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 Démocratie ?

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Mélodie
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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Mar 27 Jan - 12:59

en effet langevine, ma mère m'envoye des sms, elle vit seule avec ma tante et elles ont peur, beaucoup de tensions, mauvais souvenirs rappelant les précédentes situations similaires
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R@koto
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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Mer 28 Jan - 8:25

ANTANANARIVO (AFP) - 27/01/2009 21h07

Au moins 34 personnes ont trouvé la mort depuis lundi à Antananarivo à la suite despillages et émeutes qui ont secoué la ville en marge d'un grand rassemblement organisépar le maire de la capitale et dirigé contre le président malgache qui a lancé un appel au dialogue.

Mardi, alors que le président Marc Ravalomanana appelait au dialogue son principal opposant, Andry Rajoelina, le maire d'Antananarivo qui avait suspendu dans la matinée les manifestations, les secours malgaches ont découvert progressivement les victimes, essentiellement accidentelles, des pillages de la veille et de la nuit.

Vingt-cinq corps calcinés et méconnaissables gisaient ainsi mardi après-midi dans les décombres d'une galerie commerciale incendiée la nuit précédente dans le centre de la capitale.

"Il y a eu 25 morts calcinés. Ils ont été surpris par le feu et ont eu l'idée de prendre la fuite par l'autre côté de la rue. Mais il n'y avait pas d'issue", a déclaré à l'AFP le chef des sapeurs pompiers d'Antananarivo, Jaona Andrianaivo.

Six autres cadavres ont été découverts dans une centrale d'achat du groupe
agro-alimentaire Tiko du président malgache, dans le quartier de Tanjambato, dans le sud de la ville.

Selon le porte-parole de la gendarmerie, ces victimes ont succombé "à des piétinements entre pillards et à cause de piles de sacs de riz qui se sont effondrées" sur elles.

Par ailleurs, un prisonnier a été tué mardi et dix autres blessés lorsque les forces de l'ordre ont réprimé par balles un début de mutinerie dans la prison Antanimora, toujours dans la capitale. Trois agents de la prison ont aussi été blessés, selon une source pénitentiaire.

Ces victimes, auxquelles s'ajoutent deux civils tués lors des émeutes lundi, dont un jeune homme par balle, portent à 34 le nombre de morts en deux jours à Antananarivo.

"J'appelle à l'unité nationale et au dialogue", a lancé mardi après-midi Marc
Ravalomanana sur les ondes de la radio privée Antsiva.

"J'appelle la communauté internationale ainsi que les églises à tout faire pour que les deux parties se rapprochent", a-t-il déclaré, avant d'ajouter: "Si on y arrive, je promets que les troubles s'arrêteront rapidement".

Mardi matin, le maire de la ville, qui dénonce depuis vendredi "une dictature" sur la Grande Ile de l'océan Indien, avait appelé à l'arrêt des manifestations après avoir rassemblé lundi plusieurs dizaines de milliers de partisans dans le centre de la capitale.

"On suspend le mouvement aujourd'hui (mardi). Tout le monde reste à la maison", avait déclaré le maire, sur les ondes de la même radio.

La situation est restée toutefois très tendue dans la capitale: des échauffourées ont opposé à plusieurs reprises des groupes de dizaines de personnes aux forces de l'ordre qui ont eu recours à des tirs de sommation en l'air.

Un responsable de la gendarmerie a également fait état de pillages d'autres centrales d'achat du groupe Tiko dans plusieurs villes de province, dont Mahajanga (côte ouest) etToamasina (ex-Tamatave - côte est).

Lundi, des émeutiers avaient pillé et saccagé deux centrales d'achat ainsi que les locaux de sa télévision privée MBS. Les manifestants s'en étaient d'abord pris aux locaux de la radio nationale malgache, dans le centre-ville, qu'ils avaient saccagés et partiellement incendiés.

Jeune entrepreneur, le maire entretient des rapports tendus avec le régime depuis son élection en indépendant en décembre 2007.

Le bras de fer s'est envenimé depuis la fermeture par le gouvernement le 13 décembre 2008 de la télévision privée Viva, propriété du maire, qui avait diffusé une interview de l'ex-président Didier Ratsiraka.

© 2009 AFP

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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Mer 28 Jan - 11:16

Malheureusement le bilan est bien plus lourd qu'annoncé par l'Afp au fur et à mesure des déblaiements.
Heureusement que les communications ne sont pas coupées et que nous pouvons avoir des nouvelles de la famille sur place. J'ai eu Tamatave et Tana tout à l'heure, tout est calme ce matin. Il n'y aurait pas eu trop de pillages à Tamatave. Par contre à Majunga mon neveu nous a dit qu'il y avait eu des coups de feu dans son quartier cette nuit et ils ont tous dormi par terre de peur des balles perdues et les magasins ont pratiquement tous été pillés.

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(A de Saint-Exupéry)

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MessageSujet: jipi   Mer 28 Jan - 11:23

salut
de source sure tous les magasin tiko et magro du pays ont ete brules ou pilles de meme que tous les entrepots etant de pres ou de loin proche du pouvoir
ainsi que bcp de karana et chinois
mais il y a eu des actes de mercenaire comme le port de vohemar
a plus
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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Mer 28 Jan - 12:57

bonjour,

oui la situation n'a pas l'air très claire....on parle de bandes organisées et bien préparées...
je me demande ce qu'il va ressortir de tout cela....
car il est clair qu'à brève échéance, vu les pillages....la population ne va pas tarder à manquer de produits de première nécessité....ou alors, à quels prix???
sans parler de tous ceux qui ont perdu leur boulot suite à ces destructions....
Il faudrait absolument arriver à une solution (transition ou autre) très rapidement, pour le bien de tous
(sans compter que toute cette casse porte préjudice au mouvement de départ...quel gachis)

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MessageSujet: Démocratie   Mer 28 Jan - 19:13

Édifiant:

http://www.lepoint.fr/ Le récit avec vidéo d'une expatriée

Après avoir eu des nouvelles de tana, aujourd'hui, la situation était plutôt calme, peu de tirs, mais les gens ont peur et restent cloîtrés chez eux, se déplaçant la plupart du temps que pour de rares courses ou continuer leurs métiers à mi-temps

par contre, les denrées, notamment le riz est en constante augmentation, y compris dans les campagnes, avec des agriculteurs, qui ne veulent plus vendre, en espérant réaliser des bénéfices substantiels par la suite

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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Jeu 29 Jan - 12:16

Je suis un peu dégoutée, j'ai bien l'impression que rat8 est en train de tout reprendre en main et qu'on va tranquillement continuer comme avant....
tous ces sacrifices n'auront donc servi à rien?
La bas comme ailleurs, visiblement l'opinion du peuple n'a que très peu d'importance

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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Dim 22 Fév - 16:22

Bonjour à tous,
Pour info, voici ce que raconte aujourd'hui mon canard "Midi-Libre" sur la situation à Madagascar.

