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 Contes et légendes de Madagascar

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SIFAKA

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MessageSujet: Contes et légendes de Madagascar   Sam 12 Aoû - 22:18

LE CHAT ET LE RAT D'EAU (1)
(Betsimisaraka)

Le père des chats se trouvant, un jour, au bord d'une rivière, qu'il
voulait traverser pour se rendre sur la rive opposée, demanda au rat
de lui faire passer l'eau.
Arrivé au milieu de la rivière, le rat qui portait le chat sur son dos, se dérobe et le fait plonger. Le chat gagna la rive à grand'peine. Ayant touché terre, il réunit ses
enfants et ses petits enfants : « Voilà ce que m'a fait le rat, leur
dit-il; c'est une insulte qui vous atteint tous. Aussi pour nous
venger, détruisons cette race maudite et chaque fois que l'un de ses
représentants se trouvera sur notre passage, mangeons-le, tuons-le
(2). »

(1).Recueilli à Mananjary (côte sud-est de Madagascar), où il m'a été
raconté par une femme Betsimisaraka.
(2).L'expression 'mangeons-le, tuons-le', s'emploie à l'égard de tout
ennemi, homme ou bête, dont on a juré la perte. Elle s'applique
souvent, dans les discours officiels, à ceux qui menacent ou
menaceraient la paix du royaume.

Extrait de:
CONTES POPULAIRES MALGACHES
Recueillis, traduits et annotés par
Gabriel FERRAND
Paris, 1893, Ernest Leroux Editeur.
Nendeln, 1974, Kraus Reprint.
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SIFAKA

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MessageSujet: Re: Contes et légendes de Madagascar   Sam 12 Aoû - 22:47

RANORO

Il y a des siècles, au temps du peuple légendaire, les Vazimba, qui furent les
ancêtres des malgaches, il existait, dit-on, des ZAZAVAVINDRANO ou des Filles de
l'Eau.

Or un jour, Andriambodilova, tandis qu'il se reposait au bord de la Mamba,
aperçut au milieu de la rivière une merveilleuse jeune fille assise sur un
rocher.
Il resta muet d'admiration devant tant de beauté. Ses cheveux étaient si longs
qu'ils trempaient dans l'eau et ses yeux si grands, qu'ils semblaient refléter
tout le paysage.
Elle rêvait, le regard perdu vers Analamanga, "la forêt Bleue", où est bâtie,
à présent, Tananarive.
Andriambodilova contemplait la ravissante créature sans oser bouger ni parler.
Mais voulant tout de même lui exprimer son admiration, il se mit à chanter. Il
avait une jolie voix très douce et le chant monta vers le ciel bleu où passait,
lentement, un vol de Vorompotsy (héron blanc).
La belle aux longs cheveux, après avoir écouté pendant quelques instants,
plongea et le jeune homme, déçu, resta longtemps les yeux fixés sur le rocher,
en l'appelant en vain.
Pendant plusieurs jours, Andriambodilova revint à la même place et à la même
heure. L'Ondine était là, comme fidèle au rendez-vous, mais dès qu'il
l'appelait, elle disparaissait.

Il décida alors d'user d'un stratagème et un matin, nageant sans bruit entre
deux eaux, il s'approcha de la roche où semblait dormir l'Ondine et saisit une
de ses longues mèches qui flottaient sur l'eau comme de souples algues.
Elle ouvrit de grands yeux étonnés et voulut plonger, mais le jeune Vazimba
n'avait pas lâché prise et elle ne put bouger. Il monta alors sur la roche, à
côté d'elle.
- Je ne m'enfuierai pas, dit-elle et sa voix était aussi douce que son regard.
Ne tire plus sur mes cheveux, tu me fais mal. Que me veux-tu?
-Dis-moi quel est ton nom? Je ne peux plus vivre sans toi. Veux-tu être ma
femme?
- je m'appelle Ranoro, fille d'Andriantsira (le seigneur -du-sel); j'habite le
fond de la rivière avec le peuple des Ondes, dans les Grandes Cavernes où l'eau
ne pénètre pas. C'est le plus beau pays du monde, mais moi aussi je t'aime et je
veux bien rester sur la terre. Si j'ai plongé plusieurs fois, ce n'était que
pour t'éprouver, car lorsque l'amour n'est pas partagé, il est comme un fleuve
tari. Emmène-moi dans ta case, je serai ta femme, mais à une condition, c'est
que tu ne prononces jamais devant moi le mot "sel".
Andriambodilova promit et, tout à son bonheur, il emmena sa fiancée dans la
belle case qu'il possédait, un peu à l'écart du village. Et tandis qu'elle
marchait, Ranoro releva ses cheveux pour qu'ils ne traînent pas dans la
poussière.

