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 La terre à ceux qui la cultivent

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R@koto
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MessageSujet: La terre à ceux qui la cultivent   Jeu 11 Déc - 17:01

Nouveau sujet d'actualité part rapport au projet de location de milliers d'hectares agricoles à des firmes étrangères

On commence pour provoquer le débat par le communiqué du SEFAFI :



Citation :
COMMENT GÉRER NOS TERRES ?





Ce que l’on peut appeler « l’affaire Daewoo » s’est achevé sur une reculade générale des deux protagonistes. Rappelons les faits. Le 18 novembre, le Financial Times, journal de référence des milieux d’affaires internationaux, révélait que Madagascar s’était engagé à mettre en location 1,3 million d’hectares de terres cultivables (soit la moitié de la surface cultivable du pays). Deux jours plus tard, le 20 novembre, ce même journal développait son information : « Daewoo Logistics of South Korea disait qu’il s’attendait à ne rien payer pour cultiver du maïs et de l’huile de palme sur une partie de Madagascar qui correspond à la moitié de la superficie de la Belgique ». Le Monde y consacra une demi-page dans son édition datée du 21. La nouvelle, qui connut un fort retentissement à travers le monde, fut unanimement interprétée comme un nouvel avatar colonial dépouillant la Grande Ile de l’une de ses principales richesses naturelles, avec la complicité de ses gouvernants. Dans la Grande Île, elle fit pour l’opinion publique l’effet d’un coup de tonnerre…

Le 21 novembre à 14 h 21, le site jdd.fr annonçait que « les autorités malgaches ont nié être parvenues à un accord avec le géant sud-coréen Daewoo Logistics sur la location de plus d'un million d'hectares de terres agricoles sur la Grande Ile ». Et le quotidien L’Express de Madagascar fait savoir le lendemain 22 que, pour la représentation malgache de la compagnie Daewoo Logistics corporation (DWL), « un tel contrat n'a jamais existé jusqu'à aujourd'hui et que seule la prospection technique a été effectuée ». Pourtant, La Gazette de la Grande Île du 25 novembre mentionnait une demande d'acquisition de 336.200 hectares de terrains domaniaux dans la région de Maintirano, au profit d'une société dénommée « Madagascar Futur Entreprises (MFE) », domiciliée à la Villa Assist (2ème étage) à Ivandry-Antananariv o - qui est l’adresse de l'antenne de Daewoo Logistics Corp à Madagascar. Le même quotidien faisait mention de demandes de 94.182 ha dans le district de Brickaville, et de 33.767 ha dans celui de Toamasina.



La souveraineté économique



Les démentis officiels n’ont cependant pas levé toutes les appréhensions. Vraies ou fausses informations, des leçons doivent être tirées de l’affaire Daewoo. La première leçon à en tirer est, une fois de plus, le manque de transparence pour des opérations qui engagent les ressources naturelles du pays. La prétendue gratuité du bail de 99 ans ou même une éventuelle contrepartie sous forme d’infrastructures ne fait qu’aviver les soupçons d’existence de contreparties secrètes au profit d’intérêts particuliers et au détriment de la collectivité nationale. Ne pas informer et consulter la société civile, les élus et la plupart des responsables exécutifs traduit un grave dysfonctionnement de la gouvernance du pays. Le SeFaFi s’en était déjà inquiété à propos des contrats miniers[1]. Cette nouvelle alerte rend plus urgente que jamais la totale transparence des contrats signés par l’Etat et impose un devoir de vigilance.

Une seconde réflexion amène à ce que l’on appelle la souveraineté nationale et plus précisément la souveraineté économique. La terre en est l’un des éléments. A ce titre, il n’est pas acceptable qu’elle soit aliénée à d’autres, sous quelque prétexte que ce soit, ou que s’instaure un partenariat gagnant/perdant. Il revient aux pouvoirs publics de permettre aux nationaux de mettre en valeur le potentiel agricole de leurs terres, et de vendre les produits récoltés à ceux qui souhaiteraient en acquérir. Mais il ne faut pas oublier que la mise en valeur d’un potentiel implique la maîtrise de toutes les étapes de la production à la transformation. Valoriser les terres arables, c’est d’abord produire et ensuite transformer ou conditionner les céréales, le sucre, les fruits, la viande, etc. ; c’est, enfin, vendre des produits finis qui ont intégré la valeur ajoutée de leur transformation et créé des emplois pour la population active. Il est inconcevable qu’en plein XXIème siècle, certains projets prennent la forme d’une économie de traite du XIXème siècle.

Il revient aujourd’hui aux gouvernants de mettre en oeuvre des politiques de modernisation de l’agriculture, de sorte que leur pays n’ait pas à importer sa nourriture, et encore moins à faire travailler ses terres avec de la main d’oeuvre et des capitaux venus d’ailleurs ! Cette politique intègre, au nom de la souveraineté économique, une part de protectionnisme. Elle est celle de tous les pays riches, en dépit de leurs proclamations libérales : les Etats-Unis et l’Europe subventionnent très fortement leur agriculture nationale, en dépit des règles de l’OMC qu’ils prétendent imposer au reste du monde.



Quelle stratégie agricole à Madagascar ?



Pour autant, invoquer la souveraineté nationale ne suffit pas pour faire une politique intelligente. Cela est tout particulièrement vrai pour le monde rural, qui a été délaissé par les régimes successifs depuis l’indépendance – à l’exception peut-être de ce qu’aurait pu faire l’éphémère pouvoir du colonel Ratsimandrava. Si des dirigeants peuvent envisager sans frémir d’aliéner la moitié des terres cultivables de leur propre pays, cela prouve qu’ils n’ont aucune idée sur ce qu’il convient d’en faire, ou que leurs objectifs sont purement marchands, au service d’intérêts particuliers : dans les deux cas, cela signifie qu’ils n’ont aucune considération pour les paysans malgaches. Les décisions prises ces derniers temps[2] tendent à prouver que le pouvoir a fait le choix de ce qu’il est convenu d’appeler l’ « agrobusiness » - qui consiste à traiter l’agriculture comme une entreprise industrielle ou commerciale, avec les machines et les techniques les plus perfectionnées, et qui fonctionne avec une main-d’oeuvre peu nombreuse mais très spécialisée, et beaucoup de capitaux. C’est le choix d’une agriculture avec des moyens que Madagascar n’a pas, en négligeant ce qu’il a, sa population

paysanne et son travail[3]. D’où la préférence affichée pour les ranchs d’élevage modernes et pour les vaches laitières sélectionnées, pour les élevages industriels de volailles engraissées à la provende, pour la culture mécanisée consommatrice d’engrais, de pesticides et d’autres intrants. Un choix paradoxal, qui est aujourd’hui contesté dans les pays industrialisé s en raison de son impact environnemental négatif, son coût excessif et la faible qualité de ses produits.

Une stratégie de développement rural, et de développement tout court, ne peut pas ne pas tenir compte des millions de paysans de la Grande Île, qui constituent plus de 70% de sa population. Ceux-ci, il est vrai, sont souvent réticents à faire évoluer leurs techniques culturales, pour des raisons multiples qui relèvent plus de la logique du « moindre risque » dans un monde à forte précarité et de l’attachement au mode de vie traditionnel, que du simple refus de changer. En toute hypothèse, marginaliser le paysannat malgache serait suicidaire pour l’ensemble de la société, car cela provoquerait un exode rural plus rapide et plus massif. Les évolutions paysannes sont toujours lentes. Il faut s’ accommoder de cette lenteur et élaborer des stratégies de modernisation progressive qui permettent aux paysans d’améliorer leurs conditions de vie dans les domaines prioritaires que sont l’accès aux biens de première nécessité, la santé, la sécurité et l’éducation des enfants. Car le monde rural malgache doit faire sa mutation, y compris sur le plan agraire. Cette mutation se fera avec et pour les paysans malgaches, ou ne se fera pas. Une réforme agraire intelligente, menée avec patience, basée sur l’actuelle « Politique Nationale Foncière » qui associe les premiers concernés, pourrait effectivement aboutir à un niveau de remembrement correct. Il faudra y associer une politique rénovée de migrations, en s’inspirant de ce que font quelques ONG[4].

Si l’objectif est bien de donner à l’ensemble du monde rural les moyens de gérer son propre avenir, les opérations ponctuelles de fermes pilotes ou d’élevages modèles, gérées par des groupes étrangers soucieux des paysans malgaches et donc respectueux d’une véritable démarche sociétale, seront les bienvenues. Sans empiéter sur les terres des paysans ni aliéner le patrimoine national, elles pourraient devenir un facteur d’entraînement et préfigurer ainsi l’agriculture malgache de demain, ce qui favorisera la prospérité du pays tout entier. S’il en est ainsi, la mise en échec du projet Daewoo aura été une opération salutaire pour Madagascar.



Antananarivo, 8 décembre 2008



--------------------------------------------------------------------------------
[1] Voir notre communiqué du 9 juin 2008 : « Des ressources minières au profit de qui ? »
[2] Quelques exemples peuvent être cités :

· le « ranching », dont le premier modèle vient d’être inauguré à Zazafotsy, Ihorombe (246 millions Ariary pour la première phase), n’a vraiment convaincu personne et surtout pas les éleveurs malgaches.

· Le « remembrement forcé » des terres exploitées par les paysans, qui a été envisagé à Ambohibary, Vakinankaratra, a provoqué la révolte des paysans ; ou encore, avec d’autres modalités, ce qui se passe à Vohidiala, dans la plaine de l’Alaotra.

· L’accaparement des terres pastorales traditionnelles pour en faire des exploitations agricoles industrielles, du côté de Vasiana, Mandoto, Vakinankaratra (quelques milliers d’hectares), sans concertation avec les pasteurs Bara présents depuis des générations.

· Et, bien entendu, ce « projet Daewoo »…
[3] Un document de travail officiel du séminaire sur l’intégration régionale de Madagascar, concernant le « plan de développement de l’agri business et du développement de la production à Madagascar », notait en juin 2006 : « Les petits agriculteurs vivant actuellement en autosubsistance, seront [d’autre part] l’objet de diverses actions à caractère social et de formation pour permettre à leurs enfants d’occuper des emplois extra-agricoles et de libérer des terres » (C’est nous qui soulignons).
[4] Madagascar avait une « politique de migration » confiée à une « direction ministérielle », dont il ne reste pratiquement rien. Est-ce un choix délibéré des dirigeants ? Ce choix mériterait d’être plus largement débattu.
__._,_.___
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R@koto
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MessageSujet: Re: La terre à ceux qui la cultivent   Jeu 11 Déc - 17:08

UN ARTICLE DE L'AVES


[quote]Daewoo à Madagascar : "Bonne affaire ou Madagascar va-t-il rester sur sa faim ?"
mercredi 10 décembre 2008

AVES FRANCE relaie l’article des Amis de la Terre
21 novembre 2008, Par Christian Berdot

Avec l’aggravation de la crise alimentaire, des pays comme l’Arabie Saoudite ou la Corée du Sud cherchent à assurer leur approvisionnement alimentaire.

D’un autre côté, de nombreux pays du Nord investissent dans des plantations de canne à sucre et de palmiers à huile pour fournir le marché croissant des agrocarburants.

Espérant des retombées économiques, certains pays très pauvres comme l’Ethiopie, sont prêts à accorder des concessions à des investisseurs étrangers pour des terres qui seraient si nécessaires pour nourrir leurs propres populations.

Voici un article du Financial Time qui rapporte comment Madagascar donne en concession la moitié de ses terres arables à Daewoo.

C. Berdot

Par Song Jung-a et Christan Oliver à Séoul et Tom Burgis à Johannesbourg, article paru le 19 novembre 2008 dans le Financial Time.

