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 La ruée vers l'or

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R@koto
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Masculin Nombre de messages : 5875
Localisation : dans la brousse
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MessageSujet: La ruée vers l'or    Sam 31 Juil - 11:22

dans Clicanoo


source : http://www.clicanoo.re/11-actualites/15-societe/253063-madagascar-la-ruee-vers-l-or.html





Selon certaines sources, ils seraient entre 10 000 et 40 000 à s’affairer actuellement aux abords de cette nouvelle mine d’or.


Citation :
FacebookGoogleLiveMySpaceTwitterWikioC’est une montagne isolée du monde à plus de six heures de piste de la route goudronnée la plus proche. Depuis la découverte de pépites d’or, Mangatany attire de nombreux Malgaches. Mais cette ruée a un prix : en fin de semaine dernière, deux chercheurs sont morts pris dans l’éboulement de la galerie où ils travaillaient. Et ce n’est qu’un début si les infrastructures restent aussi limitées.





Pas la peine de chercher Mangatany sur une carte. Ce nom n’y figure pas. Encore moins la peine de chercher une route pour y aller. C’est une piste de terre et de pierre difficilement praticable avec une voiture classique. Si à Antananarivo le nom de Mangatany ne dit rien, ou vaguement quelque chose, à Mahitsy, petite bourgade sur la route de Mahajunga à une vingtaine de kilomètres de la capitale, on en parle avec des pépites dans les yeux. Un boucher de cette commune, caché derrière ses saucisses, lève le pouce comme pour montrer que Mangatany, c’est top. C’est top, mais ça fait aussi frémir. Mangatany on en parle aussi avec la peur au ventre. Ce territoire déjà surnommé Ilakaka 2 en référence aux mines de saphir du sud, est désormais, dit-on, peuplé de bandits de grands chemins prêts à bondir sur les chercheurs d’or pour les dépouiller de leur recette. Ces bandits qu’on appelait jadis “voleurs de zébus”, armés de kalachnikovs, sont souvent d’anciens militaires et gendarmes dont les activités criminelles redoublent depuis la crise de janvier 2009.

Tamis dans la rivière

L’imposant campement de chercheurs d’or s’est installé dans cette brousse en mai dernier. On y vient désormais de toute la Grande Île dans le but de faire fortune… Prenons donc nous aussi la route de ce nouvel El Dorado. Rivo et Rado sont deux jeunes de Mahitsy. Rivo, vêtu d’un tee-shirt sans manche, dit connaître la route. C’est vrai, la dernière – et seule fois— qu’il est allé sur le site, il a voyagé sous une bâche à l’arrière d’un camion qui livrait de la bière THB aux mineurs. Mais il connaît assure-t-il. Il embarque un compagnon, sorte de copilote, pour le voyage à bord d’une Peugeot 305. Le prix convenu est de 250 000 Ariary (92 euros environ). Le plein d’essence de la peugeot 305 fait, les pneus gonflés, deux roues de secours chargées, direction Mangatany. La piste s’emprunte à 4 km de Mahitsy. D’emblée, les roues s’enfoncent dans les nids de poule, les pierres raclent le plancher, la tête heurte le plafond. La piste est longue de 90 km jusqu’à Mangatany. “Dans 3 h 30 maximum, vous y êtes” assure Rivo. Sur la piste de terre rouge, la voiture file bon train quand soudain premier bruit “de truc qui cloche”… Arrêt technique. Rivo et Rado démontent la roue, jouent avec les plaquettes, mettent des bouts de fil de fer, les enlèvent, déplacent les plaquettes. On redémarre. C’est à Maintso que le pilote et son copilote mécanicien s’arrêtent à nouveau en quête de sangles. Un tour de marché, puis ils s’allongent sous la voiture garée en pleine rue de ce village aux allures de décor à la Sergio Léone. Une rue principale de laquelle s’élèvent des nuages de poussière quand un engin motorisé vient à passer par-là. Des boutiques et un monde fou qui regarde les deux jeunes s’affairer, réparer, sangler. La route est encore longue, il faut repartir. La voiture fait de nouveaux bonds. Du goudron vient un peu soulager la 305 dont on se demande bien si elle va pouvoir aller jusqu’au bout. Une descente, un pont de fer, une rivière. Nouvel arrêt. Des silhouettes au loin s’agitent sur une colline, près d’une rivière. Ils sont une cinquantaine. Rivo décrit : “Ce sont des chercheurs d’or.” Mais nous ne sommes pas encore à Mangatany. Il faut continuer sur cette piste de terre rouge. Dans un nuage de poussière qui envahit aussi l’habitâcle, la voiture poursuit même si maintenant, le moteur fuit. Arrêts réguliers au niveau des rivières pour arroser sous le capot, refroidir.