@+
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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Dim 22 Fév - 21:09

Peut être bien cet article

source : http://www.midilibre.com/articles/2009/02/21/20090221-Monde-Madagascar-le-maire-destitue-d-39-Antananarivo-a-rencontre-le-president.php5


Citation:
Édition du samedi 21 février 2009




Walter Astrada AFP/Archives

Madagascar: le maire destitué d'Antananarivo a rencontré le présidentLe maire destitué d'Antananarivo, Andry Rajoelina, et le président Marc Ravalomanana se sont rencontrés samedi pour la première fois depuis que le conflit qui les oppose a dégénéré en crise politique majeure à Madagascar.

Cette première rencontre qui visait à "faciliter le dialogue futur" pour régler la crise s'est déroulée dans "le respect, la cordialité et le calme", a indiqué un bref communiqué du très influent Conseil des Eglises chrétiennes de Madagascar (FFKM), artisan de l'entrevue de 45 minutes qui s'est déroulée au siège de l'épiscopat à Antananarivo.

Selon le Conseil, qui regroupe quatre Eglises, catholique et protestantes, les deux hommes ont pris "cinq engagements" : l'arrêt des propos provocateurs dans les médias, l'arrêt de la diffusion de fausses nouvelles, l'arrêt

des violences et des pillages, l'arrêt des meetings publics et la fin des "arrestations à caractère politique".

Selon un participant à la réunion s'exprimant sous couvert d'anonymat, des négociations politiques proprement dites pourraient débuter la semaine prochaine entre le camp présidentiel et celui du maire destitué, qui conteste la légitimité du chef de l'Etat et réclame sa destitution.

Plus tôt samedi, M. Rajoelina avait annoncé à ses partisans rassemblés dans la capitale qu'il allait rencontrer M. Ravalomanana. "Je n'ai pas peur de le rencontrer. Je vais apporter la voix du peuple", avait-il lancé à environ 10.000 de ses partisans rassemblés place du 13-Mai, au centre d'Antananarivo.

"Rien ne filtrera de nos discussions et je ferai un rapport au peuple", avait-il ajouté.

Le conflit entre les deux hommes s'est envenimé en décembre, après la fermeture de la télévision du maire par les autorités.

Depuis, M. Rajoelina a multiplié les manifestations dans la capitale. Il a également a pris la tête d'une "Haute Autorité de transition" censée aux yeux de l'opposition remplacer le pouvoir en place et s'est auto-proclamé en charge des affaires du pays.

Depuis le début de la crise, Andry "TGV", ainsi surnommé pour son caractère fonceur, s'est fait le porte-voix des frustrations de nombreux Malgaches durement touchés par la hausse des prix. Il a également porté sur la place publique leur ressentiment contre M. Ravalomanana décrit comme coupé de la population et affairiste.

Une centaine de personnes sont mortes à Madagascar depuis le 26 janvier dans les violences qui ont émaillé le conflit entre les deux hommes, dont 28 ont été abattues le 7 février par la garde présidentielle qui avait tiré sans sommation sur une foule de partisans de M. Rajoelina.

Vendredi, les forces de sécurité malgaches ont repris le contrôle de quatre ministères brièvement occupés par des partisans du maire destitué et, selon la gendarmerie, interpellé une cinquantaine de personnes.

En début de semaine, M. Rajoelina avait déclaré que les discussions avec le camp du président Ravalomanana étaient "terminées" en raison du refus de ce dernier de démissionner.

"Les discussions sont terminées, car une de nos conditions est la démission du président, mais il ne veut pas partir", avait-il alors affirmé dans un entretien au quotidien français Le Monde.

Des négociations entre les deux camps ont été entamées la semaine dernière pour trouver une issue à la crise, sous la conduite de représentants des Eglises.





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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Ven 27 Fév - 14:30

Une amie Malgache est rentrée hier d'un séjour de 3 semaines à Tana et alentour (Mantasoa, Andasibe, Antsirabe)
Voilà, très succinctement, ce qu'elle m'a décrit de la situation :

- La situation semble calme, même à Tana où elle circulait sans stress, elle s'est même mêlée à la foule du 13 mai. Mais il y a les angoisses permanentes des mères qui amenent leurs enfants à l'école.
- La majorité des gens qu'elle a rencontré n'est pas intéressée politiquement par la crise, et ne souhaite qu'une chose : la fin de celle-ci et un retour à la vie quotidienne normale.
- Ils ne font aucun rapprochement avec la crise de 2002, les conditions leur semblent trop différentes pour qu'ils se sentent impliqués.
- Pour beaucoup le scénario souhaitable de sortie de crise serait une prise en main par l'armée, avec éviction de Ravalomana et de Rajoelina.

Plusieurs fois pendant qu'elle me parlait j'ai été surpris, voire choqué, de ce que j'apprenais de leur perception des évènements. Par exemple ils considèrent que les conditions de la tuerie du 7 février sont "discuttables", alors qu'ils en veulent à Ra8 d'avoir importé des chêvres, ce qui est fady...
Mais nous les aimons aussi parce qu'ils sont différents , non ?