Lors de la signature d’un protocole d’accord en mai, Daewoo annonçait qu’il s’était entendu avec le gouvernement de Madagascar pour avoir une license gratuite de 99 ans dans le but de cultiver 1,3 million d’hectares de terres agricoles. Lorsque la compagnie signa le contrat en juillet, elle accepta de discuter du coût de l’opération avec Madagascar, mais il semblerait maintenant que Daewoo n’ait rien à payer.

D’après Mr Hong : « Madagascar est un pays totalement sous-développé qui est resté intact. Nous allons leur fournir des emplois en leur faisant cultiver la terre, ce qui est bon pour Madagascar ». Les 1,3 million d’hectares sous licence représentent presque la moitié des terres actuellement arables de ce pays africain qui en compte environ 2,5 millions.

Madagascar pourrait aussi bénéficier des investissements de Daewoo sous forme de routes, d’irrigation et d’équipements pour le stockage des grains.

Un diplomate européen en poste en Afrique du sud, déclare cependant « Nous craignons qu’il y ait très peu de bénéfices directs (pour Madagascar), les projets extractifs ayannt très peu de retombées pour une industrialisation plus large ».

Depuis ces 5 dernières années, les pays asiatiques se tournent de plus en plus vers l’Afrique pour satisfaire leurs besoins en ressources. La Chine a renforcé de façon particulièrement agressive ses participations dans les champs de pétroles et les mines sur le continent africain et s’est même parfois vue accusée de néo-colonialisme.

Mais actuellement, les pays délaissent le pétrole et les mines pour favoriser l’alimentation. Roelof Horne qui dirige le fond Investec Asset Management’s Africa, s’attend à voir une augmentation des investissements dans les terres agricoles sur le continent noir. Pour lui, « L’Afrique possède la plus grande surface de terres sous-utilisées dans le monde », même s’il ajoute un bémol « La terre a toujours une charge affective forte ».

Indépendamment de Daewoo, un nombre croissant de compagnies sud-coréennes s’aventurent à Madagascar, investissant dans des projets allant des mines de nickel, à des centrales hydrauliques. L’entreprise d’état, Korea Ressources, a signé récemment un accord préliminaire avec Madagascar pour accroître la collaboration sur le développement des ressources, y compris des projets miniers pour d’autres métaux.

Daewoo projette de commencer la production de maïs sur 2000 ha à partir de l’an prochain et de l’étendre progressivement à d’autres parties des terres sous licence. La compagnie prévoit ainsi de planter 1 million d’ha en maïs dans la partie ouest du pays et 300 000 ha en canne à sucre [1], dans la partie est.

La compagnie prévoit d’envoyer par bateau la récolte brute en Corée du sud et d’en exporter une partie vers d’autres pays. On ne sait pas si la moindre production va rester à Madagascar, une nation très pauvre où le fond Alimentaire Mondial fournit une aide alimentaire pour environ 600 000 personnes soit 3,5% de la population.

Le Programme Alimentaire Mondial - agence de l’ONU en charge de l’aide alimentaire d’urgence - estime que 70% de la population de Madagascar vit en dessous du seuil de pauvreté. « Plus de la moitié des enfants de moins de 3 ans souffre d’un retard de croissance, dû à un régime alimentaire chroniquement inadapté ».

Les investissements étrangers dans les terres agricoles se poursuivent, alors que cette année a connu une crise alimentaire qui vit les aliments de base comme le riz et le blé, atteindre des prix record et que des émeutes de la faim éclatèrent de Haïti à l’Egypte.

Daewoo déclare avoir choisi d’investir à Madagascar car ce pays est resté relativement épargné par les compagnies occidentales. Pour Mr Hong « Le pays pourrait s’avérer être encore plus intéressant pour nous, car peu de compagnies occidentales sont présentes ».

Daewoo prévoit de développer les terres arables à Madagascar durant les 15 années à venir et de fournir ainsi près de la moitié des importations en maïs de la Corée du Sud. La Corée du Sud est un pays très peuplé disposant de peu de ressources. C’est le 4ème importateur mondial de maïs.

[1] Selon les explications de son Président, Daewoo Logistics s’intéresse tout particulièrement à Madagascar parce que le pays présente des similarités avec l’Indonésie où son entreprise travaille déjà dans le domaine de l’agriculture, particulièrement dans la plantation de palmiers à huile et qu’il y a une forte demande mondiale, estimée à 50 millions de tonnes par an. (AllAfrica.com)

Voir en ligne : L’article sur le site des Amis de la Terre

http://www.amisdelaterre.org/Daewoo-a-Madagascar-bonne-affaire.html


quote]



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Dernière édition par R@koto le Jeu 11 Déc - 17:53, édité 1 fois
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jipi zanatany
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MessageSujet: jipi   Jeu 11 Déc - 17:45

merci pour les deux articles
quand je pense aux representants du MAP en tournee en france vue ici a bordeaux vendredi dernier : ils repetaient a souhait la "bonne gouvernance" ou est elle?
mais au sujet de daewo pas tres explicite sauf a dire que rien etait signe mais que c etait a etudier!
et pour QMM a fort dauphin quid des retombees sur l ecosysteme de la region : no comment!!
comme un buinessman ,le president gere sont pays sans tenir compte des hommes
triste pour les gasy
a plus
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MessageSujet: Re: La terre à ceux qui la cultivent   Jeu 11 Déc - 19:54

article de ce jour dans Tribune

source : http://www.madagascar-tribune.com/Outil-de-production,10270.html

Citation :
Outil de production
jeudi 11 décembre 2008, par R. C.


L’octroi de 1.3 millions d’hectares de terrains agricoles aux Sud-coréens de Daewoo dans le Nord et d’Ouest de l’île continue d’agiter le bocage. Beaucoup s’émeuvent de ce que ces Asiatiques obtiennent un bail de 99 ans. Des ONG parlent même de nouveau visage de la colonisation. Des médias occidentaux s’offusquent de l’offensive du « pays du Matin calme » chez les gens du « moramora ». Pourtant, le seul reproche qu’on peut faire au pouvoir dans cette affaire est de ne pas avoir suffisamment communiqué sur un sujet très délicat dans un pays où la terre demeure sacrée, tout en restant un objet de contemplation et de rêverie. En effet, qu’on le veuille ou non, la terre est devenue par la force des choses un outil de production comme un autre. Ni plus ni moins. Le Livre Rouge n’a pas tout à fait tort de dire déjà à son époque que « la terre appartient à celui qui la travaille ». En l’occurrence aux Sud-coréens si tant est que le projet voit un début de concrétisation. Un bref retour en arrière fait rappeler que tout Madagascar a appartenu aux Gaulois, plus exactement aux Français, de 1896 à 1960. Les historiens s’accordent à dire qu’ils n’y ont rien investi sauf le savoir- faire, actuellement baptisée technologie. Le reste, tout le reste, a été payé par les Malgaches à travers l’impôt per capita ou « hetra isan-dahy » pour leur financement, et les travaux forcés et les mains d’œuvres gratuites pour leurs réalisations. La plupart des infrastructures existantes encore aujourd’hui datent de cette époque, notamment les tracés des routes nationales, les découpages des Régions militaires et administratives, les tunnels d’Ambanidia et d’Ambohidahy, etc.

Pays utile

Pour en revenir à l’investissement Sud-coréen dans le sol malgache, faut-il souhaiter qu’il se réalise, mais cette fois plus au détriment des Malgaches. Encore faut-il savoir les tenants et aboutissants des termes du contrat de bail. Les atermoiements des autorités malgaches ne plaident pas en faveur des intérêts de la Grande île. Au contraire, ils laissent penser à l’existence de zones d’ombres. Au demeurant, l’« énormité » du contrat incline l’opinion publique nationale et internationale à craindre pour l’intérêt du pays hôte. Puisque dans ce genre de transactions, rares sont les cas où les pays du Sud arrivent à en tirer un quelconque avantage. A ce propos, un rééquilibrage des termes du contrat devrait être fait. Pour autant, cela n’autorise personne à jeter l’anathème sur un projet qui prévoit des milliers d’emplois et des millions de dollars d’investissements dans des régions qui ne font pas partie du « pays utile ». C’est pourquoi, la véhémence des réactions vues et entendues autour du monde sur cette affaire, à des milliers de kilomètres des endroits choisis par le gouvernement et les Sud-coréens sonne faux. Pour une fois, le Melaky et le Menabe pourraient bénéficier d’investissements directs étrangers, voilà que de soi disant bonnes âmes crient au scandale ! C’est à la fois indécent et injuste.

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MessageSujet: Re: La terre à ceux qui la cultivent   Mar 16 Déc - 0:58

des précisions dans l'Express de demain matin


source : http://www.lexpressmada.com/index.php?p=display&id=23071


Citation :
Questions à… Mirana Rabarijaona

« Les terrains non cadastrés ne sont plus à l’état »

Le directeur des Domaines donne des détails de la loi sur les terrains appartenant à l'Etat.

• Où en est-on avec la nouvelle loi sur les terrains domaniaux ?
- La nouvelle loi sur le domaine privé de l'Etat, portant n°2008/014 du 23 juillet 2008, a été publiée en octobre 2008. Mais le décret d'application est en cours de validation. L'idée la plus importante contenue dans cette réglementation est la suppression de la présomption de domanialité de l'état. En d'entres termes, les terrains qui ne sont ni cadastrés ni immatriculés ne sont plus présumés appartenir à l'état. Les terrains non immatriculés ni cadastrés et occupés appartiennent à ceux qui les valorisent. Par ailleurs, les propriétés de l'Etat sont réparties en deux catégories, à savoir les terrains titrés ou cadastrés au nom de l'Etat, et les terrains non immatriculés ni cadastrés non occupés. Ces terrains ne sont plus présumés appartenir à l'Etat mais appartiennent à l'Etat tout simplement.

• Qu'entendez-vous par valorisation des terres ?
- La valorisation des terres peut se concrétiser de diverses manières, selon leurs utilisations du moment et des lieux. Dans les villes, elle peut se traduire par une construction, et par de la culture dans les zones rurales. Si la propriété n'est ni cadastrée ni immatriculée mais occupée, les occupants doivent demander les certificats appropriés auprès des guichets fonciers implantés dans les communes pour la sécuriser.

• Les demandes d'acquisition de terrains non cadastrés et non immatriculés sont-elles nombreuses ?
Oui. Les demandes d'acquisition de terrains de l'Etat peuvent, par exemple, s’élever à 100-200 par mois à Antananarivo. Des actions de sensibilisation de la population pour la sécurisation des terres ont été entreprises. Au niveau des services des Domaines, nous allons procéder à l'inventaire des dossiers de demande d'acquisition de terrains domaniaux, car actuellement nous nous trouvons à la phase transitoire de mise en œuvre de la nouvelle loi.

Propos recueillis par

Lantoniaina Razafindramiadana
Date : 16-12-2008
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MessageSujet: Re: La terre à ceux qui la cultivent   Sam 20 Déc - 19:25

une tribune du journal le Monde


source : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/12/18/neocolonialisme-agraire-par-christian-bouquet_1132680_3232.html

[quote]Point de vue
Néocolonialisme agraire, par Christian Bouquet
LE MONDE | 18.12.08 | 13h24 • Mis à jour le 18.12.08 | 13h24

Parmi les "bienfaits" des colonisations conduites au XIXe siècle, il y eut l'introduction forcée et la culture obligatoire du coton dans les régions de savanes africaines : au Tchad, par exemple, chaque chef de famille était tenu de cultiver une "corde" de coton, soit environ un demi-hectare, afin d'approvisionner l'industrie textile française. En contrepartie, sa récolte lui était payée et, quand on lui avait retenu les avances sur les semences, les engrais et les pesticides, il lui restait trois sous pour participer aux débuts de la société de consommation.




