Le matin, Taxi First Class pour Majunga. Voiture impeccable et quasi neuve, chauffeur consciencieux, nous ne sommes que 7 dans le minibus, c'est incontestablement le voyage routier le plus agréable que j'ai fait à Mada, et je souhaite qu'ils étendent leur réseau à d'autres villes. En plus durant le voyage un plateau repas nous est servi à l'ombre, au bord d'une rivière.
En cours de route, arrêt prolongé aux chutes de la Betsiboaka à ma demande et avec l'accord des autres passagers. Peu d'eau, mais belles vues vers la rive droite. J'ai bien fait de bousculer un peu mon programme, le spectacle ne valait pas plus d'une heure d'arrêt, et non pas une journée complète, du moins en cette saison (je me plais à imaginer le site lorsque le fleuve est en crue).
Majunga.
Hôtel Anjary, prix en hausse excessive et qualité en baisse. Je pose mes bagages et sors au café Tobany où 2 filles me draguent immédiatement, dont une très mignonne, Asmine. Je lui dis que ce que je cherche avant tout, c'est un appartement à louer pour le mois. Elle me dit en connaître, et me donne rendez vous le lendemain matin pour y aller.
Maderitour, appartements correspondant exactement à ce que je cherchais, pour 330€ par mois. Je souscrit immédiatement et emménage. Tellement content que je donne 100000Ar à Asmine pour le service rendu, c'est trop, elle va s'accrocher et je vais avoir beaucoup de mal à m'en défaire, d'autant que ses copines flairant la bonne affaire poussent à la continuité de la relation.
Et puis ma vie de pseudo résident s'organise, je fais mes courses, mes repas, je me balade en ville et au bord de la mer.
Le port aux boutres et son jeu de mats croisée


J'ai un dernier doute sur la panne de mon portable et me mets en quête d'une batterie. Je finis par trouver une boutique avec un atelier de maintenance, qui me débloque la situation en réamorçant la batterie avec quelques dixièmes de volts, suffisamment pour que le Nokia reconnaisse à nouveau le chargeur, et c'est reparti !!!!
Laurent arrive à Majunga, avec un de ses collègues de Carpentras. Je le rencontre dans la rue, avant le rendez-vous qu'on s'était fixés. Pendant 3 jours, la fête : pot à l'appartement avec Asmine, Blues Rock, Tobany, Papy Raleur, Petite Cour, ... THB, rhums arrangés, délicieux repas, sourires féminins, la vie est belle !
vendredi 6
Départ pour Nosy Komba par le JP Calloch.
Nuit longue et inconfortable. J'y perds mon stylo en me tortillant sur les sièges pour essayer de dormir. Le jour levé laisse voir la cote ouest de Mada, qui semble pleine de sites à découvrir, mais probablement uniquement par bateau.
Je pose un pied à Nosy Be, et embarque immédiatement en pirogue pour Nosy komba.
Hébergement au "Lemurien"
les patrons sont en Allemagne, et c'est leur fils Eric qui s'en occupe, très mal, avec sa femme qui trône, submergée par ses bracelets, ses colliers, ses bagues. Rencontre avec Janny (Giovani) un italien très sympa parlant anglais, et qui va me suivre dans toutes mes sorties découvertes (il en sera épuisé mais heureux. Rencontre aussi avec Valerie, qui vient de la Reunion, où elle fait des petits boulots. Sympa, elle aussi, pas de jeu de séduction dans le trio, ça marche.
Nosy Komba et ses environs sont vraiment enchanteurs !
Mais les gens sur l'îlot n'ont pas l'air très sympa, pas très accueillants, probablement la proximité de Nosy Be, dont les touristes viennent 2 fois par semaine en troupeaux à la japonaise, pour voir l'artisanat (broderies et bois). Quand ils viennent les enfants dans l'école se mettent à chanter pour les amuser, ça me choque!
Les pirogues sur cette île sont très belles : profondes et effilées, avec un pont, La proue travaillée :
Premier jour, je vais avec Janny voir les fonds devant l'hôtel Les Floralies. L'eau est trouble, mais la faune est riche et les coraux assez jolis j'ai nagé de concert avec 2 tortue pendant près de 10minutes.
Et puis il y a eu la découverte de Nosy Tanikely où les fonds sont les plus beaux que j'ai jamais vus ! Des poissons par centaines, toutes tailles et couleurs (mérou, raies, bancs énormes) les poissons nagent parfois à moins de 50 cm de mon visage, une eau superbement turquoise, très limpide et de magnifiques coraux (dommage que je n'ai plus mon appareil sous marin !). Une île de toute beauté :
Près du phare, il y a des lémuriens et des roussettes, sans compter un magnifique panorama sur toutes les îles alentour.