Je viens de lui soumettre ce texte, et elle précise que sa famille et son entourage sont plutot pro-Ravalomana
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R@koto
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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Ven 27 Fév - 17:40

une autre vision de la crise , article reçu hier dans ma boite mail

source : serasera


Citation:

REFLEXIONS SUR LA CRISE SOCIO-POLITIQUE MALGACHE ACTUELLE



LES CRISES SE SUIVENT, ….. ET NE SE RESSEMBLENT PAS



Par Pascal Razafindramboa
Membre de la Société Civile de Fianarantsoa, Madagascar
pascal_razafy@ yahoo.fr

J'ai eu le privilège d'observer, et pour certains, de vivre de
l'intérieur, les évènements de 1972, ceux de 1984/1985 sur l'affaire
kung-fu, ceux de 1991 et de 2001/2002. Ces deux derniers « m'ont
littéralement happé » dedans, comme dans un tourbillon, sans en avoir
été un acteur central. Et voilà 2009 qui débarque.

J'ai pu aussi parcourir, en long et en large, plusieurs régions de
Madagascar, et en particulier celles de la moitié sud, depuis plus de
trente ans, sentir ce dénuement qui engloutit tout, et admirer en même
temps comment les gens survivent dans le sourire, dans la dignité et
dans la solidarité. J'ai beaucoup apprécié aussi les diversités de
lecture et de compréhension, d'une région à l'autre, qui se
manifestent toujours, en face d'un évènement particulier. Même si ce
qui se passe à Antananarivo pèse beaucoup dans la suite des choses,
les régionaux donnent beaucoup de « couleurs culturelles et
historiques locales » dans leurs interprétations.

Sans ambages et sans hésitation, j'annonce qu'on ne peut jamais rester
indifférent par rapport à une crise : autrement c'est la crise qui
vous rattrape. Au moment où l'on s'y attend le moins, une circonstance
particulière oblige à « s'intégrer » dedans, et force à agir et à
participer.

LES ACTEURS DES CRISES : DE 1972 A 2009

Ce qui étonne beaucoup peut-être aujourdhui, c'est la jeunesse des
participants aux « grèves ». C'était aussi le même cas en 1972.
C'était des lycéens (des étudiants des lycées techniques probablement)
qui ont eu « le courage » d'incendier l'Hotel de ville d'Antananarivo,
devenu pour la circonstance, le quartier général des FRS (Force
Républicaine de Sécurité, l'équivalent de la garde présidentielle
d'aujourd'hui) . Ces derniers ont dû fuir précipitamment, et étaient
devenus par la suite les victimes de « chasse à l'homme » sans pitié à
l'époque. En 1972 (sur l'actuelle place du 13 mai), en 1991 (à
Iavoloha), comme aujourdhui en 2009 (à Ambohitsorohotra) , ce fut et
c'est toujours la garde présidentielle qui tire sur la foule, sans
sommation, à balles réelles. En 1972 et en 1991, les Présidents
respectifs (Tsiranana et Ratsiraka) furent « évincés » par la suite,
sans ménagement et à la suite de « transition ». Et pour 2009 ? La
suite nous le dira, si le proverbe français « Jamais deux sans trois »
sera une fois de plus vérifié.

Deux autres détails importants méritent d'être bien retenus pour 1972
: à part le parti AKFM et le MONIMA, il n'existait pas d'autres
oppositions structurées, et le parti présidentiel (PSD ou Parti Social
Démocrate) régnait en véritable « parti unique », véhiculant une «
pensée unique », comme c'est le cas aujourdhui. Le parti MONIMA de
Monja Jaona (implanté surtout dans la province de Toliara), après une
insurrection brutale fortement réprimée en 1971 par l'Armée, dans le
Sud, fut mis au pas. C'était le Maire d'Antananarivo de l'époque, le
Pasteur (FJKM) Richard Andriamanjato, chargé de cette fonction
élective pour la ville d'Antananarivo depuis 1959, qui dirigeait donc
l'AKFM, et avait la haute main sur la capitale, durant plus de dix ans
. Ce parti se servait de son journal très satirique « Ny Hehy (litt.
Le Rire) », avec force caricatures, pour ridiculiser le pouvoir en
place. A côté de cette main de l'Eglise protestante, les catholiques
n'étaient pas en reste, notamment à travers leur journal La lumière,
plus tard relayé par l'actuel Lakroa , animé par un prêtre et
journaliste très bien connu, le regretté Rémi Ralibera. C'est dire que
le caractère frondeur de la ville d'Antananarivo et de ses Maires ne
date pas d'hier. Les périodes de « paix » avec le régime en place ne
semblent être que des exceptions. Même chose, les connotations «
religieuses » des turbulences politiques ont toujours fait partie du
décor et du paysage politique de Madagascar.

En 1991, la société religieuse agissait à travers le FFKM
(Congrégation des Eglises Chrétiennes de Madagascar), la société
civile n'existait pas encore, la société politique fut très fragilisée
par son intégration en masse, quelques années auparavant, au sein du «
front national de la défense de la révolution » lié au pouvoir en
place. En 2009, ironie de l'histoire, la garde rapprochée du Président
en place, « Vice-Président, en fonction, de l'église protestante FJKM
» ouvre le feu sur les manifestants, dont certains pratiquent et
prient probablement avec lui dans le temple protestant d'à côté !

En bref, en 1972, comme en 1991, en 2001 et en 2009, la société civile
était quasi-absente, la société politique semblait très affaiblie et
inopérante, malgré des tentatives d'actions d'éclats. Seule la société
religieuse « secouait le cocotier ». Aucun contre-pouvoir sérieux
n'existait depuis, et à défaut d'être structuré au sein de la société
politique, il se bâtit dans la rue, la politique ayant horreur du vide !