Les années passèrent et ils étaient heureux, ils eurent beaucoup d'enfants.
la suite de la légende Vazimba :

Un matin, Andriambodilova décida de s'absenter toute la matinée pour retourner son champ. Avant de partir, il recommanda à Ranoro d'attacher le veau car il désirait le sevrer et traire la vache à son retour.
Mais Ranoro, qui était très étourdie, se trompa et attacha le veau par la queue, puis rentra dans la maison. Cela n'était pas du goût du jeune animal et il se débattit si bien qu'il se détacha. Après quoi, il n'eut rien de plus pressé que d'aller rejoindre sa mère et de boire tout le lait.
Lorsque Andriambodilova revint des champs, il aperçut de loin le veau qui gambadait autour de la vache. Il se mit dans une grande colère et la colère, chacun le sait, est une bien mauvaise conseillère.
-Tu n'es bonne à rien ! cria-t-il. Tu ne seras toujours qu'une Fille-du-Sel.
A peine eut-elle entendu le mot fatal que, même sans prendre le temps d'embrasser ses enfants, Ranoro courut vers la rivière et plongea.
Andriambodilova cria :
-Mais taisez-vous donc, Enfants-du-Sel.
Ce n'est certes pas cela qui arrangea la situation car Ranoro ne revint plus jamais sur la terre.
On raconte cependant qu'elle se montrait en songe à son mari et à ses enfants pour les conseiller.
Elle se montrait aussi aux gens du pays et leur aurait dit :
-Si vous vous souvenez de mes bien faits, je continuerai à vous protéger et si vous venez à la Maison de pierre où je me suis réfugiée, je vous aiderai.
L'endroit où, d'après la tradition, Ranoro se serait jetée dans la rivière est devenu sacré. C'est au village d'Andranoro près de Tananarive que se trouve "la Maison de pierre", lieu du pèlerinage.
Cette Maison de pierre est une grotte pleine d'eau, près d'un grand rocher où elle aurait déposé som lamba avant de disparaître.
Tous ceux qui passe invoquent Dame-Ranoro-la-Sainte. Son intervention est, dit-on, très efficace en toutes circonstances.
Mais ce n'est pas moi qui suit le Menteur...

Veloma

Annick

Annick est une amie zanatany qui vient de ressortir ce conte , véritable trésor du patrimoine culturel de Madagascar



pour vous aider à mieux comprendre ce conte:

http://www.midi-madagasikara.mg/textes/cu051003.htm
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SIFAKA

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MessageSujet: Re: Contes et légendes de Madagascar   Dim 13 Aoû - 0:51

on trouve 4 jolis contes sur ce lien:

http://www.lft.mg/fc/letmadseqped02.php


et un petit cours magistral sur la littérature malgache
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SIFAKA

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MessageSujet: Re: Contes et légendes de Madagascar   Dim 13 Aoû - 1:45








conte de ma collection personnelle qui date de 1947, et dommage car pour rendre lisible le texte , j'ai enlevé quelques gravures pour agrandir le texte
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MessageSujet: Re: Contes et légendes de Madagascar   Jeu 17 Aoû - 0:07

encore un cadeau d'une amie



ORIGINE DE L'HUMANITE :
HISTOIRE DE LA PREMIERE FEMME
(Mahafaly, recueilli à Ampanihy)

