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 1947 : 60 ans après quel bilan à Madagascar ?

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R@koto
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MessageSujet: 1947 : 60 ans après quel bilan à Madagascar ?   Mar 13 Mar - 18:29

Un membre nous dit :

Citation:
Bientôt le soixantième anniversaire de cette sombre page de l'histoire coloniale française ... En France, on semble amnésique, mais je sais que ce n'est pas le cas à Madagascar.

Pour devoir de mémoire ...

merci de ce rappel queffgwada


Le débat est ouvert.

Et je suis donc en train de relire quelques livres de ma bibliothèque :




Bel ouvrage de Jacques Tronchon, sur le rôle et les responsabilités des forces en présence/
28 Euros chez Editions-diffusion Karthala , 23-24 bl Arago 75013



Devoir de mémoire par Janine Harovelo , 24 euros chez l'Harmattan



7,5 euros aux editions de la découverte , 9 bis rue Abel-Hovelacque 75013



livre de 1977 aux éditions Maspero

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korana mangingina
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MessageSujet: Re: 1947 : 60 ans après quel bilan à Madagascar ?   Sam 17 Mar - 18:37

Un premier témoignage :


http://www.youtube.com/profile?user=rasoanirina



un second

http://www.youtube.com/watch?v=8Dt0C-QVlW4


encore un autre

http://www.youtube.com/watch?v=gbquCpHBZZ0

la suite

http://www.youtube.com/watch?v=FGrXNzd26VY


la fin de cette série

http://www.youtube.com/watch?v=j3wsM5Z4lOY

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queffgwada
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MessageSujet: Re: 1947 : 60 ans après quel bilan à Madagascar ?   Dim 18 Mar - 3:06

C'est édifiant, merci beaucoup.

Laurent
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MessageSujet: Re: 1947 : 60 ans après quel bilan à Madagascar ?   Lun 19 Mar - 7:53

Le journal Madagascar-Tribune commence aujourd'hui une série d'articles consacrés à cette période, voici le premier :

Histoire

:: 29 Mars 1947

La naissance du MDRM

Cette année, Madagascar célébrera la 60e anniversaire de l’Insurrection de 1947-1948. Et comme à l’accoutumée depuis 1967(*), l’Etat veut marquer l’événement d’une pierre blanche. Et à cette occasion Madagascar Tribune vous propose une série de dossiers relative à cette lutte.
Quartier Latin, centre intellectuel parisien, dans un restaurant situé sur la colline Sainte-Geneviève, quelques Malgaches discutent et décident de créer un parti politique. Ils l’appellent Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgaches. On était le 11 février 1946. Sans le savoir, ils viennent de fonder la structure politique qui va fortement marquer l’évolution politique de Madagascar.
Mais cette formation du MDRM n’était pas possible sans le vent de la Décolonisation qui a commencé à souffler sur les colonies européennes asiatiques et africaines. La France, elle-même, confrontée aux événements de la Seconde Guerre mondiale, a décidé de changer de politique coloniale dont le symbole fort est la Conférence de Brazzaville en 1944. La Métropole décidait alors d’associer ses colonies à la gestion de leur territoire.
Naissance parisienne
Pour concrétiser cette nouvelle politique, il a été décidé d’organiser des élections dans les Territoires sous dépendance. Ainsi, en octobre 1945, les électeurs malgaches ont été appelés aux urnes pour élire leurs représentants qui siégeront au Palais-Bourbon. Ils y envoyaient Raseta et Ravoahangy.
Mais les missions de ces derniers n’étaient pas faciles. Ils se butaient à l’hostilité de la plupart des organisations métropolitaines (partis politiques, syndicats…). D’où l’idée de créer une structure qui leur donnera la légitimité qui démentira l’accusation selon laquelle seuls les Merina sont nationalistes. De là est née l’idée de créer le MDRM.
Implantation à Madagascar
L’implantation du M.D.R.M. dans la Grande Ile s’est effectuée en plusieurs étapes. Elle commence au moment de la formation du Comité électoral qui a soutenu Ravoahangy et Raseta.
En effet, après les élections et étant donné la victoire de ses deux candidats, le Comité cherchait le moyen de mieux soutenir ses élus et leurs actions par des propagandes actives et des envois de fonds à Paris. Ainsi, il décide de créer les syndicats des auteurs et de la presse libre dont les actions sont destinées à faire une campagne de propagande en faveur de l’indépendance.
Mais face aux succès de ces syndicats et consciente de leurs véritables objectifs, l’administration coloniale décidait de réagir en les interdisant et en condamnant leurs principaux responsables à des peines d’amende (mai 1945). Dépourvus de structure de lutte, les partisans des députés voyaient dans la création du M.D.R.M. la solution idéale et inespérée pour combattre l’oppression coloniale.
Ainsi, l’ancien Comité électoral de deux élus reçoit en avril 1946 le mandat des créateurs de M.D.R.M. de l’implanter, d’abord à Tananarive, en vue des élections de 1946. Et le 18 juin 1946, le parti s’implante officiellement et légalement à Madagascar.

(à suivre)

(*) : Avant cette date, aucune manifestation commémorant cette date n’était autorisée, hormis de simples recueillements.
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MessageSujet: Re: 1947 : 60 ans après quel bilan à Madagascar ?   Lun 19 Mar - 9:12

Lu ce matin dans le Quotidien


Citation:
CéLéBRATION DU 60E ANNIVERSAIR...


