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 Le développement agricole à Madagascar ?

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R@koto
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MessageSujet: Le développement agricole à Madagascar ?   Ven 16 Nov - 17:52

Citation :
Salut à tous,
Sans prétention, vous trouvez ci-joint mon point de vue sur le système éducatif en milieu rural à Madagascar, diffusé sur un site internet local d'informations http://www.aody.mg/tribune.php?id=2449 . J'attends vos remarques, critiques et suggestions.


Bon courage à tous
Bruno Ramihone

Bruno était l'organisateur des journées :

http://mada.forumactif.com/expositions-culturelles-f25/decouvrir-madagascar-27-et-28-octobre-a-besancon-t1201.htm



Le développement agricole à Madagascar ? Et si la solution venait de l’amélioration du système éducatif à la campagne !
(12-11-2007) - Mon point de vue: On ne peut pas faire du développement agricole sans qualification de l’acteur qui est le paysan lui-même. Actuellement, la plupart sont à peine alphabétisés. Les statistiques montrent que, surtout en milieu rural malgache, sur 10 enfants scolarisés au niveau 12°, à peine 2 seulement finissent le niveau CEPE. D’où le problème qui surgit: difficulté de vulgarisation technique car le niveau intellectuel et de réceptivité de nos paysans est trop faible.






Certes, sur le plan éducation, il y avait de gros efforts sur l’aspect matériels: construction d’écoles, distribution de kits scolaires,... mais le niveau de qualification des élèves n’est toujours pas palpable.

Constat 1 : on ne prend pas assez en compte les réalités du monde rural dans la démarche pour son développement.
Explication: Depuis son jeune âge, un enfant malgache, surtout en milieu rural, découvre de par lui-même le monde, c’est à dire son environnement proche. Porté sur le dos de sa mère (attaché avec un lamba), il apprend beaucoup de choses en observant tout ce qui est autour de l’activité de sa mère. Plus tard, en compagnie de ses amis, ensemble ils continuent leur découverte et passent au stade "créativité-débrouille". L’auto-création de son propre jouet est une phase très importante dans la vie d’un enfant malgache. Là, il commence à se construire progressivement son profil d’acteur dans sa société: créateur, technicien, sociable,...

Mais quand il va à l’école ensuite, il voit une réalité toute autre qui lui est totalement étrangère: on change de langue, on appuie sur un bouton et on a de l’électricité (à la maison, on s’éclaire avec la bougie), on tourne un robinet et on a de l’eau (au lieu de la chercher au puits ou à la rizière). Par ailleurs, le programme scolaire privilégie la transmission de connaissances, abstraites et prêtes à toutes "être avalées" par les élèves: ces derniers deviennent donc par la force des choses passifs et inactifs.

Constat 2: Le calendrier scolaire "écrase" complètement le calendrier agricole: en étant privé de participation aux travaux des champs, les enfants échappent à la compréhension de l’organisation générale de leur monde agricole.

Proposition de solutions:
- Rendre l’élève actif dans sa formation scolaire comme il l’est déjà dans sa découverte et sa compréhension de son environnement proche, donc former les enseignants à prendre en compte dans leur démarche d’enseignement les acquis "naturels" des enfants : sens de l’observation, de créativité, de la débrouille
- Aider l’élève à approfondir l’observation et l’analyse de son environnement proche, donc former les enseignants à mieux faire valoriser le patrimoine culturel local, le potentiel technique et scientifique local (local = environnement proche d’abord de l’enfant, puis environnement plus loin géographiquement)







Cette démarche d’éducation, qui privilégie la valorisation des aptitudes naturelles des enfants, l’observation et l’expérimentation dans leur environnement proche, a l’avantage de se passer en partie de matériels didactiques coûteux proposés dans le système éducatif actuel qui n’est autre que la copie conforme du système éducatif français. Or, Madagascar n’a pas les moyens financiers de la France qui, elle-même, n’a pas la possibilité d’équiper toutes ses écoles en matériels didactiques.

