Bonjour à tous ! Voilà presque trois semaines que je suis revenu, et je trouve enfin le temps de vous faire part de mon voyage.
Et d'abord mon périple :

Soit :
- Tana
- Ambalavao
- Ifaty/Mangily
- Morondave
- Sambava/Marojejy
- Majunga
- Nosy Komba
- Tana
Donc un voyage principalement dirigé vers la côte Ouest, que je ne connaissais presque pas.
J'embarque le 30 avril, d'abord pour un vol Marseille Paris offert par Air Mad qui a du bousculer ses plans de vol, puis Paris Tana. Une majorité de malgaches à bord, pour cause de tarifs réduits au personnel Air Mad me dira t'on. A l'heure de l'apéritif j'aurai une double ration de whisky, en raison de mon anniversaire. Viva Air Mad !
jeudi 1/5
Tana avec 1/2 h d'avance. Visa 58€, le double. Le douanier fouille avec insistance, en répétant "cadeau ?". je fais mine de ne pas comprendre.
Un taxi me prend en charge, et prétend, à tort, pouvoir m'emmener à Ambalavao. J'atterris au Sakamanga où je suis prêt à prendre une chambre, tout en parlant de ma destination, le réceptioniste prend immédiatement son téléphone et appelle un des voisins de l'hôtel, chauffeur guide. On se met d'accord sur 400000, premier aperçu de l'aumentation brutale du prix des transports, à cause du prix de l'essence, mais j'ai tellement hâte de me retrouver à Ambalavao que j'accepte. Petit déjeuner au Sakamanga, et en route à 7h. Bonne voiture, bon chauffeur. J'ai beau connaître cette route maintenant, l'émerveillement me saisit à nouveau, et cette fois j'ai l'impression de ne pas en être parti !
Voyage sans histoire, déjeuner à Ambositra, dans un sympathique restaurant à l'écart, un groupe de 3 musiciens joue du traditionnel, avec une valiha.
Ambalavao ! Bon accueil à "la résidence", chambre correcte (la plus belle), le personnel se déplace pour me saluer et me remercier pour les photosque j'avais envoyées l'année dernière. Je suis le seul client. Toilette, puis je vais au Tsienimparihy où tout le monde se déplace pour faire la bise à "Monsieur Roland".
Vendredi 2/5
Petit déjeuner : le café, du pur malgache, réveillerait un régiment. Je vais me balader au marché, identique à lui même...
Je me balade en ville où plein de gens me reconnaissent, et me saluent avec des sourires chaleureux, quel plaisir !Je vais chez Nathocean pour commander mes tee shirt à pochettes. Il n'y en a pas, et la responsable me propose de rajouter des pochettes entièrement brodées. Retour au Tsienimparihy où je dîne en compagnie de Guy, le patron, qui est venu s'installer à ma table. Faute de rhum arrangé correct il sort une bouteille de whisky et m'en sert plusieurs fois. J'apprend qu'il va y avoir une soirée disco à la salle des fêtes, et décide d'y aller, pour voir. Je discute avec le DJ très sympa, qui m'installe à une table loin des baffles. La salle se remplit peu à peu, le niveau sonore est acceptable pour les oreilles, pas pour les conversations. La bière semble la boisson la plus consommée, et commence à altérer la parole de certaines. Il y a peu de monde sur la piste, sauf, et c'est une surprise pour moi, lorsque le DJ lance le disque de musique traditionnelle, où les couples dansent les uns derrière les autres, en procession, presque tout le monde y va. Je ne pensais pas qu'il y avait un tel engouement pour cette danse, surtout en soirée pour les jeunes.
Samedi 3/5
Après petit déjeuner je cherche la route qui mène à l'Ifandana et m'y engage. J'irai jusqu'à Ambohimandrosa, à une dizaine de km.
Je fais une bonne partie du chemin en compagnie de paysannes qui reviennent du marché, aucune ne parle français, mais la bonne humeur et les rires sont présents tout au long du chemin.