On a envie de dire : « Quand les paysans malgaches se réveilleront…
», par analogie avec un certain ouvrage concernant la Chine, écrit il
y a des années de cela ! On peut être convaincu que la société rurale
malgache peut s'ériger un jour en un véritable contre-pouvoir.
Imaginons des paysans qui font la grève, ou qui n'acceptent plus de
brader leurs produits, ou qui refusent de se plier à une décision
injuste de l'Etat central ou local. Imaginer la panique et le trouble
nutritionnel et social qu'un tel mouvement va provoquer dans des
villes comme Antananarivo, qui doit être ravitaillée en riz à hauteur
de 500 tonnes par jour ! A bon entendeur …

LE MALAISE SOCIAL, FONDEMENT COMMUN DES CRISES DE 1972, DE 1985,
DE 1991, DE 2001, ET DE 2009, MAIS « IGNORE » TOTALEMENT PAR LES
DIRIGEANTS

Sans vouloir faire de procès d'intention, à l'égard de quiconque, les
hauts dirigeants actuels semblent avoir répétés les mêmes errements
que ceux des régimes précédents :

â Le manque d'écoute vis-à-vis des citoyens, surtout à l'égard des
plus pauvres : quelquefois même, c'est l'arrogance, ou au mieux c'est
l'indifférence, par rapport aux préoccupations des gouvernés

â Le manque d'équité dans la redistribution des « richesses » :
une croissance économique assez régulière, mais non suivie de réel
développement, des résultats économiques assez palpables mais sans
retombées sociales visibles, un écart important entre riches et
pauvres, une minorité qui s'enrichit à côté d'une masse de plus en
plus appauvrie

â Le manque de transparence et de rigueur dans la gouvernance
économique nationale : le caractère choquant pour de nombreux citoyens
de l'achat d'un avion présidentiel de 60 millions de $US alors qu'en
face beaucoup vivent dans la malnutrition et le dénuement total,
l'application discriminatoire de certaines mesures fiscales (Par
exemple détaxation des huiles végétales importées chez les uns, et
taxation des mêmes huiles chez d'autres), le projet de cession de 1,3
millions d'ha de terres au profit de Daewoo Logistics, le mélange de
genres dans la gestion des caisses de l'Etat et des affaires
personnelles des dirigeants, etc.

â Le déficit démocratique et le manque de respect des libertés
fondamentales : pas de vrais débats publics sur les grandes questions
et sur les décisions importantes, pas de vrais débats parlementaires,
dérives autocratiques (fermetures de certaines chaînes privées de
radio et de télévision), bâillonnement des actions de l'opposition,
emprisonnement de certains leaders politiques et décapitation des
partis importants d'opposition

â Les trois travers de certains hauts dignitaires des différents
régimes qui se sont succédés, en malgache les 3 V pour Vola
(L'Argent), Vehivavy (La Femme), Voninahitra (L'honneur)

Chaque génération de dirigeants a pu bénéficier, lors de leurs débuts
de règne respectifs, d'un état de grâce important, dont ils ont pu
tirer profit au maximum, pour faire adopter rapidement des réformes
difficiles par exemple : mais certains en ont surtout profité pour
s'enrichir outrageusement. Un climat social très délétère s'installe
et s'accumule progressivement, et il a fallu à chaque fois des
mouvements d'explosion sociale, pour tout démanteler : le ras-le-bol
des citoyens est tellement violent, qu'on jette le bébé avec l'eau du
bain, pour tout recommencer après

LES HOMMES, LE SYSTEME ET LE DEFICIT DE CONTRE-POUVOIR : COMMENT EN
FINIR AVEC LE LEADERSHIP MESSIANIQUE , ET LA GOUVERNANCE CENTRALISEE ?

Les citoyens fondent beaucoup leurs appréciations de la gouvernance
d'une période donnée, sur les capacités ou sur les vertus « supposées
» des dirigeants, et accordent d'emblée peu d'importance au système en
place. Ils s'étonnent après, des abus ou des confiscations de pouvoir
par les dirigeants. Ainsi, aux premiers moments de leurs mandats
respectifs, tous les Présidents de République étaient perçus comme de
vrais « messies » et traités comme tels. Mais les attentes des
citoyens furent très fortes, voire même démésurées. Ces attentes
évoluent aussi dans le temps, généralement en s'amplifiant. Tandis
qu'au contraire, l'état de grâce s'écorne, et s'amenuise au fil des
temps. L'excès de confiance, accordé par les citoyens vis-à-vis de
leurs dirigeants, et observé tout au début de mandat, va se
transformer en une grosse crise de confiance, puis en un véritable
excès de colère : attentes non satisfaites, confiances trahies, etc.
Alors, quelles issues ? Pourquoi pas les suivantes :

Apprendre à ne pas inverser les rôles et à ne jamais accorder de
chèque en blanc, quelque soit le degré de confiance qu'on a, envers un
leader :

Les Lois par exemple, c'est le Parlement qui le fait. C'est son rôle
effectif. Par la suite, c'est le gouvernement qui l'exécute. Au sein
du Parlement, des débats sont engagés, et doivent être engagés
d'abord, pour aboutir après à des décisions consensuelles. Et c'est
tout le danger d'un Parlement uni-partite et monocolore, qui fera le
plaisir de l'Exécutif en se transformant de soi-même en une simple
chambre d'enregistrement. On ne peut plus décider à plusieurs. Même
chose dans les Collectivités territoriales, avec leurs Conseils
respectifs. Quand va-t-on finir, au niveau de chaque Commune, ou de
chaque Région, ou même au sein de l'Etat, avec ces décisions
soi-disant rapides, dans lesquelles un seul homme dispose de tout. ?
N'est-ce pas tellement plus simple de décider ensemble entre plusieurs
responsables ?

Apprendre à contrôler le pouvoir qu'on délègue à un exécutif, quelque
soit l'estime qu'on a envers lui

Quel mécanisme de contrôle, et avec quelle marge de manœuvre, un «
Conseil » peut-il mettre en œuvre pour mieux « maîtriser » son
exécutif, en dehors ou même en plus du dispositif réglementaire prévu
? Est-ce que le « conseil » sait que l' « exécutif » lui est «
redevable » de quelque chose ? Le jour, où un « exécutif » quelconque,
que ce soit, et surtout, au sein d'une institution publique, ou au
sein d'une structure paritaire quelconque, accepte de se plier de
bonne grâce, à un exercice de compte-rendu à l'égard de son « Conseil
», on aurait fait une progression énorme dans l'exercice de
contre-pouvoir.

Apprendre, en tant que citoyens, à contrôler et à apprécier les
qualités de services délivrés, plus particulièrement s'il s'agit de
services publics (santé, éducation, eau potable, services, etc.)

