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 Démocratie ?

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R@koto
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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Ven 27 Fév - 19:40

une autre vision de la crise , article reçu hier dans ma boite mail

source : serasera


Citation :

REFLEXIONS SUR LA CRISE SOCIO-POLITIQUE MALGACHE ACTUELLE



LES CRISES SE SUIVENT, ….. ET NE SE RESSEMBLENT PAS



Par Pascal Razafindramboa
Membre de la Société Civile de Fianarantsoa, Madagascar
pascal_razafy@ yahoo.fr

J'ai eu le privilège d'observer, et pour certains, de vivre de
l'intérieur, les évènements de 1972, ceux de 1984/1985 sur l'affaire
kung-fu, ceux de 1991 et de 2001/2002. Ces deux derniers « m'ont
littéralement happé » dedans, comme dans un tourbillon, sans en avoir
été un acteur central. Et voilà 2009 qui débarque.

J'ai pu aussi parcourir, en long et en large, plusieurs régions de
Madagascar, et en particulier celles de la moitié sud, depuis plus de
trente ans, sentir ce dénuement qui engloutit tout, et admirer en même
temps comment les gens survivent dans le sourire, dans la dignité et
dans la solidarité. J'ai beaucoup apprécié aussi les diversités de
lecture et de compréhension, d'une région à l'autre, qui se
manifestent toujours, en face d'un évènement particulier. Même si ce
qui se passe à Antananarivo pèse beaucoup dans la suite des choses,
les régionaux donnent beaucoup de « couleurs culturelles et
historiques locales » dans leurs interprétations.

Sans ambages et sans hésitation, j'annonce qu'on ne peut jamais rester
indifférent par rapport à une crise : autrement c'est la crise qui
vous rattrape. Au moment où l'on s'y attend le moins, une circonstance
particulière oblige à « s'intégrer » dedans, et force à agir et à
participer.

LES ACTEURS DES CRISES : DE 1972 A 2009

Ce qui étonne beaucoup peut-être aujourdhui, c'est la jeunesse des
participants aux « grèves ». C'était aussi le même cas en 1972.
C'était des lycéens (des étudiants des lycées techniques probablement)
qui ont eu « le courage » d'incendier l'Hotel de ville d'Antananarivo,
devenu pour la circonstance, le quartier général des FRS (Force
Républicaine de Sécurité, l'équivalent de la garde présidentielle
d'aujourd'hui) . Ces derniers ont dû fuir précipitamment, et étaient
devenus par la suite les victimes de « chasse à l'homme » sans pitié à
l'époque. En 1972 (sur l'actuelle place du 13 mai), en 1991 (à
Iavoloha), comme aujourdhui en 2009 (à Ambohitsorohotra) , ce fut et
c'est toujours la garde présidentielle qui tire sur la foule, sans
sommation, à balles réelles. En 1972 et en 1991, les Présidents
respectifs (Tsiranana et Ratsiraka) furent « évincés » par la suite,
sans ménagement et à la suite de « transition ». Et pour 2009 ? La
suite nous le dira, si le proverbe français « Jamais deux sans trois »
sera une fois de plus vérifié.

Deux autres détails importants méritent d'être bien retenus pour 1972
: à part le parti AKFM et le MONIMA, il n'existait pas d'autres
oppositions structurées, et le parti présidentiel (PSD ou Parti Social
Démocrate) régnait en véritable « parti unique », véhiculant une «
pensée unique », comme c'est le cas aujourdhui. Le parti MONIMA de
Monja Jaona (implanté surtout dans la province de Toliara), après une
insurrection brutale fortement réprimée en 1971 par l'Armée, dans le
Sud, fut mis au pas. C'était le Maire d'Antananarivo de l'époque, le
Pasteur (FJKM) Richard Andriamanjato, chargé de cette fonction
élective pour la ville d'Antananarivo depuis 1959, qui dirigeait donc
l'AKFM, et avait la haute main sur la capitale, durant plus de dix ans
. Ce parti se servait de son journal très satirique « Ny Hehy (litt.
Le Rire) », avec force caricatures, pour ridiculiser le pouvoir en
place. A côté de cette main de l'Eglise protestante, les catholiques
n'étaient pas en reste, notamment à travers leur journal La lumière,
plus tard relayé par l'actuel Lakroa , animé par un prêtre et
journaliste très bien connu, le regretté Rémi Ralibera. C'est dire que
le caractère frondeur de la ville d'Antananarivo et de ses Maires ne
date pas d'hier. Les périodes de « paix » avec le régime en place ne
semblent être que des exceptions. Même chose, les connotations «
religieuses » des turbulences politiques ont toujours fait partie du
décor et du paysage politique de Madagascar.

En 1991, la société religieuse agissait à travers le FFKM
(Congrégation des Eglises Chrétiennes de Madagascar), la société
civile n'existait pas encore, la société politique fut très fragilisée
par son intégration en masse, quelques années auparavant, au sein du «
front national de la défense de la révolution » lié au pouvoir en
place. En 2009, ironie de l'histoire, la garde rapprochée du Président
en place, « Vice-Président, en fonction, de l'église protestante FJKM
» ouvre le feu sur les manifestants, dont certains pratiquent et
prient probablement avec lui dans le temple protestant d'à côté !

En bref, en 1972, comme en 1991, en 2001 et en 2009, la société civile
était quasi-absente, la société politique semblait très affaiblie et
inopérante, malgré des tentatives d'actions d'éclats. Seule la société
religieuse « secouait le cocotier ». Aucun contre-pouvoir sérieux
n'existait depuis, et à défaut d'être structuré au sein de la société
politique, il se bâtit dans la rue, la politique ayant horreur du vide !

On a envie de dire : « Quand les paysans malgaches se réveilleront…
», par analogie avec un certain ouvrage concernant la Chine, écrit il
y a des années de cela ! On peut être convaincu que la société rurale
malgache peut s'ériger un jour en un véritable contre-pouvoir.
Imaginons des paysans qui font la grève, ou qui n'acceptent plus de
brader leurs produits, ou qui refusent de se plier à une décision
injuste de l'Etat central ou local. Imaginer la panique et le trouble
nutritionnel et social qu'un tel mouvement va provoquer dans des
villes comme Antananarivo, qui doit être ravitaillée en riz à hauteur
de 500 tonnes par jour ! A bon entendeur …

LE MALAISE SOCIAL, FONDEMENT COMMUN DES CRISES DE 1972, DE 1985,
DE 1991, DE 2001, ET DE 2009, MAIS « IGNORE » TOTALEMENT PAR LES
DIRIGEANTS

Sans vouloir faire de procès d'intention, à l'égard de quiconque, les
hauts dirigeants actuels semblent avoir répétés les mêmes errements
que ceux des régimes précédents :

â Le manque d'écoute vis-à-vis des citoyens, surtout à l'égard des
plus pauvres : quelquefois même, c'est l'arrogance, ou au mieux c'est
l'indifférence, par rapport aux préoccupations des gouvernés

â Le manque d'équité dans la redistribution des « richesses » :
une croissance économique assez régulière, mais non suivie de réel
développement, des résultats économiques assez palpables mais sans
retombées sociales visibles, un écart important entre riches et
pauvres, une minorité qui s'enrichit à côté d'une masse de plus en
plus appauvrie

â Le manque de transparence et de rigueur dans la gouvernance
économique nationale : le caractère choquant pour de nombreux citoyens
de l'achat d'un avion présidentiel de 60 millions de $US alors qu'en
face beaucoup vivent dans la malnutrition et le dénuement total,
l'application discriminatoire de certaines mesures fiscales (Par
exemple détaxation des huiles végétales importées chez les uns, et
taxation des mêmes huiles chez d'autres), le projet de cession de 1,3
millions d'ha de terres au profit de Daewoo Logistics, le mélange de
genres dans la gestion des caisses de l'Etat et des affaires
personnelles des dirigeants, etc.

â Le déficit démocratique et le manque de respect des libertés
fondamentales : pas de vrais débats publics sur les grandes questions
et sur les décisions importantes, pas de vrais débats parlementaires,
dérives autocratiques (fermetures de certaines chaînes privées de
radio et de télévision), bâillonnement des actions de l'opposition,
emprisonnement de certains leaders politiques et décapitation des
partis importants d'opposition

â Les trois travers de certains hauts dignitaires des différents
régimes qui se sont succédés, en malgache les 3 V pour Vola
(L'Argent), Vehivavy (La Femme), Voninahitra (L'honneur)

Chaque génération de dirigeants a pu bénéficier, lors de leurs débuts
de règne respectifs, d'un état de grâce important, dont ils ont pu
tirer profit au maximum, pour faire adopter rapidement des réformes
difficiles par exemple : mais certains en ont surtout profité pour
s'enrichir outrageusement. Un climat social très délétère s'installe
et s'accumule progressivement, et il a fallu à chaque fois des
mouvements d'explosion sociale, pour tout démanteler : le ras-le-bol
des citoyens est tellement violent, qu'on jette le bébé avec l'eau du
bain, pour tout recommencer après

LES HOMMES, LE SYSTEME ET LE DEFICIT DE CONTRE-POUVOIR : COMMENT EN
FINIR AVEC LE LEADERSHIP MESSIANIQUE , ET LA GOUVERNANCE CENTRALISEE ?