A l'origine, Dieu avait créé trois êtres, deux hommes, Imanao et Imanafy, et une femme, Imananjary. Tous trois habitaient la terre, mais comme ils vivaient chacun d'un côté et très loin les uns des autres, ils ne s'étaient jamais vus et ignoraient mutuellement leur existence.
Un jour, Imanao qui s'ennuyait d'être toujours seul, eut l'idée, pour se distraire, de sculpter dans le bois une femme de grandeur naturelle, aloalo. Il y mit tout son talent et la statue fut rapidement éxécutée. Fier de son oeuvre, il ne cessait de contempler sa femme de bois sous toutes les faces, et de jour en jour la trouvait plus ravissante. Il conversait avec elle du matin au soir et la nuit ne pouvait plus s'en séparer, tant il s'y était attaché. Cette forme féminine charmait tous ses instants et sa présence l'aidait à supporter la solitude. Il l'avait placée sur le bord de la route, bien exposée à la lumière, pour mieux la voir pendant qu'il vaquait à ses occupations journalières.
Imanafy, en se promenant dans la campagne, aperçut un jour l'élégante silhouette; il fut frappé de sa beauté, mais sa nudité le choqua, aussi voulut il la parer et l'habiller comme une idole. Immédiatement, elle fut revêtue de riches étoffes de soie aux brillantes couleurs et couverte de beaux bijoux d'or travaillé.
Peu après vint à passer également Imananjary, désolée de vivre seule dans sa cabane, sans mari et sans enfants, et qui errait par monts et par vaux pour tromper son ennui. Lorsqu'elle vit sur son chemin la gracieuse image qui lui souriait, elle crut à une apparition céleste et remercia le Créateur d'avoir exaucé son voeu. Elle tomba à genoux et toute en larmes, implora ardemment Ndrianananhary, le conjurant de donner la vie à cette forme inerte. Elle lui promit, s'il animait la statue, de l'aimer et de la soigner comme son propre enfant.
Touché de ses prières, Dieu consentit et dit à Imanajary de coucher avec la femme de bois, si elle voulait réaliser son désir. La nuit venue, Imananjary prit l'idole entre ses bras, le caressa longtemps comme un nourrisson chéri, et s'endormit en la pressant sur son sein.
Mais qu'elle ne fut pas sa surprise de sentir la matière s'animer et de voir au matin le bois sculpté se tranformer en une jeune et belle fille. Elle était folle de joie et rendait grâces au Créateur de l'avoir exaucée, lorsque survinrent Imanao et Imanafy. Ceux-ci en présence du prodige, n'en crurent pas leurs yeux, mais ayant repris leur sang-froid, ils réclamèrent leur jeune fille à Imananjary, comme étant leur oeuvre commune.
Celle-ci refusa et en appela à Ndriananaharypour le règlement de l'affaire. Dieu, pour les mettre d'accord, en décida ainsi :
"Imanao sera le père de la fille, puisque c'est lui qui l"a faite en sculptant son image dans le bois ; Imananjary en sera la mère, car c'est elle qui lui a donné la vie en la réchauffant dans ses bras ; quant ç Imanafy, qui l"a habillée et ornée avec tant de goût et d'aùour, il mérite d'être le mari. J'ai dit."
Les parties acceptèrent cet arrangement, et pour le complèter, Imanao épousa Imananjary, bien que Ndriananahary ne l'eût point dit.
De ces deux couples descendirent tous les hommes qui vivent aujourd'hui sur la terre.
C'est pourquoi, depuis dcette époque, en éxécution des ordres de Ndriananahary, la coutume veut que l'homme donne des vêtements à sa femme. Mais celle-ci conserve le droit de reprendre sa liberté, si son conjoint se dérobe à cette obligation qui est un devoir sacré, imposé par le Créateur. Aussi, c'est pour cette raison que les Mahafaly et les Antandroy tiennent encore le talent de leur ancêtre pour la sculpture des aloalo."------


Ce sont "les contes et légendes du Sud-Ouest de Madagascar" de Raymond Decary- Tome XI.
voici quelques petites notes que Decary a écrit à propos de la légende Mahafaly :

1) Dans leur religion traditionnelle, les malgaches croient en un Dieu tout puissant, créateur du monde et qui suivant les régions, porte le plus souvent les noms d'Andriamanitra ou Zanahary. On ne connait pas exactement sa nature, qui doit cependant être immatérielle. S'il est toujours invoqué dans les prières, on s'adresse aussi fréquemment à des divinités secondaires, et surtout aux ancêtres, devenus eux-mêmes des Dieux, car pour eux : "quand un individu meurt, il part pour être Dieu".