- Rapprocher l’école et l’apprentissage agricole :
a) adapter le calendrier scolaire au calendrier agricole : l’élève doit être aux champs avec ses parents pendant les périodes les plus actives du calendrier agricole
b) faire participer dès que possible les élèves aux expérimentations des techniques agricoles (culture et élevage) : en effet, quand c’est l’enfant qui peut ensuite expérimenter chez lui ces techniques et en faire apparaître la productivité à ses aînés, la vulgarisation en est fortement facilitée.

Pour conclure, je suis persuadé qu’avant moi, d’autres éducateurs locaux (enseignants, parents d’élèves) ont déjà eu (et l’ont certainement encore) ces points de vue. Je vous invite donc Mrs et Mmes les Journalistes à aller les trouver pour que leurs points de vue soient pris en compte et valorisés.

Les informations que vous diffusez sont déjà très variées (Bravo). J’espère que dans un proche avenir, vous réserverez à l’Education une place importante car c’est une base importante de tout épanouissement d’un individu.

Je découvre seulement ces jours-ci l’existence de votre site d’informations et je partage tout à fait votre philosophie sur l’attitude positive que doit prendre chacun des citoyens pour faire développer notre pays

Même si je suis actuellement organisateur d’évènementiels, je m’intéresse surtout au développement de l’éducation à Madagascar. J’ai une expérience de 13 ans d’enseignement en lycées agricoles français (avant mon installation en indépendant en 2000). Ce n’est pas un hasard car à la base, je suis sorti de l’Ecole d’Agro d’Ankatso en 1983.

Merci à vous et encore bravo.

Ramihone Bruno
Lons le Saunier (département du Jura) - France
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R@koto
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MessageSujet: Re: Le développement agricole à Madagascar ?   Mer 12 Mar - 19:27

un article qui concerne la lutte contre l'érosion des sols

http://www.rfi.fr/sciencefr/articles/099/article_63742.asp




Agriculture
Pour lutter contre l’érosion, les cultures SCV
par Agnès Rougier

Article publié le 10/03/2008 Dernière mise à jour le 12/03/2008 à 14:27 TU

Agronomes sur le terrain : étude du sol.
(Photo : Agnès Rougier/ RFI)

La population de Madagascar a triplé en 15 ans mais les ressources alimentaires n’ont pas suivi : si le riz constitue la principale denrée malgache, les surfaces rizicoles n’ont pas augmenté en proportion. Les chercheurs de l’Institut de recherche agronomique de Madagascar (Fofifa), de l’Institut de recherche et développement (IRD) et du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) essaient depuis une quinzaine d’années d’adapter la technique agricole dite SCV, déjà éprouvée au Brésil mais inconnue à Madagascar. Reste à convaincre les cultivateurs !



En 2003, peu après son arrivée au pouvoir, le président Ravalomanana déclarait : « Il n'est pas du tout normal que nous importions du riz. La production devra être doublée d'ici un an...». Mais il faut se rendre à l’évidence : rarement attelée, l’agriculture malgache se pratiquant sans intrants, ni fertilisants ni pesticides, est pauvre et ne suffit pas à satisfaire les besoins de la population locale.

Sur l’île, et en particulier dans les plaines de l’ouest, les paysans utilisent majoritairement la technique de défriche-brûlis -ou tavy-, une pratique qui favorise la concentration des minéraux dans la terre, améliorant ainsi la fertilité des sols et épargnant à l’agriculteur le travail de sarclage. Une culture de ce type peut fonctionner pendant 3 ans avant que les mauvaises herbes ne prennent le dessus puis s’en suit une très longue période de jachère de dix ans qui contraint l’agriculteur à déménager. C’est donc une véritable agriculture extensive, qui nécessite de grands espaces et du temps. Outre que cette technique entraîne une déforestation importante, elle n’est plus viable au-delà d’un seuil de population de 10 à 20 habitants/km².