On était à la fin des années 1920. Les paysans tchadiens ignoraient ce qu'était l'anticolonialisme, mais ils avaient bien compris que la nouvelle tâche qui leur était imposée était inique : elle tombait à la même saison que la culture du sorgho vivrier, elle doublait la quantité de travail, et elle occupait une parcelle consacrée à l'indispensable jachère, seule technique possible de régénération des sols. Beaucoup se révoltèrent, mais la "chicote" coloniale eut tôt fait de les calmer, et les courageuses dénonciations d'André Gide ne furent guère entendues en métropole.

A l'aube du XXIe siècle, la décolonisation est - dit-on - achevée, le travail forcé est interdit, et le monde entier peut être informé en temps réel de la plus petite exploitation de l'homme par l'homme, fût-elle commise au coeur de la Nouvelle-Guinée ou de l'Amazonie. Et pourtant, aussi insidieuse que légale, une nouvelle forme de colonisation des terres a commencé à s'instiller dans les régions les plus pauvres de la planète, et nul ne proteste. Au contraire, les premiers intéressés sont même parfois demandeurs, comme ces représentants de la région indonésienne de Papouasie qui ont démarché des investisseurs saoudiens en leur offrant un million d'hectares pour qu'ils puissent y produire les céréales dont manque l'Arabie saoudite, moyennant quelques investissements dans les infrastructures et quelques miettes vivrières pour les populations locales.


ON NE SPOLIE PLUS, ON ACHÈTE


A cette occasion, on découvre que le processus n'est pas nouveau : le Brésil a concédé plus de 5 millions d'hectares à des étrangers depuis 2000. Mais la crise alimentaire vient de donner une légitimité à la démarche car, pour assurer leur "sécurité alimentaire", les pays qui en ont les moyens n'hésitent plus à se porter acquéreur ou à louer des superficies de plus en plus vastes de terres à l'étranger. C'est ainsi que la Corée du Sud vient de rendre public le contrat passé par le groupe Daewoo avec Madagascar et, cette fois-ci, l'offensive est de taille, puisqu'elle porte sur 1,3 million d'hectares pour produire 4 millions de tonnes de maïs et 500 000 tonnes d'huile de palme.

Sécurité alimentaire ? Ce n'est pas si sûr, et quand bien même les pays riches nourriraient-ils quelques craintes dans ce domaine qu'il serait indécent d'aller faire fabriquer leur pain quotidien dans les champs de ceux qui meurent de faim. C'est plus probablement un nouvel avatar du bon vieux colonialisme, relooké en fonction des réalités du moment, qui permet de continuer à aller chercher les matières premières là où elles se trouvent au meilleur prix. Autrefois, on utilisait la force militaire pour asservir les populations faibles, au détriment des droits humains élémentaires, notamment du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Aujourd'hui, toutes les règles du droit des affaires sont respectées : on ne spolie plus, on achète ou on loue. Les grandes compagnies minières l'ont bien compris, mais on n'imaginait pas que l'agriculture finirait par intéresser les spéculateurs.

Or, depuis le début des années 1990, la Banque mondiale a décrété que la propriété privée de la terre était une valeur universelle, et elle a entrepris d'imposer au monde ce principe sous le nom de "sécurisation" des terres. Tout le monde, dit-elle, devrait donc y trouver son compte, et ce sont d'ailleurs souvent les chefs des Etats pauvres qui mettent eux-mêmes leur pays en viager. Hélas, comme du temps de la colonisation, la "rente" qui y est attachée profite très peu aux petits paysans.

Ceux-ci vont même assez rapidement constater que non seulement ils ne vont rien gagner mais, pour la plupart, ils vont tout perdre et seront contraints d'aller grossir les hordes de pauvres qui s'entassent dans les bidonvilles des grandes villes des pays du Sud. Car les immenses superficies concédées aux pays riches ou aux multinationales du Nord seront cultivées sur un mode intensif, soit quatre hommes pour 1 000 hectares.

Cette ruée vers les terres cultivables atteignant des proportions inquiétantes, chacun y va de son couplet : "c'est un pacte néocolonial" déclare Jacques Diouf (FAO) ; "il faut une protection des populations locales" estime Alain Joyandet ; "cela pose un problème de gouvernance" affirme Michel Barnier. Oui mais, à part le dire, on fait quoi ?


--------------------------------------------------------------------------------


Christian Bouquet, professeur de géographie politique et du développement à l'université Bordeaux-III


Article paru dans l'édition du 19.12.08.
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MessageSujet: Re: La terre à ceux qui la cultivent   Mer 24 Déc - 11:57

Le débat continue avec le communiqué suivant :


communiqué :

Citation :


Collectif pour la défense des terres malgaches - Affaire Daewoo

Nous avons appris le 19 novembre dernier, par la presse
internationale, les déclarations du directeur financier de Daewoo
Logistics, Shin Dong-hyun, annonçant la signature d'un bail
emphytéotique de location pour 99 ans, entre cette société et les
autorités malgaches, de 1,300 millions d'hectares de terrains arables.
Les détails du contrat sont préoccupants et sans précédent :

- La surface louée représente l'équivalent de la moitié de la Belgique
, et correspond à la moitié des surfaces cultivables à Madagascar.

- Les termes du contrat ne prévoient pas de versement d'argent à
l'Etat malgache, les investissements dans les infrastructures
nécessaires à la réalisation du projet tiendraient lieu de 'prix de
location'.

Les principaux ministres malgaches concernés ainsi que les
représentants de Daewoo à Madagascar ont démenti en insistant sur le
fait que le projet en est seulement au stade de prospection de
terrains et de négociations. Mais différents témoignages venant du
terrain montrent que les protagonistes de cette affaire sont déjà
passés à l'acte dans différentes régions : Madagascar Futur Entreprise
Group, représentant de Daewoo sur place, a déposé des demandes
d'acquisition de terrains et a parfois déjà obtenu l'autorisation pour
94 182 hectares dans le district de Brickaville, 33 767 hectares dans
le district de Toamasina II, 40 000 hectares dans le district de
Vatomandry, plus de 50 000 ha dans le district de Maintirano. De
vastes terrains dans la région SAVA seraient déjà également en cours
de transfert de propriété.

Ces informations parues dans la presse sont confirmées par les
populations locales qui ont vu ou entendu parler d'Asiatiques
effectuant des mesures de terrains avec les autorités régionales en
vue de l'acquisition de terrains. Ainsi

- des responsables locaux sont complices,

- certains ont peur d'en parler par peur de représailles,

- d'autres n'avaient pas compris les tenants et les aboutissants
de ces « opérations » sur le terrain, pensant qu'il s'agissait d'une
opération qui apporterait des bienfaits à la localité ou à la région,

- Les transactions se déroulent en l'absence de transparence de
la part des autorités.

Cette « location » de terres est particulièrement inacceptable car

- la location pour 99 ans - renouvelable - porte sur des
superficies immenses réparties dans plusieurs régions et porte
atteinte à l'existence future d'une patrie pour l'ensemble des
Malgaches qui considèrent les terres de leurs ancêtres comme un bien «
sacré » ;

- cette location pour 99 ans spoliera de nombreuses familles, et
à terme la majorité des paysans, des terres où elles vivent et
travaillent pour vivre et survivre ;

- elle a été faite dans le dos des populations malgaches, « dans
le secret » sans respect des procédures habituelles, alors qu'elle
engage des parties importantes du territoire et donc la souveraineté
nationale ;

- la contrepartie 'gratuite' entretient de gros soupçons sur la
vente du patrimoine national pour l'enrichissement d'un petit nombre
d'individus au détriment des générations futures ;

- Le traitement des dossiers des terrains convoités par Daewoo
bénéficie de faveur particulière dans sa rapidité alors que les
paysans et tous les citoyens malgaches rencontrent des difficultés
insurmontables dans la lenteur des procédures pour acquérir des titres
de propriété ;

- Les plantations programmées et effectuées par Daewoo
inquiètent gravement car les récoltes sont destinées à être exportées
immédiatement pour l'alimentation des Coréens, et non pour celle des
Malgaches. Par ailleurs, les informations diffusées par la presse
internationale parlant de culture de maïs dans la partie ouest de
l'île – le maïs est réputé pour dessécher les terres de culture -, les
semences de maïs seraient importées de Costa Rica et des Etats-Unis –
ne s'agira-t-il pas de maïs transgénique ? La partie Est de l'île
serait destinée à la plantation de palmiers à huile dont les semences
viendraient d'Indonésie : certains palmiers à huile cultivés dans ce
pays sont pourtant célèbres pour tuer toute la végétation environnante
et détruire la biodiversité (« l'huile tueuse »).

Tenant compte de tous ces éléments,

Nous, membres du Collectif pour la Défense des Terres Malgaches, avons
décidé de nous regrouper et d'agir pour

- Exiger des responsables qui participent à tous les niveaux à
cette location d'arrêter immédiatement toutes les actions et toutes
les procédures engagées afin de réviser les termes du contrat,

- Demander aux autorités malgaches de faire preuve de
transparence et de donner à la population malgache et aux populations
du monde toutes les informations sur cette affaire,

- Exiger des autorités et responsables qu'ils respectent les
lois et procédures en vigueur, notamment les formalités de publicité
visant l'information des voisins et opposants éventuels,

- Se rapprocher des citoyens et paysans malgaches pour leur
manifester notre soutien et les encourager dans les luttes qu'elles
mènent pour la défense de leurs terres,

- Lancer un appel à tous nos compatriotes au pays et à
l'extérieur pour être vigilants, et dénoncer toute décision ou
tentative de priver les populations malgaches progressivement des
terres de leurs ancêtres au nom d'un libéralisme aveugle,

- Alerter l'opinion internationale sur les agissements dangereux
de cette sorte dans notre pays et appeler le soutien et la solidarité
de tous,

- Appeler les ressortissants des pays qui subissent déjà la même
situation, à travailler ensemble pour que cette nouvelle forme de
néocolonialisme qui se développe dans plusieurs pays, cesse
immédiatement grâce à la coordination de nos actions.

L'opinion publique malgache, informée par la presse internationale,
est particulièrement en alerte car plusieurs grands projets déjà en
cours à Madagascar démontrent la réalité de contrats dont les termes
conjuguent une exploitation drastique des richesses du pays par les
investisseurs étrangers avec des bénéfices insignifiants pour la
nation et les populations malgaches.

Le COLLECTIF POUR LA DEFENSE DES TERRES MALGACHES

Est un collectif d'individus d'origine malgache, déterminés à unir
leurs forces et à travailler ensemble pour s'opposer à la spoliation
des paysans et des citoyens malgaches de leurs terres.

Son objectif est de rassembler les Malgaches sans discrimination
aucune, prêts à s'investir pour la réalisation de cet objectif.

Ses actions dans le court terme consisteront notamment à :

- Défendre les terres malgaches en collaboration avec les
populations et organisations au pays,

- Diffuser des informations sur la situation à Madagascar auprès
des populations et organisations dans le monde pour qu'elles
soutiennent les paysans malgaches dans leur lutte pour la défense de
leurs biens et de leurs terroirs,

- Diffuser des informations auprès des Malgaches de toutes les
régions sur ce qui se passe dans le monde et sur les objectifs,
méthodes et risques liés à des opérations telles que celle-ci, pour
qu'ils soient vigilants et sachent se défendre,

- Echanger et collaborer avec les populations des autres pays
victimes des prédateurs similaires pour défendre leurs paysans et
leurs terres.

Paris, le 23 décembre 2008

Si vous souhaitez nous rejoindre, nous soutenir, envoyer des messages
et propositions, contactez-nous à

l' adresse e-mail : patrimoinemalgache@ yahoo.fr

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MessageSujet: réponse à Jipi sur QMM   Dim 28 Déc - 19:45

jipi zanatany a écrit:
merci pour les deux articles

et pour QMM a fort dauphin quid des retombees sur l ecosysteme de la region : no comment!!