Mais Nosy Komba est aussi une très belle forêt, aérée, avec de superbes arbres, des sentiers faciles à pratiquer. J'irai me balader dans la foret jusqu'au sommet de l'île en compagnie d'Yvonne, l'encyclopédie locale qui nous guide, Janny, et Christine, une toubib assez extraordinaire, genre Dr Schweitzer. Le 1er contact est difficile, puis on sympathise. Superbe randonnée
très belle nature, et repas agréable dans un village, avec undéssert succulent, et magnifiquement décoré :
Au retour de la balade on passe dans un village extraordinaire, dirigé par un italien, Di Stefano, qui y consacre tout son temps et son argent, constructions en dur, bibliothèques, éolienne, rues pavées et propres. Il nous dit vouloir faire un village pilote pour Mada, avec l'aide des malgaches, et il a modifié pour cela la structure sociale traditionnelle du village. C'est beau, c'est étonnant, je lui souhaite de réussir, mais je crains que les embûches et les jalousies ne soient nombreuses. Je reviendrai voir ...
Sur cette île, pas de route, même pas de chemin côtier, pour aller d'un village à l'autre, il faut soit y aller en pirogue, soit passer par la montagne (600m) . C'est sans doute sa chance pour échaper à l'emprise nosybéenne.
Il y a une petite île boisée entre Nosy Komba et Nosy Be, qui s'appelle Nosy Vorona, l'île aux oiseaux, et j'ai bien envie d'aller la voir de plus près et de faire une plongée. Janny m'accompagne bien sur, et nous trouvons une petite pirogue à voile dont le piroguier refait vite des raccords d'étanchéité avant de nous emmener, à la voile pour l'aller. Janny est désigné comme écopeur.

Sur l'îlot il y a un petit phare et son gardien, et une maison d'hôtes déserte. En plongée l'eau est très trouble, mais je vois une belle tortue que je suis pendant un bon moment, puis un très gros banc de poissons jaunes et blanc, plus d'un millier. Lorsque je sors de l'eau Janny me fait part de son inquiétude : le vent a sensiblement forci, la mer aussi, et il n'est pas possible de revenir par le même chemin. J'en parle avec le piroguier, et il me répond qu'il n'y a pas de problème. De fait nous allons faire un grand détour pour passer derrière d'autres îlots, pour rester à l'abri du vent et des vagues. Malheureusement pas question de monter la voile, et c'est à la pagaie pendant 1 heure 1/2 que nous reviendrons. Je pagaie, Janny écope, et le piroguier, me dira Janny, reste souvent sans rien faire. J'en attrape des ampoules dans la main. Assez impressionné quand même par moments lorsque des paquets de mer viennent dans la pirogue, par dessus bord.
13/6
Pirogue vers Ankify, où je trouve immédiatement un taxi pour aller à Antsohihy. Piste cahoteuse et poussiéreuse jusqu'à la RN4 avant Ambanja, superbe futaie avec de très grands arbres.
Paysage plus dénudé après Ambanja, mais j'ai vu de grandes étendues de raphia, de petites forets.
Antsohihy, à la station de taxi brousse, on me dit qu'il vaut mieux partir le lendemain vers 10h.Je réserve les 2 places à l'avant et vais chercher un hôtel. La ville est sans charme, les gens indifférents bien que je sois le seul vazaha. Une nana dans un bar en face de l'hôtel me fait du rentre dedans, et commence immédiatement à me parler de son anniversaire au mois de juillet; je lui demande ce qu'elle souhaiterais, et elle me répond avec un grand sourire : un réfrigérateur! Rien que ça :-)) Je la plante là, et vais me coucher, seul.
14/6 Le lendemain, le taxi brousse pour Majunga est complètement pourri, encore une fois de la compagnie Kofia, alors que j'avais réservé dans une autre avec de bonnes voitures. Attente des passagers, l'attente se prolonge (c'est peut être pour ça que derrière la station on voit ceci :
(lol...)
et finalement on part vers 14h30, avec moult arrêts en cours de route. Tant et si bien que la nuit nous rattrape juste après Port Berge, sur la portion de route longue de 30km qui est totalement défoncée et qui nécessite de rouler doucement. Dans le taxi tout le monde s'est tu, plus de bavardages ni de chants, et je ne peux m'empêcher de penser aux risques des bandits de grands chemins. Lorsque je l'avais évoqué à Antsohihy on m'avait répondu qu'il n'y avait rien eu depuis quelques jours !
On arrivera à Majunga à 2h du matin, en n'ayant presque rien vu de cette portion de la RN4... Lorsque j'arrive à mon appartement, je me vois dans le miroir : je suis rouge brique de la tête aux pieds, par la poussière du voyage, c'est la première fois que je suis roux !
Au prochain épisode : Majunga en fête
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http://mada.forumactif.com/pour-ceux-qui-y-sont-deja-alles-f3/madaphile-2008-re-suite-et-fin-t1547.htm