Les citoyens fondent beaucoup leurs appréciations de la gouvernance
d'une période donnée, sur les capacités ou sur les vertus « supposées
» des dirigeants, et accordent d'emblée peu d'importance au système en
place. Ils s'étonnent après, des abus ou des confiscations de pouvoir
par les dirigeants. Ainsi, aux premiers moments de leurs mandats
respectifs, tous les Présidents de République étaient perçus comme de
vrais « messies » et traités comme tels. Mais les attentes des
citoyens furent très fortes, voire même démésurées. Ces attentes
évoluent aussi dans le temps, généralement en s'amplifiant. Tandis
qu'au contraire, l'état de grâce s'écorne, et s'amenuise au fil des
temps. L'excès de confiance, accordé par les citoyens vis-à-vis de
leurs dirigeants, et observé tout au début de mandat, va se
transformer en une grosse crise de confiance, puis en un véritable
excès de colère : attentes non satisfaites, confiances trahies, etc.
Alors, quelles issues ? Pourquoi pas les suivantes :

Apprendre à ne pas inverser les rôles et à ne jamais accorder de
chèque en blanc, quelque soit le degré de confiance qu'on a, envers un
leader :

Les Lois par exemple, c'est le Parlement qui le fait. C'est son rôle
effectif. Par la suite, c'est le gouvernement qui l'exécute. Au sein
du Parlement, des débats sont engagés, et doivent être engagés
d'abord, pour aboutir après à des décisions consensuelles. Et c'est
tout le danger d'un Parlement uni-partite et monocolore, qui fera le
plaisir de l'Exécutif en se transformant de soi-même en une simple
chambre d'enregistrement. On ne peut plus décider à plusieurs. Même
chose dans les Collectivités territoriales, avec leurs Conseils
respectifs. Quand va-t-on finir, au niveau de chaque Commune, ou de
chaque Région, ou même au sein de l'Etat, avec ces décisions
soi-disant rapides, dans lesquelles un seul homme dispose de tout. ?
N'est-ce pas tellement plus simple de décider ensemble entre plusieurs
responsables ?

Apprendre à contrôler le pouvoir qu'on délègue à un exécutif, quelque
soit l'estime qu'on a envers lui

Quel mécanisme de contrôle, et avec quelle marge de manœuvre, un «
Conseil » peut-il mettre en œuvre pour mieux « maîtriser » son
exécutif, en dehors ou même en plus du dispositif réglementaire prévu
? Est-ce que le « conseil » sait que l' « exécutif » lui est «
redevable » de quelque chose ? Le jour, où un « exécutif » quelconque,
que ce soit, et surtout, au sein d'une institution publique, ou au
sein d'une structure paritaire quelconque, accepte de se plier de
bonne grâce, à un exercice de compte-rendu à l'égard de son « Conseil
», on aurait fait une progression énorme dans l'exercice de
contre-pouvoir.

Apprendre, en tant que citoyens, à contrôler et à apprécier les
qualités de services délivrés, plus particulièrement s'il s'agit de
services publics (santé, éducation, eau potable, services, etc.)

Dans une république, où le minimum de services sociaux tend à
disparaître, il est difficile, voire indécent quelque fois, de
critiquer sur le peu qu'on obtient. Mais il sera de plus en plus mal
venu de tout accepter et de tout avaler de gaieté de cœur. Pourquoi ne
pas créer des « espaces de critiques et de contrôle citoyen » sur la
gestion de l'école publique du village, sur la gestion de l'adduction
d'eau potable du quartier, sur les soins de santé qu'apporte le
médecin de la commune, sur le comportement de l'instituteur public du
hameau, etc. C'est des petites choses, mais les grandes épreuves sont
toujours surmontées par des petites avancées successives

Apprendre à faire valoir les droits fondamentaux : liberté
d'expression, liberté d'opinion, liberté d'association, etc., et faire
valoir les critiques sur ce que font et décident les dirigeants,
quelque que soit le bien ou l'inconfort que cela cause

Un espace de liberté, un espace d'expression, un espace d'opinion,
quelqu'il soit, ne se decrètent jamais. Il se crée, se conquiert et
doit être toujours défendu. La nature des choses est ainsi faite. A
force d'attendre que d'autres mettent en place de tels espaces, ils
finiront par les confisquer tout simplement. Dans les radios locales
ou régionales, dans les sites web, dans les journaux divers, ou tout
simplement dans les milieux respectifs où chaque citoyen évolue, il
faut encourager la création de ces espaces, les développer, les soutenir.

Apprendre la sincérité et accepter de jouir des vertus de la
transparence, quelque soit le mal que cela peut causer à court terme,
car le bénéfice à long terme est sans égal

Un problème, qu'on évoque avec les autres, fait moins de dégâts
personnels. Une marmite, qu'on prend soin de couvrir, semble toujours
cacher des mets succulents (Proverbe malagasy). Et la place publique,
on peut toujours en faire un bon usage, en y amenant certaines
questions délicates, en particulier si elles sont d'intérêt commun :
l'indélicatesse d'un « exécutif », la disparition frauduleuse de fonds
public, l'appropriation ou l'utilisation abusive de biens publics,
etc. Quelqu'un n'a-t-il pas dit que « Seule la vérité libère » (Bible)
.....à suivre ...............


Dernière édition par R@koto le Ven 27 Fév - 19:44, édité 1 fois
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R@koto
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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Ven 27 Fév - 19:42

SUITE de l'article


Citation :


LES SPECIFICITES DES CRISES MALAGASY : DE LA CRISE « A CYCLE DE 10
ANS » AU GRAND MOUVEMENT DE FOND « A CYCLE DE 50 ANS » ?


En se référant aux principaux évènements passés, il est important de
noter les grandes dates de l'histoire récente de Madagascar :

â 1897 : Annexion de Madagascar par la France

â 1947 : Mouvements d'insurrection nationaliste contre les colons
français

â 1960 : Accession à l'indépendance politique

â 1972 : Crise politique ayant mis fin à la première république
(fin du régime Tsiranana)

â 1985 : Crise sociale autour du mouvement « kung-fu »

â 1991 : Crise politique ayant mis fin à la seconde république
(fin du régime socialiste)

â 2002 : Crise politique ayant mis fin à l'époque Ratsiraka

â 2009 : Début de crise avec l'ère Ravalomanana

On distingue nettement deux grandes tendances : le grand cycle de 50
ans (1897 – 1947 – 2002 …), ainsi que le cycle devenu classique de 10
ans (1972 – 1985 – 1991 – 2002 …)

Le cycle de 50 ans s'articule autour des années phares de 1897, 1947,
2001. Quels sont les éléments communs ou fils directeurs de ces «
grands évènements ? C'est un débat, apparemment très important, qu'il
faut élargir le plus possible, auquel les quelques lignes suivantes ne
constituent qu'un apport très partiel :

â L'importance des pressions externes, ainsi que l'ordre et la
vitesse de succession de ces pressions, auxquelles les Malagasy
n'étaient pas bien préparés : les agressions coloniales durant la
seconde moitié du 19°siècle, les réponses à ces agressions durant la
première moitié du 20°siècle, les premières expériences d'une
indépendance retrouvée à partir de 1960, les premières expériences de
démocratie et de libertés, la mondialisation commerciale, les
pressions des appuis financiers multilatéraux et bilatéraux de l'après
1972, les crises mondiales diverses actuelles (financières,
écologiques, etc.), mais aussi le rapide développement des TIC, la
diffusion rapide des nouvelles, l'expansion du modèle occidental de
démocratie. Dans tous les cas, le poids de ces facteurs externes
semblait avoir été très décisif

â Les chocs subis, au niveau des identités et des valeurs
fondamentales malagasy : le caractère sacré des terres mais qui ont
été confisquées par les colons (c'était sans doute le grand facteur
mobilisateur, lors de la « rebellion » de 1947, à Moramanga, Manakara,
Ikongo, etc.), les regards envieux actuels de certains investisseurs
de l'extérieur sur les terres arables de Madagascar (Ex. : projet de
Daewoo Logistics), le culte effréné de l'argent occultant et diluant
le Fihavanana (Concorde sociale, solidarité et entraide), le caractère
sacro-saint de la vie humaine, etc.

Certains faits, apparus au début du 19°siècle (la traite
internationale des esclaves autour des côtes africaines et malagasy,
les premières tentatives d'unification pacifique de Madagascar opérées
par Andrianampoinimerin a, puis continuées par ses successeurs mais
plutôt avec des moyens plus musclés durant tout le 19°siècle, avec des
cicatrices encore à vif, même actuellement, dans plusieurs régions des
côtes et du Betsileo), sont à rapprocher de ces « mouvements de fond
», qu'on peut donc observer depuis les années 1800, dans l'histoire de
la Grande Ile.

Chacune de ces crises majeures a généralement duré plusieurs années,
avant de se concrétiser par une nouvelle situation sociale et
politique stable, traduisant un nouveau rapport des forces en présence
: par exemple l'insurrection de 1947 a débouché sur l'indépendance en
1960, l'annexion de Madagascar par la France en 1897 était précédée
par plusieurs années de luttes armées et d'incursions des forces
françaises en de nombreux points des côtes malgaches, etc.