C’est parti !
Coup d’envoi samedi dernier de la célébration du 60e anniversaire de l'insurrection nationaliste du 29 mars 1947 au Tranompokonolona Isotry. Elle a débuté par une représentation théâtrale de l’événement avec la troupe de Victor Solo.
L’objectif de cette manifestation a été de faire comprendre au public le rôle des nationalistes de l’époque (les militants Mdrm...) à cette période sanglante de l’histoire malgache mais également de faire renaître le feu du patriotisme chez les jeunes de notre époque.
Plusieurs manifestations sont programmées jusqu’à la cérémonie officielle du 29 mars prochain. Rappelons que le Vttm (Vondron’ny Tia Tanindrazana malagasy- 1947 ou Groupe des Nationalistes de 1947) en est le principal initiateur.


source : http://www.lequotidien.mg/article.php?art=14952&date=2007-03-19


le 10 mars 2007 , on pouvait lire dans ce même journal

Citation:
DOSSIER HISTOIRE


Les origines des Evénements de mars 1947
Cette année, dans dix neuf jours, le 29 mars exactement, nous célébrerons le soixantième anniversaire du mouvement de 1947. Actuellement, les interdits concernant les archives de cette période sont entièrement levés et chaque citoyen Malagasy, chercheur ou non, peut se documenter et comprendre les tenants et aboutissants de cette partie de l’histoire de la nation Malagasy. 29 mars 1947 représente l’apogée des luttes menées afin de recouvrir notre indépendance spoliée par la France coloniale en 1895. Pendant des décennies, Malagasy et étrangers tentèrent de trouver une explication à l’enchaînement des faits et chacun a son interprétation de cette période, mais une chose est sûre cette période marquera la conscience collective des Malagasy jusqu’au 22 février 2002, date de la première investiture présidentielle de Marc Ravalomanana, à partir de là une nouvelle perspective doit diriger notre représentation du passé afin de réaliser le changement de comportement pour le redressement économique du pays.
Réalisé par Gérard C.


Les événements de 1947 ne sont pas l’expression d’une révolte populaire spontanée, mais le résultat de plusieurs facteurs qui se sont additionnés dans le temps. A leur paro-xysme, les responsables du pouvoir colonial furent sur-
pris par leur violence et leur ampleur. Ces facteurs sont au nombre de deux : immédiats et les raisons profondes .
1-Les facteurs immédiats :
déception des tirailleurs
malgaches
Entre 1939- 1945, plus de 34 000 Malagasy se sont engagés dans l’Armée française durant les différentes campagnes de la Seconde Guerre Mondiale : campagne de France (1940), campagnes d’Italie, France et Allemagne (1942-1945). Cer-tains ont reçu des citations, comme le 32e Régiment Colonial d’Artillerie Mixte Malgache le 2 juillet 1941 : “régiment d’artil-lerie d’élite ayant fait preuve des plus belles qualités de bravoure et d’intrépidité.... a détruit de nombreux engins blindés ennemis (allemands)...a terminé la campagne (de France) en conservant les deux tiers de ses pièces,...”. Les troupes prises dans la débâcle de juin 1940 stationnèrent dans le Midi de la France jusqu’à la fin des hostilités et furent utilisées pour les travaux d’intérêt général, plus particulièrement le développement de la riziculture en Camargue. D’autres ont participé dans les réseaux de la Résistance. Ce long séjour en métropole a permis à ses militaires engagés dans l’armée française - la nostalgie aidant - de réfléchir sur le passé et l’avenir de Madagascar. A la fin de la Guerre, ils ont cru pouvoir bientôt revenir au pays, avec l’espoir de revenir avec des messages de liberté et comblés d’honneur par la France nouvelle, celle de la Libération gaulliste qui “est enfin reconnais-sante à l’égard des Malagasy des services qu’ils venaient de lui rendre à un moment tragique de son histoire”. Mais ce fut une grande déception car ils ne furent finalement rapatriés qu’en août 1946, après moult tracasseries administratives et de frustrations supplémentaires. Rien d’étonnant à ce qu’à leur retour, ils furent accueillis en héros par les Malagasy. Devant les primes dérisoires qu’ils ont reçues, ces soldats rejoignirent les rangs des sociétés secrètes (Jiny et Panama) pour devenir les “libérateurs de leur Nation”.
Réquisitions et Office du riz
Afin de faire face à l’ “effort de guerre”, le pouvoir colonial à Madagascar, bien qu’il ait été affaibli par la défaite de juin 1940, a augmenté les réquisitions. Pour pallier le déficit de main d’oeuvre, les entreprises privées, dont le plus grand nombre implantées, sur le littoral Est (Toamasina) se lancèrent dans de vastes opérations de réquisitions, plus de 17 000 requis en 1942, dont une grande partie composée par les
femmes. De telles pratiques sont souvent accompagnées d’abus perpétrés par le secteur privé (compagnies et colons) comme les “locaux spéciaux” (prisons) dépeuplèrent des villages entiers et ont fait fuir
la population. Résultat : si les cultures de rente ont gagné en production, les cultures traditionnelles et vivrières ont totalement périclité avec la famine qui pointait le bout de son
nez. Et, comme pour aggraver davantage le tout, l’administration a mis en place l’Office du riz en 1943 afin de contrôler et orienter la production rizicole de Madagascar vers l’effort de guerre. Le résultat ne s’est pas attendre car si la production destinée à l’exportation a connu une amélioration significative, la consommation locale a été au bord de l’asphyxie car la quasi-totalité de la production auprès des paysans, et ce, malgré les promesses de régulation par l’Office du riz, a été raflée par celui-ci, réduisant beaucoup de ruraux à trouver autre chose à se mettre sous la dent, d’où un mécontentement général. Pour cette raison, les nationalistes Ravoa-hangy, Raseta, Jules Ranaivo,
le pasteur Ravelojaona et bien d’autres syndicalistes malagasy créèrent le comité de salut public afin de protéger la nation mala-gasy des exactions de l’administration coloniale assistée des compagnies et des colons français.
2- Les causes profondes :
défaite française,
la revanche des Ancêtres
L’opposition des Malagasy à l’Office du riz a été le signal pour la séparation entre une partie des “forces dits progressistes” (communistes et syndicalistes) avec une fraction des nationalistes malagasy en l'occurrence les futurs députés (Ravoahangy et Raseta). En effet pour les progressistes français la défaite de juin 1940 et l’occupation allemande est une injustice qu’il faut combattre mais aux
yeux d’un certain nombre de Malagasy cette défaite est un signe du ciel : la revanche des Ancêtres (tody)sur ce que
la France a fait subir(tsiny) à Madagascar 45 ans plus tôt en le colonisant. Mais, dans leur grande naïveté, beaucoup de nos compatriotes d’alors pensaient qu’une fois que la France aura “goûté” aux af-fres d’une “occupation” étrangère , elle sera plus compréhensive vis-à-vis des demandes des Malagasy pour un retour de leur indépendance.
Ambiguïtés de la France après la Libération
On peut dire que la puissance coloniale a joué aussi sur les ambiguïtés durant la Seconde Guerre Mondiale et la période de l’après guerre immédiat.
En reprenant un terme plus contemporain elle a fait une bonne opération de marketing politique. Celle-ci est faite de promesses à l‘image de la Conférence de Brazzaville en janvier 1944 et qui fut précédée de la visite de René Pleven à Antananarivo et son discours
à Mahamasina en décembre 1943 devant 50 000 personnes.
Un vent d’espoir souffla sur la nation Malagasy mais il est vite tombé car le but de la métro-pole gaulliste était de faire adhérer les colonies à sa cause et son effort de guerre et le nom d’Empire colonial a même été changé en Union française. La réalité est toute autre et la déception est à son comble.
(à suivre)