Pour une fois, pas d'accord avec toi Jipi.
Le QMM a été exemplaire au point de vue écologique. Comme tu ne fréquentes pas la rubtique "Faune et flore" de Madaland, ce qui est parfaitement ton droit évidemment, je te remets ce que j'ai écrit ici au début de cette année pour relater ce que j'ai vu de mes yeux vus à la station forestière de Mandena fin 2001:

"Enfin, tout ça c'était pour parler du projet ilménite à Fort Dauphin qui dormait depuis 20 ans mais qui est bien démarré maintenant vu l'explosion des cours des matières premières dont le titane.
Ce projet avait suscité des critiques assez virulentes il y a une quinzaine d'années de la part de Greenpeace et WWF au motif que:
1 - le port en eaux profondes prévu pour évacuer le minerai de titane allait détruire la magnifique presqu'ile d'Evatra, ce qui était vrai.
Depuis l'emplacement du port a été déplacé et la question ne se pose plus.
2 - le dragage des sables à ilménite allait détruire le peu de lambeaux restants de la forêt littorale, ce qui était faux car elle était déjà détruite depuis longtemps par les feux des paysans.

La plante lataka be (donc, grosse b.... en français) et plein d'autres espèces sont disparues en milieu naturel mais elles sont préservées à la station forestière de Mandena qui étudie depuis 1986 quelles sont les plantes endémiques à replanter après l'exploitation du minerai.
Ils ont donc des milliers de boutures, de plants, de graines, prêts à planter après le passage de la drague à sable.
A ma connaissance, c'est la première (et la seule) fois dans un projet de ce genre qu'on étudie la réparation des dégats AVANT des les avoir commis !!"

QMM, 20 ans d'études avant de démarrer l'exploitation.

En revanche, il y a le même projet de dragage d'ilménite à Ifaty, et là, il n'y a strictement aucune garantie sur la réparation des dégats puisque l'exploitation est envisagée pour dans un an ou deux. Des vagues promesses, des backchiches aux bons endroits et le tour sera joué !

http://www.lexpressmada.com/display.php?p=display&id=23144

Sur "la terre à ceux qui la cultivent", je suis évidemment d'accord avec tous les intervenants ici. En particulier sur le désastre écologique que serait l'arrivée des OGM à Mada.
Mais pourquoi le rendement moyen des rizières reste t'il désespérément à 1.5 T/ha à Madagascar comme depuis 1000ans alors que l'Asie est à plus de 5 ?
Pourquoi le SRI (système de riziculture intensif) qui a largement fait ses preuves à Mada n'est-il pratiqué que de Tana à Antsirabe et pas du tout en brousse ?
Et ne me jetez pas la pollution par les engrais et les pesticides à la figure, on en est encore très très loin !
En voila des bonnes questions !!! (et tant pis si je me fais incendier)
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MessageSujet: Re: La terre à ceux qui la cultivent   Dim 28 Déc - 20:50

Première réponse apportée au débat sur le SRI

http://tefysaina.org/faq.htm




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MessageSujet: Re: La terre à ceux qui la cultivent   Lun 29 Déc - 0:06

a lire ce lundi dans l'Express

source : http://www.lexpressmada.com/index.php?p=display&id=23404


Citation :
Affaire Daewoo
L’opposition attaque l’État
Battant le fer tant qu’il est chaud, l’opposition continue son chassé-croisé avec l’État. Elle compte porter plainte contre l’État dans l’affaire de vente de terrains à la société coréenne Daewoo.

Les opposants veulent toujours occuper le champ de bataille, même en cette période de fêtes de fin d'année. La Solidarité des partis et associations politiques d'opposition (SPAP) a, samedi, orienté avec précisions ses tirs vers le régime, à l'occasion d'une conférence de presse au siège de l'AKFM à Andravoahangy Ambony.
Ainsi, Hary Naivo Rasamoelina, du parti Droits humains et démocratie (DHD Madagascar) a dénoncé la pratique du pouvoir sans mâcher ses mots. Il a annoncé par la suite les mesures de contestation que l'opposition va prendre.
Il a surtout mis l'accent sur l'éventuelle acquisition d'un terrain de 1,3 millions d'hectares par Daewoo logistic (DWL), comme son président Yong Nam Ahn l’avait déclaré à une journaliste de la presse internationale.
«Nous allons faire opposition à cette acquisition de terrain au service des Domaines et porter l'affaire devant l'instance juridictionnelle, dont le conseil d'État», a déclaré le porte-parole en présence de ses collègues, entre autres Jean Lahiniriko du PSDUM, Jean Max Rakotomamonjy du Leader Fanilo, Jean Jacques Rabenirina du parti AVI, Jean Théodore Ranjivason de Matsilo, Harison Razafindrakoto de l'association Analamanga, Beza Seramila de Tambatra ainsi que Daniel Ramaromisa de VVSV.
Mais Hary Naivo Rasamoelina n'a avancé aucune date pour l’introduction de la requête auprès de la juridiction. Il s'est contenté d'affirmer que la saisine du tribunal s'effectuera après l'apposition des signatures sur la plainte.
Poursuite du mouvement
La présente alliance de l'opposition a essentiellement comme mobile la défense des libertés démocratiques. En se référant à la déclaration du maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, à La Rotonde Besarety le 17 décembre, elle a manifesté samedi son soutien à la l'instauration d'une place de la démocratie ainsi qu'à l'octroi aux opposants de temps d'antenne sur l'audiovisuel public.
De son côté, le président du PSDUM (Parti socialiste et démocratique pour l'union à Madagascar), Jean Lahiniriko, a voulu rassurer l'opinion en avançant la poursuite du mouvement d'opposition. «Nous maintenons toutes les revendications même si le pouvoir décide la réouverture de la chaîne de télévision Viva», a-t-il promis.
Absent au rendez-vous à Andravoahangy Ambony samedi, Alain Ramaroson, président de la Force de changement pour la démocratie (FCD) a envoyé une lettre d'excuse aux organisateurs. Il y a été représenté par quelques membres de bureau de la FCD, dont l'ancien député élu sous la couleur du Tiako i Madagasikara (TIM) à Beloha Androy, Alfred Jonasy.

Encadré
Aval du conseil des ministres
Le ministre de la Réforme foncière, des domaines et de l'aménagement du territoire, Marius Ratolojanahary, avait déjà essayé d'écarter le pouvoir central de l'affaire de l'acquisition par Daewoo logistic (DWL), d'un terrain de 1,3 millions d'hectares. Il avait déclaré officiellement que tout le monde peut déposer une demande d'acquisition de terrain, avec la superficie qu'elle désire, au niveau des services fonciers, sans nécessairement en informer le pouvoir central.
Toute demande est ensuite examinée par une commission avant d'être avalisée par le conseil des ministres. Une façon de dire que le pouvoir central n'a pas encore donné son avis sur le sujet.
Pourtant, la grogne de la population vis-à-vis de la question est constatée dans différentes circonscriptions concernées dont Brickaville, Toamasina II et Vatomandry.
Selon les informations publiées dans la presse internationale, l'entreprise aura pour objectif de subvenir aux besoins alimentaires des Coréens.

Fano Rakotondrazaka
Date : 29-12-2008
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MessageSujet: jipi   Lun 29 Déc - 16:35

salut
pour QMM entre ce qui est dit et ce qui est fait il y a un monde et renseigne toi bien avec des gens de fort dauphin mais ils sont bcp moins optimiste que toi
de plus QMM filliilae de RIO TINTO n a pas une reputation d ecolo tres marque voir les rapports des norvegiens a leur sujet
c est la pire des societes dans les pays suivant ou elle est implantee depuis plusieurs annees
bresil , indonesie, malaisie (borneo), canada etc........
mais je ne suis pas optimiste sur les consequenses dans la region
a plus
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MessageSujet: Re: La terre à ceux qui la cultivent   Mer 14 Jan - 0:35

dans l'Express de demain matin


source : http://www.lexpressmada.com/index.php?p=display&id=23774

Citation :

Affaire Daewoo

Le ministre Ratolojanahary parle de désinformation

« Les journalistes étrangers ne connaissent pas le contexte à Madagascar et ne disposent pas d’informations exactes sur ce qui se passe ici. Il y a une véritable désinformation ». C’est en ces termes que le ministre de la Réforme foncière et de l’aménagement du territoire, Marius Ratolojanahary, à l’occasion de la présentation de vœux de son département hier, a répondu à la question sur la véracité de l’information concernant les investissements du groupe coréen Daewoo. C’est un projet d’acquisition à titre gratuit, selon un magazine étranger, d’un terrain de 1,3 millions d’hectares pour la culture de maïs et d’huile de palme par la firme coréenne.
« Je réaffirme que ce projet est toujours au stade de prospection, les documents existants jusqu’ici et publiés dans la presse ne sont que de simples procédures de facilitation dans le cadre de cette prospection, », soutient le ministre. La partie malgache rejette donc une fois de plus les informations qui circulent depuis plusieurs mois sur internet.

Mahefa Rakotomalala
Date : 14-01-2009
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MessageSujet: Re: La terre à ceux qui la cultivent   Lun 2 Mar - 22:11

un article à méditer


source : http://www.telerama.fr/monde/jusqu-ou-la-razzia-sur-les-terres-agricoles-des-pays-pauvres,39603.php

Citation :

Jusqu'où ira la razzia sur les terres agricoles des pays pauvres ?



Le 1 mars 2009

. Recopiez l'image
.

LE MONDE BOUGE - Discrètement, des pays très peuplés comme la Corée et la Chine, ou très riches comme les pays du Golfe, s'emparent des terres arables et des forêts de Madagascar ou de Bornéo. Ce phénomène opaque peut cacher le pire comme le meilleur. Le pire étant l'expansion de monocultures polluantes qui appauvrissent les pays et entretiennent la crise alimentaire mondiale...


Déforestation près de Daraina, à Madagascar. - Photo : Nick Garbutt/PHOTOSHOT/MAXPP
Il était une fois un pays ayant trop de bouches à nourrir et pas assez de ­terres à cultiver. La bonne nouvelle, c'est que le pays en question, la Corée du Sud, disposait de suffisamment de devises pour importer du riz, du soja et du maïs. La mauvaise, c'est que l'époque était à la spéculation sur les denrées alimentaires. Et la Corée, pays certes émergent et dynamique, avait du mal à s'approvisionner sur le marché mondial. Alors, elle eut une idée : plutôt que d'acheter des récoltes, pourquoi n'achèterait-elle pas des terres ? D'immenses espaces, là où ils étaient bon marché, dans des pays pauvres, en Asie, en Afrique ! Bien sûr, il faudrait procéder en douce pour ne pas choquer les autochtones. Mais ce détail excepté, l'idée était excellente. Et c'est ainsi que la filiale agricole d'un des fleurons de l'industrie sud-coréenne s'empara furtivement de 1,3 million d'hectares à Madagascar, soit le tiers des terres arables de l'île, pour y produire du maïs et de l'huile de palme pour le marché sud-coréen. Au même moment, frappés de plein fouet par la crise alimentaire, les Malgaches étaient contraints d'importer pour satisfaire leurs besoins.

Racontée ainsi, l'histoire paraît sortie de l'imagination de John Le Carré, dernière époque, celle qui nous a donné La Constance du jardinier ou Le Chant de la mission. Tout y est : l'Afrique, les multinationales, le néocolonialisme (cette fois sud-sud...), le libéralisme mondialisé et débridé. Sauf qu'il ne s'agit pas d'une fiction. En juillet dernier, Daewoo Logistics, filiale du groupe sud-coréen, a bien tenté de louer pour quatre-vingt-­dix-neuf ans 1,3 million d'hectares à ­Madagascar. L'accord, révélé par le Financial Times, a contribué à l'embrasement de l'île et serait au point mort. Néanmoins, marginal il y a deux ans, ce genre d'opération s'est amplifié en 2008, sur des millions d'hectares, en Asie et en Afrique surtout, mais aussi en Argentine ou en Ukraine. A tel point que Jacques Diouf, le secrétaire général de la FAO, l'agence de l'ONU pour l'agriculture et l'alimentation, parle d'un risque de « néocolonialisme agraire ».

