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DES BOUQUINS ...

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Madaphile
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MessageSujet: DES BOUQUINS ...   Mer 29 Nov - 21:32

Quelques bouquins que j'ai ramenés de mon dernier voyage :

- cités dans un autre post : "Croyances et moeurs des Malgaches" par Lars Vig (pasteur à Masinandraina-Antsirabe de 1875 à 1902). Le fascicule 1 est passionnant sur la culture traditionelle, le 2 ne parle que des arts divinatoires des anciens malgaches. Proposés dans la rue à Tana à des prix dérisoires, n'hésitez pas!

- "Le malgache n'est pas une île" par Christian Alexandre, ed. Foie et justice (2500Ar) une belle étude comparée de nos cultures, particulièrement sur l"'Aina" et sur le "Fihavanana" (trouvé à La librairie de Madagascar)

- Un magnifique bouquin sur les cultures traditionnelles malgaches "NY RAZANA TSY MBA MATY" (rassurez vous il est en français !), editions de la Librairie de Madagascar, je l'ai acheté 15000 Ar à l'aéroport pour écouler mes derniers Ariarys.
à propos j'ai une question pour les malagasyphones (curieux néologisme !): j'ai traduit le titre par "les ancêtres ne sont pas morts", mais comme je suis absolument néophyte, merci de me corriger.

- L'ile Sainte-Marie, par le père Botomora Emilien, pas d'éditeur. Je l'ai trouvé à l'hôtel "La Crique". Un style très curieux, mais on y apprend pas mal d'anecdotes.

- deux petits romans
-Mangaly, par Sylvia Hanitra Andriamampianina, ed Foi et Justice. Un petit roman gentil, un peu mièvre, mais qui apporte beaucoup de renseignements sur le quotidien des malgaches de la campagne.
-Pluie de riz, par Alexandra Malala : vous pouvez vous en dispenser ...

Bonnes lectures !
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Mélodie
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MessageSujet: Re: DES BOUQUINS ...   Mar 5 Déc - 16:19

Madaphile a écrit:
.........-Pluie de riz, par Alexandra Malala : vous pouvez vous en dispenser ...

Pourquoi s'en dispenser? t'en as marre du riz, entrée : riz, dessert: riz, gâteau:riz, tout est riz à mada
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MessageSujet: Re: DES BOUQUINS ...   Mer 24 Jan - 10:08

la bibliothèque malgache est disponible : http://cultmada.blogspot.com/
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mon site de Farafangana , côte sud-est : http://fr.groups.yahoo.com/group/Alefarafangana/
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ppjc
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MessageSujet: Re: DES BOUQUINS ...   Mer 24 Jan - 13:18

Vraiment bien ce site, il est dans mes favoris.

Dommage que les ebooks soient pénibles à consulter.
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Se connaître soi-même, c'est s'oublier.
S'oublier soi-même, c'est s'ouvrir à toutes choses.
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MessageSujet: Re: DES BOUQUINS ...   Mer 24 Jan - 23:03

tu vois la situation à Mada , sans ADSL, pour ouvrir une page ?

C'est la double fracture numérique et bibliophile
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MessageSujet: Re: DES BOUQUINS ...   Mer 24 Jan - 23:26

T'as le temps d'aller faire un aller- retour tamatave-tanà à pied avant qu'une page ne s'ouvre
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MessageSujet: Re: DES BOUQUINS ...   Sam 10 Fév - 23:37




Un roman de Charles Renel , l'auteur des célèbres contes de Madagascar.


Pour en savoir plus sur ce roman

http://www.orphie.net/ficheTech/Autour%20du%20Monde/LoncleDafriqueLaMetiise.htm


Citation:
La Métisse, roman du professeur lyonnais de philologie classique de Charles Renel, est une dénonciation séduisante, mais véhémente, de la position sans concession des Français à Madagascar en matière de relation avec l’Autre, le non-Français.

