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 les trois V vola vody et voninahitra ou l etat de l ellite

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AuteurMessage
jipi zanatany
V.I.P.
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Date d'inscription : 01/05/2007

MessageSujet: les trois V vola vody et voninahitra ou l etat de l ellite   Jeu 15 Aoû - 9:34

reçu ce jour le 15 aout 2013 une très bonne analyse de l élite malgache qui mène de pays depuis des décennies







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> Longueur d’Onde 240713
> juil 22, 2013
> Les « 3 V » : VOLA, VODY, VONINAHITRA
> posted by Madsoa
> Comprendre et décrypter la psychologie et le mode de vie d’un Malgache n’est pas chose aisée car au-delà du folklore ambiant, il y a de nombreux non-dits, beaucoup de dissimulation et des postures plus ou moins élaborées ayant pour objectif de tenter de donner le change, généralement face aux étrangers mais aussi entre Malgaches, de même condition ou pas.
> Même si les plus cultivés et les plus éduqués d’entre eux, ceux qui disent constituer et représenter la pseudo élite et l’establishment, donnent l’image d’accepter de faire partie du reste du monde, d’en comprendre, d’en agréer et d’en partager les règles et les valeurs, il existe cependant des caractéristiques distinctives, des particularités persistantes, voire des tares indélébiles qui, irrémédiablement, rendent difficile voire empêchent le franchissement de certains paliers pourtant nécessaires à une véritable évolution et partant, nécessaire à un véritable développement à la fois personnel, spirituel, social et matériel.
> Le triptyque que sont le « Vola » (l’Argent), le « Vody » (le Sexe et la Luxure) et le « Voninahitra » (l’Autorité et le Pouvoir), symbolise, entre autre, ces particularités persistantes et ces tares indélébiles qui président à la destinée de nombre de dirigeants qu’a eu à connaitre et que connait actuellement Madagascar ; pays en proie à une crise interminable, rongé et sclérosé par la corruption et la cupidité de ceux qui s’approprient les rênes du pouvoir et de leurs nombreux supplétifs qui constituent une classe dirigeante – petite bourgeoisie désuète et hétéroclite, disparate, faite de fortunes et d’origines diverses, d’arrivistes, d’opportunistes, de petites frappes, de rabatteurs, d’aboyeurs professionnels et autres mercenaires sans foi ni loi vivant leur existence par procuration et soumission aveugle - clairement malade et qui refuse toute critique et autocritique.
> Le « Vola » (l’Argent)
> Bien que Madagascar soit classé parmi les pays les plus pauvres de la planète (dorénavant le pays le plus pauvre au monde selon un responsable de la Banque Mondiale <http://www.rfi.fr/emission/20130722-madagascar-pays-pauvre-monde-responsable-banque-mondiale> ), le train de vie dispendieux de certains parvenus en dit long sur le rapport et la dévotion que ceux-ci ont vis-à-vis de l’argent. Cet argent qui devient une sorte de sésame, de source d’impunité et de culte de la personnalité, de permis, de passeport et du droit à tout faire, instrument tout puissant autorisant tous les abus, toutes les extravagances et bien évidemment nombre de futilités dégradantes pour eux-mêmes, pour les autres et surtout pour leur pays.
> C’est dès le plus jeune âge que l’on enseigne l’amour de l’argent et les multiples façons de s’en procurer dans une société gangrenée par une misère matérielle et intellectuelle grave.
> L’éducation et le système scolaire étant ce qu’ils sont après des décennies de renoncement et de délitement, les conséquences sont un taux d’abandon phénoménale, un cursus scolaire le plus souvent réduit au strict minimum et un niveau de formation et d’éducation qui confine ceux qui sortent du système scolaire à des activités favorables à l’apprentissage et à l’acquisition de réflexes qu’ils garderont malheureusement toute leur vie.