Le « landgrabbing », comme l'appellent les Anglo-Saxons, autrement dit l'« accaparement de terres », n'est pas nouveau. « Il y a eu les concessions coloniales, rappelle l'agronome Marc Dufumier. Plus récemment, des entreprises, française comme Michelin, producteur de caoutchouc au Nigeria ou au Cambodge, et américaine comme Dole, spécialisé dans les fruits, ont acheté ou loué des terrains pour une très longue durée - en général, quatre-vingt-dix-neuf ans. Mais les surfaces dépassaient rarement une dizaine de milliers d'hectares. Aujourd'hui, les superficies sont plus importantes, le mouvement s'accélère et n'a jamais été autant mondialisé. » Car les acheteurs ont changé. A la place des Occidentaux d'hier, voici venus des pays émergents, peuplés et sans beaucoup de terres (Chine, Corée du Sud), et des pays secs, déficitaires en denrées alimentaires mais gorgés de pétrodollars (pays du Golfe). Les Jordaniens ou les Malaisiens font leurs courses au Soudan ; la Chine - 22 % de la population mondiale, mais seulement 7 % des terres cultivées, qui ne cessent de diminuer à cause du développement urbain et d'un modèle agricole dévastateur - achète en Russie, au Laos, au Mozambique ou aux Philippines. Autant d'accords dont on sait peu de chose tant ils sont discrètement négociés, mais qui sont présentés comme « gagnant-gagnant ». Les acheteurs mettent en avant le fait qu'ils apportent l'argent, les tracteurs, les systèmes d'irrigation. « Ça paraît plus civilisé que sous la colonisation : les entreprises fonctionnent à coups de carnets de chèques et pas de baïonnettes, note l'économiste Bruno Parmentier. Et il est probable, vu les investissements et les techniques employées, qu'on produira plus de nourriture sur ces terres. La question est : que vont-ils produire, comment et pour qui ? Si l'argent et la technique suffisaient pour faire de l'agriculture durable, ça se saurait : on ne compte plus les échecs en ce domaine. »

En tête des motivations des acquéreurs : la sécurisation des approvisionnements pour les populations, mais aussi les cochons et les poulets d'élevage... « Ce sont les gouvernements qui agissent à visage découvert ou par le biais de fonds souverains », détaille Alain Karsenty, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad). Mais il y a aussi les voitures qu'il faut penser à nourrir ! « On retrouve alors des sociétés privées spécialisées, avec des logiques spéculatives, précise Alain Karsenty. Et là, les forêts se retrouvent souvent en première ligne. Elles sont moins peuplées et coûtent moins cher que les terres cultivées. Et puis, 1 hectare déforesté pour du palmier à huile rapporte quatre à cinq fois plus qu'une forêt exploitée pour son bois. » Cette forme de landgrabbing est déjà largement à l'oeuvre dans les forêts d'Amazonie ou de Bornéo, et les premiers signes de son extension au Bassin du Congo apparaissent.

Enfin, si le phénomène se développe tous azimuts, c'est parce que « la conjonction des crises alimentaire et financière a transformé les terres agricoles en un nouvel actif stratégique », résume l'ONG Grain. George Soros investit dans les agrocarburants avec son fonds Quantum et devient propriétaire de 225 000 hectares en Argentine, via le latifundium Adecoagro. Morgan Stanley achète plusieurs milliers d'hectares en Ukraine. Le géant américain BlackRock s'apprête à investir plusieurs centaines de millions de dollars, de l'Afrique subsaharienne à l'Argentine.

Pourquoi pas, si ces investissements permettent d'installer de meilleurs systèmes d'irrigation ? Si ces « partenariats » permettent de concilier les intérêts des gouvernements locaux et des paysans ? A la FAO, l'expert en régimes fonciers Paul Mathieu reste prudent. « Pour l'instant, on n'en sait rien. C'est d'autant plus difficile de se prononcer que la majorité de ces accords se négocient dans la discrétion. Et qu'ils recouvrent une grande variété de cas de figure. » Du meilleur, quand des fonds éthiques insufflent capitaux et techniques pour un vrai processus de développement rural. Jusqu'au pire, quand l'accord exige une main-d'oeuvre importée, et une monoculture intensive menant au désastre environnemental.

« Sans compter l'éviction, souvent brutale, des populations locales, rappelle Marc Dufumier. Les paysans, les semi-nomades n'ont pas de titres de propriété mais des droits historiques puissants qui les autorisent à utiliser la terre et fondent leur identité. Or les acheteurs comme les élites gouvernementales méprisent le droit foncier coutumier et les savoir-faire agricoles locaux. Il y a aussi le niveau élevé de corruption dans ces pays. Mais attention au retour de bâton : à Madagascar comme au Brésil, il devient de plus en plus difficile de passer outre les organisations paysannes. Le risque d'émeutes est très fort. » Car 923 millions de personnes souffrent toujours de la faim, selon les derniers chiffres de la FAO. Et près des trois quarts d'entre eux sont... des paysans qui n'arrivent pas à produire pour eux ou qui se sont spécialisés dans l'agriculture d'exportation ! Pourtant, la production agricole mondiale est en excès : nous produisons 300 kilos par habitant et par an, quand 200 kilos sont nécessaires pour nourrir la population mondiale. « La faim existe même dans des pays excédentaires, car c'est la pauvreté qui en est la cause, pas le manque global, insiste Bruno Parmentier. Il devient urgent d'assurer une souveraineté alimentaire en encourageant l'agriculture vivrière. »

En attendant, le landgrabbing progresse. « Le premier outil à proposer, dit Paul Mathieu, c'est d'insister sur plus de transparence, une bonne ­information de tous, pour des négociations équilibrées. » La FAO s'apprête à sortir ces jours-ci un mode d'emploi sur la bonne gouvernance foncière. Histoire que le nouveau droit foncier de Madagascar ne soit pas défini par Daewoo Logistics. Et que les petits paysans du Sud participent enfin au débat .

.
Weronika Zarachowicz
Télérama n° 3085
A lire
Main basse sur les terres agricoles en pleine crise alimentaire et financière, sur www.grain.org/briefings/?id=213
Nourrir l'humanité, de Bruno Parmentier, éd. La Découverte/poche, nouvelle édition, 293 p., 10 euros.
Demain, la faim ! de Frédéric Lemaître, éd. Grasset, 139 p., 9 euros.
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MessageSujet: Re: La terre à ceux qui la cultivent   Dim 12 Avr - 15:00

on nous communique


Citation :


Chers amis,

A la sortie du Conseil des Ministres du 19 mars dernier, l'ensemble de la presse malgache et internationale avait publié un communiqué sur les décisions considérées comme urgentes par ce Conseil des Ministres. Quelques medias internationaux et un journal malgache avaient en outre ajouté que le président de la Haute Autorité de la Transition, Andry Rajoelina, avait annoncé l'annulation du contrat Daewoo à la sortie de ce Conseil.

Le Collectif pour la Défense des Terres Malgaches a alors décidé d'adresser un courrier aux nouveaux dirigeants le 21 mars pour demander confirmation et réalisation effective de cette annonce, et pour rappeler de manière officielle les revendications que nous formulons et réitérons tous ensemble auprès des autorités depuis plusieurs mois.

Ce courrier a été diffusé à l'ensemble de la presse malgache le 5 avril et nous vous le transmettons ci-dessous et ci-joint.

Bien cordialement

Paris, le 11 avril 2009

Le Bureau du Collectif pour la Défense des Terres Malgaches
Ralava Beboarimisa, Président
Samuel Jocelyn, Vice-président
Philippe Randrianarimanana, Trésorier
Mamy Rakotondrainibe, Secrétaire générale.


Le Collectif pour la Défense des Terres Malgaches

A l'attention de Monsieur Andry Rajoelina, Président de la Haute Autorité de Transition, Monsieur Monja Roindefo, Premier Ministre et à l'ensemble du Gouvernement de la République de Madagascar

Mesdames et Messieurs,

Nous, membres du Collectif pour la Défense des Terres Malgaches, qui s'est constitué en décembre 2008 suite à la publication par la presse internationale de « l'affaire Daewoo »,
nous félicitons de l'annonce faite le 19 mars par le président de la Haute Autorité de Transition, Monsieur Andry Rajoelina, d'annuler ce projet Daewoo,
et portons à votre connaissance, pour cette occasion, l'ensemble de nos revendications autour de ce sujet, pour que la réalisation de cette annulation recouvre tous les aspects de cette affaire, élimine tout projet de ce type et protège les familles et paysans malgaches de décisions similaires portant atteinte à la souveraineté nationale.
Cette pétition est actuellement signée par près de 4 800 personnes de Madagascar, de France et de nombreux autres pays du monde sur le site http://terresmalgaches.info et avait été envoyée au gouvernement précédent à deux reprises. Le Collectif pour la Défense des Terres Malgaches (réseau citoyen et indépendant de toute appartenance politique) exige que les autorités malgaches
fassent preuve de transparence totale sur l'affaire Daewoo : termes du contrat, état actuel des autorisations d'acquisitions de terrains dans chaque district,

arrêtent toutes les procédures en cours et annulent toutes les autorisations déjà accordées

et informent la population malgache de toutes les « affaires » similaires signées ou en cours avec d'autres sociétés ou pays étrangers.

Pour défendre et sauvegarder les Terres Malgaches et empêcher d'autres octrois ou locations de concessions semblables, le Collectif pour la Défense des Terres Malgaches demande

une révision de la loi 2007-036 du 14 janvier 2008 sur les investissements qui favorise de manière inacceptable l'octroi de terres aux étrangers et riches entrepreneurs, notamment agricoles (pour l'agrobusiness),

l'organisation d'un débat national pour la mise en place de nouvelles lois et mesures concrètes facilitant l'acquisition de terrains pour les familles et paysans malgaches, pour renforcer et accélérer la multiplication effective des structures d'immatriculations foncières dans les collectivités décentralisées,

l'organisation d'un débat national mettant à contribution tous les citoyens – suivi d'un vote si nécessaire – sur les clauses des contrats de location de concessions aux firmes et grosses sociétés agricoles ou minières, terres aux étrangers.

l'intégration de mesures de suivi-évaluation annuel par les agriculteurs, citoyens et experts malgaches et internationaux dans les procédures des baux emphytéotiques pour que tous les citoyens puissent apprécier les bienfaits apportés ou dégâts provoqués sur le plan économique, social, environnemental, pédologique, etc.. et tirer des conclusions pour la continuation ou l'annulation du contrat.

Les terres, les ressources naturelles et la biodiversité constituent les principales richesses des pays pauvres comme Madagascar. Aujourd'hui plus que jamais, les dirigeants de ces pays doivent gérer ces ressources dans le sens de la sauvegarde de ces richesses et de leur meilleure répartition entre toutes les couches de la population. Il est inacceptable de favoriser les spéculateurs, firmes puissantes et autres Etats en bradant les terres aux étrangers.

Fait à Paris le 5 janvier 2009

Prenant acte de cette intention louable d'annuler le projet Daewoo annoncée par le président de la Haute Autorité de la Transition, Monsieur Andry Rajoelina, le Collectif pour la Défense des Terres malgaches encourage le Président, le gouvernement et l'ensemble des autorités publiques concernées, à appliquer de manière concrète dans les meilleurs délais une telle mesure qui correspond aux intérêts des paysans et de la Nation malgaches.