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MessageSujet: Re: DES BOUQUINS ...   Mer 30 Mai - 10:02

c'est à lire


Citation:
Les enfants de la colonie
Les métis de l'Empire français entre sujétion et citoyenneté

Emmanuelle SAADA



Pendant la colonisation française, des dizaines de milliers d’enfants sont nés d’« Européens » et d’« indigènes ». Souvent illégitimes, non reconnus puis abandonnés par leur père, ces métis furent perçus comme un danger parce que leur existence brouillait la frontière entre « citoyens » et « sujets » au fondement de l’ordre colonial. Leur situation a pourtant varié : invisibles en Algérie, ils ont été au centre des préoccupations en Indochine. La « question métisse » a également été posée à Madagascar, en Afrique et en Nouvelle-Calédonie.
Retraçant l’histoire oubliée de ces enfants de la colonie, cet ouvrage révèle une face cachée, mais fondamentale, de l’histoire de l’appartenance nationale en France : il montre comment les tentatives d’assimilation des métis ont culminé, à la fin des années 1920, avec des décrets reconnaissant la citoyenneté à ceux qui pouvaient prouver leur « race française ». Aux colonies, la nation se découvrait sous les traits d’une race.
Cette législation bouleversa le destin de milliers d’individus, passant soudainement de la sujétion à la citoyenneté : ainsi, en Indochine, en 1954, 4 500 enfants furent séparés de leur mère et « rapatriés » en tant que Français. Surtout, elle introduisait la race en droit français, comme critère d’appartenance à la nation. Cela oblige à revoir le « modèle républicain » de la citoyenneté, fondé sur la figure d’un individu abstrait, adhérant volontaire à un projet politique commun et à souligner les liens entre filiation, nationalité et race.




source : http://www.editionsladecouverte.fr/asp/actualites/alaune.asp



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MessageSujet: Re: DES BOUQUINS ...   Mer 30 Mai - 22:34

dans le rayon de l'histoire coloniale





Citation:
1885 : le tournant colonial de la République
Jules Ferry contre Georges Clemenceau, et autres affrontements parlementaires sur la conquête coloniale



Lors du débat public des années 2000 en France sur la question coloniale, on a souvent oublié que la République n’a jamais été vraiment unanime sur ce sujet. Ainsi, en 1885, quand certains républicains ont repris à leur compte l’idée monarchique de conquêtes coloniales, cela a donné lieu à des affrontements passionnés à la Chambre des députés, à l’issue desquels le projet colonial ne s’est imposé que de justesse.
D’où l’intérêt majeur de relire aujourd’hui les formidables débats parlementaires de juillet et décembre 1885, lors du vote de crédits pour la poursuite de la conquête de Madagascar et de l’Indochine. L’historien Gilles Manceron en propose ici une sélection raisonnée, assortie d’une préface les remettant en perspective. Quand Jules Ferry défend l’idée d’une « colonisation républicaine » au nom du droit des « races supérieures vis-à-vis des races inférieures », Jules Maigne, un vieux républicain de 1848, lui réplique : « Vous osez dire cela dans le pays où ont été proclamés les droits de l’homme ! ». Et Georges Clemenceau : « Je ne comprends pas que nous n’ayons pas été unanimes ici à nous lever d’un seul bond pour protester violemment contre vos paroles ! »
Le « parti colonial » a tout fait ensuite pour faire oublier ce débat fondamental de 1885. C’est sur cette occultation qu’a pu se développer pendant trois quarts de siècle une politique coloniale républicaine faisant fi des droits de l’homme – et dont l’héritage fait retour aujourd’hui




source : http://www.yodawork.com/webcc/sog_dec/notice_reference.html?F_ean13=9782707149374
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jipi zanatany
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MessageSujet: bouquins   Jeu 31 Mai - 11:26

super ces infos rakoto!!
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MessageSujet: Re: DES BOUQUINS ...   Jeu 31 Mai - 22:12

De temps en temps faut parler de choses sérieuses.


Par exemple sur cette photo , je ne participe pas à une conférence sur Mada comme on pourrait le croire ,mais sur " l'Intelligent Design"



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MessageSujet: Re: DES BOUQUINS ...   Sam 29 Sep - 19:09

[img][/img]


un petit livre à lire " rade terminus "

Citation:
La revue de presse Olivier Le Naire - L'Express
Si d'aventure vous rencontrez Nicolas Fargues, un bon conseil : fuyez ! Car cet écrivain a le chic pour recycler, dans ses romans drôles et cruels, tout ce qu'il voit, tout ce qu'il vit. Ainsi, dans One Man Show, qui fit un carton en 2002, retrouvait-on les portraits mordants du petit milieu littéraire ou télévisuel qu'il explorait en quasi-ethnologue. Difficile d'en vouloir à cette gueule d'ange puisque, à travers des antihéros qui lui ressemblent, Fargues pratique aussi l'autodérision et met en scène ses propres états d'âme de trentenaire dubitatif... De Madagascar, où il a pris le large voilà deux ans, Fargues continue d'observer son monde, loin, si loin de Saint-Germain-des-Prés. Rade Terminus, comme s'intitule ce nouveau roman, c'est Diégo-Suarez, un ancien comptoir militaire français devenu le dépotoir des névroses occidentales. Dans ce pays exsangue, le Blanc débarque pour de mauvaises raisons... Toute la force de Fargues est d'arriver à tourner en comédie de moeurs ce cauchemar sous les palmiers. Plus il se force à la lucidité, plus il s'oblige à en rire. Ce qu'on appelle l'élégance de l'écrivain.