Certains indices semblent suggérer, qu'on est au début ou peut-être au
beau milieu de ce « mouvement de fond survenant probablement tous les
50 ans » :

â Les phases-tests de l'après-indépendance semblent largement
dépassées : les citoyens cependant semblent avoir perdu tous leurs
repères sociaux, économiques, culturels et politiques, et recherchent
d'autres perspectives, et surtout sur quoi fonder de nouveaux espoirs
… D'où la nécessité de reconsolider les valeurs identitaires malagasy

â Les pressions des partenaires extérieurs deviennent plus
difficiles à vivre, au fur et à mesure que le pays s'enfonce dans la
pauvreté et la misère. Ce qui signifie aussi peut-être la nécessité
d'une appropriation « partagée et volontaire », et non pas seulement
par un groupe de minorité, des ressources extérieures, mais également
la « démocratisation des sacrifices » qui y sont liés

â Des crises mondiales importantes pointent à l'horizon, et vont
affecter et remodeler, bon gré mal gré, les fondements économiques,
sociaux et culturels de la société malagasy d'aujourdhui et de demain
: la crise alimentaire (quelle place pour le riz dans le futur ?), la
crise énergétique (quelle alternative à la place du bois-énergie ?),
la crise écologique et le dérèglement climatique (quel devenir pour la
biodiversité ?), des tensions autour de la santé publique ( quels
impacts auraient le sida, la fièvre de la vallée de Rift, etc. ?), la
crise financière (quelles disponibilité s pour les Investissements
étrangers et pour les aides au développement ?). Plus on s'enfonce dès
maintenant dans des grandes difficultés internes, plus Madagascar
sera vulnérable face à ces crises mondiales présentes et futures. Et
il faut s'attendre à des dégâts énormes sur tous les plans, tant
humains, que sociaux, et économiques, etc.

L'urgence semble être la nécessité d'une vaste reconstruction sociale
et culturelle, fondée en partie sur les valeurs anciennes malagasy, et
leur mise en compatibilité avec les valeurs modernes de démocratie et
de respect des libertés fondamentales : quelle marge de manœuvre, la
mondialisation économique et commerciale, à laquelle Madagascar devra
répondre présent, va-t-elle laisser à ce chantier « social et culturel
» le soin de se chercher et de se bâtir ? De changements profonds
sont attendus. Si la crise de 50 ans a débuté en 2001, le grand
malaise s'explique par la sensation d'un « réel retour à la case de
départ », voire un vrai retour délibéré en arrière, au lieu des «
grands bonds en avant annoncés ». Les frustrations sociales sont à la
mesure des déceptions profondes, vécues par le citoyen de la rue. Une
dynamique de nettoyage et d'évacuation des « anomalies » et des «
gabegies » semble s'enclencher. Les attentes, par rapport à une telle
dynamique, c'est essentiellement : plus de justice sociale, plus
d'équité, plus de croissance bien sûr, mais avec plus d'impacts
sociaux. Le « mouvement social de fond » pourra ainsi aboutir à une
nouvelle situation sociale et politique plus stable, permettant de
mieux redistribuer les efforts comme les bénéfices de la croissance,
de mieux motiver et de mieux mobiliser les forces économiques et
sociales, et d'affronter avec sérénité les circonstances et autres «
agressions » du monde extérieur.

Les crises de 1971, de 1972, de 1985, de 1991, de 2001 et 2002,
illustrent à leur tour les crises à cycle de 10 ans, à l'intérieur
donc de « l'autre crise », à cycle de 50 ans. Elles ont été toutes
alimentées et nourries par les mécontentements sociaux, à la suite
d'incuries, d'incapacités et de maladresses politiques. Il faut
d'urgence rectifier et changer les orientations politiques, rétablir
d'urgence la justice sociale, et instaurer la sérénité et la paix
sociale. Mais si on est en face d'une « crise à cycle de 50 ans »,
cela ne suffit pas. La « paix imposée par la force », pas plus que la
paix des prisons, et encore moins la paix des cimetières, ne
constituent que des palliatifs techniques, permettant peut-être de
juguler le court terme, mais, dans ces cas, ce sera une paix
politiquement incorrecte, et socialement immorale. Et toute crise mal
maîtrisée prépare le cycle de crise suivant

LA VIE D'UNE CRISE SOCIALE, DE LA GENESE AU RETOUR AU CALME : LES
DIFFICULTES DE GESTION DES SORTIES DE CRISE ?

Une Crise sociale repose logiquement sur d'importants malaises sociaux
: à force de susciter les frustrations sociales et politiques, de
renforcer la misère de certains groupes sociaux, et d'entretenir les
injustices et les iniquités de toutes sortes, on crée un véritable «
substrat » de matières premières et/ou de fonds commerciaux de la crise.

L'accumulation de cette masse de mécontentements ne constitue pas
encore en soi la crise. Il faut un facteur, et même un acteur,
déclencheur. C'est le geste de trop, le mot de trop, la goutte d'eau
qui fait déborder la vase.

La phase ascendante constitue la phase durant laquelle chaque
protagoniste « montre ses muscles », tant qu'il en aura. C'est là
qu'interviennent les dégâts matériels, les actes de pillages, les
tueries, les affrontements physiques, etc. C'est la phase apparemment
la plus difficile à gérer. Si aux « affrontements des muscles », on
peut substituer les « affrontements des idées », c'est déjà mieux.

Puis va suivre le pic, qui se reconnaît à une certaine stabilité
relative, à la suite d'un certain rapport de forces. C'est la phase
propice aux rapprochements entre les protagonistes.

La phase descendante : c'est la phase où du côté de tous les
protagonistes, il est devenu difficile de « muscler » les choses. Les
protagonistes peuvent se faire face avec un peu plus de disponibilité .
Mais les rapports de force se maintiennent. L'erreur à éviter semble
être de croire, qu'un protagoniste « est achevé », puisqu'il ne bouge
plus. En fait le fond de la crise reste toujours là.

Les sorties de crises doivent toujours prendre en compte, les rapports
de force en présence d'une part, ainsi que les causes fondamentales de
la crise d'autre part, en évaluant également aussi les conséquences
immédiates et lointaines de la crise, ainsi que les solutions
envisageables. Il est important aussi d'approfondir ensemble, avec
tous les protagonistes, les conditions de pérennisation d'une paix
sociale durable.

QUELLE PLACE POUR LA SOCIETE CIVILE, DANS LA RESOLUTION DE CETTE CRISE ?

Cette crise, comme les précédentes, a démontré une fois de plus l'«
absence » de la société civile : d'abord durant toute sa génèse,
ensuite lors de son déclenchement, et enfin lors des escalades
successives. Quelques voix ont essayé de s'élever, pour essayer
d'interpeller la classe dirigeante, ainsi que les citoyens. A titre
d'exemple, on peut citer celle du SEFAFI, du CNOE. De même, la
Conférence épiscopale et le FFKM ont périodiquement lancé de
véritables cris de détresse. Mais aucun effet , ni aucune réponse
significative n'ont été observés, aussi bien du côté de l'équipe
dirigeante que des autres membres de la société civile. Ces cris ont
été certainement entendus, mais certainement non écoutés aussi.

Les efforts d'analyses et de reflexions, qui auraient dû être un des
points forts de la Société civile, se sont montrés très limités. Ces
efforts, dans la mesure où ils devront être largement diffusés et
vulgarisés à toutes les couches de la population, contribueraient à
apporter plus de clarifications et plus de précisions sur les tenants
et les aboutissants des différents évènements, sur les mystères qui se
cachent, ou que l'on cherche à cacher, derrière les évènements, sur
les « non-dits » des choses. Les efforts, faits dans ce sens par
quelques entités de la Société civile, auraient dû être accompagnés
d'une mobilisation d'autres membres, ainsi que de débats
contradictoires confrontant les décideurs et les citoyens.

La tentation de pactiser avec la société politique, est très forte
pour la société civile, dans l'établissement de rapport de forces,
destinés à contre-balancer les errements de l'équipe dirigeante. En
tout état de cause, la société civile gagnera à devenir, de plus en
plus, une force de propositions et de contre-propositions , une force
de débats, une force d'actions et de contre-actions, et enfin une
force de mobilisation sociale.

Il semble encore manquer à la société civile cette capacité de
s'articuler efficacement, voire même de communiquer, entre des membres
de vocations différentes, ou de zones d'actions différentes

QUELLE PLACE POUR LA SOCIETE RURALE PAYSANNE

C'est plus de 75% de la population, et qui lancent des « cris
silencieux ». Est-ce que ceux qui spéculent sur les « grèves
illimitées » entendent-ils ce « silence assourdissant » ? C'est aussi
la principale victime des erreurs de tout le monde. C'est une société
qui essaie de se structurer, qui cherche à mieux comprendre et qui
aimerait bien qu'on lui explique au moins le pourquoi et le comment
des choses.

Déjà, il est difficile entre paysans de se comprendre et de se faire
entendre. Si le planteur de cacao d'Ambanja crie au scandale en raison
des difficultés de toutes sortes, il est difficile à l'arboriculteur
ou à l'éleveur laitier du Vakinankaratra de trouver un intérêt direct
à l'aider. De même si un apiculteur de Manjakandriana fait des appels
du pied, en raison des grèves, pour sauver la signature d'un dossier
d'appui à l'exportation de miel, avec un partenaire financier et
technique, ce ne sera qu'une voix très lointaine pour le planteur de
pois du cap de Morombe, qui a sensiblement les mêmes problèmes.