source : http://www.lequotidien.mg/article.php?art=14783&date=2007-03-10

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MessageSujet: Re: 1947 : 60 ans après quel bilan à Madagascar ?   Lun 19 Mar - 20:05

Quelques pages à lire ou relire


http://terrain.revues.org/document3165.html

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MessageSujet: Re: 1947 : 60 ans après quel bilan à Madagascar ?   Mar 20 Mar - 9:39

la suite de la série du journal Tribune du 20 mars 2007

source : http://www.madagascar-tribune.com/


Citation:
Histoire

:: 29 Mars 1947 (suite)

Les grandes tendances du M.D.R.M.

Créé en 1946, le MDRM en tant que structure de lutte présente en son sein plusieurs tendances qui souvent s’opposent entre elle. Parmi elles, il y a ceux qu’on peut qualifier d’aile modérée.
Après la création du M.D.R.M., les députés malgaches deviennent partisans d’une autodétermination sans rupture brusque ni institutionnelle avec la France. Et lors des législatives de juin 1946, ils insistent de plus en plus dans leurs discours et leurs propagandes sur les «acquis» de la première Constituante : suppression des institutions les plus impopulaires, réformes sociales…Certes, l’indépendance reste le but ultime, mais l’insistance sur ce sujet diminue en importance .
Politique modéré
Cette modération est, sans doute, due à l’influence de certaines catégories de personnes, en particulier les intellectuels. En effet, le parti a toujours essayé de séduire cette couche sociale, nécessaire pour faire aboutir sa politique nettement électoraliste. Confronté à un collège électoral restreint regroupant en majorité des personnes jouissant des conditions socioculturelles marquées par une francophile non dissimulée, sa revendication s’est modérée.
Ainsi, le MDRM et leurs amis nationalistes ont intérêt à ménager et à tenir compte des préoccupations de ce groupe élitiste car leurs voix sont nécessaires pendant les prochaines élections d’autant plus que le parti devient vers la deuxième partie de l’année 1946 un parti figé dans un programme politique électoraliste voire plébiscitaire.
Les députés pensent encore que les victoires électorales légitimeront la revendication de l’indépendance comme elles la garantissent. Ils sont ainsi prêts à tout faire pour obtenir la plus de voix possible quitte à faire des concessions qui risquent de faire des mécontents.
Compromis avec les autorités coloniales
Cette position prônant la continuation des relations franco-malgaches dans une même structure est celle des dirigeants du M.D.R.M. et de certaines sections comme celles de Tananarive. Ainsi, ils sont tentés de faire des compromis avec les autorités coloniales quitte à accepter l’idée de l’Union Française au prix de fléchir leur tempérament et leur volonté d’avoir une indépendance totale et immédiate. Le Haut-commissaire de Coppet emprunte même son avion à Ravoahangy pour qu’il entreprenne une tournée pour inciter les gens à travailler et à rester calme.
D’ailleurs, il semble que le goût du pouvoir que la fonction de député leur confère, aurait un peu terni l’ardeur des parlementaires pour la révendication de l’indépendance. C’est également dans ce sens qu’il faut comprendre l’attitude de l’administration française qui veut amener les députés et leurs partisans vers une « collaboration raisonnée » .
Ainsi la sphère dirigeante du M.D.R.M. se rapproche de plus en plus du pouvoir colonial en se déconnectant petit à petit de l’ensemble de l’appareil du parti. Ses prises de position et ses réactions ne sont plus, dans la plupart du temps, en fonction des intérêts du mouvement nationaliste mais suivant ceux de la strate dirigeante ou de la catégorie sociale de la majorité de ses membres.
En tout cas, c’est ce que laissent transparaître les recherches historiques mais que d’autres sources authentiques révélées dimanche dernier par Andrianjaka Rajaonah, président de l’association Otrikafo, corrigent. «Une lettre confidentielle adressée par le Haut-commissaire De Coppet au Dr. Ravoahangy exprime, selon Andrianjaka Rajaonah, la déception du Haut-commissaire car Ravoahangy était intraitable sur l’idée d’indépendance de Madagascar bien que le dialogue fut établi.

