R@koto Modérateur


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| Sujet: Le Maki aux yeux turquoises (Eulemur macaco flavifrons) Ven 16 Nov - 19:54 | |
| Le petit journal des français et francophones à l'étranger nous informe http://www.lepetitjournal.com/content/view/20955/1257/
| Citation: | vendredi 16 novembre 2007 ACT FOR NATURE - Partenaire de la «Rubrique Verte» présente : le Maki aux yeux turquoises L’association monégasque de conservation de la biodiversité Act for Nature a soutenu cette année un programme de conservation du Maki aux yeux turquoises (Eulemur macaco flavifrons, Gray, 1867): le Projet Flavifrons à Madagascar. Laetitia Maréchal, chef de projet nous livre son témoignage : Une vaza* au pays des lémuriens !

Laetitia Maréchal - © Laetitia Maréchal
L’expérience d’un chef de projet lors d’une mission de recherche scientifique et de sensibilisation à l’environnement sur les lémuriens aux yeux turquoise (Eulemur flavifrons) au Nord-Ouest de Madagascar, par elle-même :
Commençons par les présentations d’usages. Je me nomme Laëtitia Maréchal, je suis une jeune française de 24 ans qui vient de réaliser un séjour extraordinaire sur la péninsule de Sahamalza au Nord-Ouest de Madagascar. Je suis partie en forêt primaire pour étudier les Lémuriens aux yeux turquoises (Eulemur flavifrons). A la suite de mes études de Master 2 en écologie et éthologie et d’un stage sur les lémuriens au centre de primatologie de Strasbourg, j’ai décidé de monter mon propre projet : le projet Flavifrons. Malgré de nombreuses complications administratives (course aux sponsors, problèmes de visas et d’autorisation de recherche), j’ai réussi à réaliser mon projet.
Mes objectifs étaient multiples : Dans un premier temps, j’ai effectué une étude sur les vocalisations des Eulemur flavifrons. Concrètement cela consiste à enregistrer à l’aide d’une caméra les vocalisations associées aux comportements des lémuriens. Cela paraît certainement très facile, mais il n’en est rien. Le programme d’une journée type était le suivant : « Six heures d’observations non stop des lémuriens, soit de 6 h à 12h ou 11h à 17h ou 17h à 0h ». Pourquoi autant d’heures de présence pour enregistrer seulement 1 heure de vocalisations ? Je me suis souvent posée la question en passant 90 % du temps à observer les lémuriens dormir. La réponse est simple, ces lémuriens ont un rythme d’activité cathéméral, c’est-à-dire qu’ils alternent des cycles de repos et d’activités aussi bien le jour que la nuit. Dans le but d’enregistrer un maximum de vocalisations à différents moments, je me suis adaptée à leurs périodes d’activités. J’avoue que l’attente était interminable mais cela valait vraiment la peine. Dans un deuxième temps, j’ai organisé des animations de sensibilisation à l’environnement avec les enfants malgaches du village d’Analalava.
 Juanita et les enfants d Analalava © Laetitia Marechal
La participation et l’enthousiasme des enfants et des responsables de l’éducation m’ont conforté dans l’idée qu’une action de conservation doit être associée à un programme de sensibilisation à l’environnement de la population locale. Un souvenir impérissable ! Le charme d’une aventure comme celle-ci, c’est que tout peut arriver ! On peut avoir sa tente ravagée par des rats, se faire piquer par une araignée (ce qui a mis deux mois à guérir), avoir une allergie au manioc (jurée ! Je n’en mangerais plus) et toutes les pannes possibles (magnétophone, ordinateur, panneau solaire…). Des petits aléas qui sont vite oubliés. Le plus important reste le privilège et le bonheur que l’on éprouve lorsque l’on observe cette nature époustouflante. Cette aventure était également humaine. Je travaillais avec une équipe malgache formidable (Yvess, mon assistant et Juanita, étudiante) que je remercie. Nous vivions dans un camp de base assez sommaire. Nous logions dans des tentes, la rivière servait de douche et le repas quotidien était composé de riz et de lentilles (matin, midi et soir). L’isolement et les conditions de vie étaient heureusement compensés par l’ambiance chaleureuse qui régnait au campement. Madagascar est l’un des trésors écologique le plus fabuleux au monde. L’île possède plus de 80% d’espèces endémiques dont les fameux lémuriens. Malheureusement la plupart de ces espèces sont en voie d’extinction. C’est le cas pour les lémuriens aux yeux turquoises qui vivent exclusivement sur la presqu’île de Sahamalaza et dont la population est estimée entre 700 et 3500 individus (Meier et al., 1996). Des projets comme celui-ci sont importants pour préserver les espèces animales, mais aussi le milieu naturel dans lequel elles évoluent. Alors si vous êtes passionné par la nature et aventurier, n’hésitez pas. Lancez-vous ! Laetitia Maréchal
* Vaza signifie étranger en malgache. Référence : Meier B., Lonina A. et Hahn T. 1996. Zeitschrift des Kölner Zoo, 39, 61-72.
Retrouvez dès la semaine prochaine une nouvelle série d’articles consacrée aux espèces menacées qui font l’objet de programmes de conservation financés par l’association monégasque de conservation de la biodiversité Act for Nature…
Eglantine RICARD pour www.lepetitjournal.com - Monaco, 16 novembre 2007 Pour plus de renseignements, vous pouvez vous rendre sur le site de l’association Act for Nature www.actfornature.org
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