Les grèves illimitées tuent les forces économiques. Elles tuent la
société paysanne. Elles tuent les plus pauvres. Elles tuent les plus
démunis, déjà mal nourris en situation normale. La cupidité et le
cynisme de la société politique, dans ces « grèves illimitées », n'ont
d'égal que la tyrannie politique et le peu de considération
démontrée envers les plus pauvres. Le jour où la société paysanne va
imposer une hégémonie rurale à cette société politique …

Il est temps que le citoyen paysan fasse entendre sa voix, non
seulement « en temps de grève », mais surtout « en temps de paix ». Il
faut qu'il apprenne à taper du poing sur … la bureau du Président de
la République , du Président de Région, du Maire. Il y a quelques
années, dans un pays ami, des représentants de paysans éleveurs ont «
douché », dans son bureau, le Ministre de l'Agriculture, avec du lait,
parce qu'il a refusé de bouger le petit doigt pour améliorer le prix
du lait à la ferme. Aux grands maux, les grands remèdes.

Il faut que la société paysanne fasse connaître, combien cela lui
coûte, en monnaies sonnantes, ou en kilo de riz, une journée de «
grèves illimitées », aboutissant au blocage de l'administration
publique, et organisées sur la mésentente entre des membres de la
société politique.

On a presque envie de dire : « Amis paysans, venez aux meetings des
grèves illimitées, puis jetez vos chaussures sur les protagonistes qui
s'affrontent , aussi bien aux dirigeants qu'aux camps d'en face qui
les contestent ».

La société politique devra prendre le temps et avoir un peu plus
d'humilité à expliquer et à clarifier aux paysans la raison de ces «
confrontations illimitées », d'en débattre avec eux, de les écouter.
Quelqu'un qui déploie le noble effort de nourrir le reste de la
population doit forcer le respect.

Et puis, pourquoi la société paysanne ne va-t-elle pas envahir les
espaces politiques ? Pour faire valoir les idées, les propositions,
les programmes, capables de générer des impacts positifs dans le
milieu rural.

Il faut faire valoir aussi le fait que 75% du corps électoral, ça compte.
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Mélodie
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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Dim 1 Mar - 1:11

Madaphile a écrit:
Une amie Malgache est rentrée hier d'un séjour de 3 semaines à Tana et alentour (Mantasoa, Andasibe, Antsirabe)
Voilà, très succinctement, ce qu'elle m'a décrit de la situation :

- La situation semble calme, même à Tana où elle circulait sans stress, elle s'est même mêlée à la foule du 13 mai. Mais il y a les angoisses permanentes des mères qui amenent leurs enfants à l'école.
- La majorité des gens qu'elle a rencontré n'est pas intéressée politiquement par la crise, et ne souhaite qu'une chose : la fin de celle-ci et un retour à la vie quotidienne normale.
- Ils ne font aucun rapprochement avec la crise de 2002, les conditions leur semblent trop différentes pour qu'ils se sentent impliqués.
- Pour beaucoup le scénario souhaitable de sortie de crise serait une prise en main par l'armée, avec éviction de Ravalomana et de Rajoelina.

Plusieurs fois pendant qu'elle me parlait j'ai été surpris, voire choqué, de ce que j'apprenais de leur perception des évènements. Par exemple ils considèrent que les conditions de la tuerie du 7 février sont "discuttables", alors qu'ils en veulent à Ra8 d'avoir importé des chêvres, ce qui est fady...
Mais nous les aimons aussi parce qu'ils sont différents , non ?

Je viens de lui soumettre ce texte, et elle précise que sa famille et son entourage sont plutot pro-Ravalomana

en effet Madaphile, c'est tout à fait ce que ma mère me dit au téléphone, et j'ai eu la même réaction que toi
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jipi zanatany
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MessageSujet: jipi   Dim 1 Mar - 9:39

salut
oui daccord
mais j ai qqes amis sur la cote est plutot anti Ra8 mais pas trop pro TGV
ne pensent qu a une chose virer Ra8 c est la seule chose qui les interessent
de meme sur tana pas trop pro TGV mais ils disent qu il a su les motiver et les rassembler contre une dictature de fait ( des amis gasy qui rentrent d un mois a tana)
la main mise de tiko et le TIM sur mada m a ete rapporter par tous comme le probleme principal des gasy
pour la tuerie reposabilite partage
un copain gasy pro ravelomanana lui bien sur ne fait parler que de non respect des urnes mais ne veut pas que l on parle des problemes tel que daewo et autres entreprises
dans la region du menaba et de la vanille la consession a daewo a bcp choque meme les partisansde Ra8
voila les infos que j ai eu de retour de gasy et aussi par tel sur place
a plus
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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Jeu 5 Mar - 22:15

encore une version de la crise , recu ce jour par mail

Alors vrai ou faux ?

Citation :
L’ origine de cette crise Malgacho - Malgache

Andry Rajoelina
Qui est-il avec son cigle Terrorisme Grand et Violent?




Si on néglige l’histoire de ce fameux Andry Rajoelina, on ne pourra pas comprendre

les raisons obscures de cette tentative de coup d'état, et les appuis machiavéliques !


Né en 1975, originaire d’une famille noble au départ, son grand père étant un Général de l’armée, mais complètement ruiné par la suite, Andry a passé son adolescence et une partie de sa jeunesse entre Madagascar et la France, ou ses parents et sa sœur habitent. Ces derniers ayant acquis cette culture européenne, tendance à faire débrouiller tous seuls leurs enfants après leur majorité, l’ex-maire actuel de la ville d’Antananarivo a dû faire des petits boulots par ci par là afin de pouvoir continuer ses études. Tout le monde le connaissait à cette époque comme un DJ animant souvent des soirées en boîte comme la boîte de nuit de l’ex Hilton, connu sous Carlton actuellement.


Mais la plus belle erreur de sa vie commence lorsqu’il a commencé à sortir avec Sarah Ravalomanana, la fille de l’actuel président Malagasy au pouvoir. Celle-ci étant fille unique et trop jeune, Ravalomanana étant déjà millionnaire, il n’a pas beaucoup digéré que sa fille sorte avec un “vaut-rien” qui n’avait aucun sous et qui était DJ de surcroît à cette époque. Il faut noter que lorsque cette histoire s’est passée M.Ravalomanana n’était ni maire d’Antananarivo ni président de la république. Mais il a tenté de rompre le couple et il a d’ailleurs réussi. Il paraît que Sarah était enceinte de Andry pendant ce temps, à peu près dans les années 90, plus éxactement, enceinte de Maika le “paraît-il” dernier de Ravalomanana. En conséquence le président Malagasy n’a donc eu que trois enfants seulement, le petit dernier n’est en fait que son petit fils, et ce-ci a été fait afin de sauver l’honneur de sa famille.


Après avoir rompu avec la fille du cher millionnaire, il a continué ses activités de DJ, réussi son Bac, a étudié pendant un an à l’ESCA dans la filière gestion, et est parti poursuivre ses études en France. Il ne faut pas oublier qu’il a une double nationalité: Française et Malagasy. Mais au lieu de poursuivre celles-ci, il a préféré errer là-bas sans rien faire. Tout de même, cette décision lui a réussi car il a rencontré en France son épouse Mialy, fille d’un richissime opérateur économique à Madagascar, partenaire de Ratsiraka à l’époque, et lors de l’arrivée au pouvoir de Ravalomanana, les activités de son beau père ont été plus ou moins bloquées. Une haine de plus encore pour Andry contre son ennemi juré, en plus du fait que, Ravalomanana a interdit tout contact de celui-ci avec son fils.


Andry a maintenant trois enfants avec Mialy, quatre en tout avec celui de Sarah. En 2004, gigolo, opérateur de INJET ( l’entreprise de sa belle famille ), il a voulu installer des panneaux publicitaires à Antanimena, mais malheureusement, avec l’intermédiaire de son maire à l’époque M.Patrick Ramiaramanana, Ravalomanana a interdit l’installation de ses panneaux. Dès lors l’ambition de devenir maire d’Antananarivo a grandi de plus en plus en Andry TGV. En 2008, il a réussi son pari. Il reste le plus dur à faire: la vengeance contre sa bête noire ...


En novembre 2008, Andry avec sa petite famille a pris ses vacances en France, y a rencontré Ratsiraka qui lui aussi a une haine mortelle contre Ravalomanana, et ont préparé ensemble ce coup bas dégoutant: la crise actuelle à Madagascar. 2010, Peut-être, ce qui reste à suivre, d’ici quelques mois, on s’attend à l’exil de Andry TGV en France jusqu’à la fin de ses jours…

c'est pas signé , mais anti TGV c 'est sûr
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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Jeu 5 Mar - 23:50