A suivre


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20/03/07 - Alexandre L.


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MessageSujet: Re: 1947 : 60 ans après quel bilan à Madagascar ?   Mar 20 Mar - 17:38

queffgwada a écrit:
C'est édifiant, merci beaucoup.

Laurent

Effectivement
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MessageSujet: Re: 1947 : 60 ans après quel bilan à Madagascar ?   Mer 21 Mar - 9:16

la suite de Tribune du 21 mars 2007


Citation:
Histoire

:: Commémoration du 29 mars 1947 (suite)

Le MDRM : une influence et une implantation nationale

De 1946 à sa disparition le 10 mai 1947, le M.D.R.M. a connu un succès considérable grâce à ses atouts qu’il a su profiter : appui de ses parlementaires, absence de réaction rapide et sérieuse de la part de l’administration contre lui et qui aurait, certainement, pu empêcher son développement – les autorités françaises pensent qu’il constitue une structure crédible pouvant représenter les Malgaches et jouer le rôle de soupape de sûreté.
Mais cette réussite est également à mettre au compte de l’habilité et de la vitalité du parti et de ses militants pendant leur campagne de recrutement et de propagande. Ainsi, en un peu plus d’une année d’existence, le M.D.R.M. se renforce, étoffe sa base et affirme ouvertement sa force grandissante qui se traduit par sa forte pénétration au sein de la société et dans tous les domaines (économique, social, culturel).
La province de Tananarive : une région à forte implantation nationaliste
Depuis le début de la colonisation, la région des Hautes-Terres et en particulier la province de Tananarive était toujours un bastion du mouvement d’émancipation.
Ainsi, au lendemain de la création du M.D.R.M. et de son implantation à Madagascar, des nombreuses sections du parti nationaliste se forment dans la province centrale. A part les puissantes sections de Tananarive-ville ou d’Antsirabe, le parti est présent même dans les petites localités. Ainsi, le district de Betafo possède six sections de près de 650 membres, le poste de Faratsiho en a sept, tandis que les cantons d’Ambohibary Sambaina, Soanindrariny, Belazao, Vinaninony renferment respectivement sept, cinq, trois et trois sections du M.D.R.M.
Propagande en milieu rural
Le discours du parti de la rénovation varie suivant les milieux concernés et les personnes visées. En brousse, il insiste plus sur les exactions, les oppressions et les institutions arbitraires ainsi que le caractère abusif et injuste du système colonial dont la solution n’est autre que l’adhésion au M.D.R.M.
Le M.D.R.M. utilise et exploite habilement le mécontentement populaire consécutif aux souffrances provoquées par la guerre et l’effort de guerre, la pénurie, le marché noir, l’inflation… ainsi que l’effondrement du pouvoir d’achat et la difficulté socio-économique qui contrastent avec la liberté politique franchement acquise.
Après et grâce à l’abolition des institutions oppressives tels que l’indigénat et le travail forcé, la population ose de plus en plus exprimer son mécontentement et ses revendications. Ces dernières sont généralement axées sur la nécessité d’une réforme socio-économique dans le but d’améliorer le bien-être de tout un chacun.
L’indépendance même n’est voulue que parce qu’elle est vue comme une solution efficace contre ces problèmes socio-économiques qui ont des répercussions sur le quotidien des Malgaches. Ainsi, on peut dire que le succès du parti, surtout dans les campagnes, provient de la conjonction de son programme au besoin immédiat des Malgaches.
Une autre manifestation de l’habilité du parti est l’utilisation de la structure sociale traditionnelle et son recours systématique à des formules ou des institutions dont les poids sociaux sont lourds de signification : le Fihavanana, l’entraide, le secours mutuel… Pour promouvoir une telle stratégie, des différentes sections locales créent des coopératives qui aident les gens à se procurer certains produits de première nécessité. Ces coopératives assurent aussi des revenus réguliers aux paysans en achetant leurs produits à un produit raisonnable. Quant aux sections du M.D.R.M., elles se présentent comme des associations d’entraide et à but philanthropique, d’où leur franc succès dans certaines régions comme justement le district d’Ambatolampy et d’Antsirabe.
La propagande en milieu urbain
Dans les villes, le parti de la rénovation adopte une stratégie, certes assez similaire, mais spécifique au milieu.
Dans les centres urbains et parmi les gens lettrés, le M.D.R.M., tout en dénonçant les abus de l a colonisation et tout en réclamant des réformes, adopte un type de propagande beaucoup plus savant et de forte connotation intellectuelle, et qu’il utilise avec l’aide des arguments souvent tirs des idées des grands philosophes (Rousseau…) et de certaines personnalités étrangères importantes (Général de Gaulle, Roosevelt, Gandhi…).
Dans les villes (comme dans les villages ruraux), dans le but de mieux atteindre la population, le M.D.R.M. entreprend un travail à la base et qui se révèle être très efficace. Il déploie des associations rattachées à ses sections locales (jeunes, femmes…) pour inculquer au sein de la population à majorité illettrée un minimum de culture politique : on explique les grandes lignes de la politique du parti, la légitimité de la revendication de l’indépendance, les grands bouleversements de l’après-guerre, l’Union Française…