La revue de presse Aude Lancelin - Le Nouvel Observateur
«Les Blancs viennent toujours ici pour de mauvaises raisons», lit-on dans les dernières pages de «Rade Terminus». On ignore quelles furent celles de Nicolas Fargues, 32 ans, expatrié à Madagascar depuis deux ans pour y diriger l'Alliance française de Diégo-Suarez. De cette expérience malgache, il tire en tout cas l'un des romans les plus attendus de cette rentrée. Avec «One man show», c'est la haine de soi du petit écrivain blanc, bourgeois et protégé qu'il avait disséquée. Ici, il explore celle de l'Occidental délocalisé dans un pays de misère et de putes. C'est au fond la même... On retrouvera là tout le spectre décadent des Occidentaux en goguette sur une île tropicale. Le chef de mission blasé d'une ONG humanitaire, censé rédiger un rapport bidon pour une assoce nommée Ecoute et Partage. Le petit con pistonné pour un stage de vacances, dégoûté qu'on l'ait envoyé «pourrir au Moyen Age» et ne décollant pas l'oreille de son portable. La télé-marketeuse lilloise, cherchant l'exotisme des «circuits aventure». Le vieux loser venu se taper des minettes malgaches, après s'être fait recaler dans tous les clubs de muscu parisiens... Retors et efficace, comme tous les opus de Nicolas Fargues...



La revue de presse Philippe Lançon - Libération
Diego Suarez, Antsiranana en malgache, est une ancienne jolie ville pourrissant au nord de Madagascar. On y trouverait de la misère, des filles faciles, des touristes avides de sexe, des humanitaires fourvoyés avec maux de ventre et de conscience, des fonctionnaires locaux complexés et arrogants, des épaves occidentales bercées par des «plans» plus ou moins lucratifs, échouées là avec leurs jeans et leurs queues de cheval. Le troisième roman de Nicolas Fargues noue ses intrigues autour de ce constat... Comme d'autres jeunes romanciers français, Fargues met en scène la nouvelle classe moyenne occidentale, celle des 20-40 ans : ses rêves débiles, son affectivité programmée. On traverse le livre sans déplaisir et sans passion, comme un souterrain blanc avec des grimaces peintes sur les murs.



le texte circule déjà sur le net



Citation:
Diégo-Suarez, Madagascar. Une baie
sur l'océan Indien, du soleil, des vestiges
coloniaux, des filles, des O.N.G. Des
Blancs en fin de course dont le monde
blanc ne veut plus. Des voyageurs qui
débarquent. Si ce roman a un but. C'est
de bien faire comprendre au lecteur
occidental que, considéré depuis tous
les "bouts du monde" de la planète
l'Occident, c'est le bout du Monde


Ici, les 4L coupent leur moteur dans les descentes pour
économiser 1'essence.

Ici, on aime coller le « F » de France ou les étoiles de
l'Europe des quinze à l'arrière de sa voiture .

Des prénoms pas possibles relevés sur des listes affichées dans
le hall de la mairie : Fleurette, Fadel. Donatien, Josias Yannicko,
Fidalie, Bruce Lee Tsara, Finardie, Auréliette... (Je n'invente
rien ! )

Ici, quand les gens attendent, ils n'ont pas l'air d'attendre.

Ici, les gens tremblent des lèvres et des mains lorsqu'ils
s'adressent à un Blanc.

Ici, les gens entendent ce que toi tu n'entends pas.

Ici, les gens adorent les calendriers .

Ici. les gens savent cracher.

Ici, les mécaniciens n'ont pas de clés plates, les ferronniers pas
de fer, les peintres pas de pinceaux.

Et si les riches Indiens et les riches Chinois d'ici n'étaient pas
si riches que ça? Ou peut-être plus encore qu'on ne le dit? Impossible
de savoir.

Ici, les gens se serrent la main en regardant ailleurs.

Ici, les gens se souviennent de ton nom, même si tu ne le leur as dit
qu'une seule fois il y a longtemps.

Importateur exclusif de médicaments dans la région de Tuléar. un
Français me confie : « Quand il y a une épidémie, je me régale, moi! »

Ici. les jolies passantes regardent en coin les Blancs au volant des
voitures jusqu'au dernier moment.