et encore cet article de la Gazette qui tourne ce soir sur le net





Citation :
REPRESSION DE LA PLACE DU 13-MAI

Les mercenaires blancs en action

Répression particulièrement énergique du rassemblement de la Place du 13-Mai, hier. Tout le secteur du centre ville a été bouclé de bon matin et tous ceux qui tentaient de s'approcher ont été refoulés à coups de grenades lacrymogènes et de coups de fusil en l'air.
C'était la première fois dans l'histoire du pays que le meeting de la Place du 13-Mai a été interdit par la force, en infraction avec les principes de la liberté de réunion et d'expression. Le fait n'étonne pas du régime Ravalomanana dont les dérives dictatoriales se multiplient à la faveur de l'actuelle crise.
En tout cas, pour la première fois, les opérations de répression de la Place du 13-Mai, hier, ont donné aux journalistes malgaches l'occasion de voir les mercenaires en action. Jusque-là, on n'était au courant de leur existence que par ouï-dire. Hier, on les a vus en chair et en os, exerçant une autorité certaine sur les officiers et les troupes de l'Armée malgache. Alors que les détachements de l'EMMO-NAT (Armée, Gendarmerie et Police) nettoyaient les abords de la Place du 13-Mai et repoussaient la foule vers la périphérie, on vit venir un groupe de six « vazaha » (Européens) en tenue civile, coiffés de casquette à visière, se déplaçant deux par deux et franchissant les barrages sans hésitation. Ils ont alors approché un colonel de l'Armée malgache et lui ont intimé l'ordre de refouler la foule, éventuellement en tirant dans les jambes. Interrogé sur la présence de ces « vazaha » dans la zone sécurisée, le colonel a indiqué qu'il s'agissait de touristes ( !). Un journaliste ayant pris d'assez près une photo de l'un de ces « touristes », ce dernier s'est précipité pour arracher l'appareil en lâchant l'exclamation « excuse-me ! ».. Mais il ne put parvenir à ses fins car les journalistes firent bloc autour du photographe.
Dès lors, pour se prémunir contre les initiatives des photographes de presse, les « touristes » se dissimulèrent derrière les camions de l'Armée malgache. Un colonel cagoulé de l'EMMO-NAT commanda aux journalistes de se disperser afin de faciliter le travail de ses hommes. Les gens de presse n'ayant pas obtempéré, l'officier donna à ses troupes l'ordre de former un rideau pour masquer les « touristes mercenaires ».
Chez les militaires qui ont refusé de se plier à cette consigne, certains soufflèrent aux journalistes que ce sont « ces vazaha qui donnent les ordres ». Quand il fut acquis que le site était solidement tenu, les « touristes » embarquèrent à bord d'une Jeep Sovamag de l'Armée malgache qui prit une direction inconnue.
Ces « vazaha » seraient donc les mercenaires qui, selon les rumeurs, ont été recrutés par Marc Ravalomanana en Afrique du Sud, malgré les dénégations de l'ambassade de ce pays à Antananarivo. Si certains ont pris soin de se cacher hier, d'autres n'ont pas craint de s'afficher et de jouer les vedettes. Quelques-uns sont d'un âge respectable, approchant même des 70 ans, tandis que d'autres ont juste dépassé les 30 ans. Comme beaucoup de chefs d'Etat africains, qui n'ont qu'une confiance limitée en l'Armée de leur pays, Marc Ravalomanana a, chuchote-t-on, recours aux services d'Executive Outcomes, célèbre société « de sécurité » basée en Afrique du Sud. Les hommes de cette agence n'apprécient pas les qualifications « mercenaire », « barbouze » et « affreux », et leur préfèrent l'expression « agents de sécurité ». Executive Outcomes a été fondée en 1989 par un officier supérieur des forces spéciales sud-africaines qui ont combattu les mouvements d'émancipation des Noirs sous l'apartheid. Il est vraisemblable que les « touristes » âgés aperçus hier Place du 13-Mai ont jadis réprimé les « manifs » de l'ANC en Afrique du Sud sous l'apartheid.
Signalons qu'avant d'être chef d'Etat, Marc Ravalomanana avait déjà recours aux services des « mercenaires » d'Afrique du Sud. En effet, ses deux gardes du corps bien connus du public malgache, Jean-Marc Koumba et Adrian Burrows, ont été fournis par Executive Outcomes. Ayant quitté le service chez Marc Ravalomanana en 2005, mais ayant épousé des filles du pays, ces deux « gorilles » sont de temps en temps aperçus à Antananarivo.
Certaines sections de notre Armée auraient eu des velléités de coup d'Etat pour régler l'actuelle crise. Elles en ont été dissuadées par la situation de la garde présidentielle, encadrée, armée et entraînée par les officiers étrangers aperçus hier. Puissamment équipée derrière les remparts d'Iavoloha, la garde présidentielle serait à l'heure actuelle invincible…

Lambo T. et Adelson R.

----- Original Message ----- From: ........ Sent: Thursday, March 05, 2009 2:53 PM
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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Ven 6 Mar - 20:12

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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Lun 9 Mar - 11:25

Une analyse du SEFAFI qui me parait très pertinente
Parue dans La Tribune le samedi 28 février 2009


http://www.madagascar-tribune.com/Une-relecture-proposee-par-le,11250.html

Et l'éditorial de la Tribune du 7/03 :


Editorial
Auto-dérision
samedi 7 mars 2009, par Ndimby A.

http://www.madagascar-tribune.com/Auto-derision,11315.html

Dans un pénitencier international, les prisonniers sont placés en groupes dans de profonds trous, en fonction de leurs nationalités. Le Secrétaire général des Nations unies y effectue une visite pour contrôler l’application des Droits de l’Homme, et constate que devant chaque trou, il y a des gardes sévèrement armés pour empêcher les évasions.

Cependant il note qu’un trou est laissé sans surveillance, alors que des prisonniers s’y trouvent. Etonné, il demande une explication au directeur, qui lui répond qu’en fait, « ce sont des Malgaches. Il n’est nul besoin de les garder, car ils se surveillent eux-mêmes. Dès que l’un tente de s’échapper, ce sont ses compatriotes qui se chargent de le ramener dans le trou ». Essayez de sourire, c’était une blague.

Bien entendu, en tant que Malgache, on ne peut que rire jaune à la lecture de cette blague, qui ne peut être qu’une sale blague racontée par des abrutis dans une soirée fortement avinée. Comment peut-on ainsi s’attaquer à nous autres, peuple élu, peuple de braves, peuple à la richesse culturelle infinie, « race supérieure habitée par le génie malgache », voire selon l’étrange philosophe Xhi, peuple du « pied droit de Dieu et dont la France serait la main gauche ». Et tout ça, malgré notre PIB microscopique et nos crises politiques tellement cycliques qu’elles en deviennent une maladie chronique.

Le complexe de l’insulaire
Nous autres malgaches avons une haute opinion de nous-mêmes. Sans doute est-ce le fruit de notre insularité. Nous avons la plus belle nature au monde, mais Maurice qui est beaucoup plus petite accueille énormément plus de touristes. Les commandants de bord d’Air Madagascar se vantent de l’expression « atterrissage à la malgache » pour vanter leurs kiss landings et sans doute faire croire qu’ils ont inventé le concept.

Chaque apparition d’un étranger dans une sphère considérée de souveraineté nationale est qualifiée de sacrilège, nous confinant ainsi dans une mondialisation bancale où nous ne pouvons nous enrichir d’une fréquentation positive et intelligente d’autres peuples et d’autres cultures. Nous nous sentons forts. Nous nous sentons intelligents. Nous nous sentons doués. Et la pauvreté ou les crises politiques ne peuvent donc qu’être des accidents de parcours. De la faute des bailleurs de fonds, de la faute des politiciens, de la faute des réseaux mafieux, de la faute à pas de chance, de la faute au voisin, de la faute aux grandes puissances, de la faute aux cyclones, de la faute au karma, de la faute des autres. Mais, ne faisons-nous pas partie des autres ?

Il fut un temps, quand l’équipe nationale de football s’appelait encore Club M (avant de noyer sa déchéance dans des changements de noms d’animaux, sans que cela n’arrête par ailleurs la descente aux enfers), chaque défaite du onze national à l’extérieur était pudiquement cachée derrière des explications oiseuses. On a été mal accueillis, c’est l’arbitre qui a triché, la nourriture était infecte, il faisait trop chaud, l’herbe était trop haute. Et tutti quanti. Et tutti frutti. C’est cette habitude à refuser d’admettre nos faiblesses pour les cacher derrière des arguments fallacieux qui nous plonge encore à la queue de tous les classements mondiaux en matière de pauvreté et de développement.

Cendrillon et Cosette ?
La réussite insolente de Maurice, devenue indépendante en 1968, soit huit ans après nous, doit nous engager à nous poser les bonnes questions. En 2007, selon le site web de la Banque mondiale, le PIB par habitant (constant 2000 US$, comprenne qui pourra cette formule ésotérique) était pour Madagascar de 246$ et pour Maurice de 4.700$. En 1980, ces chiffres étaient respectivement de 342$ et 1.571$. Comment expliquer le développement parallèle du miracle Mauricien et du désastre Malgache ? Interrogé à ce sujet en 2001, Didier Ratsiraka répond « je ne voudrais pas discréditer nos amis Mauriciens, mais tout est relatif. Il est plus facile de diriger un pays d’un million d’habitants qu’un autre de 16 millions d’habitants » (cité par G. Raharizatovo in Madagascar 2002, Genèse et silences d’une crise). Encore une fois, c’est la faute à pas de chance. Ou à la démographie galopante des Malgaches, dont beaucoup en milieu rural n’ont pas la télévision, et doivent donc trouver d’autres divertissements nocturnes. D’ailleurs à la réflexion, ce dernier point est aussi un problème de développement, ramenant au pouvoir d’achat et à l’électrification rurale...

Bien entendu, on peut élaborer des thèses entières sur l’analyse parallèle de la situation de Madagascar et de l’Ile Maurice, sur la base de paramètres économiques, sociologiques, politiques ou historiques. Mais pour faire simple, il est possible d’affirmer sans coup férir qu’il y a au moins quatre points fondamentaux.

Primo, la sagesse de choix économiques à des moments cruciaux. Alors que Didier Ratsiraka se fourvoyait sur les voies ténébreuses du paradis socialiste, Maurice lançait son programme de développement sur la base du triptyque ambitieux sucre - textile - tourisme.

