Chaque année , le 07 octobre , la confédération syndicale internationale et la confédération européenne des syndicats proposent une journée mondiale pour le travail décent en faveur d'une transformation de l'économie mondiale .
On notera que c'est le congrès fondateur de la CSI en 2006 qui a lancé l'appel à cette "journée d'action ... afin d'exiger que la mondialisation soit fondamentalement transformée "
Première question : est-ce çà le rôle d'un syndicat
" La CSI assume la tâche de lutter pour la gouvernance démocratique de l'économie"
" La CSI " exprime son soutien indéfectible aux principes et au rôle des Nations Unies et sa légitimité et son autorité uniques"
textes fondateurs.
premier commentaire : si le soutien est "indéfectible" , il ne peut cesser d'être et être pris en défaut
On a vu le rôle de l'ONU pour soutenir la guerre en Irak , alors que la majorité des travailleurs sont contre la guerre , idem en Afghanistan
Seconde question : se soumettre
" les organisations syndicales affiliées doivent soumettre au secrétaire général les noms de leurs représentants au moins trois mois avant le congrès "
Entre soumettre et transmettre, il y a une grande différence en démocratie .
Troisième question : l'exclusion
" Le conseil général a le droit de suspendre et le congrès d'exclure toute organisation affiliée qu'il juge coupable d'infraction aux présents statuts ou d'actions contraires aux intérêts de la confédération ou d'inaction"
commentaire : si un syndicat refuse d'appeler à manifester le 7 octobre , il est passible d'exclusion.
Les travailleurs refusent d'être encchaïné au fonctionnement des institutions de la classe capitaliste .
Avec ces questions , nous sommes là au coeur de ce que signifie l'indépendance du mouvement ouvrier pour obtenir un vrai travail et un vrai salaire.
Il faut revenir aux fondamentaux du syndicalisme à Madagascar c'est à dire le droit à l'organisation syndicale libre et indépendante , le droit de grève et d'exercice du droit de grève.
Il faut défendre le droit imprescriptible pour la classe ouvrière malgache de s'organiser comme elle l'entend pour défendre ses intérêts spécifiques et légitimes , sans se dissoudre dans une quelconque société civile , avec les patrons , les églises et les sectes,un soi-disant intérêt général ou une quelconque " humanisation " de la mondialisation comme on nous invite tous les 7 octobre.
En aucun cas , un syndicat peut s'intégrer comme composante au même titre que son patron et son gouvernement , dans " une nouvelle gouvernance mondiale"
code de bonne conduite et travail dit décent
C'est plus ou moins le cas des entreprises des zones franches malgaches :
- une entreprise peut adhérer à la norme fondamentale de l'OIT en signant un "code de bonne conduite" pour faire en sorte que le travail soit décent.
Pour que le travail soit " décent " il suffira d'éviter les formes " les plus extrèmes" de l'exploitation des enfants , et du travail de nuit des femmes.L'entreprise devra informer les salariés de leurs droits et faire que ces droits soient respectés.
L'entreprise signe un code de bonne conduite en échange d'un label de développement durable , d'économie sociale ou solidaire.
Commentaire : les patrons défendent leurs droits, les ouvriers les leurs , et c'est la lutte revendicative qui tranche entre les 2 parties. Revendiquer un " code de bonne conduite c'est s'en remettre aux donneurs d'ordres , c'est donner pouvoir à son patron le soin de défendre les revendications de son personnel.
Le syndicat doit rester libre et indépendant pour défendre le code du travail , et les conventions de l'OIT , sur le droit syndical, l'interdiction du travail de nuit des femmes et l'interdiction du travail des enfants.
_________________
korana mangingina