Ici, les filles n'ont pas besoin de te voir les regarder pour savoir
que tu les regardes.

Du premier regard, les filles d'ici savent tout de toi : si tu es
riche ou rmiste, vulgaire ou raffiné. propre ou négligé, si tu es gentil
ou méchant, doux ou agressif, pingre ou généreux, si tu fais bien l'amour
ou si au lit tu suffoques comme un bœuf.

Tiers-monde : pudeur et humilité.

Ici, on prend bien garde à ce que tout le monde ait une chaise dans les
réunions.

Ici, les piétons ne sont pas prioritaires.

Ici, les gens prennent les promesses au sérieux.

Ici, les femmes sont TOUTES féminines.

Ici, les choses peuvent se faire très, très vite (improviser et
réaliser un copieux banquet pour mille personnes dans la matinée par
exemple).

A vendre :
1 4L
1 bascule 1 tonne
1 moteur électrique 2 CV
1 fusil calibre 12
1 fusil bosquette

Ici, ta flemme d'Occidental égoïste et individualiste n'est pas
un prétexte pour décliner une invitation .

Ici. il y a toujours un homme à tout faire qui accompagne une
bourgeoise dans ses menus déplacements .

Ici. les Indiens possèdent des voitures neuves et les Français des
véhicules d'occasion.

Un Chinois : « Mon pick-up. je l'ai acheté 20 millions, il était
impeccable, ça fait six ans. Et la, je viens de le revendre 50 millions.
Il a pas bougé, toujours aussi impeccable. »

Entendu lors d'une conversation : « J'ai mangé mon sommeil. »

Ici, de jeunes gens arborent sans arrière-pensées des T-shirts
à l'effigie d'Oussama Ben Laden.

Chambertin. Judicaël. Cléopas, Fulgence. Claudin, Caurince. Jérémiald,
Juther Haggerty, Léandrosse, Juleverne...

A la banque, ici, on compte à la main les liasses de cinq ou six cents
billets. Mais le temps passe très vite parce que c'est fascinant à regarder.

Ici, certains chauffeurs de taxi transforment leur 4L en voiture amé-
ricaine .

Ici, beaucoup d'hommes ont le petit doigt de pied planté très bas
sur l'arête externe du pied.

Ici, les femmes ont le pied étroit et les ongles des pieds taillés en
pointe.

Ici, les hommes ont la taille fine et la colonne vertébrale très creusée .

Ici, 85 % des hommes ont le ventre plat et les biceps marqués.

Ici, les hommes n'ont, de près, pas de si gros biceps qu'ils ont l'air
d'en avoir de loin.

Ici, les Indiens ne parlent pas anglais.

On m'a dit qu'ici, les gens allaient en famille observer de près
les mœurs et le sexe des Blancs dans les films X.

Ici, l'argent est certes un problème, mais pas tant que ça.

Eudoxie, Gatien, Jacquenot, Phygelle, Germier, Joe-Francklin,
Lacrilick, Soristine...

J'ai pu remarquer que les Malgaches sont pour la plupart des gens
prévenants, ponctuels, fiables et organisés.

Ici, même les voitures finissent par mieux résister. Elles s'humanisent .

Dans les rues, ici, les sens interdits sont sacrés (mais indiqués
nulle part).

Ici, le Blanc marche toujours devant .



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MessageSujet: Re: DES BOUQUINS ...   Sam 29 Sep - 19:10

Citation:
Les Blancs disent toujours : « Les Malgaches sont très gentils »
(c'est même écrit dans les guides). En vérité, les Malgaches ne sont
très gentils qu'avec les Blancs.

Au mess des officiers. Lorsqu'ils portent une arme. les militaires
d'ici se donnent un air méchant.

Ici, les militaires font leur footing matinal en improvisant des
chœurs et des canons. En général, c'est très beau et toujours très
juste.

Journée de visite des écoles. Ici, si tu es blanc, pas trop vieux,
que tu fais propre et que tu as l'air gentil, certains parmi les petits
garçons que tu croiseras dans une cour d'école lèveront vers toi des
yeux graves et rêveurs en t'appelant « papa ».

Observé un écolier de corvée épousseter les bancs de sa classe au
moyen d'une véritable queue de chien.

Ici, nombre de camions, de camionnettes et de voitures roulent
sans pare-brise.

Ici, trois pare-brise sur cinq sont fissurés .

Ici, tout se sait.

Ici, pas besoin de moyens de communication compliqués pour trouver
celui que tu cherches.