Paysans pratiquant l'écobuage.
(Photo : Agnès Rougier/ RFI)


Les lavakas : une spécificité des hautes terres

Au centre de l’île, les hautes terres de Madagascar sont le lieu d’une petite agriculture familiale. Devant l’occupation totale des bas fonds irrigués et sous la pression démographique, les paysans ont commencé à cultiver du « riz pluvial » (non irrigué) sur les tanety ou « collines ». Ils ont été rapidement confrontés à des problèmes d’ordre géographiques (altitude, précipitations capricieuses etc) et géologiques car la riziculture des hautes terres se pratique sur des terrains qui s’érodent facilement. Les tanety, en effet, sont dépourvus d’arbres. Le sol y est couvert d’une mince couche de terre arable, très fertile dans les zones volcaniques mais le labourage, le sarclage ou bien encore le piétinement des zébus qui paissent en liberté, fragilisent la terre. Cette dernière est alors irrémédiablement emportée par les pluies tropicales. A Madagascar, ce phénomène s’appelle la lavakatisation : le sol s’effondre, de grands trous – les lavakas - apparaissent et la roche reste nue, désormais incultivable.



Tanety et lavakas.
(Photo : Agnès Rougier/ RFI)


Les chercheurs se mobilisent pour remédier au problème

Pour enrayer ces phénomènes et répondre à la demande croissante de riz, l’Université d’Antananarivo, le Cirad et le Fofifa ont monté, en partenariat, une unité de recherche intitulée Systèmes de culture et riziculture durable (SCRID). Ils ont d’abord travaillé à la sélection de riz pluvial adapté, puis ont testé sur les terrains malgaches une méthode agricole déjà très développée au Brésil : « la culture par semis direct SCV », appelée aussi « agriculture de conservation ».

L’appellation SCV a été lancée en 1999 par le Cirad ? Elle repose sur trois principes : le premier, la suppression du travail du sol (absence de labour) ; le second, une couverture végétale permanente -appelé officiellement « mulch mort »- constituée de résidus de récolte, de plantes de couvertures, ou de plantes sauvages, de ‘mauvaises’ herbes naturelles ; et, le troisième, le semis direct des cultures à travers le couvert végétal avec un bâton, une pioche ou une angady (bêche locale).

Dans le contexte malgache, les cultures SCV avec des variétés adaptées sont testées depuis une petite dizaine d’années dans cinq écosystèmes différents, dont l’un est situé dans les hautes terres, à quelques kilomètres d’Antsirabé, là où les tanety s’érodent à toute allure. La visite de la ferme expérimentale confirme ce qu’on avait entendu dire : les SCV, ça marche.



Rizières sur les Hauts Plateaux .
(Photo : Agnès Rougier/ RFI)


Vive les vers !

L’adaptabilité du système au contexte et au terroir constitue l’un des principaux avantages des SCV. Cette technique s’applique aussi bien aux petites exploitations familiales qu’aux grandes et s’accommode aussi bien d’un climat tropical humide que sec. Ne plus labourer représente, en outre, une économie de temps et d’énergie, ce qui n’est pas négligeable dans un pays où le zébu est cher et la mécanisation, absente.

La technique n’est pas incompatible avec l’association d’autres plantes à la riziculture pluviale, permettant ainsi à l’agriculteur de monter son propre système en fonction de ses besoins et possibilités. Il peut ainsi choisir d’associer des légumineuses vivrières et des céréales (manioc), ou bien des plantes fourragères, comme les brachiarias, pour l’élevage de ses zébus laitiers.

Les SCV permettent également de limiter l’évapotranspiration par la couverture végétale : les résidus de cultures restant sur le sol assurent, par leur décomposition, le renouvellement des éléments nutritifs nécessaires à la culture suivante. Et, un choix judicieux de légumineuses permet de fixer l’azote atmosphérique dans le sol.

Enfin, les cultures sous couverture végétale permettent la constitution et l’entretien de la faune du sol, avec l’installation de vers de terre qui aèrent, remuent la terre, et remplacent labourage et sarclage. Merci les vers !