“J’y vais pour vivre mieux”

Elle double tout de même des taxis-brousses bondés qui eux aussi vont vers Mangatany. Les affaires posées en équilibre sur les galeries de ces camions montrent que le séjour pour certains risque d’être long. Très long. D’autres marchent tamis tressé sur l’épaule et seau sur la tête. La ruée vers l’or, c’est bel et bien ici que ça se joue et maintenant ! Les heures défilent dans l’auto et le jour décline. “Mangatany est derrière cette colline” explique un villageois une heure après avoir dépassé Firavahana dans le district de Fenoarivobe. Les villages alentours sont comme fantômes. Les cases aux toits de chaume apparaissent inhabitées. Les habitants ont délaissé l’agriculture et ont pris la direction de cette colline bénie d’Ankaraoka où trône désormais le campement de Mangatany. Ils sont ainsi des dizaines de milliers. Selon différentes sources les chiffres varient de 12000 à 40000 chercheurs d’or. La carrière s’étend là. “J’y vais pour vivre mieux” annonce cet homme en route pour son El Dorado. Sur le site, il y a de nombreuses tentes de fortune. Et pour se distraire, on a fait amener un babyfoot fabriqué dans la région d’Ambatolampy, au sud d’Antananarivo. Il n’y a pas encore de boutique sur le site, comme à Ilakaka. Dans une rivière à 600 mètres de la carrière, les femmes et les enfants s’affairent tamis en main. Ils travaillent même la nuit venue et quand ils dorment, c’est dans ces huttes de fortune sans eau potable à proximité.

“Les secours mettraient des heures à arriver”

Les hommes œuvrent dans des tunnels creusés à la main et dont la sécurité est limitée. D’ailleurs en fin de semaine, Mangatany a fait ses premiers morts. Deux hommes pris dans l’éboulement d’une galerie. Ensevelis vivants. Sous terre, l’oxygène est rare. Et il y a fort à parier qu’en raison du manque d’infrastructures il y aura d’autres victimes. En cas de blessé grave ? “Les secours mettraient des heures à arriver” décrit un observateur. Les chercheurs négocient leur or 50 000 AR le gramme (environ 18 euros). Une fortune dans un pays où le salaire moyen est de 135 000 AR (50 euros par mois). Les chercheurs sont pour la plupart employés par des patrons qui, eux, vivent dans des cabanes en dur. Des petites sociétés se sont ainsi créées et organisées dans des conditions précaires et bien plus dures que dans les autres mines du pays. L’aspect naissant de ces carrières y est pour beaucoup. Comme s’il n’y avait pas de temps à perdre, on s’y presse. 50000 AR, de la sueur, du sang et des larmes. Sans compter le froid glacial des nuits en plein hiver austral. C’est cela le véritable prix du métal précieux extrait des mines de Mangatany

Nicolas Goinard à Madagascar


Du rubis, du saphir, et de l’or...

Le sous-sol de la Grande Île est riche. Avant l’or, d’autres richesses ont été découvertes sous la terre rouge malgache. Ilakaka, à 735 km au sud d’Antananarivo est une commune qui s’est développée autour des mines de saphir à ciel ouvert. La nuit venue, on y craint aussi les bandits qui infestent la région. Dafy, Malgache qui s’est déjà rendue dans cette région, se souvient : “Une fois, en revenant d’Ilakaka, notre taxi brousse a eu un accident. Il commençait à faire nuit. J’ai paniqué. Heureusement, à ce moment un bus est passé et je connaissais le chauffeur. Il m’a emmené et j’ai laissé les autres voyageurs. C’est la nuit que les attaques ont lieu.” Le jour, enfants et adultes descendent dans les entrailles de la terre à la recherche des pierres précieuses. Depuis 1998 et la découverte d’un important gisement de saphir, cette petite bourgade jadis connue pour ses paysans, s’est donc transformée en une ville digne du far-west, victime de la fièvre de la pierre précieuse bleue. Le saphir se trouve aussi à Maromby, ou à Andranondambo. Dans l’ouest, Miandrivazo est aussi une commune connue pour ses ressources, notamment son or et ses pierres précieuses. Quant au rubis, on trouve cette pierre à Ianavoha, Andranomilitsy, Soamiakatra. Le sol malgache est très riche. La population est pauvre. Cette équation déclenche donc à chaque nouvelle découverte des remous et crée des vocations. Même, parfois, à la tête de l’Etat…