Ici, le préposé au 12 (car ici, les renseignements téléphoniques,
c'est aussi le 12) répond du tac au tac aux demandes car il connaît par
cœur tous les numéros de téléphone de la ville.

Ici, l'on peut faire courir etfaire croire à ton sujet les bruits
les plus fous.

Discours du gouverneur. Ici, on se dévoue toujours pour traduire à
un Blanc ce qui se dit en malgache lors des allocutions publiques.

Ici, les hommes politiques parlent longtemps, sans notes et sans
hésitations.

La démocratie? Arborer indifféremment un T-shirt pro Ratsiraka
ou pro Ravalomanana .

Vu la plaque d'immatriculation d'un officiel se terminer par
« 0001 ».

Même ici, nous sommes bel etbien en 2003.

Aperçu au marché des tennis de marque Adibas, un Jean de marque
Elvis ainsi qu'un sac de sport de marque Neki.

Ici, une invitation est payante et se remet au dernier moment.

Ici, il est systématiquement écrit sur les invitations « M. Untel
ou Telle Association vous invite à rehausser de votre présence... »

Ici, les lettres de demandes administratives commencent toujours
par « J'ai très respectueusement l'honneur de vous demander de... ».

Aperçu une mère serrant la mainà son fi 1s pour lui dire bonjour.

Lu dans une salle d'attente, sur un écriteau très sérieux peint à la
main : « Arrête de fumer ».

Dans les réceptions, ici, les convives ne rigolent pas avec les
petits fours.

Ici, on ne marchande pas.

Aperçu chez un épicier chinois très comme il faut l'écrit eau suivant :
« N'engueulez pas le patron, la patronne s'en charge. » Lu chez un
boutiquier indien qui ne rigolait pas : «: Time is money. Today's
struggle is tomorrow's success. »

En vente au marché, des sachets plastique Carrefour tout neufs.

Toujours cette même impression absurde, à l'étranger, que les gens
d'un même pays s'aiment dans une complicité et une solidarité à toute
épreuve.

Aperçu un type en train de souder sous la pluie pieds nus et sans
casque. Pour se protéger de l'incandescence de la flamme, il se
contentait de fermer les yeux. Aperçu des peintres en bâtiment en
fin de journée se rincer le visage directement au white spirit.

Un notable me démontre avec fierté que ses enfants ont réussi en
France : son fils travaille chez Roche-Bobois et sa fille est guichetière
à la Banque Populaire.

Ici, personne ne demande : « Et vous, qu'est-ce que vous faites
dans la vie? »

Ici, les gens encaissent le malentendu sans rien dire.

Jean-Adolphe, Rico Stendhal, Floricet, Alfredine...

Ici, les prostituées parlent français, allemand, italien, espagnol
et « un peu de russe aussi ».

Vu une bande de lino décorative collée sur le plancher du scooter
d'un Indien.

On me rapporte qu'un Blanc a mobilisé toute une journée durant le
seul camion-citerne de la ville (le camion des pompiers de l'aéroport)
afin de faire remplir sa piscine personnelle .

Ici, la mémoire n'a pas d'importance mais on se souvient de toi.

Les conférenciers blancs de passage en ville, tu les aperçois le
soir sans cravate dans les bars à putes.

Ici, les articles Leader Price sont considérés comme de véritables
produits de luxe.

Le rire de 1'autodérision, chez l'homme noir, c'est le meilleur moyen
de signifier au Blanc qu'il n'est pas de la partie.

Ici, lorsque tu es blanc, on te fait passer en premier lorsque tu
fais la queue.

Ici, lorsque tu es blanc, les gens descendent pour te laisser la
place dans les taxis collectifs et les chauffeurs te déposent en premier .

Ici, tu peux héler un taxi à 100 m rien qu'en levant le petit
doigt ou en haussant les sourcils (je ne joue pas sur les mots).

Des commerçants indiens assis en rang d'oignons sur le seuil de leur
boutique. A l'intérieur, disposés de la même façon sur le comptoir,
leurs téléphones portables respectifs posés sur des socles en forme
de rocking-chairs.

Ici, les choses se font très vite (les gens sont très impatients
ou bien n'ont-ils que ça à faire?) .

L'homme blanc, lorsque dans sa prétention universaliste il écrit
ou dit < L'homme... >, devrait systématiquement préciser : <En
Occident , 1 ' homme... >

Ici, les expressions des visages ne révèlent pas nécessairement
l'épreuve qu'un être peut venir de subir toute une journée durant (cas-
ser des pierres au soleil, porter, masser, tresser, se prostituer...).