Dans une république, où le minimum de services sociaux tend à
disparaître, il est difficile, voire indécent quelque fois, de
critiquer sur le peu qu'on obtient. Mais il sera de plus en plus mal
venu de tout accepter et de tout avaler de gaieté de cœur. Pourquoi ne
pas créer des « espaces de critiques et de contrôle citoyen » sur la
gestion de l'école publique du village, sur la gestion de l'adduction
d'eau potable du quartier, sur les soins de santé qu'apporte le
médecin de la commune, sur le comportement de l'instituteur public du
hameau, etc. C'est des petites choses, mais les grandes épreuves sont
toujours surmontées par des petites avancées successives

Apprendre à faire valoir les droits fondamentaux : liberté
d'expression, liberté d'opinion, liberté d'association, etc., et faire
valoir les critiques sur ce que font et décident les dirigeants,
quelque que soit le bien ou l'inconfort que cela cause

Un espace de liberté, un espace d'expression, un espace d'opinion,
quelqu'il soit, ne se decrètent jamais. Il se crée, se conquiert et
doit être toujours défendu. La nature des choses est ainsi faite. A
force d'attendre que d'autres mettent en place de tels espaces, ils
finiront par les confisquer tout simplement. Dans les radios locales
ou régionales, dans les sites web, dans les journaux divers, ou tout
simplement dans les milieux respectifs où chaque citoyen évolue, il
faut encourager la création de ces espaces, les développer, les soutenir.

Apprendre la sincérité et accepter de jouir des vertus de la
transparence, quelque soit le mal que cela peut causer à court terme,
car le bénéfice à long terme est sans égal

Un problème, qu'on évoque avec les autres, fait moins de dégâts
personnels. Une marmite, qu'on prend soin de couvrir, semble toujours
cacher des mets succulents (Proverbe malagasy). Et la place publique,
on peut toujours en faire un bon usage, en y amenant certaines
questions délicates, en particulier si elles sont d'intérêt commun :
l'indélicatesse d'un « exécutif », la disparition frauduleuse de fonds
public, l'appropriation ou l'utilisation abusive de biens publics,
etc. Quelqu'un n'a-t-il pas dit que « Seule la vérité libère » (Bible)
.....à suivre ...............

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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Ven 27 Fév - 17:42

SUITE de l'article


Citation:


LES SPECIFICITES DES CRISES MALAGASY : DE LA CRISE « A CYCLE DE 10
ANS » AU GRAND MOUVEMENT DE FOND « A CYCLE DE 50 ANS » ?


En se référant aux principaux évènements passés, il est important de
noter les grandes dates de l'histoire récente de Madagascar :

â 1897 : Annexion de Madagascar par la France

â 1947 : Mouvements d'insurrection nationaliste contre les colons
français

â 1960 : Accession à l'indépendance politique

â 1972 : Crise politique ayant mis fin à la première république
(fin du régime Tsiranana)

â 1985 : Crise sociale autour du mouvement « kung-fu »

â 1991 : Crise politique ayant mis fin à la seconde république
(fin du régime socialiste)

â 2002 : Crise politique ayant mis fin à l'époque Ratsiraka

â 2009 : Début de crise avec l'ère Ravalomanana

On distingue nettement deux grandes tendances : le grand cycle de 50
ans (1897 – 1947 – 2002 …), ainsi que le cycle devenu classique de 10
ans (1972 – 1985 – 1991 – 2002 …)

Le cycle de 50 ans s'articule autour des années phares de 1897, 1947,
2001. Quels sont les éléments communs ou fils directeurs de ces «
grands évènements ? C'est un débat, apparemment très important, qu'il
faut élargir le plus possible, auquel les quelques lignes suivantes ne
constituent qu'un apport très partiel :

â L'importance des pressions externes, ainsi que l'ordre et la
vitesse de succession de ces pressions, auxquelles les Malagasy
n'étaient pas bien préparés : les agressions coloniales durant la
seconde moitié du 19°siècle, les réponses à ces agressions durant la
première moitié du 20°siècle, les premières expériences d'une
indépendance retrouvée à partir de 1960, les premières expériences de
démocratie et de libertés, la mondialisation commerciale, les
pressions des appuis financiers multilatéraux et bilatéraux de l'après
1972, les crises mondiales diverses actuelles (financières,
écologiques, etc.), mais aussi le rapide développement des TIC, la
diffusion rapide des nouvelles, l'expansion du modèle occidental de
démocratie. Dans tous les cas, le poids de ces facteurs externes
semblait avoir été très décisif

â Les chocs subis, au niveau des identités et des valeurs
fondamentales malagasy : le caractère sacré des terres mais qui ont
été confisquées par les colons (c'était sans doute le grand facteur
mobilisateur, lors de la « rebellion » de 1947, à Moramanga, Manakara,
Ikongo, etc.), les regards envieux actuels de certains investisseurs
de l'extérieur sur les terres arables de Madagascar (Ex. : projet de
Daewoo Logistics), le culte effréné de l'argent occultant et diluant
le Fihavanana (Concorde sociale, solidarité et entraide), le caractère
sacro-saint de la vie humaine, etc.

Certains faits, apparus au début du 19°siècle (la traite
internationale des esclaves autour des côtes africaines et malagasy,
les premières tentatives d'unification pacifique de Madagascar opérées
par Andrianampoinimerin a, puis continuées par ses successeurs mais
plutôt avec des moyens plus musclés durant tout le 19°siècle, avec des
cicatrices encore à vif, même actuellement, dans plusieurs régions des
côtes et du Betsileo), sont à rapprocher de ces « mouvements de fond
», qu'on peut donc observer depuis les années 1800, dans l'histoire de
la Grande Ile.

Chacune de ces crises majeures a généralement duré plusieurs années,
avant de se concrétiser par une nouvelle situation sociale et
politique stable, traduisant un nouveau rapport des forces en présence
: par exemple l'insurrection de 1947 a débouché sur l'indépendance en
1960, l'annexion de Madagascar par la France en 1897 était précédée
par plusieurs années de luttes armées et d'incursions des forces
françaises en de nombreux points des côtes malgaches, etc.