A suivre


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21/03/07 - Alexandre L.



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MessageSujet: Re: 1947 : 60 ans après quel bilan à Madagascar ?   Ven 23 Mar - 8:47

suite de Tribune


Citation:
Histoire

:: Commémoration du 29 Mars 1947 (suite)

La ligne intransigeante du M.D.R.M.

Si les élites formant la strate dirigeante du M.D.R.M. espèrent jouer un rôle dans la direction de Madagascar et de l’Union Française en général ; au niveau de la base du parti, la notion d’indépendance est sensiblement différente.
Les Malgaches ont beaucoup souffert de l’oppression coloniale. Ils ont dû faire face aux privations et aux souffrances consécutives à la guerre et à l’effort de guerre. D’où le renforcement du sentiment d’hostilité envers les autorités françaises.
La situation est surtout insoutenable dans les régions rurales dans lesquelles les chefs de district et des chefs de canton règnent comme des roitelets et abusent de leur pouvoir. Cela explique le penchant de la majorité des Malgaches pour la revendication de l’indépendance que la propagande du M.D.R.M. présente comme la solution ultime aux abus de la colonisation.
Mécontentement de la base
Si les dirigeants du parti pensaient qu’un changement de la structure du pouvoir colonial peut changer la situation à Madagascar dans tous les domaines (politique, social…), la majorité des Malgaches ne sont pas de même avis.
Ils se soucient plutôt de leur quotidien marqué par la souffrance et l’oppression. La population veut en finir, et le plus vite sera le mieux. Pour cela, elle trouve la politique des sociétés secrètes, très active surtout au niveau des simples gens et dans les zones rurales, plus attirante et plus conforme à son empressement.
Ainsi, la prise de position du parti en faveur de l’Union Française a beaucoup mécontenté une frange importante des militants MDRM, en particulier ceux qui se situent au niveau de ses cadres intermédiaires (membres des bureaux administratifs des sections) ainsi que ses militants de base.
En effet, plusieurs dirigeants des sections locales du M.D.R.M. se désolidarisent de leurs supérieurs hiérarchiques concernant la ligne politique à suivre. Ils procèdent souvent à des actions en ignorant les directives du bureau politique et n’hésitent pas à développer des idées farouchement anti-françaises.
Incidents pré insurrectionnels
Pour eux, l’indépendance ne peut être que totale et immédiate avec une rupture avec la France. Sur le terrain, et en dépit des appels au calme des instances dirigeants du parti, les simples membres n’hésitent pas à résister avec violence aux abus de l’administration coloniale ou ceux des colons.
A ce niveau, les partisans d’une indépendance immédiate qu’on doit ravir, même en utilisant la violence – comme les sociétés secrètes – trouvent les plus convaincus. Cela explique, dans une large mesure, les différents événements telle que l’affaire de Sabotsy Namehana, d’Androrangavola, d’Anosibe, d’Ifanadiana…
Tous ces incidents confirment l’existence d’un mouvement pré-insurrectionnel dont le soubresaut généralisé de mars 1947-1948 n’est que la suite logique. Ainsi, au moment de l’éclatement de l’insurrection de mars 1947, la responsabilité des sections du M.D.R.M. dans la zone insurgée ainsi qu’une bonne partie de sa base paraît flagrante.