Ici. les corps humains n'ont pas la même incidence sur les objets et
vice versa.

Ici, la seule ambulance de la ville ne branche sa sirène que pour
le plaisir.

Ici, l'homme blanc ignore qu'il intimide beaucoup les gens à leur
parler fort, à les regarder droit dans les yeux. à se tenir droit devant
eux et à leur demander : « Alors, c'est oui ou c'est non? »

Occident : impudeur et arrogance.

C'est en dépassant la superstition que l'homme blanc a cessé d'être
« obscurantiste ». Mais est-ce que c'est bien ?

Ici, les garçons savent tout faire sans la ramener parce qu'ici,
on ne fait pas les choses pour dire qu'on les a faites : jardiner, chan-
ter, jouer au foot, au basket, réparer un moteur de voiture, cuisiner,
faire l'électricité, la maçonnerie, la menuiserie, la peinture.

Ici, les Blancs disent : « J'en ai marre, je vais partir », mais ils
restent tous.

Une branche torse de manguier pour jambe de bois.

Ici, les gens parlent mal le français mais le comprennent très bien.

Ici, les gens se curent beaucoup le nez.

Ici, on ouvre souvent le capot de sa voiture. Et lorsqu'un capot
est ouvert, il y a toujours au moins trois types penchés dessus.

Thérèse-Lilance, Gervais, Fortunatus, Andrianome, Télésphore,
Nomerdine, Frigassman, Louisella, Fréjus, Symonette, Hortensia,
Jakie-Tonine. Zadig-Roméo, Arc-A-Dius de Moreno (je vous jure, vu de
mes yeux vu, c'est un seul prénom).

Ici, les chiens se font écraser dans la journée et hurlent en meute
la nuit.

Demandé à des étudiants de me définir les vazahas en trois adjec-
tifs. Après force hésitation, leur réponse : « Vieux, méchants et
sales. »

Ici, les riches galèrent aussi.

Ici, les commerçants indiens te regardent comme un poisson à ferrer
lors d'une pêche au gros : on prendra le temps qu'il faudra.

Ici. on chante naturellement en polyphonies.

Ici, il y a beaucoup de pick-up (il faut toujours transporter
quelque chose).

Lu sur un camion :
Etablissements Farret
- Œufs - Volailles - Lapins
Rue de Montels - L'Eglise
34970 Lattes - 67920170.

Ici, les vazahas critiquent les Malgaches devant leurs copines
malgaches .

Ici, des mots comme « démerder », « foutu », « bordel » ou
« baisé », très courants dans la conversation, ne sont pas grossiers
du tout.

Ici, les gens maîtrisent mal le français mais connaissent des mots
très compliqués comme « silimbloque », « vaguemestre » ou « tiers-
payant » .

Ici, la misère fait tout comprendre beaucoup plus vite à tout
le monde : aux hommes, aux animaux et même aux arbres et aux plantes.

Ici, le peuple fait du jogging (pieds nus).

Ici, on dit : « Je pars pour deux semaines à Sambava », et on rentre
deux ans après comme si on était parti la veille.

On n'a pas idée de tout ce qui a pu se passer ici depuis 150 ans.
Ça n'a l'air de rien, comme ça.

Ici, les gens connaissent les nouveautés françaises.

Ici, les infos fraîches venues de France paraissent déjà défraîchies .

Ici, la psychologie à l'occidentale n'a plus de sens.

Ici, on dit « Bon appétit » à ceux qui passent à table.

Dans les épi-gargotes, on trouve du papier-toilette, du savon, de la
lessive, des bouillons-cubes Maggi, du lait en poudre Nido, des cigarettes,
de la bière glacée et des préservatifs.

Ici, on n'arrive pas en retard aux rendez-vous. Soit on ne vient
pas, soit on est pile à l'heure, et sans montre (mais en général, on
vient ) .

Ici, on dit « peut-être », même lorsqu'on est sûr.

Ici, « peut-être » se dit « donc ».

Ici, les gens ne laissent rien transparaître de ce qu'ils pensent,
RIEN.

Ici, les gens sont très procéduriers .

Visite de la Prison centrale. Ici, le personnel pénitentiaire
envoie couramment des prisonniers faire de menus travaux à l'extérieur
pour son compte : couper du bois, acheter des cigarettes. Parfois, on
somme même le détenu d'aller voler. Même s'il est reconnu, il aura un
alibi en béton.

On rentre et on sort de la prison centrale comme dans un moulin.