Secundo, la stabilité politique. La démocratie mauricienne est une des plus stables du monde, et elle ne s’est jamais égarée dans des crises politiques violentes et autres prises de pouvoir par la rue grâce à un respect sacro-saint de la Constitution.

Tertio, une capacité de vision à long terme. Alors que l’Ile Maurice vit encore très bien des subsides du tourisme, les autorités mauriciennes ont lancé un vaste programme de réformes pour adapter l’économie du pays aux évolutions futures de l’économie mondiale, et se focaliser sur d’autres opportunités telles que les services financiers.

Et enfin, une réussite de la gestion de son melting-pot, pourtant bien complexe, entre créoles blancs, chinois et indiens. On ne s’embarrasse pas de priorités basées sur côtier, ambaniandro ou karana.

Le malgache et le développement
Le malgache est-il fait pour le développement ? Le malgache est-il fait pour la démocratie ? A priori ces deux questions peuvent sembler être provocatrices, voire choquantes. En fait, elles le sont. Mais au-delà de la provocation, le contexte de cette crise politique et la situation de notre pays après 50 ans d’Indépendance invitent à une véritable réflexion sur la mentalité malgache, sur nos valeurs et sur nos défauts.

Dictons, proverbes et autres expressions usuelles sont une bonne illustration de la mentalité populaire. Or que dit-on à Madagascar ? Ny hazo avo halan-drivotra (le vent a horreur des arbres trop hauts), véritable hymne à la médiocrité pour appeler chacun à ne pas se faire remarquer et à ne surtout pas faire de zèle. Valala anaty harona, izay miakatra ambony sintomina hidina (des sauterelles dans un panier, celles qui essaient de s’en sortir sont tirées par le bas par leur congénère).

On pourrait multiplier ces exemples pour dénoncer les travers de notre culture, qui grâce à Zanahary, a quand même aussi et surtout des qualités, même si en ces temps troublés, lesdites qualités ne sont pas très visibles. On pourrait également parler de notre rapport au temps, très « flexible » (entendre par là que nous autres Malgaches avons des problèmes avec la ponctualité). Ou de notre mora mora légendaire, si légendaire qu’il en devient péjoratif.

Ray aman-dReny
La culture Malgache, dit-on, accorde une valeur quasi-sacrée aux Ray aman-dReny (parents), qualificatif accordé aux aînés par leur âge ou leur fonction dans une communauté donnée, et par extension, à ceux qui détiennent une fonction de responsabilité : chef d’Etat, chef d’entreprise, chef d’Eglise, chef de fokontany, chef de service, papy, tonton fortuné… Ce sont les aînés qui doivent pouvoir servir d’arbitres, de recours, de soutien, de protecteur. Ce respect autrefois accordé aux anciens s’est dévoyé dans des travers que certains ont résumé ainsi : Article 1, le Ray aman-dReny a raison. Article 2, le Ray aman-dReny a toujours raison. Article 3, quand le Ray aman-dReny a tort, appliquer les articles 1 et 2. Cela créée une société sclérosée, incapable d’établir un conflit intergénérationnel, sauf par des mouvements de rue.

La cote de la valeur Ray aman-dReny s’est également effritée au fil du temps. Sans doute est-ce le fruit d’une absence de management éducatif de la part des responsables (église, école, parents mais aussi politiques) qui ne permet pas aux jeunes générations de créer une synergie entre le flux de repères étrangers et le socle des valeurs Malgaches. Ainsi, la culture Malgache est devenue non pas une culture métissée, mais une culture bâtarde qui se ne pratique plus au quotidien que dans les kabary (discours) d’usage lors des famangiam-pahoriana (visites de condoléances), ou dans les famadihana. Mais les générations plus âgées ont également perdu le sens de modèle qu’il faut donner au vocable de Ray aman-dReny.

Si les Ray aman-dReny ne sont plus respectables en montrant le bon exemple, comment les zanaka (enfants) pourraient-ils les respecter ? On se souvient que le début de cette crise politique avait commencé début Janvier 2009 par des échanges à distance entre MM. Ravalomanana et Rajoelina sur le thème des relations entre Ray aman-dReny et zanaka, le premier exigeant une forme de respect que le second se refusait à lui donner. Faute de consensus à ce sujet, quelques semaines plus tard, le dialogue se muait entre Chef suprême des armées et leader insurrectionnel...

La culture Malgache, dit-on, accorde également une valeur quasi-sacrée au Fihavanana, expression devenue litanie sans qu’on ne sache plus très bien ce qu’elle recouvre. Avec ce qui se passe actuellement, on ne peut que se poser des questions. En outre, la culture Malgache est une culture de marimaritra iraisana, qui ne signifie pas toujours consensus (ce qui aurait été une bonne chose), mais plutôt compromis. Dans le pire des cas, le marimaritra iraisana est le mauvais arrangement. C’est la compromission qui a fait tout le monde courber l’échine devant les abus de Marc Ravalomanana depuis 2002, pour éviter les « problèmes » (cela est valable pour le FFKM, la communauté internationale et la société civile, à l’exception notable du SEFAFI et du CONECS). C’est la compromission qui a fait que tout le monde, au début, a trouvé son compte dans les agissements de Andry Rajoelina, avant de s’effarer de ce train à grande vitesse sans frein ni marche arrière.

Les lignes qui précèdent auraient pu être considérées comme une insulte à la « grandeur Malgache » si elles avaient été écrites par un étranger. Mon statut de fils de l’Ile m’autorise à les mettre aujourd’hui dans le débat. Car au-delà de la solution qu’il faudrait bien qu’un jour on trouve à cette crise, il y a sans doute aussi une réflexion plus profonde à entamer sur les causes structurelles de la situation présente. Ainsi, un jour quittera-t-on peut-être le Mur des lamentations, ou les escalades continuelles du mur de Jericho (1).


--------------------------------------------------------------------------------

Note : (1) Depuis la crise de 1991, le Mur de Jericho est une expression utilisée par la foule du 13 mai lors des crises pour désigner le régime en place.
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Madaphile
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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Lun 9 Mar - 19:06

Dans "Le Monde" cet après-midi

http://www.lemonde.fr/international/article/2009/03/09/l-opposant-malgache-rajoelina-place-sous-protection-de-l-onu_1165609_3210.html

L'opposant malgache Rajoelina placé sous protection de l'ONU
LEMONDE.FR avec AFP | 09.03.09 | 16h30

L'opposant malgache Andry Rajoelina, en conflit avec le président Marc Ravalomanana et qui vivait caché depuis plusieurs jours, a été "placé sous la protection des Nations unies dans une résidence diplomatique", ont annoncé, lundi 9 mars, les Nations unies. "Dans le cadre des efforts pour résoudre la crise malgache, préserver la paix et la stabilité, les Nations unies ont décidé de placer M. Rajoelina sous leur protection dans une résidence diplomatique", a déclaré un représentant de l'ONU, qui ne précise pas où se trouve cette résidence. "Ces derniers jours, M. Andry Rajoelina a exprimé à plusieurs représentants de la communauté internationale ses inquiétudes sur sa sécurité", a ajouté ce représentant de l'organisation internationale

Andry Rajoelina, destitué début février de son poste de maire d'Antananarivo, vivait caché depuis plusieurs jours après une tentative d'arrestation avortée, jeudi 5 mars, visant sa résidence à Antananarivo. Samedi, il avait dit être désormais "caché en lieu sûr". Un autre communiqué de l'ONU ajoute que "le président de la République [Marc Ravalomanana] a promis à M. Dramé [représentant de l'ONU dans la médiation malgache] qu'il garantissait la sécurité de M. Andry Rajoelina et de ses collaborateurs". "Le président de la République a dit qu'ils pouvaient se déplacer librement et qu'ils ne feront pas l'objet d'arrestation", ajoute le communiqué transmis à la presse.
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MessageSujet: merci La Tribune   Mar 10 Mar - 1:15

Et merci à Madaphile d'avoir mis ici (en plus de ses récits chiadés de voyage) l'édito de La Tribune qui résume tout ce qui fait que le peuple Malgache stagne dans la pauvreté, tous les facteurs de blocage de toute évolution économique. Vingt fois j'ai eu envie d'écrire la même chose.
Et je crois que le fait qu'un malgache ose dénoncer publiquement les travers de la société malgache est très prometteur d'une prise de conscience collective du fait qu'il est plus que temps d'adapter la culture insulaire aux réalités économiques et démographiques tout en en conservant l'esprit. (ouf, fin de la phrase)
Mais, évidemment, tous ceux qui profitent du système, qui n'ont rien à cirer de la misère du peuple, qui veulent seulement que ça continue ou avoir leur tour au ratelier sont contre toute évolution.

Nous les non-malgaches amoureux fous de Mada, nous sommes catastrophés, désespérés, de voir que ce pays qui pourrait vivre à peu prés bien compte tenu de tous ses potentiels reste parmi les plus pauvres du monde. Même si la densité de 4x4 de luxe à Tana est une des plus fortes de la planète.