( à suivre)





Citation:
Histoire

:: Commémoration du 29 mars 1947 (suite)

L’élimination du MDRM de l’échiquier politique

Avant de détailler les péripéties de la lutte, il sera intéressant de parler d’abord de la fin du MDRM.
L’insurrection est lourde de conséquence pour le mouvement nationaliste malgache, en particulier pour le M.D.R.M.. En fait, peu de temps après l’éclatement des hostilités, les autorités françaises accusent le parti d’être l’investigateur de ces troubles. D’un coup, les arrestations se multiplient (des parlementaires, des membres du bureau politiques, des élus, des militants, des simples membres…). Le parti est dissout le 10 mai 1947
Le parti de la rénovation au lendemain de l’insurrection
De 1947 à 1955 s’opère, sur la pression des choses, l’élimination progressive, à l’exception de Tananarive-ville, des représentants élus du désormais ancien M.D.R.M.. Ses élus sont arrêtés, jugés et la plupart condamnés à des lourdes peines.
Désormais les Assemblées de Madagascar sont dominées par les adversaires du mouvement de la rénovation. On remarque que les nationalistes merina sont quasiment éliminés du scène politique au profit de l’élite « côtière » et des représentants « modérés » originaires des Hautes-Terres.
L’administration française n’est pas étrangère à cette situation. En effet, après l’insurrection, les autorités coloniales à Madagascar veulent éviter le raz-de-marée nationaliste de 1945-1946 pendant lequel des nationalistes qu’elles ne peuvent pas contrôler dominent l’échiquier politique. Ainsi, elles appuient ouvertement ses propres candidats et font pression pour qu’ils soient élus, une pratique qui continue même en 1956, année de la renaissance des activités politiques à Madagascar. Mais malgré cette élimination des nationalistes « durs » et surtout ceux partisans de l’ancien M.D.R.M., ce dernier reste la référence politique qui influe sur la vie politique dans la Grande Ile entre 1947 et au lendemain de l’indépendance. D’ailleurs, les anciens membres du parti, tout en montrant prudents dans leurs actions et activités politiques, n’entendent que le moment propice pour se manifester. Ainsi, dès la fin des années 1940, certains militants de l’ancien parti commencent à déployer une activité, certes timide et secrète, mais intense.
Le mythe M.D.R.M.
Sur les ordres du Haut-commissaire, les anciens membres du parti doivent donner leur démission devant le chef de district. Ainsi, les «soumissions» se multiplient un peu partout. Mais certains partisans de la formation politique continuent toujours à croire que l’idéal répandu par le parti est resté. De là est né le mythe M.D.R.M. ainsi que celui de ses dirigeants, notamment les parlementaires. La détermination de ses partisans est telle que l’administration pense être en présence des « fanatiques » n’hésitant pas à « faire un coup » dès que les circonstances l’auraient permis. Certains portent même le deuil en souvenir des nationalistes emprisonnés, torturés et mis à mort. Ainsi, le parti de la rénovation continue de vivre à travers ceux qui étaient ses partisans. Ils seront les premiers à rejoindre les rangs des formations politiques qui naîtront en 1956 et perpétuent ainsi la longue chaîne qui relie les différentes structures du nationalisme malgache.


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23/03/07 - Alexandre L.



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MessageSujet: Re: 1947 : 60 ans après quel bilan à Madagascar ?   Lun 26 Mar - 8:53

suite dans Tribune du lundi 26 mars 2007

source : http://www.madagascar-tribune.com/


Citation:
:: Commémoration du 29 mars 1947 (suite)

Les thèses sur les origines de l’insurrection

Moramanga, le 29 mars 1947, à la tombée de la nuit, des assaillants attaquent le camp militaire de la ville. L’insurrection débute et la ville devient, pour la postérité, le symbole de la résistance malgache à la colonisation.
Mais dès le lendemain, la presse nationaliste, l’administration coloniale, l’opinion publique malgache ou française désignent, chacune, leurs « coupables ». Les deux thèses sur les origines de mouvement de 1947-1948 en découlent.
Le MDRM : coupable désigné
Pour les autorités françaises appuyées par les colons : il n’a pas de doute, l’insurrection est le résultat d’un complot organisé par le Mouvement de la Rénovation. Les arguments ne manquent pas : les attaques, les assassinats, les violences contre les concessions coloniales étaient menés au nom du parti et ses dirigeants.
La Sûreté Générale est catégorique : le plan aurait été concocté lors d’une réunion sécrète tenue au siège du MDRM le 27 mars et que l’appel au calme lancé le même jour aurait été en effet, un message codé destiné militants pour qu’ils passent à l’action.
Ainsi, les arrestations sont enclenchées. Elles visent pas seulement les élus et les dirigeants du parti mais également ses simples membres et sympathisants. Des aveux sont obtenus au prix des tortures et des menaces. La décision est prise : il faut interdire le parti, chose faite le 10 mai 1947.
L’administration coloniale mise en cause
Mais devant les arrestations, les nationalistes répliquent et accusent à leur tour les autorités coloniales et les colons. Pour eux, les aveux étaient extorqués par la force et que les vrais responsables se trouveraient parmi les agents de la Sûreté Générale.
Cette dernière en voyant le succès du MDRM aurait eu peur que Madagascar n’obtienne son indépendance. Et sous la pression des colonialistes, elle aurait décidé de décapiter le parti par tous les moyens.
Leur méthode aurait été de l’infiltrer afin d’amener certains membres à provoquer une révolte. Et avec cela, ils penseraient trouver la raison d’interdire le parti.
C’est pour cela que même à la veille de sa mort, l’ancien député Jacques Rabemananjara accusait toujours les militants des sociétés sécrètes d’agents de l’administration, payés pour nuire au Mouvement de la Rénovation.

