchestré. En trois mois, c’était fait ! Moi-même, j’ai été surpris. Je ne dis pas que la France a tout organisé, mais il y avait des Français derrière cela. Les services de renseignement sud-africains, ici, me l’ont dit ».

Recueilli par Patrick A.

_________________
korana mangingina
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.madatennis.be
R@koto
Modérateur
Modérateur


Masculin Nombre de messages: 3925
Localisation: dans la brousse
Date d'inscription: 27/09/2005

MessageSujet: Re: Les positions de la Mouvance Ravalomanana   Jeu 29 Oct - 20:34

l'article du Monde

source :



Citation:


Johannesburg Correspondance

Depuis plus de sept mois, Marc Ravalomanana est en exil. Hôte des autorités sud-africaines qui prennent en charge sa sécurité, ses déplacements et son logement, le dernier président élu de Madagascar vit confortablement à Johannesburg. "Je refuse de faire une demande d'asile, car je veux rentrer le plus tôt possible à Antananarivo", confie-t-il.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------
DES CRISES À RÉPÉTITION
6 mai 2002. Marc Ravalomanana, maire de la capitale, Antananarivo, devient président de la République malgache après six mois de crise politique au cours desquels l'ancien président Didier Ratsiraka refusait de reconnaître sa défaite dans les urnes en décembre 2006.

13 décembre 2008. M. Ravalomanana ordonne la fermeture de la station de télévision d'Andry Rajoelina, le maire d'Antananarivo.

7 février 2009. Alors que des manifestants de l'opposition se dirigent vers l'un des palais du chef d'Etat, la garde présidentielle tire sur la foule désarmée, et tue au moins une trentaine de personnes.

17 mars 2009. L'armée contraint Marc Ravalomanana à s'exiler en Afrique du Sud ; Andry Rajoelina est placé à la tête du pays.

Août 2009. Signature des accords de Maputo, au Mozambique. Ils prévoient un partage du pouvoir au sein d'un gouvernement de transition entre les quatre principaux dirigeants malgaches. Des élections doivent avoir lieu fin 2010.
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Sur le même sujet

LES FAITS
Madagascar : l'accord de partage du pouvoir pourrait être signé dans les tout prochains jours
LES FAITS A Madagascar, les factions politiques rivales concluent un accord sur le partage du pouvoir
Edition abonnés Fiche pays : Madagascar
Elu en 2002 puis réélu en 2006, celui que l'on surnommait le "PDG de Madagascar" n'a pas accepté sa mise à l'écart le 17 mars. Ce jour-là, l'armée pousse Marc Ravalomanana à quitter le pouvoir et le confie à Andry Rajoelina qui mène la contestation dans la rue depuis trois mois. La communauté internationale dénonce le coup d'Etat de l'ancien maire de la capitale malgache.

----------------------------------------------------------------------------------------------------------

A quelques jours du sommet d'Addis-Abeba (Ethiopie), du 3 au 5 novembre, qui doit finaliser le schéma de transition devant aboutir à une élection en 2010, Marc Ravalomanana explique sa position.

Que direz-vous à Addis-Abeba ?

J'y répéterai qu'il faut respecter l'accord signé à Maputo en août par les quatre chefs des mouvances (Andry Rajoelina, Marc Ravalomanana et les deux anciens présidents Albert Zafy et Didier Ratsiraka) qui parle de la "neutralité" de la transition. Pour respecter celle-ci, les médiateurs internationaux m'ont poussé à ne pas participer au gouvernement de transition alors même que je suis le président élu. Le putschiste Andry Rajoelina doit faire de même et quitter son poste de président de la transition. Aux médiateurs de faire leur travail.

Cette condition est-elle non négociable ou s'agit-il d'une monnaie d'échange pour obtenir, lors du sommet, davantage de portefeuilles ministériels ?

Je ne joue pas avec les principes. Ce n'est pas mon intérêt personnel qui compte mais l'intérêt national. Le leader d'un coup d'Etat ne peut pas être légitimé. Madagascar ne doit pas devenir un mauvais exemple pour le reste de l'Afrique. Imaginez que chacun des 1 546 maires du pays décide de faire un coup d'Etat ! Ce n'est pas négociable. Je n'accepterai jamais Andry Rajoelina comme président de la transition !

Et si vous n'obtenez pas le départ d'Andry Rajoelina ?

Si on n'a pas besoin de moi à la table des négociations, je peux rester ici en Afrique du Sud. Mais je ne veux pas abandonner mon pays. Les médiateurs veulent-ils prendre la responsabilité de laisser à la tête de Madagascar un dirigeant qui enfonce le pays dans la crise ?

Comment jugez-vous son action depuis sa prise du pouvoir ?

Il n'est pas capable de diriger un pays. Il ne sait pas commander les militaires, ses ministres et même son ancien premier ministre. Il est sous la pression de son entourage. Ce n'est pas moi qui le dis, tout le monde le voit. Au début, il a eu de la chance car il y avait des ressources. Ses partisans ont volé du riz, du blé, de l'huile à la société Tiko (propriété de M. Ravalomanana) dans le port de Tamatave. Ils ont récupéré les 150 voitures et les motos que j'avais fait importer en prévision du sommet de l'Union africaine en juillet. Mais tout cela est aujourd'hui fini. Ils n'arrivent plus à payer les salaires des fonctionnaires.

Quand envisagez-vous de rentrer à Madagascar ?

Le gouvernement de transition doit d'abord être formé. Je rentrerai après. Les risques pour ma sécurité ne me font pas peur. Ma vie est entre les mains de Dieu.

Comptez-vous vous présenter à l'élection présidentielle ?

C'est encore trop tôt pour répondre. Mais j'ai des militants dans tout le pays et un projet pour le pays. En sept ans de présidence, j'ai eu des résultats : 5 % par an de croissance économique moyenne. J'ai lutté contre la corruption. Les prix ont baissé. J'ai augmenté le taux de scolarisation et baissé celui de la mortalité infantile.

Les accusations d'affairisme et d'autoritarisme ont nourri la contestation qui a abouti à votre renversement. Avez-vous commis des erreurs lorsque vous étiez au pouvoir ?

Ma seule erreur est d'avoir été trop vite dans la mise en oeuvre de mon projet. Sinon, j'ai toujours favorisé le dialogue. J'ai toujours séparé la gestion des affaires de l'Etat de celle de mes entreprises. Je suis en paix avec ma conscience.

Vous avez accusé la France de soutenir Andry Rajoelina. Avez-vous des preuves ?

Le coup d'Etat à Madagascar était bien étudié et bien orchestré. En trois mois, c'était fait ! Moi-même, j'ai été surpris. Je ne dis pas que la France a tout organisé, mais il y avait des Français derrière cela. Les services de renseignement sud-africains, ici, me l'ont dit.

Avez-vous un regret concernant votre gestion de cette crise ?

Ne pas avoir assez prêté attention à l'armée. J'ai préféré acheter 400 tracteurs que 400 blindés.

Le 7 février, des gardes présidentiels ont tiré sur une foule désarmée qui s'approchait de l'un de vos palais. Il y a eu une trentaine de morts. Vous avez donné l'ordre de tirer?

Les balles ne venaient pas du palais, mais de tireurs postés dans les arbres par l'autre camp.

Propos recueillis par Sébastien Hervieu
Article paru dans l'édition du 29.10.09


_________________
korana mangingina
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.madatennis.be
 

Les positions de la Mouvance Ravalomanana

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MADALAND :: *******VIE POLITIQUE MALGACHE******** :: 2009: l'année de la H.A.T et de Andry Rajaoelina-