Arrivé au village (ancien chef lieu avant Ambalavao) Je demande où acheter à boire, et on me dirige vers une "épicerie" en me précisant qu'elle était tenue par le maire. Celui-ci m'accueillera cérémonieusement, en présence de 3 autres personnes, et me parlera un peu de la vie du village. Mais il sera surtout intéressé par mon sentiment sur la balade, et je comprend dans sa discussion en malgache avec les autres qu'il serait intéressé par un développement touristique du lieu. Retour à Ambalavao.
Diner au Tsien, où Guy vient à nouveau me rejoindre à table pour discuter.
Dimanche 4/5
Dès le petit déjeuner on me parle de la grande animation du jour : une course de minibus qui doit avoir lieu entre Ambalavao et le col de Vatovo, sur la nationale 7. En fait j'apprendrai qu'il ne s'agit que de 2 chauffeurs de taxi-brousse qui n'arrêtais pas de se lancer des défis, et qui souhaitaient se mesurer une fois pour toutes. Mais ils n'avaient aucune autorisation, ni de la préfecture, ni de la mairie, ni de qui que ce soit. N'empêche que la population se passionnait et prenait des paris entre les 2 concurrents, surnommés Cyclone et Anti-Cyclone !
En attendant j'ai profité de la matinée pour aller voir les églises en pleine action. La catholique était absolument pleine, mais les gens m'ont laissé passer vers le balcon, et j'ai vu que là aussi la quête était un grand moment, comme à la FJKM de Sambava. Des chants assez agréables. Deux petites églises sectaires contenaient très peu de monde, alors que le temple luthérien était plein.
Déjeuner au snack bar (nouveau à Ambalavao), excellents sambos, autres amuse gueule goûteux (300 ar pièce). La soeur de la patronne commence à me faire de l'oeil, non merci. Par contre le fils est très intéressant, il a fait ses études d'agronomie en France, connaît Gap, et se trouve être le fameux Michel, viticulteur, que me vante Guy. J'irai voir ses installations.
Après midi, taxi brousse vers le col pour aller voir la "course". Il y a un monde fou, l'impression que toute la ville s'est déplacée, dans une ambiance de fête où les rires fusent en permanence, communicatifs.
Puis une grande excitation : Anti-cyclone grimpe le col à toute vitesse avec une énorme traînée de fumée noire. Il sera seul à concourir, aucune autorisation n'ayant été délivrée.
Retour vers Ambalavao (12km), d'abord à pied, puis je demande à deux voitures sur le coté s'il leur reste une place pour me descendre, petit conciliabule, et c'est d'accord. Surprise on me met une bouteille de THB fraîche entre les mains, et lorsque je veux la payer ils sont tout étonnés, presque choqués. En fait ce n'était pas un taxi brousse mais une famille complète dans 2 voitures, ils possèdent la plus grande épicerie d'Ambalavao. Une ambiance particulièrement chaleureuse et joyeuse à laquelle je me joins volontiers. L'une des filles dit à un tout petit "regarde papy Roland", et c'est parti, j'étais papy Roland. Je leur promets de garder le contact et d'aller les voir le lendemain.
Dîner à la Résidence, cuisses de nymphes (grenouilles), succulentes.
lundi 5
Je prends le chemin par l'est de la boucle de l'Ifandana, au moins pour aller voir le lac où il y aurait beaucoup d'oiseaux. En sortant d'Ambalavao deux petites nanas se mettent à marcher à mon rythme, tout en rigolant. Elles sont arrêtées au bout d'un moment par des personnes âgées, mais quelques minutes plus tard les voilà à nouveau dans mon dos. J'essaye d'engager la conversation, l'une connaît quelques mots de français, l'autre pas du tout. Elles se disent "étudiantes", de 18 et 19 ans. Je leur montre ma carte de la région, et ce que je veux voir. Elles n’ont pas l'air de comprendre, et en guise de lac m'emmènent sur un bras de la rivière. Loupé.

Nous continuons à cheminer, en silence la plupart du temps, le rythme est très rapide et je me dis que je pourrais faire la boucle complète. Après près de 2h de marche, la plus jeune commence à se triturer l'estomac, je m'apprête à lui donner un médicament, mais elle me dit "faim", avec un air lamentable... Je comprends qu'il s'agit de vraie faim, pas d'un "petit creux". A l'épicerie suivante je leur dit de prendre ce qu'elles veulent, et elles font des achats somptuaires : 4 petits paquets de biscuits chacune et une grande bouteille de coca ... !