2)Cette parure de bijoux d'or semblait permettre de considérer la statue de bois comme étant d'essence supérieure. L'or fut longtemps regardé comme un métal sacré, un peu comme une émanation divine. On éprouvait pour lui, surtout dans le SUD, une sorte d'adoration et le serment sur l'or, dit du Ranovolamena, se pratique sans doute encore de temps à autre dans la brousse, conservant alors la valeur de notre serment sur la Bible ou la croix de Christ.

3) Andriananahary : le seigneur qui a eu le pouvoir de créer, ou Ndriananahary (abrévation dialectale)

Zanahary : qui est divin

Andriamanitra : le seigneur odorant


Ba Betsaka

Annick
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MessageSujet: Re: Contes et légendes de Madagascar   Lun 16 Oct - 0:00

Citation :
Fable malgache

Un jour, un serpent et une grenouille se rencontrèrent.
- Où allez-vous ainsi, vénérable frère ? demanda la grenouille.
Le serpent répondit avec colère :
- Je vais tout droit mon chemin.
Le serpent n'ajouta rien, mais la grenouille, qui était très curieuse et très bavarde, demanda encore :
- Pourquoi changez-vous de peau de temps en temps ?
- Pour me faire beau, grogna le serpent.
- Et pourquoi remuez-vous la queue comme si vous étiez en colère ? reprit l'imprudente grenouille. Pourquoi votre langue s'allonge-t-elle comme une flèche ? Pourquoi jetez-vous la tête en avant, comme pour effrayer les gens ? Et pourquoi rampez-vous sur le ventre tout le long de l'année ?
Le serpent trouva ces questions fort impertinentes. Il se tourna vers la grenouille en disant :
- Et vous, pourquoi vos yeux sont-ils à fleur de tête ?
- Parce que je suis une grenouille de la plus belle espèce, dit-elle.
- Et pourquoi tenez-vous la bouche si grande ouverte ?
- Parce que j'ai toujours des messages à porter, et que je prends part à beaucoup de conversations.
- Et que faites-vous tout le long du jour ?
- Le soir je chante. A minuit j'appelle : " Qui va là ? ". Le matin, je crie : " Qui êtes-vous ? "
- Eh bien ! je vais vous faire voir qui je suis! dit le serpent et, ouvrant la bouche, il avala la pauvre grenouille.
Et c’est depuis ce temps-là que les serpents poursuivent les grenouilles et les mangent.



MERCI à http://www.chez.com/feeclochette/Ailleurs/serpent.html pour cette jolie fable.
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MessageSujet: Re: Contes et légendes de Madagascar   Lun 16 Oct - 0:09

encore un conte de la fée Clochette :

Les trois sœurs et Itrimoubé

Citation :


Conte malgache

Il y avait une fois un homme et une femme qui avaient trois filles. La plus jeune, appelée Ifara, la plus était la plus jolie. Une nuit, Ifara fit un rêve et le lendemain elle le raconta à ses sœurs.
- J'ai rêvé, dit-elle, que je voyais le Fils du Soleil descendant sur la terre pour chercher une femme et, le croiriez-vous ? il me choisit pour être son épouse. Les deux autres sœurs furent vexées en entendant cela et elles se dirent : " Elle est certainement bien plus jolie que nous, et qui sait si un grand chef ne viendra pas pour l'épouser ? Il nous faut chercher un moyen de nous débarrasser d'elle. Mais voyons d'abord si tout le monde la trouvera la plus jolie. "
Elles appelèrent Ifara et lui dirent de s'habiller pour sortir avec elles. La première personne qu'elles rencontrèrent fut une vieille femme.
- Oh! bonne mère, crièrent les deux sœurs, quelle est la plus jolie de nous trois ?
La vieille répondit : " Ramatoua n'est pas mal, Raïvou non plus, mais c'est Ifara qui est la plus belle. "
Alors Ramatoua enleva à sa jeune sœur sa robe de dessus.
Elles rencontrèrent un vieillard et lui dirent :
- Oh ! bonhomme, quelle est la plus jolie de nous trois ?
Le vieillard fit la même réponse que la vieille femme, et Raïvou dépouilla Kara de sa robe de dessous.
Ensuite elles rencontrèrent Itrimoubé, un monstre moitié homme, moitié taureau, avec une longue queue pointue.
- Voici Itrimoubé, dirent les deux sœurs, et elles lui crièrent : " Itrimoubé, quelle est la plus jolie de nous trois ? "
Itrimoubé poussa un grognement et répondit : " Ça n'est pas difficile à dire, c'est Ifara. "
Les deux sœurs étaient pleines de rage, et elles se dirent : " Nous ne pouvons pas la tuer nous-même mais nous lui ferons cueillir les légumes d'Itrimoubé alors, il sera en colère, et il la mangera ".
Elles appelèrent Ifara et lui dirent :
- Jouons à qui ramassera les plus gros ignames.
- Où faut-il aller ? dit Ifara.
- Là-bas, dirent ses sœurs en lui montrant champ d'Itrimoubé. Mais cueille seulement ceux viennent juste de pousser.