> C’est ainsi que l’on conditionne les Malgaches à toutes sortes de dérive, l’illégalité devient légalité, la corruption autorise et permet tous les vices. Le plus souvent, même ceux qui ont atteint des niveaux - d’apparence honorable - au bout de leur cursus scolaire, le doivent le plus souvent à leur capacité à monnayer diplômes et autres certificats d’aptitude. La corruption n’est pas une matière que l’on enseigne, mais c’est un outil illégal qu’il convient de connaitre sur le bout des doigts. Revers de la médaille, nombre de jeunes pourtant parfois dotés de véritables talents mais sans le sou pour payer ceux qui exigent et décident - Professeurs, Recteurs, Inspecteurs et autres Président du jury, ministres - ne peuvent accéder à des niveaux supérieurs de formation. Bloqués, entravés et découragés, ces talents potentiels finissent irrémédiablement dans les mêmes travers que ceux qui se sont sciemment et littéralement achetés une posture au travers de CV bidonnés et de recommandations falsifiées.
> C’est comme cela, de décennie en décennie, que s’est construite une société malgache au rabais, baignée dans la culture du mensonge, de la tromperie, de la tricherie et de la dissimulation.
> Au bout du compte, toutes les classes de la société sont gangrénées par une corruption généralisée, incrustée dans tous les interstices. Aucune institution de l’Etat n’y échappe. La Justice, l’Armée, les fonctionnaires, le Personnel de santé, la Police, la Gendarmerie, l’Education nationale, les médias… du plus petit Fonkontany en passant par les Mairies, les sous-préfectures, les préfectures, les ministères, l’Assemblée, le Gouvernement et la Présidence, il n’est qu’un seul mot d’ordre, un seul signe de reconnaissance et de ralliement : Corruption.
> La Justice, institution ô combien symbolique qui devrait d’abord respecter et ensuite dire le droit, chantre de l’équité sociale, se fourvoie et renie ses valeurs et son éthique en donnant systématiquement raison à celui qui est en mesure d’acheter ses décisions, si bien qu’à Madagascar, il est de bon ton de dire qu’il vaut mieux être à la place d’un délinquant plein aux as, que d’une victime sans le sou.
> Tout acte se monnaye, même ceux qui sont censés être gratuit. L’on paye pour une simple signature, l’on paye même pour quelque chose qui vous revient de droit ou qui vous appartient, l’illégalité devient la normalité, les abus de pouvoir une constante, un mode de vie, la norme.
> La classe politique est la démonstration sans équivoque des dérives qu’engendrent l’appât et l’amour immodéré de cet argent tout puissant. Par son train de vie, sa toute puissance et son impunité, elle attire tous ceux qui aspirent à gravir rapidement les échelons de la société. Il en résulte la politique du ventre et son corollaire que sont les crises cycliques. Tout dépositaire du pouvoir, infime soit-il, exerce pouvoir et pression dès que l’occasion se présente.
> La société civile, les opérateurs économiques en tête, n’est pas en reste et se substitue le plus souvent à l’autorité de l’Etat quand celle-ci est défaillante (situation constante) à travers le pouvoir que lui procure ses moyens financiers et ses réseaux parallèles et tentaculaires. Passe-droit, chantage, menace, escroquerie sont monnaies courantes, l’autorité de l’Etat ou de la Justice n’étant, le plus souvent et pour cause, pas un recours pour les victimes, les plus faibles et les démunis.
> L’Eglise n’est pas épargnée par le phénomène. Pour un pays baignant littéralement dans la misère, la religion et les miracles que l’on en attend, attirent toujours plus de fidèles en quête de mieux être et de soulagement face à une vie sans perspective. Alléchés et tentés par des chalands toujours plus nombreux et crédules, les gourous et autres sectes se sont multipliés comme des petits pains, promettant bonheur et prospérité à condition de payer d’abord. Quant aux religions traditionnelles, catholique, protestant etc. confondus, celles-ci se sont depuis longtemps fourvoyées en devenant elles-mêmes des supplétifs des hommes politiques et y ont perdu leur âme en monnayant leurs services au plus offrant.