Nous sommes à l'embranchement de la route de Ambohimahasina et du chemin vers Ambohimandroso, qui longe les rochers de Ifandana. Les filles se renseignent sur le chemin à suivre, et ma carte n'y fait rien, elles prennent un chemin par le sud du massif alors que ma carte le préconisait par le nord.

Les paysages continuent à m'enchanter, mais il fait chaud. A un moment l'aînée s'éloigne vers un village, probablement pour demander une fois de plus son chemin, et après une discussion avec un villageois nous appelle. Elle essaye de m'expliquer, et je comprends que nous sommes dans un parc, qu'il faut payer. Problème : j'ai emporté très peu d'argent et après avoir payé l'épicerie il me reste juste une réserve suffisante pour la traversée de la rivière en pirogue, et le taxi brousse de retour. J'essaye de comprendre, d'expliquer, tout le village s'attroupe autour de nous, personne ne parle français, et mes nanas s'avèrent totalement incapables de traduire ! Alors on me dit qu'il faut attendre, attendre le chef du Fokontany, qui vient et ça ne change rien, attendre le président du parc, qui vient et ca ne change rien ! C'est Kafkaien ! Je ne sais pas ce que nous attendons, pendant 2 heures les villageois nous regardent sous le nez, déçus que dans mon sac je n'ai qu'une bouteille d'eau, toutes propositions que je peux faire sont lettre morte et restent sans réponses : contourner la zone du parc, retourner par le même chemin, avoir de la monnaie remboursable pour continuer ... Rien !

Au bout de 2h je reprends mon sac et je repars par le même chemin, suivi par les nanas, sans aucune réaction, à 'un moment elles prennent un chemin de traverse pour rentrer chez elles . Je n'ai rien compris à tout ce qui ne s'est pas passé.
Petite station de taxi brousse, 3 passages de voitures déjà surchargées, la 4eme, un baché, me prend en tassant un peu plus, je me retrouve réduit à un cube de 60 cm de coté! La marchandise transportée ne laisse guère de place, nous ne sommes que 8, mais quelle ambiance!
Les femmes plaisantent et rient, puis me font rentrer dans leur jeu, par gestes et quelques mots, une franche rigolade durant tout le trajet !
mercredi 7
Jour du marché aux zébus :
et du marché
Au centre-ville un 4x4 s'arrête près de moi : Jean Pascal rencontré l'année précédente au Tsienim. On discute dans la rue puis on va boire un verre, en compagnie de son épouse malgache. Il me parle des balades dans le coin, et en particulier d'un joli coin de la rivière, avec une cascade, où il y a des crocodiles. Je ne lui cache pas mon intérêt, et il me propose de m'y emmener le lendemain dans son 4x4.
jeudi 8
8h, Jean Pascal et son épouse viennent à l'hôtel, et c'est parti dans la brousse, par des pistes complètement défoncées.
On longe par l'est le massif de la femme couchée, puis on s'arrête sur une colline dominant la rivière. Le paysage est très agréable.
Recherche des crocos aux jumelles, il pense en voir un et nous descendons à pied, mais quand nous approchons du bord, le crocodile nous a entendu et plonge. Retour à la voiture et nous allons vers un autre lieu en amont. Les paysans dans les champs lui disent qu'il y en a 2 sur un rocher, et effectivement ils sont là, de belle taille, sur un gros rocher plat qui émerge, à 10m de nous !
ils sont totalement immobiles mais Jean Pascal a décidé de les faire "danser", selon son expression. Il a amené un fusil, et tire dans la direction des crocos, en prenant bien soin de les rater (lol). Mais les crocos sautent en l'air avec une vitesse étonnante, puis plongent. Quelques minutes plus tard on voit réapparaître leurs naseaux en surface.
Avant de quitter Ambalavo, voici le massif de la Femme Couchée :
Prochain épisode : vers le grand sud