Ici. la prison centrale est un enfer passif.

Bavardé avec une personne s'étant rendue pour la première fois
en France en plein solstice d'été. Elle a pris peur, pensant que la
nuit n'arriverait jamais.

Un pousse-pousse jouxtant un pick-up : la modernité ne fait pas
tout.

Ici, l'on prend trois fois plus de temps et de précautions qu'en
France pour vérifier un chèque à la banque.

Ici, on encaisse un chèque dans 1'heure.

Ici, le quincaillier se dit « brocanteur » et la papeterie se
dit « la librairie ».

Ici, les Indiens qui attendent le client toute la journée assis sur
le seuil de leur boutique incarnent une mort lente.

Hervé me parle d'un coopérant français qui envoie ses employés de
maison malgaches se faire soigner à son nom afin de se faire
personnellement rembourser par la Sécurité sociale du ministère français
des Affaires étrangères.

Ici, la nuit, c'est bon.

Ici, les gens savent siffler sans les doigts.

Ici, dans les bars et les restaurants, on appelle fruits exotiques
les fruits d'ici (mangue, ananas , banane...)

Entendu à propos des commerçants indiens : « Comme personne ne peut
acheter, alors ils vendent de la merde. »

Ici, les Indiens font la gueule si on les assimile à des Malgaches
mais se sentent vexés si on critique Madagascar.

Ici, on se gratte la tête quand on est embêté (mais il y a toujours
une solution).

Ici, on ne fait pas la gueule quand on est mis à contribution.

Passage au journal télévisé régional. Ici, le présentateur va
filmer seul son sujet avec la seule caméra disponible de la chaîne.
Ensuite, il rapatrie seul la cassette à la chaîne, va seul éclairer
le studio, seul allumer la télémagnétoscope qui fait face à sa table,
seul fermer les fenêtres, seul dire aux gens de se taire dehors
et de chasser les poules, seul monter sur pied puis régler la caméra
en face de lui, seul brancher le micro. Ensuite il va s'asseoir, se
peigne, rajuste sa chemise, prend la télécommande pour mettre en
marche son reportage au moment du décrochage. Quand c'est l'heure, il
appuie sur le bouton Play et assure le commentaire, en direct.

Impossible de se figurer si les filles d'ici, très aguicheuses dans
le contexte local, passeraient ou non inaperçues sur les trottoirs français.

Il y a tellement de Blancs ici qu'on ne se regarde même plus entre
nous comme des Blancs en milieu étranger, c'est-à-dire en faisant semblant
de ne pas nous voir.

Ici, pour dire « au petit matin », on dit « de grand matin ».

Ici, 4 heures du matin, ce n'est pas si tôt que ça.

Vu un T-shirt très fièrement arboré et marqué, sur le devant :
« Je suis en formation ». Au dos : « Pour le Quick Metz-Nord ».

Ici, on n'écoute pas les autres en pensant à ce que l'on va dire
quand ils auront fini.

La « Rano Visy » est une eau gazeuse locale. « Rano » signifie
« eau » en malgache et le ',< s » se prononce « ch ».

Ici, les Blanches sont insipides comme des poulets de batterie.

J'ai trébuché tout seul sur le trottoir. Le Malgache qui m'accom-
pagnait s'est excusé. De même lorsque, un peu plus loin, j'ai fait
tomber mes lunettes de soleil .

Ici, on ne se sèche pas quand on sort de la douche (gouttelettes sous
la chemise et sur le visage).

Les Blancs viennent toujours ici pour de mauvaises raisons.

Ici, on retrouve de nombreuses silhouettes de lézards écrasés dans
les montants des fenêtres.

Madagascar, c'est baguette, pétanque (on dit « boules pétanque ») ,
saucisson et accordéon.

Madagascar, c'est pastis, rosé et foie gras de canard.

Ici, les commerçants indiens donnent un sachet plastique aux bons
clients. Aux très bons clients, on peut accorder jusqu'à 1 % de remise
sur les gros achats, comme ça, « c'est bien parce que c'est vous ».

Bizarre dans un coin comme ça de se dire que le passé existe. On ne
sait pas si on est au début ou à la fin de quelque chose.

Ici, on te vient en aide sans arrière-pensées.

Ici, deux Malgaches conversant en présence d'un Français, même
s'ils ne maîtrisent pas la langue, se parlent tout naturellement français,
par égard.

Ici, certaines personnes répètent machinalement la fin de tes
phrases par gêne de ne pas parler aussi bien français que toi.