Quand Ifara rapporta ses ignames, elle vit qu'ils étaient beaucoup plus petits que ceux de ses sœurs. Elles se moquèrent d'elle et lui dirent : " Va vite en chercher d'autres. "
Quand Ifara fut de retour dans le champ d'ignames, elle vit arriver Itrimoubé galopant sur ses quatre pieds ; il la saisit en s'écriant : " A présent, je t'y prends ; c'est toi qui voles mes ignames; je vais t'avaler. "
- Oh ! non, non, dit la pauvre Ifara pleurant, laissez-moi plutôt être votre femme, et je vous servirai bien.
- Viens, alors, dit Itrimoubé, et il l'emmena dans sa hutte, mais son idée était de l'engraisser pour la manger ensuite.

Les deux sœurs furent ravies voir le monstre emmener Ifara. Elles coururent à leur maison, racontèrent à leurs parents qu'Ifara avait volé les ignames d'Itrimoubé, et que celui l'avait mangée. Le père et la mère pleurèrent amèrement sur le sort de leur chère fille.

Pendant ce temps, Itrimoubé engraissait Ifara; il la tenait enfermée dans la maison, cousue dans une natte, pendant qu'il allait chercher toutes sortes de choses pour lui donner à manger, et il commençait à penser qu'elle était bien dodue et qu'elle devait être bonne à rôtir.