> Bien sûr, la société malgache n’est pas composée que de corrupteurs et de corrompus, cependant, cette frange-là ne constitue qu’une toute petite minorité, souvent moquée, parfois vilipendée, qualifiée d’ « idiots » pour la droiture, l’éthique et les valeurs qu’elle essaye de défendre à défaut de pouvoir l’imposer. Les autres, eux, vivent au jour le jour au grès des transactions réussies, des arnaques et des bénéfices immédiats qu’ils en retirent.
> Le « Voninahitra » (l’autorité et le pouvoir)
> Le proverbe dit : « La fin justifie les moyens ». Si la fin est le « Voninahitra » (l’autorité et le pouvoir), les moyens sont le « Vola » (l’argent).
> Toute l’énergie engagée et dépensée dans la conquête et l’amassement d’une fortune, dont l’origine est dans la quasi-totalité des cas douteuse, n’a finalement qu’un but, le « Voninahitra » ou l’autorité, le pouvoir.
> Peu importe l’ampleur de cette autorité et de ce pouvoir, la durée de vie effective de celui-ci, il s’agit, et dès le premier instant de son acquisition, d’en profiter au maximum, de s’en servir pour assouvir nombre de fantasmes jusque-là inaccessibles faute de moyen et du pouvoir particulier que procure ses moyens sur la masse incroyablement majoritaire des démunis, des sans le sou, des vulnérables.
> Ce n’est certes pas un mal en soit que de pouvoir profiter des fruits de son travail, sauf qu’à Madagascar, et aussi incroyable que cela puisse paraitre, personne ne peut prétendre n’avoir eu, au moins une fois dans sa vie, à corrompre ou d’avoir été victime, consentante ou non, de la corruption et cela sous toutes ses formes.
> La quête de l’argent sert avant tout à se fabriquer de toutes pièces une stature sociale. On force le destin en s’achetant et en s’accoutrant d’accessoires qui permettent ensuite de s’imposer et d’imposer aux autres une forme de reconnaissance sociale. Point ici d’étapes intermédiaires, de phase d’apprentissage, d’acquisition de certains codes ou de certaines normes pourtant utiles et obligatoires.
> C’est ainsi que sont catapultés de parfaits « ignares » des us et coutumes, de la bienséance, de l’esprit et de la culture. Passant d’un monde à l’autre avec l’assurance que leur fortune, petite ou grande, leur ouvrira forcément toutes les portes, ce qui est évidemment le cas au sein d’une société où le vice et l’apparence sont un mode de vie, une quête perpétuelle.
> Les hommes politiques agissent le plus souvent ainsi mais pas que. Les hommes d’Eglise, les médias, ceux chargés de rendre la Justice, les milieux d’affaires, chaque catégorie dispose de sa propre filière, de ses petites combines et de ses réseaux. Il en résulte un corporatisme qui impacte l’organisation et le fonctionnement de toute la société avec des phénomènes très prononcés d’exclusion, d’exclusivité, d’opposition, de fragmentation, de concurrence malsaine et improductive.
> En effet, le phénomène s’est tellement imposé qu’il devient impossible de différencier les nombreux « ripoux » et autres « mafieux » des gens honnêtes. D’ailleurs, la première catégorie est en train de prendre irrémédiablement le pas sur l’autre, car crise politique et économique aidant, avec une situation qui s’aggrave d’année en année, le seul moyen de gravir l’échelle sociale et de s’offrir un statut d’apparence respectable est de truander, parfois de façon sophistiquée avec un brin d’intellect et de technique fastidieuse, mais le plus souvent de façon brutale sans aucune considération pour les nombreuses victimes et les cadavres qui tapissent les voies qui mènent à la gloire et au pouvoir, aussi éphémère soit-elle.
> Tout ceci est évidemment illusoire et surtout pathétique quand l’on sait qu’à ce jour, 92% de la population malgache vit sous le seuil de pauvreté, soit plus de 9 Malgaches sur 10.
> Quelle fierté peut-on bien tirer de faire partie de ce microcosme, fait de faux-semblant, d’artifices cousus de fil blanc ? Quelle fierté peut-on bien tirer de parader au milieu de quasi « morts-vivants » qui tapissent et hantent les villes et les campagnes ? Quelle fierté peut-on bien tirer de se travestir, de mentir en permanence sur ses compétences et ses véritables origines ?