N.G.


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MessageSujet: Re: La ruée vers l'or    Ven 16 Sep - 10:36

16/09/2011

dans la Gazette : http://www.lagazette-dgi.com/index.php?option=com_content&view=article&id=15556:orpaillage-a-ibity-menace-sur-lagriculture-et-la-biodiversite&catid=45:newsflash&Itemid=58

Citation :
Orpaillage à Ibity: Menace sur l’agriculture et la biodiversité
Vendredi, 16 Septembre 2011 05:35
40 orpailleurs investissent actuellement le mont d’Ibity, alors qu’ils étaient plus de 5 000 en janvier 2011. Malgré la réduction de l’effectif à la suite de la récente ouverture de nouvelles carrières aurifères à Ambero, les dangers occasionnés par l’extraction sont multiples selon le Missouri botanical garden (MBG). Les cours d’eau qui irriguent les zones agricoles aux alentours partent du mont d’Ibity. L’orpaillage y sème pourtant d’innombrables trous. De quoi provoquer d’importantes érosions et l’ensablement des surfaces agricoles et des rizières. Les zones d’extraction tout comme la population ne disposent pas d’eau potable parce que les ordures et les matières fécales des orpailleurs se déversent sur les sources d’eau en bas. Les maladies diarrhéiques et les autres maladies de l’eau sale sont donc à craindre. D’autres problèmes sociaux secouent la zone : les prostituées croissent en nombre et des filles d’Ibity sont attirées par ce nouveau commerce florissant, le coût de la vie aussi augmente, l’insécurité aussi… Les attaques des bandits de grand chemin se multiplient. On en dénombre au moins 2 attaques par mois dans les 3 communes voisines d’Ibity. Des orpailleurs investissent en effet leur fortune dans l’achat de bovidés. L’orpaillage fait également travailler des enfants mineurs.
Outre ces problèmes socioéconomiques, la biodiversité aussi est en danger. Des plantes endémiques d’Ibity sont menacées par l’orpaillage. Le MBG cite le Pentachlaena latifolia, l’Aloe ibityensis, le Tephrosia ibityniensis… Si ces plantes disparaissent, elles seront tout simplement exterminées parce qu’elles n’existent qu’à Ibity. Pour l’heure, l’orpaillage ne touche pas encore la zone protégée d’Ibity. Heureusement ! Mais rien n’est sûr pour l’avenir quand on connaît les expériences d’extractions de pierres précieuses et d’or dans des zones proches d’une aire protégée. Les exploitants n’hésitent pas à investir les surfaces protégées lorsque les filons s’y faufilent. Notons que ces dernières années, le pays assiste à des ruées vers des gisements aurifères. L’explication est simple : le cours de l’or connaît une remontée sans précédent et sur le marché international, l’once est dans les 2 000 dollars, soit près de 130 000 Ar le gramme. C’est l’équivalent du revenu de 2 mois d’une personne vivant en dessous du seuil de la pauvreté. De quoi faire monter la fièvre du métal jaune.

Si l’achat informel d’or et de bijoux en or en plein air a cours à Analakely depuis ces dernières années, il commence à essaimer dans les régions. La RN7 passant devant la gare de Fianarantsoa conduisant au stationnement des taxis-brousse affiche des écriteaux « mividy volamanea eto » ou ici, on achète de l’or. La filière de l’or n’a jamais fait l’objet d’une politique claire et c’est au risque de détruire l’environnement, de faire perdre de l’argent à l’Etat et aux exploitants.

Fanjanarivo


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