( à suivre)


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26/03/07 - Alexandre L.

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MessageSujet: Re: 1947 : 60 ans après quel bilan à Madagascar ?   Ven 30 Mar - 8:15

Lu dans Tribune du 30 mars 2007 : http://www.madagascar-tribune.com/

Citation:
:: 60e Anniversaire des événements de 1947

Deux jours de débat à l’Académie Malgache

Etudes et fouilles.
La Deuxième Section de l’Académie Malgache chargée des Sciences morales et politiques ont voulu aussi marquer le 60e anniversaire de 1947. Elle a ainsi consacré deux jours de débats qui ont vu la participation des historiens issus des universités malgaches.
Des résolutions ont été prises à l’issue des discussions. La plus importante est l’appel à l’ouverture des champs de recherche restés encore vierges (rôles de l’Eglise catholique, relation PADESM-MDRM…). L’Académie a également exhorté les chercheurs à fouiller dans les archives nouvellement ouvertes notamment en France (Aix-en-Provence, Archives Militaires de Vincennes…). L’histoire régionale doit aussi développer car Moramanga et Manakara ne résument pas à eux seuls cette insurrection. Et pour avoir des résultats efficients, les « immortels » ont préconisé l’utilisation des nouveaux outils et notamment les statistiques appliquées.
Ces rencontres ont permis à certains témoins de raconter leur itinéraire et leurs faits d’armes. D’ailleurs, les rôles des soldats malgaches dans l’armée française ont été évoqués à l’exemple du « Maréchal Lehoa ».
Les différentes communications lors de ces deux jours seront publiées dans le Mémoire de l’Académie Malgache. D’ailleurs, cette institution fait appel aux autorités pour qu’elles érigent dans les régions des stèles commémoratives comme des « lieux de mémoire ».


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30/03/07 - Recueillis par Alexandre L

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MessageSujet: Re: 1947 : 60 ans après quel bilan à Madagascar ?   Mar 10 Avr - 14:31

A lire ce jour dans Tribune : http://www.madagascar-tribune.com/


Citation:




Mouvements nationaliste de Mars 1947


Demain à Ankatso, le point des recherches et des connaisances


Lucille Rabearimanana, professeur d’Histoire fera le point des connaissances et des recherches sur le mouvement nationaliste de 1947. Ce sera demain mercredi 11 avril 2007 à l’Amphi 10 de la Faculté des Lettres à l’Université d’Ankatso. L’initiative entre certes dans le cadre des séminaires sur l’histoire du Patrimoine. Mais elle vient à point nommé car elle complète et éclaire tout ce qui a été débattu ces dernières semaines autour de la date du 29 mars 1947.
En tout cas, vendredi dernier, un tour de table entre quelques étudiants en 4è année d’Histoire sous la tutelle de Lucille Rabearimanana, a déjà permis de dégager les grands axes qui ont animé le mouvement nationaliste et les enjeux qui ont conduit à cette insurrection de mars 1947.
Le nationalisme est flagrant
Les étudiants Rasoanirainy Joro Mahefa, Ramanambitsoa Tolojanahary Léonard et Ramilason Célestin ont admis avec leur professeur que le nationalisme malgache était déjà flagrant en 1945. Voire bien avant car déjà la société secrète Vy Vato Sakelika (VVS) s’était fait appelé par un petit nom qui revendiquait la libération du joug des étrangers (« vonoy ny vazaha sisa ». En 1945-1946, cette revendication de libération nationale était de plus en plus claire et nette et concernait toutes les parties de l’île. La « Restauration de l’indépendance de Madagascar » (RIM) qui était une idéologie mais aussi un vaste mouvement politique, était dans tous les esprits et a réussi à faire élire Joseph Raseta et Joseph Ravoahangy Andrianavalona.
Bref, le patriotisme des « Menalamba », des « Vorimo » ou des « Sadiavahe » s’est transformé au fil des années en véritable nationalisme dans les années 1945-1946 jusqu’en 1947. D’ailleurs l’insurrection qui a éclaté le 29 mars n’a cessé que le mois de juillet 1947.
Le MDRM, dépassé.
Le Mouvement démocratique pour la rénovation malgache (MDRM) dans tout cela ? En tant que mouvement, il rassemblait diverses tendances politiques qui réclamaient l’indépendance et la libération nationale. L’idéologie dominante était certes claire mais il n’avait pas de règlement intérieur strict. ni de stratégie précise. Raseta en tout cas aimait à répéter et à faire comprendre qu’il n’écarte pas l’usage des armes dans la lutte pour l’indépendance. Tandis que Ravoahangy peut s’accommoder d’une cohabitation (avec une armée et des finances nationales) au sein de l’Union française. Quant au Parti démocratique de Madagascar (PDM), il est pour l’indépendance mais à plus ou moins long terme.
A beaucoup d’égards, le MDRM a été lors de ces événements de 1947 dépassé ou pris de court par les sociétés secrètes qui l’animaient ou le gangrènaient, c’est selon. L’appel au calme lancé par le MDRM le 27 mars 1947 est manifeste et exprime le décalage entre la tête du mouvement nationaliste et les militants à la base.
Le problème fut le suivant : Les dirigeants du MDRM n’ont pas eu le temps de diffuser l’idéologie républicaine et démocratique dont ils s’inspiraient. Entre le mois d’avril 1946 et le mois de mars 1947, ils étaient plus occupés aux propagandes électorales et n’ont pas vraiment sensibilisé sur le fonds, les principes et les perspectives d’avenir. Cela n’empêche que les revendications ont déjà dépassé le niveau des ethnies, du «tanindrazana» familial, voire du fameux « poids économique qui dépasse le poids démographique » comme on veut le faire croire auprès des populations Tsimihety ou Sakalava. Comme si les Tsimihety et les Sakalava étaient épargnés par les travaux forcés comme s’ils n’avaient pas subi l’exploitation coloniale, comme s’ils n’avaient pas vécu le système des portages et comme si les infrastructures comme l’aéroport de Mandritsara avaient été construites par les colons et non par les « requis » issus des colonisés de la place.
Un « commission vérité-réconciliation » est nécessaire
Quoi qu’il en soit, la répression fut telle que l’horreur hante encore les esprits. Au-delà des débats sur le nombre de décès, la passion déchaînée par la répression coloniale fut telle que la commémoration de l’événement du 29 mars 1947 ne peut qu’être l’occasion d’apaiser ces passions. A beaucoup d’égards, cette passion exprime la nécessité d’une commission « vérité - réconciliation » qui devrait réunir les différents acteurs de l’époque : le MDRM, le PADESM (Parti des déshérités de Madagascar), les sociétés secrètes (JINA et PANAMA), les « Partisans » et les « miliciens ».
Pareille « commission » devrait aussi être mise en œuvre pour faire le point des relations entre colonisateur ou ancien colonisateur et les Malgaches. « Les événements et la répression de mars 47 sont regrettables », a avoué le président Chirac à Mahajanga en 2005. D’autant plus regrettables que sachant les passions des hommes, les suspicions et les haines se perpétuent de génération en génération au détriment de la solidarité pour le développement rapide et durable que tous souhaitent.