Nous vous prions de bien vouloir agréer, Mesdames et Messieurs, l'expression de notre très haute considération.

Paris le 21 mars 2009





Le Bureau du Collectif pour la Défense des Terres Malgaches
Ralava Beboarimisa, Président
Samuel Jocelyn, Vice-président
Philippe Randrianarimanana, Trésorier
Mamy Rakotondrainibe, Secrétaire générale





Collectif pour la Défense des Terres Malgaches – association loi 1901 – déclarée au J.O. associations le 7 février 2009
21 ter, rue Voltaire - 75011 – Paris
http://terresmalgaches.info patrimoinemalgache@gmail.com



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MessageSujet: Re: La terre à ceux qui la cultivent   Mar 26 Mai - 19:12

un article à lire ce jour


source : http://www.lesechos.fr/info/agro/4867967.htm

Citation :


La ruée sur les terres agricoles, arme à double tranchant

[ 26/05/09 ]

Dans une étude publiée hier, les Nations unies dénoncent les risques que font peser les acquisitions de terres à grande échelle sur les populations pauvres d'Afrique. Sans cependant condamner cette pratique, qui touche particulièrement l'Ethiopie, le Ghana, Madagascar, le Mali et le Soudan.
A Madagascar, la ruée sur les terres agricoles a aidé Andry Rajoelina à accéder au pouvoir. Le vaste contrat concédé au sud-coréen Daewoo Logistics en vue d'exploiter la moitié des terres arables du pays avait attisé les protestations à l'encontre de l'ancien président Marc Ravalomanana.

La ruée des investisseurs étrangers vers les terres arables est une tendance lourde du continent africain, constate une étude publiée hier par l'Institut international pour l'environnement et le développement (IIED) - un « think tank » installé à Londres -, à la demande de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Fonds international pour le développement agricole (Fida). Au premier rang des pays concernés : l'Ethiopie, le Ghana, Madagascar, le Mali et le Soudan. Depuis 2004, 2,49 millions d'hectares y ont fait l'objet de transactions - concessions ou ventes. Des investissements étrangers en majorité, publics - venant de Chine et des Etats du Golfe -mais aussi privés. Et la tendance devrait se confirmer. « Les motivations sont multiples, estime en effet Paul Mathieu, expert à la FAO. L'insécurité alimentaire, les mécanismes financiers destinés à encourager le stockage du carbone, les biocarburants et la recherche d'opportunités de placements plus stables que les marchés financiers alimentent les anticipations d'augmentation de la valeur des terres. » A quoi s'ajoute la spéculation, certains acteurs préférant acheter des terres tant que les prix ne sont pas trop élevés.

Bénéfice incertain
Les conséquences sont souvent rudes pour les populations rurales les plus pauvres. L'étude évoque « le risque qu'[elles] perdent leurs droits sur les terres et autres ressources naturelles » et dénonce « des droits fonciers incertains [et] des procédures d'enregistrement des terres peu accessibles ». Faut-il pour autant condamner ces investissements ? Y voir un « accaparement des terres ou [plutôt une] opportunité de développement ? », comme le suggère le titre du rapport de la FAO ? « Les deux ! », rétorque Paul Mathieu. De même, le Fida refuse de parler de « spoliation des terres ». « Réalisés de la bonne façon, ces accords peuvent apporter des résultats positifs pour toutes les parties et être un outil de développement », considère Rodney Cooke, l'un des directeurs du fonds. En permettant, par exemple, aux petits producteurs de rester propriétaires de leurs terres tout en augmentant leur production avec l'aide d'investisseurs ; en incitant les Etats à négocier des conditions meilleures pour leurs populations ; ou en indemnisant les propriétaires expulsés. Comment, toutefois, convaincre les gouvernements africains de préférer le développement au business ? Dans l'intérêt bien compris des Etats et des investisseurs, conclut Paul Mathieu. « Les uns et les autres n'aiment pas l'instabilité sociale. Or, si les bénéfices ne sont pas suffisants à court terme, les risques de tension sont réels. » Les gouvernements qui ne veulent pas réitérer l'expérience malgache n'ont qu'à bien se tenir...

MARIE-CHRISTINE CORBIER, Les Echos
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MessageSujet: Re: La terre à ceux qui la cultivent   Mar 23 Juin - 19:19

aujourd'hui dans Tribune

source : http://www.madagascar-tribune.com/Daewoo-To-be-or-not-to-be-a,12166.html



Citation :


Daewoo … To be or not to be … a scandal …


mardi 23 juin 2009, par lalatiana


L’affaire Daewoo et de ses 1.3 millions d’ha de terres arables accordées à la Corée du Sud en bail emphytéotique par le gouvernement de Ravalomanana, argument de sa déstabilisation, valait elle le scandale qui en a été fait ?

A l’époque les surfaces envisagées ont été vues comme effarantes… 1,3 millions d’ha le chiffre paraissait monstrueux : la moitié de la Belgique … !!!!

Aujourd’hui, les projets chinois au Congo, en Zambie, au Soudan ou en Tanzanie ont largement dépassé le cap du million d’ha et pour autant n’émeuvent plus que les organisations écologiques et alter-mondialistes. On a de la même manière oublié qu’au Brésil c’est de 6 millions d’ha qu’il s’agit depuis le début des années 2000.

Quant à Madagascar, selon l’opinion largement installée par les médias, l’opération ne servait que les seuls intérêts du géant Coréen qui « lésait » largement notre pays et nos paysans.

Mais a-t-on jamais évalué réellement quels étaient les enjeux réels du dossier pour les DEUX parties ? La réponse à cette question a souvent été traitée de manière univoque, en écho à une inquiétude somme toute légitime parce que :

Le peu de transparence des modalités et des circuits d’investissement laissaient craindre une aggravation de la corruption.
La consultation des populations locales sur le projet n’a pas été lisible, laissant envisager qu’elles avaient été tenues à l’écart ou même pire qu’elles avaient carrément été spoliées,
La société civile a été tenue à l’écart du dossier,
Enfin, sur la colère d’avoir vu brader le caractère sacré de la terre, s’est en plus greffé un argument écologique : l’exploitation agricole massive et intensive de ces terres représente un risque en termes de préservation de la diversité biologique mais aussi un risque en termes de sécurité de la production alimentaire détournée vers des cultures intensives d’exportation.

Quels étaient les enjeux pour la Corée ?
Il faut bien voir que la Corée, pour sa survie et son indépendance alimentaire (la Corée du Sud est parmi les 5 premiers importateurs mondiaux de céréales) tenait à s’assurer à long terme et à moindre coût d’un espace agricole avant que la ruée des investisseurs Saoudiens, Koweitis, et autres Qataris, Libyens, Djiboutiens, Bahreinis, sur ce nouvel or vert ne fasse augmenter son prix. La chute des revenus du pétrole et sa disparition annoncée engagent des enjeux de survie essentiels pour ces pays riches en pétrole, mais pauvres en ressources agricoles et en eau et, de fait, en état de dépendance alimentaire critique à moyen terme. La Chine et l’Inde qui ont de la même manière lancé des opérations tout aussi gigantesques, voient aussi dans ces opérations des enjeux vitaux pour la sécurité alimentaire future de leurs populations.

Les enjeux sont forts … Suffisamment pour que le « gel » de l’opération sur Madagascar ait été immédiatement suivi de l’annonce d’un contrat (Avril 2009) de 690 000 hectares au Soudan.

Mais on ne doit pas perdre de vue qu’à la base dans ce genre de deal, tout comme les deals pétroliers, les durées et les volumes envisagés sont tels que raisonner et évaluer sur du court terme est une erreur primaire. Qui plus est, aujourd’hui, dans ce genre de projet pharaonique avec les moyens d’information (et de désinformation) actuels, avec l’audience et la vigilance des alter-mondialistes, il est peu probable qu’une relation qui ne soit pas établie sur un mode gagnant – gagnant à court, moyen et long terme puisse politiquement perdurer.

La haine que certains éprouvaient envers Ravalomanana les a poussés à voir dans ce dossier au pire un crime de haute trahison, au mieux de l’incurie de sa part. Mais doit on, à l’identique, imaginer qu’un gouvernement et un géant coréens qui investissent massivement dans plusieurs projets (Russie, Soudan …) pour répondre à des enjeux vitaux d’approvisionnement agricole, soient d’une incompétence telle qu’ils ne se seraient pas préoccupés de la pérennité de leur investissement…

La question de la terre est une bombe politique. Les Coréens comme les indiens, comme les saoudiens de demain avaient tout intérêt à négocier un accord équilibré sur le long terme.

Le phantasme du colonialisme associé à l’image des indiens chassés de leurs terres pour être parqués dans leurs réserves nous ont profondément marqués en termes d’inconscient collectif … Ils nous ont tellement marqués que personne ne s’est levé pour envisager le moindre intérêt et bénéfice pour M/car.

Quels étaient les enjeux pour Madagascar ?
Les bénéfices directement induits par l’opération n’étaient pourtant pas négligeables … à titre d’ordre d’idées, à raison de 20 000$ du km de route réhabilitée et 12 000 $ salle de classe on aurait en théorie, si on devait répartir par moitié le budget d’investissement initialement prévu de 7 000 000 000 de $ : 175 000 kms de routes !!!! et 300 000 salles de classes … !!!

Dans l’émotion, dans la manipulation, dans l’excès d’idéologie, on en a oublié les fondamentaux : en termes de théorie du développement, les enjeux de l’agriculture sont d’abord la satisfaction des besoins alimentaires essentiels, puis la production d’excédents … On a tiré très tôt sur le pianiste, par manque de transparence et de communication à l’origine de son projet, il est vrai. Mais s’est on posé les bonnes questions ?

À moins de 7,5% de croissance annuelle de la production agricole dans les pays de l’Afrique sub-saharienne, et ce quel que soit le mode de production agricole choisi, en biologique, en expérimental ou en extensif, en durable ou en agro-industriel, il reste que faute d’investissement massif dans l’agriculture, les objectifs 2015 du Millénaire de réduction de la famine et de la pauvreté ne seront pas atteints. Ce qui veut dire que à moins d’investissements massifs dans le domaine, la condition de nos populations paysannes ne peut évoluer durablement.

Les besoins d’investissement publics sont dans cette région de l’ordre de 14 milliards $ annuels, investissements indispensables en termes d’irrigation, d’infrastructures, de recherche, valorisation des sols, de mise en place de politiques foncières(1) … Pourquoi se priver d’un projet qui se négociait en termes d’investissements en irrigation, infrastructures, recherche, valorisation des sols ?

Par ailleurs, on peut bien évidemment remettre en cause le système capitaliste actuel, la finance devenue folle, la mondialisation outrancière… Mais le phénomène « d’accaparement des terres agricoles » auquel on assiste aujourd’hui n’est-il pas aussi une des facettes de la délocalisation … Après avoir délocalisé l’industrie, après avoir délocalisé les services, on délocalise désormais l’agriculture…

Et qui donc pourra dire que les délocalisations des industries et des services n’ont pas apporté de richesse aux pays d’accueil ?

Les irresponsables capables d’asséner « les routes ne donnent pas à manger » ont-ils pris en compte que les enjeux de ces infrastructures sont vitaux pour le désenclavement des zones rurales, pour la circulation des marchandises, pour la distribution des récoltes sur les marchés et donc pour les revenus paysans.

Il faut aussi prendre en compte une réalité : la mise en valeur des surfaces en question pouvait elle se résoudre sur la ressource des seuls paysans locaux, avec la faiblesse endémique de moyens qui caractérise le monde paysan malgache, en attendant que l’Etat dégage suffisamment de moyens pour réinvestir massivement dans la résolution de ce problème agricole ?