Certains indices semblent suggérer, qu'on est au début ou peut-être au
beau milieu de ce « mouvement de fond survenant probablement tous les
50 ans » :

â Les phases-tests de l'après-indépendance semblent largement
dépassées : les citoyens cependant semblent avoir perdu tous leurs
repères sociaux, économiques, culturels et politiques, et recherchent
d'autres perspectives, et surtout sur quoi fonder de nouveaux espoirs
… D'où la nécessité de reconsolider les valeurs identitaires malagasy

â Les pressions des partenaires extérieurs deviennent plus
difficiles à vivre, au fur et à mesure que le pays s'enfonce dans la
pauvreté et la misère. Ce qui signifie aussi peut-être la nécessité
d'une appropriation « partagée et volontaire », et non pas seulement
par un groupe de minorité, des ressources extérieures, mais également
la « démocratisation des sacrifices » qui y sont liés

â Des crises mondiales importantes pointent à l'horizon, et vont
affecter et remodeler, bon gré mal gré, les fondements économiques,
sociaux et culturels de la société malagasy d'aujourdhui et de demain
: la crise alimentaire (quelle place pour le riz dans le futur ?), la
crise énergétique (quelle alternative à la place du bois-énergie ?),
la crise écologique et le dérèglement climatique (quel devenir pour la
biodiversité ?), des tensions autour de la santé publique ( quels
impacts auraient le sida, la fièvre de la vallée de Rift, etc. ?), la
crise financière (quelles disponibilité s pour les Investissements
étrangers et pour les aides au développement ?). Plus on s'enfonce dès
maintenant dans des grandes difficultés internes, plus Madagascar
sera vulnérable face à ces crises mondiales présentes et futures. Et
il faut s'attendre à des dégâts énormes sur tous les plans, tant
humains, que sociaux, et économiques, etc.

L'urgence semble être la nécessité d'une vaste reconstruction sociale
et culturelle, fondée en partie sur les valeurs anciennes malagasy, et
leur mise en compatibilité avec les valeurs modernes de démocratie et
de respect des libertés fondamentales : quelle marge de manœuvre, la
mondialisation économique et commerciale, à laquelle Madagascar devra
répondre présent, va-t-elle laisser à ce chantier « social et culturel
» le soin de se chercher et de se bâtir ? De changements profonds
sont attendus. Si la crise de 50 ans a débuté en 2001, le grand
malaise s'explique par la sensation d'un « réel retour à la case de
départ », voire un vrai retour délibéré en arrière, au lieu des «
grands bonds en avant annoncés ». Les frustrations sociales sont à la
mesure des déceptions profondes, vécues par le citoyen de la rue. Une
dynamique de nettoyage et d'évacuation des « anomalies » et des «
gabegies » semble s'enclencher. Les attentes, par rapport à une telle
dynamique, c'est essentiellement : plus de justice sociale, plus
d'équité, plus de croissance bien sûr, mais avec plus d'impacts
sociaux. Le « mouvement social de fond » pourra ainsi aboutir à une
nouvelle situation sociale et politique plus stable, permettant de
mieux redistribuer les efforts comme les bénéfices de la croissance,
de mieux motiver et de mieux mobiliser les forces économiques et
sociales, et d'affronter avec sérénité les circonstances et autres «
agressions » du monde extérieur.

Les crises de 1971, de 1972, de 1985, de 1991, de 2001 et 2002,
illustrent à leur tour les crises à cycle de 10 ans, à l'intérieur
donc de « l'autre crise », à cycle de 50 ans. Elles ont été toutes
alimentées et nourries par les mécontentements sociaux, à la suite
d'incuries, d'incapacités et de maladresses politiques. Il faut
d'urgence rectifier et changer les orientations politiques, rétablir
d'urgence la justice sociale, et instaurer la sérénité et la paix
sociale. Mais si on est en face d'une « crise à cycle de 50 ans »,
cela ne suffit pas. La « paix imposée par la force », pas plus que la
paix des prisons, et encore moins la paix des cimetières, ne
constituent que des palliatifs techniques, permettant peut-être de
juguler le court terme, mais, dans ces cas, ce sera une paix
politiquement incorrecte, et socialement immorale. Et toute crise mal
maîtrisée prépare le cycle de crise suivant

LA VIE D'UNE CRISE SOCIALE, DE LA GENESE AU RETOUR AU CALME : LES
DIFFICULTES DE GESTION DES SORTIES DE CRISE ?

Une Crise sociale repose logiquement sur d'importants malaises sociaux
: à force de susciter les frustrations sociales et politiques, de
renforcer la misère de certains groupes sociaux, et d'entretenir les
injustices et les iniquités de toutes sortes, on crée un véritable «
substrat » de matières premières et/ou de fonds commerciaux de la crise.

L'accumulation de cette masse de mécontentements ne constitue pas
encore en soi la crise. Il faut un facteur, et même un acteur,
déclencheur. C'est le geste de trop, le mot de trop, la goutte d'eau
qui fait déborder la vase.

La phase ascendante constitue la phase durant laquelle chaque
protagoniste « montre ses muscles », tant qu'il en aura. C'est là
qu'interviennent les dégâts matériels, les actes de pillages, les
tueries, les affrontements physiques, etc. C'est la phase apparemment
la plus difficile à gérer. Si aux « affrontements des muscles », on
peut substituer les « affrontements des idées », c'est déjà mieux.

Puis va suivre le pic, qui se reconnaît à une certaine stabilité
relative, à la suite d'un certain rapport de forces. C'est la phase
propice aux rapprochements entre les protagonistes.

La phase descendante : c'est la phase où du côté de tous les
protagonistes, il est devenu difficile de « muscler » les choses. Les
protagonistes peuvent se faire face avec un peu plus de disponibilité .
Mais les rapports de force se maintiennent. L'erreur à éviter semble
être de croire, qu'un protagoniste « est achevé », puisqu'il ne bouge
plus. En fait le fond de la crise reste toujours là.