10/04/07 - Recueillis par RAW

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MessageSujet: Re: 1947 : 60 ans après quel bilan à Madagascar ?   Jeu 12 Avr - 7:52

Un témoignage :


Citation:
André CAZETIEN Ancien maire de Mourenx




Madagascar, un point d´Histoire


Il y a 60 ans, le premier avril 1947, un mouvement de révolte anticolonialiste éclatait à Madagascar. La répression des forces militaires françaises, conduite par le gouverneur français et son haut-commissaire (1) dans l'île fut, selon la presse d'aujourd'hui "la plus sanglante de la colonisation". Il y eut plusieurs dizaines de milliers de morts. Le chiffre de cent mille fut avancé. Je me souviens. Pour avoir dénoncé dans un article de presse (le journal quotidien Les nouvelles de Bordeaux et du Sud Ouest) les responsabilités du haut-commissaire, celui-ci, me traduisit devant les tribunaux : Je fus condamné à 50 000 francs d'amende malgré la défense de Maître Douzon, l'un des plus brillants avocats du barreau de Paris. Un grand meeting eut lieu au Pavillon des Arts de Pau à la veille du procès.
L'an dernier le Président de la République française en voyage à Madagascar a reconnu publiquement la responsabilité de la France dans ce massacre effroyable. Je suis prêt à recevoir des services de la République française le remboursement de ces 50 mille francs que je verserai, je m'y engage, au Mouvement contre le racisme et l'antisémitisme (MRAP)

1 Le haut-commissaire était Pierre de Chevigné
2 (2) C'était ainsi que l'on appelait à l'époque (aussitôt après la guerre 39-45) le ministre actuel de la Défense nationale.




source : http://lejournal.euskalherria.com/idatzia/20070412/art201520.php

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MessageSujet: Re: 1947 : 60 ans après quel bilan à Madagascar ?   Mer 11 Juil - 21:25

dernier livre sur le sujet

Citation:




1947 Au coeur de l'insurrection malgache '





Titre
- Zovy. 1947 Au coeur de l'insurrection malgache

Auteur
- René Radaody-Ralarosy

Paru le
- 07/06/2007

Editeur
-SEPIA



Prix éditeur
-7,00 €

RESUME de Zovy

Les événements de 1947 à Madagascar suscitent toujours de vifs débats aussi bien sur l'île qu'en France.
René Radaody-Ralarosy, né en 1937, élève de l'école militaire de Saint-Cyr puis officier dans la jeune armée malgache, a vu, entendu et compris bien des éléments de l'histoire que les mémoires ont effacés. Il nous offre dans cette fiction pleine de suspense une description fine de la société malgache de 1947 et des douloureux événements qui la déchirèrent en profondeur. Entre la bourgeoisie de Tananarive, la forêt de l'est et ses villageois apeurés, les planteurs français et les anciens combattants malgaches revenus de l'Afrique du Nord ou des maquis français, le lecteur réalisera la complexité des relations, le poids du passé et les tensions du présent.
Un ouvrage haletant et tendre, écrit avec sobriété sur une époque violente, qui s'élève comme un témoignage dans un temps où la mémoire reste une des conditions de l'identité.

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1947 : 60 ans après quel bilan à Madagascar ?

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