Demain je t'envoie la vrés photo.
Bon , tien je te raconte une de mais première aventure.
La galère
Je suis remonté quelques jours sur Ifaty pour rencontrer quelques amis.
C’est très touristique on parle d’Ifaty mais en fait c’est Mangily, avec des hôtels sympas, un joli petit village bien animé.
Il y a une belle forêt de baobabs.
Je me suis installé chez mon ami Patrick hôtel Beach club. Mon bungalow est sympa sur la plage et confortable. Sa femme Ounie fait une cuisine remarquable. Le temps est magnifique Il est dix sept heures. En flânant sur la plage animée par les vendeuses de paréos, coquillages, bibelots je rencontre deux jeunes Vez d’une vingtaine d’années qui me proposent un pique-nique ou une promenade en pirogue.
Je demande à tout hasard s’il est possible de trouver une pirogue pour la pêche.
OK demain à 6h rendez-vous sur la plage.
Bon me voilà occupé pour la matinée de demain. Après avoir festoyer le soir avec mes amis je rejoins mon bungalow pour un petit sommeil récupérateur.
Allongé sur mon lit je pense à cette pêche. Sera t-elle bonne avec de beaux et gros poissons !
J’entends des gouttes de pluie qui tombent sur le toit en paille. Cela ne m’inquiète pas et je m’endords. C’est le vent qui souffle en rafale dans les filaos qui me réveille. Hummm j’aime pas trop ça. Je sors rapidement de mon lit, ouvre la porte pour regarder dehors. Le lagon est calme . Il est 6 heures et il n’y a personne.
Bon, je m’habille et me poste sur la plage pour attendre mes piroguiers. 6 heures 30 Rien !
Bizarre, 7 heures c’est toujours calme. Je regarde au large la passe, c’est blanc, ça écume, je commence à faire un trait sur ma pêche quand j’aperçois un de mes pêcheurs qui arrive.
Bonjour, il s’excuse pour le retard du au manque d’appâts. Je n’en crois pas un mot mais je fais bonne figure. Nous retrouvons le deuxième qui prépare et gré une pirogue. Je regarde la pirogue et la trouve tore (tordu) ? C’est peut être le fruit de mon imagination les vapeurs d’hier soir. Bon je pose la question ! C’est bon pour la pêche, on va où ! , La mer est bonne. Ils se regardent et me répondent en Francomalgache langue universelle ok ok. J’ai un grand doute et pour moi ils ont besoin absolument de ces cinquante mille Fmg promis pour une pêche.
Bon je ne me dégonfle pas OK, je m’installe dans la pirogue et vogue la galère.
Je suis au centre, elle est vraiment tore cette pirogue. La mer dans le lagon est calme et il y a du vent, le temps est toujours gris avec des nuages. Il ne pleut pas c’est le principal.
Ca se gâte à l’approche de la barrière de corail, voilà deux heures que nous sommes partis. On embarque de l’eau et j’écope. Sa chahute dur, les vagues sont hachées, pas trop grosses mais vilaines, la mer est verte. Il y a 8 à 10 mètres de fond nous sommes toujours dans le lagon. Un piroguier me dit que la passe est fermée. Je m’en étais aperçu ! . Bon, on affale, on retire tout le gréement on jette à l’eau une grosse pierre qui serre d’encre. C’est très inconfortable, je jette ma ligne petite palangrotte avec une crevette pour appât, il y a beaucoup de courant, c’est pas le pied. Paf ça mord de suite merde en plus il y a du poisson. Deux et trois, dans ma tête je pense que dans une petite demi-heures on aura 10 kg et on pourra rentrer. Crac le boute de l’encre se brise la pirogue dérive. Bon pas de solution il faut rentrer. Ils s’activent pour remettre le gréement c’est pas évident. Un qui maintien la pirogue avec la pagaie, l’autre s’active sur le mat et la baume. Voilà c’est fait on repart en direction de la plage. Me voilà soulagé.
Le vent soufle du mauvais côté, le balancier ne joue plus son rôle, on écope dur dur. Je suis trempé, il y a des paquets de mer qui frappe la pirogue et qui nous met à mal. Et re-craque la voile se déchire en deux. Il faut re-défaire le gréement tout a plat. Un vez me dit avec un grand sourire qu’il n’y a pas de problème et qu’ils sont les rois de la mer. Le piroguier arrière frappe avec sa main sur la pirogue et entame un chant malgache. Pour un Vez le chant prolonge la vie. Ils deviennent euphoriques, s’activent à la pagaie et un et deux ça rame en cadence. Moi j’écope le plus possible. On est loin et on embarque de plus en plus. J’ai une idée je vais me mettre sur le balancier 85 kg cela va mieux maintenir la pirogue. Ils me regardent faire et acquiescent à ma requête.
Nous sommes maintenant à une heure environ de la plage, nous sommes plus à l’abris et nous ne prenons plus l’eau, une petite pose s’impose. Moi j’en profite pour boire un coup d’eau et m’essuyer un peu, eux allument un petit pétard (zamal).
Je suis revenu dans la pirogue et je remplace de temps en temps un des pagayeurs.
Me voilà Vezo, le terme qui vient de la profession de rameur car Vezo veut dire ramer.
C’est incroyable l’énergie et la force qu’ils ont ces Vez. Moi au bout de 30 a 40 coups de pagaie je suis cuit.
On touche terre. La plage est plus animée que ce matin et le soleil revient petit à petit..
Voilà venu le temps des explications. Je leur dis qu’il n’était pas nécessaire de partir, que je leur aurai donné leur cinquante mille de toute façon. Comme deux enfants têtes baissées ils regardent le sable en écoutant mon sermon .
Je sors cent mille car ils ont besoin d’une nouvelle voile et je sais que c’est leur moyen de subsistance.
De plus ils m’ont ramené vivant J))
De plus j’ai pris une bonne leçon
Allez on va boire une bonne THB bien méritée et on se quitte en toute amitié.
La morale de cette histoire.
Certains Vezo se sont sédentarisés et ceux là sont bons pour promener les touristes dans le lagon.
Heureusement il y a les vrais Vezo.