En dernier ressort, il ne faut pas non plus oublier que la valorisation des terres répond aussi à une urgence de lutte contre l’érosion de nos sols.

En conclusion
Les directives et actions du MAP, qui visaient en particulier la sécurisation du foncier, contredisent l’idée que le projet Daewoo n’était que spoliation des paysans malgaches. Le plan de normalisation du foncier voulait enregistrer et formaliser les titres des petits propriétaires (75% d’enregistrement envisage à l’horizon 2015), et devait sécuriser ces dits petits propriétaires paysans face aux grand projets agricoles.

Par ailleurs, face aux enjeux mondiaux en termes de sécurité alimentaire et d’eau, ces grands projets agricoles ne sont ils pas une voie immédiate pour que le pays reprenne la place à laquelle il a droit dans le grand concert des nations du XXIème siècle.

On décidera ainsi que l’affaire Daewoo était un scandale quand on nous aura prouvé que les intérêts long terme du pays ont été sacrifiés aux bénéfices sordides à court terme de Ra8.

Daewoo pouvait être une formidable opportunité, à condition de veiller à l’équilibre de la transaction tout en préservant l’environnement, les traditions, en bref en veillant à l’avenir de nos enfants. Le scandale aura été l’utilisation sordide, politicienne et populiste de ce dossier sans avoir aucunement pris en compte l’intérêt REEL des population et du pays … Des opposants un tant soit peu responsables et attachés à l’intérêt de leur pays, auraient dû se battre pour :
Exiger plus de transparence
Défendre les intérêts éventuellement lésés des masses paysannes,
Veiller au respect de l’environnement,
Veiller à une répartition juste des résultats à moyen et long terme

Au lieu de hurler « au RavalLoouuuuuuup !!!!! » sans plus de réflexion.

L’autre scandale sera bien évidemment qu’après tout ce battage, le dossier Daewoo n’ait au bout du compte même pas été enterré(2). Ou qu’il soit remplacé par un dossier Saoudien ou Qatari ou Koweiti … Si c’est pour le bénéfice du pays et de nos paysans je n’irai pas m’en plaindre … Mais le cynisme et l’hypocrisie derrière tout ça sont insupportables.



--------------------------------------------------------------------------------

Notes : (1) Braun, Joachim. 2008. Agriculture, food security, and the MDGs. MDG -Review (October)
(2) « After months of sometimes violent protests in which dozens of people died, earlier this year the President of the Republic of Madagascar was removed from office. However defying all pronouncements of his successor, Daewoo continues to surreptitiously hold some 218,000 hectares of appropriated land » (http://www.regenwald.org/international
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MessageSujet: Re: La terre à ceux qui la cultivent   Ven 3 Juil - 19:27

l'info du jour dans l'Express


source : http://www.lexpressmada.com/index.php?p=display&id=27658

Citation :


Loi foncière

La terre accessible aux étrangers
Les surfaces accessibles aux investisseurs étrangers ne sont plus limitées. Ainsi stipule la nouvelle loi foncière applicable depuis décembre 2008.

Coup de théâtre, hier, au Damier à Androndra où la nouvelle loi foncière a été révélée à la presse. « Un événement préparé de longue date qui n'a rien à voir avec la conjoncture actuelle », a tenu à préciser un conférencier. Les dispositions de la nouvelle loi ne sont pas sans rappeler des souvenirs récents qui avaient défrayé la chronique.
Des centaines ou des milliers d'hectares. La nouvelle loi sur la propriété foncière, dont l'entrée en vigueur date de décembre 2008, ne mentionne aucune disposition qui limite la superficie, dont ils pourront bénéficier. Les impacts de leur projet sur la nation constitue une des principales référence en vue d'une attribution. La loi de 2003 permettant à un opérateur, qui investit au mimimun 500 000 dollars dans certains domaines comme le tourisme, d'acheter une terre de 25 000 m2 au maximum a été abrogée. Les investisseurs doivent déposer une demande d'autorisation d'acquisition auprès de l'Economic development board of Madagascar. Cette pièce leur est indispensable pour s'implanter sur la propriété. « Il revient au gouvernement et à l'EDBM de déterminer les retombées du projet et de voir si l'octroi des terres en vaut la peine. Mais le nombre de surface à accorder n'est pas limité dans cette législation, aussi bien dans le cadre de baux emphythéotiques ou d'achat », explique un membre du comité de révision de législation foncière et domaniale dans le cadre du Programme national foncier. C'était, hier, lors d'une conférence de presse programmée depuis un certain temps pour les informer de l'entrée en vigueur de la loi.
Pour les superficies de plus de 10 hectares, si le terrain est titré au nom de l'État, les acquéreurs doivent respecter un cahier de charge.
Réaction différente
Une mesure qui trébuche sur la divergence de la population. « L'octroi d'une superficie importante aux investisseurs ne devait pas être un problème, puisque très peu de Malgaches possèdent les moyens pour se lancer dans l'agriculture industrielle qui s'étend sur une grande surface », affirme Jeremy Hasindrazana, un opérateur économique qui intervient dans l'agro-alimentaire. « Il faut seulement que le projet bénéficie au pays et à la population », poursuit-il. Henriette Rafanomadio, une paysanne vivant à Ilempona Antsirabe, a pour sa part, souligné qu'il est nécessaire de limiter la surface à laquelle un étranger peut accéder pour que les Malgaches ne se sentent pas lésés, et que seules les terres qui ne sont pas occupées doivent leur être attribuées.

Encadré
Daewoo et Varun sur la touche
Des gros investisseurs se sont intéressés à louer des terres malgaches pour des périodes allant de 50 à 90 ans. La société sud-coréenne Daewoo logistics avait envisagé de louer 1300 000 hectares de terres, soit près de la moitié des surfaces cultivables pour cultiver du maïs. L'affaire avait fait l'objet d'une grosse polémique en 2008, étant donné que les contrats étaient opaques. Daewoo logistics avait abandonné le projet, au début de cette année.
Par ailleurs, la société indienne Varun international a aussi projeté de cultiver du maïs, du riz et des lentilles sur une surface de 500 000 hectares. Les terres sont réparties dans les régions du Menabe, Atsinanana et Sofia.

Lantoniaina Razafindramiadana
Date : 03-07-2009
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MessageSujet: Re: La terre à ceux qui la cultivent   Jeu 20 Aoû - 21:09

dans l'Express du 19 août 2009

source : http://www.lexpressmada.com/index.php?p=display&id=28828

Citation :


Foncier


Les terres inaccessibles aux étrangers


Les nouveaux investisseurs à Madagascar devront encore patienter . Selon une mesure infirmant la nouvelle loi, ils ne peuvent accéder aux terres malgaches.

Nouvelle mesure dans le foncier. La loi foncière mise en application en décembre 2008 ne prévoit aucune interdiction quant à l'acquisition de terrains par les étrangers. Cependant lors de sa récente descente dans la région d'Itasy, Hajo Andrianainarivelo, ministre de l'Aménagement du territoire, a annoncé la suspension de la cession de terres aux étrangers. L’ordonnance relative à cette disposition est attendue incessamment.
Néanmoins, la loi en vigueur à Madagascar n'autorise pas les services fonciers à réfuter les demandes d'acquisition de propriété foncière. Ces dernières seront donc classées jusqu'à nouvel ordre. « Les services fonciers ne peuvent pas repousser les demandes, donc nous allons recevoir les nouvelles et les classer jusqu'à ce que la suspension soit levée », explique Rija Ranaivoarison, coordonateur du Programme national foncier (PNF).
Pour ce qui est des octrois en cours, les procédures seront suspendues. « Au cas où des investisseurs étrangers ont déposé leurs demandes et que les procédures ont débuté, elles seront suspendues mais pas annulées », affirme encore le coordonateur du PNF.
Pas de demande
En effet, l'acquisition suit plusieurs étapes. Une autorisation foncière est délivrée par l’Economic development board of Madagascar (EDBM). Cependant, elle ne constitue pas un titre de propriété sur le terrain.
L'acquisition de la propriété foncière n’est possible que si les demandeurs ont réellement l’intention d’investir. La mise en œuvre du programme d’investissement doit débuter dans un délai maximum de six mois à compter de la date de l’émission du titre de propriété immobilière au nom de l’investisseur. La loi prévoit des cas de déchéance du droit foncier pour les demandeurs veulant devenir propriétaires sans investir.
Par ailleurs, des projets ont été totalement annulés. C'est le cas de celui de la société coréenne Daewoo qui a projeté d'acquérir une surface de 1 600 000 hectares, et celui d'une société indienne dénommée Varun international.
Au niveau de l'EDBM, aucune demande officielle relative à l'acquisition foncière n'est enregistrée. Par contre, des intentions ont été émises selon une source.

Lantoniaina Razafindramiadana
Date : 19-08-2009
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MessageSujet: Re: La terre à ceux qui la cultivent   Jeu 12 Nov - 20:14

dans Tribune du jour ce 12 nov 09

source : http://www.madagascar-tribune.com/Oui-mais-pas-n-importe-comment,13043.html

[quoteVendre ou donner des terres en location
Oui, mais pas n’importe comment
jeudi 12 novembre 2009
(MFI) C’est l’ONG internationale Grain qui a lancé l’alerte sur les contrats de vente ou de location de terres, dans un rapport intitulé Main basse sur les terres agricoles en pleine crise alimentaire et financière [1]. Ce phénomène a ému, choqué et révolté les opinions publiques. Qu’en est-il ?

« Achetez de la terre, on n’en fabrique plus », lançait Mark Twain. L’appropriation de la terre reste un enjeu de pouvoir et de domination. Sa marchandisation s’accélère. Depuis 2006, selon l’International Food Policy Research Institute (IFPRI), entre 15 et 20 millions d’hectares ont été achetés ou sont en passe de l’être dans des pays pauvres (équivalent des deux tiers du domaine agricole français). Recherche de l’autosuffisance, moyen de lutter contre les fluctuations des marchés internationaux, motifs purement spéculatifs poussent les Etats et les investisseurs privés à louer ou acquérir des terres à grande échelle. Les contrats de location ou d’acquisition se développent aussi du fait de « la ruée vers la production d’agro carburants, encouragée par des mesures fiscales dans les pays développés ; de la croissance démographique et de l’urbanisation, conjuguées à l’épuisement des ressources naturelles dans certains pays ; d’une demande accrue de certains produits bruts en provenance de pays tropicaux, en particulier des fibres et autres produits du bois ; des subventions prévues pour le stockage du carbone par la plantation et pour éviter la déforestation », explique Olivier de Schutter, le Rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation.

Bien rédiger les contrats : onze principes à respecter

Cependant, location ou vente de terres arables ne sont pas irrémédiablement synonymes de pillage ou d’accaparement. Bien stipulés, bien respectés, de tels contrats pourraient contribuer à la sécurité alimentaire. En juin 2009, M. de Schutter a ainsi publié un appel à l’observance de onze principes axés sur les droits de l’homme afin que les investissements dans les terres agricoles deviennent des opportunités de développement pour les populations des pays hôtes. Ils défendent le droit à la nourriture, les droits des travailleurs agricoles, la protection des utilisateurs contre les expulsions arbitraires et plaident en faveur du droit à l’auto-détermination et au développement. Le respect de ces principes offrirait, en outre, une meilleure sécurité juridique aux investisseurs tout en les préservant d’une perte de réputation.

Dans ces contrats, il peut par exemple être garanti qu’une partie de la production alimente le marché local ; que des investissements d’infrastructures et des transferts de technologie accompagnent la location de terres ; que soit employée et formée une main d’œuvre locale ; que les pratiques agricoles soit respectueuses de l’environnement. De plus, ce type de contrat pourrait augmenter le revenu public, par la fiscalité et les droits à l’exportation. Ces accords peuvent affranchir les populations locales dépendantes des marchés internationaux pour acquérir les aliments qui leur font défaut – même si les risques de baisse de la productivité en l’agriculture dans les régions subtropicales du fait de changements climatiques et, à l’avenir, la hausse des coûts de fret, pourrait compenser en partie cet avantage, tempère M. de Schutter. Il plaide pour une approche multilatérale permettant d’éviter la mise en compétition des pays plutôt qu’une action unilatérale des États réduisant les obligations des investisseurs étrangers.