Un jour qu'Itrimoubé était sorti pour toute la journée, Ifara vit une petite souris qui lui dit : " Donne-moi un peu de riz blanc, Ifara, et je te dirai quelque chose. " Ifara lui donna un peu de riz blanc, et la petite souris lui dit :
- Demain, Itrimoubé va te manger, mais je rongerai le fil qui tient la natte et tu pourras te sauver. Prends avec toi un œuf, un balai, un bâton et un caillou bien roulé et poli, et mets-toi à courir du côté du sud.
Quand la petite souris eut rongé le fil qui tenait la natte, Ifara prit un œuf, un balai, un bâton et une pierre polie, et elle se sauva bien vite, après avoir mis à sa place un tronc de bananier et fermé la porte.
Quand Itrimoubé rentra, apportant un grand pot et une sagaie pour tuer Ifara et la faire bouillir, il trouva la porte fermée. Il frappa et appela; personne ne répondit.
- Bien, pensa-t-il. Ifara est devenue si grasse qu'elle ne peut plus bouger !
Il brisa la porte et, courant droit vers le lit, il enfonça son arme dans le tronc de bananier, croyant tuer Ifara.
- Comme Ifara est grasse, dit-il, ma sagaie s'enfonce toute seule !
Il la retira et passa la langue dessus.
- Elle est toute en graisse et tout à fait insipide. Elle sera peut-être meilleure rôtie !
Mais, en ouvrant la natte, il vit le tronc de bananier, et il fut très en colère. Il sortit et huma l'air vers nord : rien ; il huma l'air vers l'est : rien ; vers l'ouest rien ; il huma l'air enfin vers le sud : " Ah! cette fois, je la tiens ! "
Il se mit à galoper, et bientôt il atteignit Ifara.
- Maintenant, je t'aurai ! cria-t-il.
Ifara jeta à terre son balai, criant : " Par ma mère et par mon père, que ce balai devienne un fourré qu'Itrimoubé ne puisse pas traverser ! "
Voilà le balai qui s'allonge, qui grossit, et qui devient un énorme fourré !
Mais Itrimoubé enfonça sa queue pointue dans fourré et se fit un chemin et il cria :
- Maintenant, je t'aurai, Ifara !
Ifara jeta l’œuf à terre, en criant :
" Par mon père et par ma mère, que cet œuf devient un étang qu'Itrimoubé ne puisse pas traverser! "
L’œuf se cassa et devint un étang très profond.
Mais Itrimoubé se mit à boire l'eau et quand l'étang fut à sec, il passa et cria :
A présent, je t'aurai Ifara!
Alors Ifara jeta son bâton à terre, en criant : " Par mon père et par ma mère, que ce bâton devienne une forêt qu'Itrimoubé ne puisse pas traverser! "
Le bâton devint une forêt dont toutes les branches s'entrelaçaient. Mais Itrimoubé coupa les branches avec sa queue jusqu'à ce qu'il ne restât plus un arbre debout. " Maintenant, je t'aurai, Ifara! "
Mais Ifara jeta un caillou roulé à terre en criant : " Par mon père et par ma mère, que ce caillou devienne une barrière de rochers. " Le caillou grossit, grandit, et devint un rocher perpendiculaire, et il fut impossible à Itrimoubé de le gravir. Alors, il cria : " Tire-moi en haut, Ifara, je ne te ferai point de mal. ".
- Je ne te tirerai pas en haut, si tu ne plantes d'abord ta sagaie dans la terre ", dit Ifara. Itrimoubé planta sa sagaie dans la terre, et la bonne Ifara commença à le tirer en haut avec une corde. Mais, quand il fut près du bord, il cria : " En vérité, en vérité, je t'aurai à présent, Ifara !"
Ifara fut si effrayée qu'elle lâcha la corde et Itrimoubé tomba juste sur sa sagaie, où il s'empala. Ifara ne savait plus où trouver son chemin et s'assit en pleurant. Bientôt un corbeau vint se poser près d'elle et elle lui chanta :
"Joli corbeau, joli corbeau,
"Je lisserai tes plumes noires
" Si tu veux m'emporter avec toi
" Vers le puits de mon père. "
Non, dit le corbeau, je ne t'emporterai pas ; tu n'aurais pas dû raconter que je mangeais des arachides vertes!

Il vint ensuite un milan, et elle lui chanta :
" Mon beau milan, mon beau milan
"Je lisserai tes plumes grises
" Si tu veux m'emporter avec toi
" Vers le puits de mon père. "
Non, dit le, milan, je ne t'emporterai pas. Tu n'aurais pas dû raconter que je mangeais des rats morts.

La pauvre Ifara regrettait bien d'avoir été si bavarde, et elle pleurait amèrement, quand elle aperçut un joli pigeon bleu qui roucoulait : " reou, reou, reou " et elle lui chanta :
" Joli pigeon, joli pigeon,
" Je lisserai tes plumes bleues,
" Si tu veux m'emporter avec toi
" Vers le puits de mon père. "
Reou! reou! reou! Viens, jeune fille, roucoule le pigeon bleu. J'aime à prendre pitié de ceux qui souffrent.
Et il l'emporta vers le puits de son père et la posa sur un arbre, juste au-dessus de la source.

Elle n'y était pas depuis longtemps quand leur petite esclave noire vint puiser de l'eau, et, en se penchant, elle vit comme dans in miroir le visage d'Ifara dans le puits, et elle crut voir sa propre figure.
- Vraiment! pensa l'esclave, je suis bien trop jolie pour porter cette vilaine cruche !
Et elle jeta la cruche par terre et la brisa, pendant qu'Ifara criait :
- Mon père et ma mère dépensent-ils leur argent à acheter des cruches pour que tu les casses ?
L'esclave regarda partout autour d'elle, mais ne vit personne et retourna à la maison.
Le lendemain matin, elle revint avec une autre cruche et, voyant la figure d'Ifara dans l'eau, elle cria :
- Non, jamais plus je ne porterai de cruche; je suis bien trop jolie! et elle cassa encore sa cruche.
Mais Ifara chanta de nouveau :
- Mon père et ma mère dépensent-ils leur argent acheter des cruches pour que tu les casses ?
L'esclave regarda de tous les côtés, et, ne voyant personne, elle courut à la maison, et raconta qu'il avait dans le puits quelqu'un qui parlait avec la voix d'Ifara.
Le père et la mère se mirent à courir, et quand Ifara les vit elle descendit de l'arbre, et ils pleurèrent de joie de se retrouver. Les parents d'Ifara furent s fâchés contre leurs deux aînées qu'ils les chassèrent de la maison et vécurent heureux avec Ifara.