Les sorties de crises doivent toujours prendre en compte, les rapports
de force en présence d'une part, ainsi que les causes fondamentales de
la crise d'autre part, en évaluant également aussi les conséquences
immédiates et lointaines de la crise, ainsi que les solutions
envisageables. Il est important aussi d'approfondir ensemble, avec
tous les protagonistes, les conditions de pérennisation d'une paix
sociale durable.

QUELLE PLACE POUR LA SOCIETE CIVILE, DANS LA RESOLUTION DE CETTE CRISE ?

Cette crise, comme les précédentes, a démontré une fois de plus l'«
absence » de la société civile : d'abord durant toute sa génèse,
ensuite lors de son déclenchement, et enfin lors des escalades
successives. Quelques voix ont essayé de s'élever, pour essayer
d'interpeller la classe dirigeante, ainsi que les citoyens. A titre
d'exemple, on peut citer celle du SEFAFI, du CNOE. De même, la
Conférence épiscopale et le FFKM ont périodiquement lancé de
véritables cris de détresse. Mais aucun effet , ni aucune réponse
significative n'ont été observés, aussi bien du côté de l'équipe
dirigeante que des autres membres de la société civile. Ces cris ont
été certainement entendus, mais certainement non écoutés aussi.

Les efforts d'analyses et de reflexions, qui auraient dû être un des
points forts de la Société civile, se sont montrés très limités. Ces
efforts, dans la mesure où ils devront être largement diffusés et
vulgarisés à toutes les couches de la population, contribueraient à
apporter plus de clarifications et plus de précisions sur les tenants
et les aboutissants des différents évènements, sur les mystères qui se
cachent, ou que l'on cherche à cacher, derrière les évènements, sur
les « non-dits » des choses. Les efforts, faits dans ce sens par
quelques entités de la Société civile, auraient dû être accompagnés
d'une mobilisation d'autres membres, ainsi que de débats
contradictoires confrontant les décideurs et les citoyens.

La tentation de pactiser avec la société politique, est très forte
pour la société civile, dans l'établissement de rapport de forces,
destinés à contre-balancer les errements de l'équipe dirigeante. En
tout état de cause, la société civile gagnera à devenir, de plus en
plus, une force de propositions et de contre-propositions , une force
de débats, une force d'actions et de contre-actions, et enfin une
force de mobilisation sociale.

Il semble encore manquer à la société civile cette capacité de
s'articuler efficacement, voire même de communiquer, entre des membres
de vocations différentes, ou de zones d'actions différentes

QUELLE PLACE POUR LA SOCIETE RURALE PAYSANNE

C'est plus de 75% de la population, et qui lancent des « cris
silencieux ». Est-ce que ceux qui spéculent sur les « grèves
illimitées » entendent-ils ce « silence assourdissant » ? C'est aussi
la principale victime des erreurs de tout le monde. C'est une société
qui essaie de se structurer, qui cherche à mieux comprendre et qui
aimerait bien qu'on lui explique au moins le pourquoi et le comment
des choses.

Déjà, il est difficile entre paysans de se comprendre et de se faire
entendre. Si le planteur de cacao d'Ambanja crie au scandale en raison
des difficultés de toutes sortes, il est difficile à l'arboriculteur
ou à l'éleveur laitier du Vakinankaratra de trouver un intérêt direct
à l'aider. De même si un apiculteur de Manjakandriana fait des appels
du pied, en raison des grèves, pour sauver la signature d'un dossier
d'appui à l'exportation de miel, avec un partenaire financier et
technique, ce ne sera qu'une voix très lointaine pour le planteur de
pois du cap de Morombe, qui a sensiblement les mêmes problèmes.

Les grèves illimitées tuent les forces économiques. Elles tuent la
société paysanne. Elles tuent les plus pauvres. Elles tuent les plus
démunis, déjà mal nourris en situation normale. La cupidité et le
cynisme de la société politique, dans ces « grèves illimitées », n'ont
d'égal que la tyrannie politique et le peu de considération
démontrée envers les plus pauvres. Le jour où la société paysanne va
imposer une hégémonie rurale à cette société politique …

Il est temps que le citoyen paysan fasse entendre sa voix, non
seulement « en temps de grève », mais surtout « en temps de paix ». Il
faut qu'il apprenne à taper du poing sur … la bureau du Président de
la République , du Président de Région, du Maire. Il y a quelques
années, dans un pays ami, des représentants de paysans éleveurs ont «
douché », dans son bureau, le Ministre de l'Agriculture, avec du lait,
parce qu'il a refusé de bouger le petit doigt pour améliorer le prix
du lait à la ferme. Aux grands maux, les grands remèdes.

Il faut que la société paysanne fasse connaître, combien cela lui
coûte, en monnaies sonnantes, ou en kilo de riz, une journée de «
grèves illimitées », aboutissant au blocage de l'administration
publique, et organisées sur la mésentente entre des membres de la
société politique.

On a presque envie de dire : « Amis paysans, venez aux meetings des
grèves illimitées, puis jetez vos chaussures sur les protagonistes qui
s'affrontent , aussi bien aux dirigeants qu'aux camps d'en face qui
les contestent ».

La société politique devra prendre le temps et avoir un peu plus
d'humilité à expliquer et à clarifier aux paysans la raison de ces «
confrontations illimitées », d'en débattre avec eux, de les écouter.
Quelqu'un qui déploie le noble effort de nourrir le reste de la
population doit forcer le respect.

Et puis, pourquoi la société paysanne ne va-t-elle pas envahir les
espaces politiques ? Pour faire valoir les idées, les propositions,
les programmes, capables de générer des impacts positifs dans le
milieu rural.

Il faut faire valoir aussi le fait que 75% du corps électoral, ça compte.

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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Sam 28 Fév - 23:11

Madaphile a écrit:
Une amie Malgache est rentrée hier d'un séjour de 3 semaines à Tana et alentour (Mantasoa, Andasibe, Antsirabe)
Voilà, très succinctement, ce qu'elle m'a décrit de la situation :

- La situation semble calme, même à Tana où elle circulait sans stress, elle s'est même mêlée à la foule du 13 mai. Mais il y a les angoisses permanentes des mères qui amenent leurs enfants à l'école.
- La majorité des gens qu'elle a rencontré n'est pas intéressée politiquement par la crise, et ne souhaite qu'une chose : la fin de celle-ci et un retour à la vie quotidienne normale.
- Ils ne font aucun rapprochement avec la crise de 2002, les conditions leur semblent trop différentes pour qu'ils se sentent impliqués.
- Pour beaucoup le scénario souhaitable de sortie de crise serait une prise en main par l'armée, avec éviction de Ravalomana et de Rajoelina.