La nécessité de négociations transparentes et démocratiques

Il reste que les Etats les plus démunis ne disposent pas de ressources humaines et financières suffisantes pour mener des études d’impact et négocier au mieux de leurs intérêts face à des multinationales soutenues par des pays riches. De même, la conclusion de tels contrats nécessite la mise en place de processus de concertation et de consultation des populations locales et une réelle prise en compte de leurs intérêts et volonté. « Dans ce domaine, même dans le cas où une mesure pourrait être économiquement favorable, lorsque la voix des populations n’est pas pris en compte, cela suscite à tort ou à raison doutes et hostilité » a averti le Professeur R. Ratiaray de l’Université d’Antananarivo, lors du colloque sur l’accès à la terre et ses usages à Nantes en juin 2009. L’affaire « Daewoo » à Madagascar en est une bonne illustration, ayant contribué à précipiter le départ du pouvoir du président Ravalomanana et engendrant une crise de la démocratie qui paralyse l’indispensable réforme foncière. La conclusion de tels accords nécessite une approche démocratique et surtout transparente, exercice auquel les exécutifs concernés sont peu enclins à se plier.

Olivier Rabaey

Notes
[1] Main basse sur les terres agricoles en pleine crise alimentaire et financière, octobre 2008, www.grain.org/briefings/ ?id=213[/quote]
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MessageSujet: Re: La terre à ceux qui la cultivent   Jeu 22 Avr - 22:43

un article du Monde


source : http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/04/22/la-course-aux-terres-arables-devient-preoccupante_1341086_3244.html#xtor=AL-32280184


Citation :
La course aux terres arables devient préoccupante
| 22.04.10 | 15h24 • Mis à jour le 22.04.10 | 19h45

Depuis 2006, près de 20 millions d'hectares de terres arables auraient fait l'objet de négociations dans le monde, selon Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation. Des transactions correspondant presque à la surface arable française.

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Sur le même sujet
Entretien
"Il faut garantir une stabilité de revenu pour les agriculteurs" L'hectare devient un actif à la mode pour des investisseurs comme le financier George Soros ou le fonds Altima, à l'affût d'une hausse durable des prix des denrées ou d'une volatilité accrue des marchés. Tout comme il est devenu un élément stratégique pour les pays soucieux s'assurer leur sécurité alimentaire.

Car d'ici à 2050, la production agricole doit croître de 70 % pour répondre à l'augmentation de la population, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Mais cette offensive sur les terres ne se fait pas sans dérapages. Il devient nécessaire de cadrer ces investissements, dont certains peuvent déséquilibrer un pays, à l'image des visées du coréen Daewoo à Madagascar. C'est pourquoi, parallèlement aux travaux menés au sein des Nations unies, les Etats-Unis et le Japon organisent, dimanche 25 avril à Washington, une table ronde sur les "principes d'un investissement responsable dans l'agriculture".

"Il est nécessaire d'investir dans l'agriculture, mais attention, il faut un code de conduite pour les acquisitions, notamment dans les pays pauvres, qui n'ont pas les moyens politiques et économiques de défendre leurs intérêts", lance Jacques Diouf, le directeur général de la FAO, deux ans après avoir pointé les risques d'émergence d'un "néocolonialisme". La crise des prix des denrées alimentaires en 2008 a précipité vers les terres des investisseurs aux profils différents.

Aux fonds souverains d'Etats soucieux d'assurer leur stratégie d'approvisionnement, parmi lesquels les pays du Golfe ou la Chine, se sont ajoutés des investisseurs privés, locaux ou étrangers. "Les fonds et les investisseurs privés s'intéressent à la terre, car malgré la crise, ils disposent encore de réserves", explique ainsi Carl Atkin, de Bidwells Property, une société britannique de conseil dans le domaine foncier.

Ces acteurs n'en sont souvent qu'à leurs premiers pas, car "il y a un décalage entre les effets d'annonce et les investissements effectivement réalisés", souligne Patrick Caron, directeur scientifique au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad).

Les acquisitions de terres n'ont pas commencé avec la crise alimentaire de 2008. Mais leur rythme s'accélère, pointe M. de Schutter. L'Arabie saoudite a mis sur pied une société publique pour financer les entreprises privées du royaume qui achètent des terres à l'étranger. Les créations de fonds d'investissement spécialisés se multiplient. Et les élites locales, proches des gouvernements, entendent aussi profiter de l'attrait financier des terres. "En Ukraine, il y a peu d'étrangers sur ce secteur, mais plutôt des Ukrainiens et des Russes", souligne Charles Vilgrain, qui dirige AgroGeneration, une entreprise fondée par Charles Beigbeder pour investir dans la production de céréales et d'oléagineux en Ukraine.

DÉRAPAGES

L'investissement dans les terres arables n'est pas une chose simple et transparente. En Ukraine, les investisseurs étrangers peuvent louer les riches terres céréalières et non les acheter. En Afrique, sur une même terre peuvent se juxtaposer des titres de propriété formels et des droits coutumiers d'usage. "Les accords entre groupes sociaux ne sont pas toujours reconnus par le droit international ou par les acteurs politiques institutionnels", note M. Caron.

Pour éviter les dérapages au cours de ces investissements, l'ONU, la FAO et certains gouvernements essaient de trouver des principes d'encadrement de ces investissements qui protègent les petits producteurs.

"Souvent, tout se passe entre le gouvernement et une grande entreprise, regrette Ajay Vashee, président de la Fédération internationale des producteurs agricoles (IFAP). Il faut un dialogue avec les gens sur le terrain. Par ailleurs, des investissements bien encadrés peuvent apporter des bénéfices aux producteurs, avec des économies d'échelle dues à l'arrivée de sous-traitants des investisseurs, des retombées sociales avec la construction d'écoles ou de centres de santé et la création de contrats qui font travailler les petits fermiers."

Outre l'encadrement des acquisitions, une autre voie explorée est en effet celle du "contract farming", qui établit un contrat de longue durée et évite l'achat de la terre et la disparition des droits d'usage. "Le rôle des organisations paysannes est important pour l'expression des intérêts et des droits des producteurs auprès des Etats et des investisseurs", note Paul Mathieu, expert des questions foncières au sein de la FAO.

Reste à savoir comment et par qui le respect de ces principes sera assuré. L'implication des pays de l'OCDE, des nations en développement et des bailleurs de fonds, comme la Banque mondiale, paraît indispensable, mais difficile à obtenir.

Bertrand d'Armagnac
Article paru dans l'édition du 23.04.10
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MessageSujet: Re: La terre à ceux qui la cultivent   Dim 29 Aoû - 13:10

encore un article à étudier

source : http://www.bienpublic.com/fr/france-monde/article/3686135/Terres-arables-en-location.html


Citation :
Agriculture. La mainmise des investisseurs sur les terres s’accentue en Afrique.

Terres arables en location







Un fermier et quelques racines de manioc à Oshogbo, au Nigéria. Photo AFP



Face à la déferlante des baux emphytéotiques, les communautés paysannes locales risquent d’être fragilisées encore un peu plus.


Un hectare de terre fertile en Afrique, un bail de 99 ans, le tout pour 1 dollar par an. Réfléchissez-y : les prix des produits agricoles flambent, le foncier s’apprécie et les pays riches tributaires des importations garantissent pratiquement des débouchés éternels. Cela commence à sentir la bonne affaire nigériane, vous direz-vous. Mais ce n’est pas une arnaque. Pour le malheur des personnes qui y vivent, les exemples abondent d’Etats qui cèdent pour une bouchée de pain des terres agricoles à des investisseurs étrangers, qu’il s’agisse de fonds spéculatifs ou de producteurs de biocarburants.

Le phénomène des achats ou des locations à long terme de terrains a pris son essor durant la crise alimentaire mondiale de 2008. Les investisseurs convoitent particulièrement le Soudan, la Tanzanie, l’Ethiopie (un pays souvent touché par la famine) et Madagascar. Tout porte à croire que cette ruée vers la terre s’accélère. De nouveaux investisseurs prennent en effet le train en marche. Les fonds de pension sont les derniers acteurs à entrer en scène, après l’effondrement du rendement de leurs actifs traditionnels du fait de la crise financière.

Cet intérêt grandissant a poussé la Banque mondiale à se pencher sur les avantages de l’afflux des capitaux étrangers pour les pays en développement. La publication de son étude est imminente, malgré plusieurs reports. Mais des informations circulent déjà : le rapport indiquerait que de riches investisseurs ont d’ores et déjà mis gravement en péril les ressources locales et largement profité des pays à bas coûts et à faible fiscalité.

Les ONG divisées

Ce n’est pas une surprise pour les organisations non gouvernementales (ONG). Parmi elles, les opinions diffèrent quant au caractère bénéfique ou non de ces investissements, dans la mesure où ils sont réalisés de manière responsable. Oxfam, par exemple, en est convaincue. Pour d’autres, la souveraineté est primordiale. Selon elles, les terres africaines devraient rester entre les mains des Africains. Mais la plupart des ONG déplorent le fait que les accords soient souvent conclus dans le plus grand secret, sans consultation des populations locales.

Des rapports concordants émanent d’autres ONG, provenant d’autres endroits où des consultations ont effectivement eu lieu, mais sans les populations locales car celles-ci n’avaient pas reçu les lettres d’invitation à temps.

Ce problème ne concerne pas seulement les tribus isolées. En Afrique de l’Ouest et de l’Est, l’agriculture contribue au PIB à hauteur d’un tiers environ entre 2003 et 2007, contre 1,6 % seulement dans les pays développés, selon la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Ce secteur a représenté plus de la moitié des emplois totaux entre 2002 et 2006. Le nombre d’Africains dépendant de l’agriculture est tel qu’il faudra tirer la sonnette d’alarme si les accords secrets et opaques bradant leurs terres se poursuivent.

De la sécurité alimentaire

D’aucuns avancent le contre-argument selon lequel, alors qu’un milliard de personnes ont faim (d’après la FAO), les pays industrialisés ne peuvent pas rester les bras croisés et laisser en friche des terres fertiles en Afrique. Mais les militants anti-pauvreté contestent l’existence d’une pénurie alimentaire. Selon eux, les populations des pays pauvres ont faim non pas parce que la nourriture fait défaut, mais parce qu’elles n’ont pas les moyens d’en acheter.

Il n’empêche. Les gouvernements africains doivent consulter leurs peuples, s’efforcer d’assurer la sécurité alimentaire dans leurs pays et connaître la valeur de ce qu’ils vendent.

Le prochain sommet des Nations unies, prévu en septembre, sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), en particulier sur l’éradication de la faim, risque de se tenir dans un contexte de nouvelle crise des prix alimentaires mondiaux. Du Pakistan à la Russie, un peu partout, les récoltes ont pâti de conditions climatiques extrêmes. Les dirigeants du monde pourraient en conclure que la réponse se trouve dans les terres cultivables d’Afrique. Mais ils doivent s’assurer que la sécurité alimentaire des riches n’aggrave pas la faim des pauvres.

Katie Allen The Guardian, Londres
Publié le 29/08/2010
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MessageSujet: Re: La terre à ceux qui la cultivent   Mer 19 Jan - 10:54

19/01/2011

un dossier à lire : http://www.voltairenet.org/IMG/pdf/HD_02_2011.pdf
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MessageSujet: Re: La terre à ceux qui la cultivent   Aujourd'hui à 2:10

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