Par rapport à ça, l'analyse du SEFAFI, certes pertinente, reste un exercice purement intellectuel dans lequel on ne voit pas qu'est ce qu'il faut faire en pratique sinon la politicaillerie, la course aux places rentables, etc.., bref tout comme depuis 50 ans.
Et en plus, ils balancent sur tout le monde sauf sur TGV (alors qu'ils savent bien qui est derrière), ce qui enlève beaucoup de crédibilité au propos.
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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Jeu 12 Mar - 22:02

un autre point de vue dans : http://www.afrik.com/article16403.html


Citation :
Elia Ravelomanantsoa : « Andry Rajoelina s’est laissé déborder ! »
L’ancienne candidate aux Présidentielles de 2006 livre son analyse sur la crise à Madagascar

Madagascar s’enlise dans la crise politique. Après la démission du ministre de la Défense, c’est au tour de l’armée de remplacer, mercredi, son chef d’etat-major, Edmond Rasolofomohandry, qui avait exhorté, la veille, les décideurs politiques à trouver un terrain d’entente. Sur la grande Ile, les négociations ne semblent pas être à l’ordre du jour. Andry Rajoelina, l’opposant malgache, a d’ailleurs fait part, mercredi, de son refus de participer demain à des assises nationales censées sortir le pays des troubles. Pour mieux comprendre la situation politique, Afrik.com a interviewé, Elia Ravelomanantsoa, candidate aux Présidentielles de 2006 et ancienne collaboratrice d’Andry Rajoelina.






--------------------------------------------------------------------------------
mercredi 11 mars 2009, par Stéphanie Plasse

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Au total, une centaine de personnes sont mortes à Madagascar depuis le 26 janvier dans les violences qui ont entaché la crise politique. Le conflit s’enlise et le président malgache, Marc Rvalomanana, et son opposant, Andry Rajoelina peinent à trouver un terrain d’entente. Et selon Elia Ravelomanantsoa, la situation politique n’est pas prête de s’arranger. La candidate aux élections présidentielles en 2006 et ancienne collaboratrice d’Andry Rajoelina compte sur la population pour pouvoir mener à terme les négociations. Cette femme politique malgache croit à l’émergence d’une conscience politique chez les jeunes qui pourra rivaliser avec le pouvoir. Interviewée par Afrik.com, Elia Ravelomanantsoa revient sur la situation politique de Madagascar et notamment, sur les raisons de l’échec de ces négociations.

Afrik.com : La situation a-t-elle empiré depuis l’élection de Marc Ravalomanana en 2006 ?
Elia Ravelomanantsoa : La situation a empiré pendant les élections de 2006. Pendant ces élections, les candidats ont demandé le changement du code électoral. Entre autres, mettre en place le bulletin unique pour éviter les fraudes. Mais il s’est avéré que les candidats et, moi y compris, avons reçu la liste électorale 24 heures avant le scrutin. A partir de là, les partis d’opposition ont exprimé leur désaccord avec le process électoral en ne proposant plus de candidats. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, qui fait partie de la société civile et du secteur privé, a pu être élu en tant que candidat indépendant. Ça a empiré aussi car les opposants et les personnes de la société civile, qui pouvaient exprimer quelques opinions, n’avaient pas le droit de cité ni à la télévision nationale ni à la radio nationale.

Afrik.com : Que pensez-vous d’Andry Rajoelina, l’opposant malgache ?
Elia Ravelomanantsoa : J’ai travaillé avec lui, à la mairie d’Antananarivo, dans le cadre d’un triumvirat. On a travaillé beaucoup dans l’esprit d’aider un jeune maire qui avait du mal à subir les assauts politiques pendant les neuf premiers mois. Et beaucoup aussi pour trouver d’autres voies puisque la mairie d’Antananarivo était déclassée en termes de catégorie budgétaire, de rang protocolaire… L’idée d’Andry Rajoelina de vouloir aider la capitale était fort louable. Dans cette logique, nous avons développé la télévision VIVA qui était un moyen pour la mairie de faire adhérer la population à ses plans de développement. Quand cette chaîne a été fermée, je me suis mise du côté de la démocratie afin de donner à la population le moyen de s’exprimer. La liberté d’expression doit être respectée. Je n’ai pas désapprouvé au départ les actions d’Andry Rajoelina en revanche pour ce qui est du mouvement, je pense que même lui ne s’attendait à être suivi par autant de personnes. Il s’est laissé déborder ! Emporté par ce mouvement, il a durci l’affrontement à tort ou à raison. Effectivement, ce mouvement n’a pas été organisé, structuré, c’est cela qui a été ressenti.

Afrik.com : Il n’avait pas ces prétentions quand il est arrivé à la mairie d’Antananarivo…
Elia Ravelomanantsoa : Absolument pas. Il n’avait pas de prétentions nationales. Il s’est vu devenir du jour au lendemain le symbole d’une frustration sur plusieurs plans. Que ce soit sur le volet social par rapport à la pauvreté accrue, à la baisse du pouvoir d’achat, à la visibilité de l’écart entre les couches nanties et les défavorisés avec un monopole entier sur des pans de l’économie.

Afrik.com : Marc Ravalomanana a tiré sur la foule en février dernier. N’a-t-il pas signé son arrêt de mort politique ?
Elia Ravelomanantsoa : Dans tous les cas, un point de non-retour. Le peuple malgache est un peuple pacifique. C’est un peuple de consensus. S’il manifeste c’est pour dialoguer, pour discuter. Il attend en retour des formes d’expression, pas forcément une répression. Même si cette répression se fait de plus en plus dure et de plus en plus organisée par l’armée ou par mercenaires interposés, le peuple peut se ranger mais ne légitimera plus dans son âme et dans son cœur la présence de ce pouvoir.

Afrik.com : Cette répression armée ne favorise pas Marc Ravalomanana pour les prochaines élections prévues en 2011…
Elia Ravelomanantsoa : Pour l’instant, je pense qu’il agit au jour le jour. Pressé par deux priorités : être honoré par l’effectivité du sommet de l’Union africaine prévu en juillet prochain et par le sommet de la francophonie en 2010 qui doivent se dérouler à Antananarivo. Il ne voit pas les choses en terme électoral. Il y a aussi le fait qu’il a des intérêts économiques très importants sur le territoire et cela aussi en tant que chef d’entreprise.

Afrik.com : On a vu la population piller les magasins « Tiko » appartenant à Marc Ravalomanana lors des émeutes en marge des rassemblements organisés par Andry Rajoelina… Cette mainmise n’était-elle pas à l’origine de ces pillages.
Elia Ravelomanantsoa : Sûrement mais ce serait trop manichéen de restreindre cette frustration à l’expression économique. Je pense aussi qu’il y a, au-delà de l’aspect purement matériel des choses, une volonté de se positionner contre cette oppression permanente. Nous sommes en face d’un peuple qui compte 60 % de jeunes, qui vit à l’heure des nouvelles technologies et qui admet de moins en moins toutes formes d’oppression sans dialogue.

Afrik.com : Pensez-vous à une émergence d’une conscience politique chez les jeunes ?
Elia Ravelomanantsoa : Une conscience politique s’est éveillée. Et ce que je fais s’inscrit dans cette logique. Je me suis mise un peu en recul du mouvement. Je pense qu’il faut une phase de réflexion en temps de crise. Préconiser une concertation nationale à tous les niveaux en terme de genre par exemple. Le fait d’être une femme politique et de surcroît transgénérationnelle me permet de fédérer certaines idées et construire, par cette concertation nationale, par des forums, une réconciliation des Malgaches avec eux-mêmes. Il faut que les jeunes prennent part à la vie politique. Et construire un parti, une structure politique, qui puisse être une structure de gouvernance avec un projet de société, des visions partagées. Il faut vraiment réfléchir à l’alternance, car je pense que c’est le gros problème du mouvement d’Andry Rajoelina. Il est arrivé tellement vite que personne a eu le temps de le structurer avec une projection possible et c’est ça qui fait que nous sommes dans cette situation.

Afrik.com : Le mouvement est en train de s’essouffler. Pensez-vous qu’il va disparaître ?
Elia Ravelomanantsoa : A mon avis, il ne retombera plus jamais. Quoiqu’il arrive, ce mouvement restera latent. La plupart des partis politiques se sont construits autour de Marc Ravalomanana. Le président n’a fait que frustrer l’opinion. On parle souvent de crise cyclique à Madagascar. Vous savez nous avons eu des crises qui ont duré 9 mois. Quand on pense qu’un mouvement s’essouffle à Madagascar, il reprend toujours. Le mouvement peut s’arrêter seulement si les négociations aboutissent à quelque chose. Par exemple, le 7 février nous le démontre clairement. On pensait que c’était terminé et puis la foule s’est rassemblée le samedi.

Afrik.com : Que peut faire Madagascar pour sortir du marasme économique ?
Elia Ravelomanantsoa : Le pays doit démultiplier le microcrédit. Les jeunes sont en train de prendre conscience des limites des grandes entreprises. Ces jeunes cherchent à devenir des patrons. Il faudrait impérativement démultiplier « le micropatronat » et les formations de métiers. D’un point de vue social, les jeunes mères doivent être accompagnées. Il y a beaucoup de monoparentalité à Madagascar. Le pays souffre d’un manque de structures sociales adaptées. Avant, il y a avait des lois communautaires, maintenant les mères doivent se débrouiller vraiment toutes seules.