Au bal annuel des Smart Hearts : « Chez Awai Mail, vous avez l'embarras
de choix, chez Awai Mail, le client est roi. »


on peut acheter le livre
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MessageSujet: Re: DES BOUQUINS ...   Sam 29 Sep - 19:14

pour un futur cadeau " rade terminus "

Citation:





Chez P.O.L

Rade Terminus (2004)


Nicolas Fargues
Vidéolectures
Nicolas Fargues est né en 1972. Enfance au Cameroun, au Liban puis en Corse. Études de lettres à la Sorbonne. Mémoire de DEA portant sur la vie et l’œuvre de l’écrivain égyptien Georges Henein. Deux ans de coopération en Indonésie, retour à Paris, petits boulots, publication en 2000 du Tour du propriétaire. De 2002 à 2006, dirige l’Alliance Française de Diégo-Suarez, à Madagascar. Il a deux enfants.




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© éditions P.O.L, 1999.
33, rue Saint-André-des-Arts 75006 Paris tél. : 01 43 54 21 20 fax : 01 43 54 11 31

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MessageSujet: Re: DES BOUQUINS ...   Mar 30 Oct - 21:12

Nous n'étions pas sur la liste des invités , on ne fait pas encore partie des meilleurs ...mais on fait quand même la pub de ce nouveau bouquin





Intéressant récit de l'histoire de la vanille, avec en prime 82 recettes , sucrées ou salées.

Citation:


Le meilleur de la vanille
Les recettes sucrées et salées des plus grands chefs à la portée de tous

premières critiques culinaires :




Textes de : Michèle Villemur
Photos de : Vincent-Pierre Angouillant
Collection : Beaux-livres
Sous collection : Des étoiles dans votre assiette
Format : 220 x 300
Nombre de pages : 176
ISBN : 978-2-84114-905-6
EAN : 9782841149056

Prix public : 31 € TTC


A paraître

40 chefs étoilés revisitent la vanille bourbon, or noir de Madagascar. 82 recettes sucrées ou salées sont testées par Michèle Villemur, avec la même gourmandise que dans ses précédents ouvrages.


Voici le quatrième titre de la collection « Des étoiles dans votre assiette » : Michèle Villemur nous invite à découvrir cette fois le meilleur de la vanille.
La vanille bourbon est « l’or noir » de Madagascar. Troublante et capricieuse, aidée par la main de l’homme pour que la fleur devienne gousse, la vanille nous envoûte !

Paul Bocuse, Jacques Thorel, Boris Campanella, Stéphane Carrade, Gilles Choukroun, Michel Del Burgo… plus de 40 chefs étoilés succombent à son parfum autour de 80 recettes.
Sucrée, la vanille rappelle nos tendres souvenirs d’enfance ; salée, elle accompagne merveilleusement les viandes et les poissons et enchante les plats les plus simples ou les plus sophistiqués. Carré de porcelet laqué, noix de Saint-Jacques, soufflé chaud à la vanille, œuf cosmique ou ananas grillé, pigeon à la vanille, langoustines et figues rôties, tous se marient harmonieusement à son parfum capiteux.

Au total, 82 recettes salées ou sucrées, faciles à réaliser, ont été testées par Michèle Villemur avec le même plaisir que pour ses précédents ouvrages. L’auteur a visité les chefs dans leur laboratoire pour comprendre leurs secrets de fabrication, les décrypter et les mettre à la portée de tous.
Les photographies de Vincent-Pierre Angouillant, qui illustrent ces recettes, feront briller le regard de tous les gourmands.

Dans la collection « Des étoiles dans votre assiette » : Le meilleur du chocolat, Le meilleur du café, Le meilleur de la truffe, Le meilleur de la vanille.



Auteur(s) :
Chroniqueuse gastronomique, secrétaire générale adjointe de l’Apcig (Association professionnelle des chroniqueurs et informateurs de la gastronomie et du vin), intronisée à la Confrérie internationale de la Truffe noire, Michèle Villemur signe différentes rubriques pour la presse française. Elle est l’auteur du Meilleur du chocolat (Ramsay, 2004), du Meilleur du café (Ramsay, 2005) du Meilleur de la Truffe (2006), ou encore de Plats canailles (Aubanel, 2006) et de Petits Plats Grand écran avec Christian Sinicropi (Ramsay 2007).

Vincent-Pierre Angouillant, graphiste, maquettiste, photographe, a assuré, comme pour les trois précédents ouvrages de la collection, les prises de vue et la mise en pages.




SOURCE :http://www.vilo-groupe.com/catalogue_fiche.php?id=524
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