Cultures et érosion sur les Hauts Plateaux .
(Photo : Agnès Rougier/ RFI)


Un SCV bien monté peut rapidement devenir rentable

Il est vrai qu’à première vue, en visitant les champs expérimentaux SCV, certains peuvent paraître en retard par rapport aux champs traditionnels. C’est que, la première année, le temps que la couverture végétale se décompose, le riz semble un peu plus lent à pousser si on n’utilise aucun fertilisant. Les chercheurs le confirment : quelques engrais au démarrage favorisent la pousse des premières plantes, le temps que la couverture végétale se forme.

Ceci constitue un des écueils de l’implantation des SCV à Madagascar : d’une part, les paysans n’ont pas les moyens d’acheter les intrants pour débuter et, d’autre part, ils ne peuvent pas s’offrir le risque d’effectuer une faible récolte. Pourtant, ceux qui travaillent depuis plusieurs années ces champs SCV affirment être satisfaits des rendements et du procédé.

En réalité, la réussite d’une culture SCV tient beaucoup au choix des associations entre la culture principale et des plantes de couverture. Il faut décaler les semis, et choisir des plantes qui n’entrent pas en compétition au niveau hydrique ou nutritionnel. Un SCV bien monté peut rapidement devenir rentable et renouvelable sans apport extérieur, donc durable.



Rizières SCV .
(Photo : Agnès Rougier/ RFI)


Et si ça marche, alors, pourquoi attendre ?

La culture SCV a fait ses preuves. L’organisation non gouvernementale TAny sy FAmpandrosoana (TAFA) participe depuis le début aux essais en champs et elle est missionnée par le gouvernement malgache pour le faire savoir. Pourtant, la technique ne semble pas séduire les agriculteurs malgaches car il n’est pas facile de convaincre et de changer les habitudes.

A la patience requise pour la première année de plantation, vient s’ajouter le poids des traditions. A Madagascar, aucun paysan, si petit soit-il, n’accepte d’abandonner labourage et sarclage de bon gré : ce serait abandonner une partie de sa dignité car le travail physique de la terre justifie, en partie, la place d’un homme dans la famille et dans le village. Du coup, s’en suit un travail d’éducation, de formation et de suivi de TAFA, auprès des populations.

Le bilan général des cultures SCV est globalement positif. Il procure des avantages agronomiques, en réalisant des couvertures biologiques qui s’auto-entretiennent ; des avantages socio-économiques, en réduisant notablement la durée du travail et de la pénibilité, en absence de labour ; et enfin, des avantages écologiques et environnementaux, en permettant le contrôle de l’érosion, la préservation des ressources en eau et la séquestration du carbone dans le sol, ce qui, en ces temps de réchauffement climatique et de tractations politico-écologiques, pourraient constituer est un bonus inespéré.

Le Sommet du Millénaire au Panama, en 2000, annonce la création de l’Instance permanente sur les questions autochtones des États-Unis.


Un peu de géographie


(Carte : Nicolas Catonné / RFI)
Madagascar est une longue île dont les écosystèmes et les climats sont divers et contrastés. Le relief divise le pays en trois bandes, du nord au sud, à savoir : une bande côtière étroite (est), des hauts plateaux au centre -60% de l’île-, qui culminent à 2 876 mètres d’altitude dans le Tsaratana (nord) et, à l'ouest, une zone de plateaux plus bas et de plaines.

Il pleut beaucoup à l’est, sur des escarpements rocheux qui plongent brutalement dans l’océan Indien. Au centre de l’île, les hauts-plateaux jouissent d’un climat d’altitude tempéré, avec des température moyennes de 20°C : là, tous les bas-fonds sont d’ores et déjà occupés par des rizières irriguées. A l’ouest, en revanche, il pleut moins, les savanes prédominent et l’agriculture se consacre principalement au maraîchage et à la canne à sucre. Quant au sud, il y fait très sec et l’alimentation est le problème majeur de la population.



Pour en savoir plus:

- joindre l'ONG TAFA à Antsirabé : tafaantsirabe@moov.mg

- Sur les SCV en général, site du Cirad

- Sur les SCV à Madagascar : (cliquez ici)

- Sur les SCV au Brésil, en portugais : (cliquez ici)

- Site de la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (cliquez ici)

- Site de l’IRD, l'Institut de recherche pour le développement (cliquez ici)


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