Afrik.com : A votre avis, pourquoi les négociations ont-elles échoué ?
Elia Ravelomanantsoa : On le doit beaucoup au manque de volonté d’abord d’un des partis ou de chacun des partis à vouloir réellement négocier. Les torts sont partagés. Maintenant, il faut voir sur le terrain comment les choses évoluent. Quand le président dit qu’il veut négocier et que, par ailleurs, il fait des répressions armées, des menaces ou des arrestations… cela exacerbe et donne une autre dimension au conflit et fait échouer automatiquement les négociations. D’autre part, il est difficile de faire négocier deux structures qui ne sont pas équivalentes. Je veux dire par là que, d’un côté on a un appareil d’Etat et que, de l’autre, on a la cristallisation de plusieurs mouvements qui ne sont pas forcément homogènes. C’est peut-être la deuxième raison de l’échec des négociations. La troisième raison, c’est l’absence de projets derrière cette négociation. Il ne s’agit pas seulement de mettre deux personnes autour de la table et qu’ils se mettent d’accord. Et puis se mettre d’accord sur quoi ? Je pense que tout cela vient d’un manque de communication et du fait que la population se trouve encore et toujours exclue de ces négociations.

Afrik.com : Vous pensez que le rôle des Nations unies n’a pas été probant dans ces pourparlers…
Elia Ravelomanantsoa : Pour l’instant, ça n’a pas été probant. Il faudrait peut-être que les Nations unies aillent plus profondément, au lieu de ramener des schémas de Mauritanie ou d’ailleurs. Il faut aller plus profondément dans les causes et les maux de cette crise parce que ce n’est pas seulement un conflit entre deux égos …

Afrik.com : Serez-vous candidate aux Présidentielles de 2011 ?
Elia Ravelomanantsoa : Je suis déjà candidate à fédérer, à construire ce parti [dont elle exprimait précédemment les contours]. Ce que j’espère, c’est qu’il y ait des primaires dans ce parti. Il faut arrêter de focaliser un parti sur une personne. Il faut que de vraies structures survivent aux personnes. Même si je ne suis pas à la tête de ce parti, j’aiderai à le construire.

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MessageSujet: Est-ce le coup d'Etat ?   Lun 16 Mar - 20:59

Dans "Le Monde" de ce soir :
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/03/16/des-explosions-entendues-pres-du-palais-presidentiel-a-madagascar_1168235_3212.html#ens_id=1145198

Des militaires sont entrés, lundi 16 mars en début de soirée, dans les bureaux de la présidence malgache situés dans le centre d'Antananarivo et délaissés par le président, Marc Ravalomanana. Des tirs nourris ont été entendus dans les bâtiments.

Plus tôt dans la journée, le chef de l'opposition avait demandé aux forces de l'ordre d'arrêter "sans retard" le chef de l'Etat. "Andry Rajoelina est impatient de prendre ses fonctions", a-t-il dit en parlant de lui à la troisième personne devant ses partisans rassemblés dans la capitale, dont il est le maire déchu.

D'après le commandant de la gendarmerie nationale, des éléments de la garde présidentielle malgache ont fait défection au moment de réintégrer leur unité d'origine dans les forces armées. Une partie des forces de sécurité s'est d'ores et déjà rangée derrière l'opposition. Dans la matinée, deux explosions ont été entendues près du palais présidentiel mais, jusque-là, rien n'indiquait qu'il s'agissait d'une attaque de l'opposition ou de l'armée contre la résidence de Marc Ravalomanana.

L'Union africaine (UA), réunie d'urgence à Addis Abeba, a prévenu l'opposition et l'armée malgaches qu'elle condamnerait toute prise illégale du pouvoir à Antananarivo. "Si l'opposition veut s'emparer du pouvoir sans avoir rempli les obligations légales et constitutionnelles, ce sera un coup d'Etat et nous condamnerons", a affirmé à la presse le président en exercice du Conseil de paix et de sécurité de l'UA.

Les troubles de ces derniers mois à Madagascar ont fait 135 morts. Ils risquent de porter un coup très grave au secteur du tourisme, qui rapporte 390 millions de dollars de devises par an, et de faire fuir les investisseurs étrangers présents notamment dans la prospection pétrolière et minière. Malgré ses immenses richesses agricoles et minières, l'île est l'un des pays les plus pauvres d'Afrique.

Et sur le "film" de Sobiika :

19H20 : Les militaires du Capsat seraient a l'intérieur du Palais d'Ambohitsirohitra. 3 tirs de canons rocket en ont été tirés
19H15 : La banque centrale est "ouverte"par des militaires non confirmée. Des blindés ont tiré sur le palais Ambohitsirohitra.
19H11: des témoins parlent de tirs et explosions de rocket à Ambohitsirohitra (entendu depuis
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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Lun 16 Mar - 21:08

il y a 32 min sur


Reuters presse

Richard Lough et Alain Iloniaina


L'armée est intervenue dans la lutte pour le pouvoir à Madagascar en se rangeant aux côtés de l'opposition et en prenant le contrôle d'un palais présidentiel et de la banque centrale. Lire la suite l'article


L'OPPOSITION MALGACHE DEMANDE L'ARRESTATION DU PRÉSIDENT


Deux chars ont pénétré de force lundi dans l'enceinte du palais présidentiel, tandis qu'une forte explosion et des tirs étaient enregistrés dans le centre de la capitale, Antananarivo.

Le président Marc Ravalomanana, dont l'ancien maire de la capitale, Andry Rajoelina, réclame l'arrestation, ne se trouvait pas sur place. Il a trouvé refuge dans un autre palais, situé à une dizaine de km de la capitale.

"Le palais est occupé. C'était notre mission pour aujourd'hui. Pour l'instant, nous n'avons pas d'autres ordres", a déclaré à Reuters un colonel occupant le palais.

Prié de dire si l'armée envisageait d'envoyer des chars vers l'autre palais présidentiel, l'officier supérieur, qui a requis l'anonymat, a répondu: "Non. Pour l'instant, nous n'avons pas d'autres ordres".

"Impatient" de prendre le pouvoir, le chef de file de l'opposition a demandé à la police et à l'armée d'arrêter le chef de l'Etat.

"Je demande à l'armée et à la police, et à tous ceux qui le peuvent, de mettre en oeuvre l'injonction du ministre de la Justice, parce qu'Andry Rajoelina est impatient de prendre ses fonctions", a-t-il dit en parlant de lui à la troisième personne devant ses partisans rassemblés, mais en moins grand nombre qu'auparavant, dans la capitale.

Christine Razanamahasoa, nommée "ministre de la Justice" dans le gouvernement parallèle mis sur pied par l'opposition, avait annoncé un peu plus tôt devant le même rassemblement qu'elle ordonnait aux procureurs d'arrêter le chef de l'Etat.

Le chef d'état-major de l'armée malgache a déclaré que les militaires de la Grande Ile de l'océan Indien soutenaient "à 99%" Andry Rajoelina.

"Nous sommes ici pour le peuple malgache", a déclaré lors d'une conférence de presse le colonel André Ndriarijaona. "Si Andry Rajoelina peut régler le problème, nous sommes derrière lui".

La police et la gendarmerie étaient également représentées à la conférence de presse.

Auparavant, l'ex-maire de la capitale, démis de ses fonctions par son rival, avait rejeté la proposition du président d'organiser un référendum pour sortir le pays de la crise, qui a fait au moins 135 morts depuis le début de l'année.

"Le référendum est d'ores et déjà fait. La population s'est déjà exprimée. Il n'y a pas lieu d'organiser un référendum", a déclaré Rajoelina à la télévision nationale. "La démission de Ravalomanana, voilà la solution!", a-t-il ajouté.

TGV

Rajoelina, surnommé TGV pour son tempérament de fonceur, qualifie Ravalomanana d'autocrate dirigeant le pays comme une entreprise privée, tandis que ce dernier accuse son rival d'être un fauteur de troubles voulant s'emparer du pouvoir illégalement.

L'opposition a pris samedi possession de la Primature, les bureaux du Premier ministre, déclarant qu'elle assumait le pouvoir et promettant des élections d'ici deux ans.

Une mutinerie a éclaté il y a une semaine dans une importante caserne des environs d'Antananarivo, le Capsat, où des mutins ont réclamé le départ de l'actuel président tout en excluant la formation d'une junte militaire.

Lors d'une réunion d'urgence consacrée à la situation à Madagascar, l'Union africaine a condamné lundi une "tentative de coup d'Etat". De leur côté, les Nations unies ont dépêché Tiébilé Dramé, ancien ministre malien des Affaires étrangères, pour jouer un rôle de médiation.

Dramé a appelé lundi de ses voeux la constitution d'un gouvernement d'union nationale. "A l'issue de cette crise, Madagascar aura besoin d'un gouvernement de consensus qui devra aller au-delà de Ravalomanana et de Rajoelina", a-t-il dit à Reuters. "Madagascar doit tourner le dos au cycle de violence. La seule voie possible pour trouver une solution est celle du dialogue et de la démocratie".

Les troubles de ces derniers mois risquent de porter un coup très grave au secteur-clé du tourisme, qui rapporte 390 millions de dollars de devises par an, et de faire fuir les investisseurs étrangers présents notamment dans la prospection pétrolière et minière.

L'"Ile rouge" est, malgré ses immenses richesses agricoles et minières, l'un des pays les plus pauvres de l'Afrique où une bonne partie de la population vit sans électricité ou eau potable, avec moins de deux dollars par jour et par habitant.

Version française Eric Faye et Pascal Liétout
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MessageSujet: Re: Démocratie ?   Lun 16 Mar - 21:16

a vérifier


#madagascar 250 militaires, du capsat et de la gendarmerie viennent de prendre le palais présidentiel du centre ville


source :

http://twitter.com/virginie_f24/status/1337490527

sur France 24 depuis 30 mn
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MessageSujet: scoop   Mar 17 Mar - 16:02

D'après France 24, Marc Ravalomanana a démissionné
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MessageSujet: Re: Démocratie ?   

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