Plusieurs fois pendant qu'elle me parlait j'ai été surpris, voire choqué, de ce que j'apprenais de leur perception des évènements. Par exemple ils considèrent que les conditions de la tuerie du 7 février sont "discuttables", alors qu'ils en veulent à Ra8 d'avoir importé des chêvres, ce qui est fady...
Mais nous les aimons aussi parce qu'ils sont différents , non ?

Je viens de lui soumettre ce texte, et elle précise que sa famille et son entourage sont plutot pro-Ravalomana


en effet Madaphile, c'est tout à fait ce que ma mère me dit au téléphone, et j'ai eu la même réaction que toi
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jipi zanatany
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MessageSujet: jipi   Dim 1 Mar - 7:39

salut
oui daccord
mais j ai qqes amis sur la cote est plutot anti Ra8 mais pas trop pro TGV
ne pensent qu a une chose virer Ra8 c est la seule chose qui les interessent
de meme sur tana pas trop pro TGV mais ils disent qu il a su les motiver et les rassembler contre une dictature de fait ( des amis gasy qui rentrent d un mois a tana)
la main mise de tiko et le TIM sur mada m a ete rapporter par tous comme le probleme principal des gasy
pour la tuerie reposabilite partage
un copain gasy pro ravelomanana lui bien sur ne fait parler que de non respect des urnes mais ne veut pas que l on parle des problemes tel que daewo et autres entreprises
dans la region du menaba et de la vanille la consession a daewo a bcp choque meme les partisansde Ra8
voila les infos que j ai eu de retour de gasy et aussi par tel sur place
a plus
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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Jeu 5 Mar - 20:15

encore une version de la crise , recu ce jour par mail

Alors vrai ou faux ?

Citation:
L’ origine de cette crise Malgacho - Malgache

Andry Rajoelina
Qui est-il avec son cigle Terrorisme Grand et Violent?




Si on néglige l’histoire de ce fameux Andry Rajoelina, on ne pourra pas comprendre

les raisons obscures de cette tentative de coup d'état, et les appuis machiavéliques !


Né en 1975, originaire d’une famille noble au départ, son grand père étant un Général de l’armée, mais complètement ruiné par la suite, Andry a passé son adolescence et une partie de sa jeunesse entre Madagascar et la France, ou ses parents et sa sœur habitent. Ces derniers ayant acquis cette culture européenne, tendance à faire débrouiller tous seuls leurs enfants après leur majorité, l’ex-maire actuel de la ville d’Antananarivo a dû faire des petits boulots par ci par là afin de pouvoir continuer ses études. Tout le monde le connaissait à cette époque comme un DJ animant souvent des soirées en boîte comme la boîte de nuit de l’ex Hilton, connu sous Carlton actuellement.


Mais la plus belle erreur de sa vie commence lorsqu’il a commencé à sortir avec Sarah Ravalomanana, la fille de l’actuel président Malagasy au pouvoir. Celle-ci étant fille unique et trop jeune, Ravalomanana étant déjà millionnaire, il n’a pas beaucoup digéré que sa fille sorte avec un “vaut-rien” qui n’avait aucun sous et qui était DJ de surcroît à cette époque. Il faut noter que lorsque cette histoire s’est passée M.Ravalomanana n’était ni maire d’Antananarivo ni président de la république. Mais il a tenté de rompre le couple et il a d’ailleurs réussi. Il paraît que Sarah était enceinte de Andry pendant ce temps, à peu près dans les années 90, plus éxactement, enceinte de Maika le “paraît-il” dernier de Ravalomanana. En conséquence le président Malagasy n’a donc eu que trois enfants seulement, le petit dernier n’est en fait que son petit fils, et ce-ci a été fait afin de sauver l’honneur de sa famille.


Après avoir rompu avec la fille du cher millionnaire, il a continué ses activités de DJ, réussi son Bac, a étudié pendant un an à l’ESCA dans la filière gestion, et est parti poursuivre ses études en France. Il ne faut pas oublier qu’il a une double nationalité: Française et Malagasy. Mais au lieu de poursuivre celles-ci, il a préféré errer là-bas sans rien faire. Tout de même, cette décision lui a réussi car il a rencontré en France son épouse Mialy, fille d’un richissime opérateur économique à Madagascar, partenaire de Ratsiraka à l’époque, et lors de l’arrivée au pouvoir de Ravalomanana, les activités de son beau père ont été plus ou moins bloquées. Une haine de plus encore pour Andry contre son ennemi juré, en plus du fait que, Ravalomanana a interdit tout contact de celui-ci avec son fils.


Andry a maintenant trois enfants avec Mialy, quatre en tout avec celui de Sarah. En 2004, gigolo, opérateur de INJET ( l’entreprise de sa belle famille ), il a voulu installer des panneaux publicitaires à Antanimena, mais malheureusement, avec l’intermédiaire de son maire à l’époque M.Patrick Ramiaramanana, Ravalomanana a interdit l’installation de ses panneaux. Dès lors l’ambition de devenir maire d’Antananarivo a grandi de plus en plus en Andry TGV. En 2008, il a réussi son pari. Il reste le plus dur à faire: la vengeance contre sa bête noire ...


En novembre 2008, Andry avec sa petite famille a pris ses vacances en France, y a rencontré Ratsiraka qui lui aussi a une haine mortelle contre Ravalomanana, et ont préparé ensemble ce coup bas dégoutant: la crise actuelle à Madagascar. 2010, Peut-être, ce qui reste à suivre, d’ici quelques mois, on s’attend à l’exil de Andry TGV en France jusqu’à la fin de ses jours…


c'est pas signé , mais anti TGV c 'est sûr

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