> Ce genre de question ne se pose pas dans ce milieu, on y est et on fait tout pour y rester, en cultivant un égoïsme et un nombrilisme pathétiques.
> C’est ainsi que la société malgache sombre jour après jour, incapable de produire des élites, des penseurs ou des leaders conscients de la gravité de la situation, de la destruction des valeurs les plus élémentaires en termes de droit et de liberté. En lieu et place, nous devons nous contenter d’une kyrielle de petits chefs, de leaders virtuels, les uns plus arrogants que les autres.
> Le développement d’internet, notamment des réseaux sociaux et leur adoption par une frange ultra minoritaire, celle qui en a les moyens, n’a fait qu’exposer aux yeux du monde le nombre de cas sociaux qui constituent en grande majorité la société malgache connectée. On y vante des compétences qui, ailleurs dans le monde, font gentiment sourire. On s’y invente une identité et une stature surfaite. On y gonfle les muscles contre un ennemi imaginaire à défaut de reconnaitre ses propres turpitudes, ses faiblesses et son incapacité à faire bouger les lignes et à changer le monde et d’abord le leur. C’est et ça restera un lieu virtuel qui ne résiste pas à la réalité du quotidien, une forme d’exutoire où s’exprime toute la frustration d’une faune qui sait que la pérennité de son avenir dépend de l’état de la société dans laquelle elle vit et de laquelle elle ne peut se soustraire malgré ses circonvolutions frénétiques.
> Cependant et non content de s’avachir et de baigner dans cette crasse immonde, l’ultime but et récompense à atteindre est le « Vody » (le sexe et la luxure).
> Le « Vody » (le sexe et la luxure)
> Car non seulement ces parvenus se croient être la crème de la crème en termes d’intelligence humaine, mais le « Vola et le Voninahitra » (l’argent, l’autorité et le pouvoir) réunis, leur est nécessaire pour atteindre ce qu’ils considèrent comme la forme ultime de domination, celle que l’on impose et fait subir aux autres, notamment aux femmes.
> La valeur d’un homme ou d’une femme, dans cette société malgache en régression, ne se mesure pas à la quantité et à la qualité de leurs réalisations. Non, elle se mesure avant tout à l’aune des conquêtes sexuelles des uns et des autres. Les histoires et les témoignages sordides à ce sujet sont légions.
> La dépravation, la luxure sous des formes plus ou moins sophistiquées occupent en grande partie l’agenda de ceux qui ont acquis un certain niveau d’autorité et de pouvoir. Leur vision du monde, leur capacité de réflexion est gravement altérée par cette quête quasi « divine » du sexe dans sa forme la plus élémentaire, la plus bestiale.
> Une grande partie de la société malgache est organisée autour et pour cette quête. Les femmes en sont les principales victimes. Elles sont considérées comme de la marchandise ou des trophées que l’on exhibe, que l’on collectionne. Pas un responsable politique qui n’entretienne une écurie, pas un déplacement officiel qui n’intègre une séquence de dépravation avec des femmes triées sur le volet et que l’on oblige à satisfaire les bas instincts de ceux qui détiennent ne serait-ce qu’une once d’autorité. Evidemment, il n’y a pas d’âge pour servir d’instrument de plaisir à ces dépravés qui détruisent des vies à tour de bras sans jamais avoir de remords par rapport à leur comportement déviant.
> La religion et les religieux, une fois encore, n’ont aucune réponse à donner face à ce pourrissement de la société. Au contraire, les responsables des églises encouragent même certains comportements sous prétexte que c’est la seule façon d’assurer l’avenir.
> Au vue de la situation que connait Madagascar, que l’on ne s’étonne donc pas que ce pays s’effondre littéralement et se classe dorénavant en dernière place des pays les plus pauvres au monde.
> Les conflits politiques ne sont qu’une des facettes de la faillite de ce pays, et à l’allure où vont les choses, il faudra plus d’une génération pour régénérer une population confrontée à la plus grave crise intellectuelle, culturelle, économique et sociale que ce pays ait eu à connaitre de toute son histoire
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