A 700 km de la Capitale, sur la route nationale n°7, en direction de la ville du soleil (Tuléar) ou à 243 km de cette dernière, sur 81.540 ha s’étend le Parc National le plus visité de Madagascar : l’Isalo.
Le parc le plus visitéAvec 1 000 touristes en 1992 et 7 000 en 1995, le parc de l’Isalo est constitué de grès continentaux datant du jurassique avec une géomorphologie très variée. Il est marqué par de nombreux et profonds canyons où coulent le plus souvent des rivières créant des plages de verdure au milieu d’un paysage sec à l’aspect hostile.
Accès à ce lieuSitué dans le nord du quart-sud de Madagascar : on y accède à partir de Ranohira, un petit village “endormi” en bordure du massif.
Le village de Ranohira est localisé le long de la RN 7 et relié à 250 km vers l’ouest par Tuléar, la grande ville de la côte sud-ouest et à 300 km vers l’est par Fianarantsoa, la grande ville du centre-sud, dans les hautes terres de l’île.
C’est le pays du peuple Bara, un des peuples de Madagascar. Selon certains, celui qui présente la part d’origine africaine la plus marquée de l’île. Y cohabitent : des paysans, leur(s) femme(s), leurs zébus. On peut les mettre tous au pluriel : en effet, si les paysans Bara sont connus pour leur goût des grands troupeaux de ces bovidés, ils le sont moins pour leur pratique (éventuelle) de la polygamie, ce qui n’est pas courant à Madagascar.
Caracteristiques de l’isaloL’Isalo ( prononcé ichal) est un site archéologique avec des cavernes abritant des tombeaux Bara, ou des grottes qui ont servi de refuge aux Portugais et aux Arabes, le parc n’en est pas moins un témoin vivant de l’Histoire du monde avec la plaque continentale montrant le rattachement de Madagascar à l’Afrique il y a de cela 2000 millions d’années.
On y trouve 82 espèces d’oiseaux, 33 espèces de reptiles, 15 espèces d’amphibiens, 14 espèces de mammifères dont 7 primates entre autres, le lémur Catta ” Maky ”, le Propithecus verreauxi ” Sifaka ”, Eulemur fulvus rufus ” Varika ”. Une flore endémique composée d’aloès, d’euphorbes, des pachypodes et de pandanus s’y développe.
Très recherchée par les collectionneurs, cette plante est aujourd’hui menacée.
Pour accéder à l’Isalo, le chemin le plus court est celui à partir de Tuléar, d’autant que la route devrait être dans un très bon état. S’il peut certes s’apprécier à l’occasion d’une balade d’une journée, ce massif mérite plutôt une randonnée plus en profondeutb, enfin une découverte sur plusieurs jours, pour prendre le temps de s’y immerger. En marchant dans ce massif, l’impression d’être dans un décor de Western ne cesse qu’à la rencontre de sa faune ou de sa flore, qui à l’évidence n’est pas celle du Far-West!
RecommandationsEn organisant bien son périple, celle qui part de Fianarantsoa est tout à fait réalisable : en choisissant sa saison (
éviter les mois de décembre-janvier-février), elle permet une approche progressive de la région.
Le relief commence par une succession de pics, dont le pic Boby, le 2ème sommet de Madagascar (plus de 2600 m). On traverse des régions où le riz se cultive en terrasses, sur le mode asiatique, et où s’exerce également la viticulture malgache, autour d’Ambalavao (le Lazan’i Betsileo par exemple est un cru connu et bien distribué à Madagascar). Peu à peu, la route quitte les collines pour la plaine, et c’est là que surgit la Porte du Sud… un majestueux bloc rocheux isolé.
Ensuite, c’est la traversée de la grande plaine de l’Horombe. A ne pas oublier, la visite de la maison de l’Isalo où quelques renseignements concernant la région puis quelques historiques y sont exposés.
Pour le trajet Fianarantsoa-Ihosy, soit 200 km, comptez 3 h de voiture, ensuite Ihosy-Ranohira, soit 90 km : 1heure et quelques. Pour bien apprécier, il faut se lever tôt, tout de même assez tôt car le circuit de découverte est très riche.
(extrait de Madagascar Tribune du 02/08/2005)