merci à http://www.chez.com/feeclochette/Ailleurs/serpent.html


Dernière édition par le Lun 16 Oct - 0:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Contes et légendes de Madagascar   Lun 16 Oct - 0:16

encore et encore

L'Histoire de Raboutity


Citation :
(Conte malgache.)

Un jour, Raboutity grimpa sur un arbre, mais comme la branche était pourrie, il tomba et se cassa la jambe. Assis par terre, et tenant sa jambe cassée entre les mains, il dit :
- L'arbre a cassé la jambe de Raboutity; il n'y a rien de plus fort que l'arbre.
- C’est vrai, je suis fort, dit l'arbre, mais le vent me plie et me casse.
Le vent plie l'arbre; l'arbre casse la jambe de Raboutity, il n'y a rien de plus fort que le vent.

- C’est vrai, je suis fort, dit le vent; mais le mur se dresse et je ne peux plus passer.
Le mur arrête le vent; le vent plie l'arbre; l'arbre casse la jambe de Raboutity; il n'y a rien de plus fort que le mur.

- C’est vrai, je suis fort, dit le mur; mais le rat ronge le mortier et fait un trou.
Le rat troue le mur; le mur arrête le vent; le vent plie l'arbre; l'arbre casse la jambe de Raboutity; il n'y a rien de plus fort que le rat.

- C’est vrai, je suis fort, dit le rat; mais le chat me mange.
Le chat mange le rat; le rat troue le mur; le mur arrête le vent; le vent plie l'arbre; l'arbre casse la jambe de Raboutity; il n'y a rien de plus fort que le chat.

- C’est vrai, je suis fort, dit le chat; mais la corde m'étrangle.
La corde étrangle le chat; le chat mange le rat; le rat troue le mur; le mur arrête le vent; le vent plie l'arbre; l'arbre casse la jambe de Raboutity; il n'y a rien de plus fort que la corde.

- C’est vrai, je suis forte, dit la corde; mais le couteau me coupe.
Le couteau coupe la corde; la corde étrangle le chat; le chat mange le rat; le rat troue le mur; le mur arrête le vent; le vent plie l'arbre; l'arbre casse la jambe de Raboutity; il n'y a rien de plus fort que le couteau.

- C’est vrai, je suis fort, dit le couteau; mais le feu me brûle.
Le feu brûle le couteau; le couteau coupe la corde; la corde étrangle le chat; le chat mange le rat, le rat troue le mur; le mur arrête le vent; le vent plie l'arbre, l'arbre casse la jambe de Raboutity; il n'y a rien de plus fort que le feu.

- C’est vrai, je suis fort, dit le feu, mais l'eau m'éteint.
L'eau éteint le feu; le feu brûle le couteau; le couteau coupe la corde; la corde étrangle le chat; le chat mange le rat ; le rat troue le mur; le mur arrête le vent; le vent plie l'arbre; l'arbre casse la jambe de Raboutity; il n’y a rien de plus fort que l'eau.

- C’est vrai, je suis forte, dit l'eau ; mais le bateau flotte sur moi.
Le bateau flotte sur l'eau; l’eau éteint le feu; le feu brûle le couteau; le couteau coupe la corde; la corde étrangle le chat ; le chat mange le rat; le rat troue le mur; le mur arrête le vent; le vent plie l'arbre; l'arbre casse la jambe de Raboutity; il n'y a rien de plus fort que le bateau.

- C’est vrai, je suis fort, dit le bateau, mais si je donne contre un rocher, il me brise.
Le rocher brise le bateau; le bateau flotte sur l'eau éteint le feu; le feu brûle le couteau; le couteau coupe la corde; la corde étrangle le chat; le mange le rat; le rat troue le mur; le mur arrête le vent; le vent plie l'arbre; l'arbre casse la jambe de Raboutity; il n'y a rien de plus fort que le rocher.

- C’est vrai, je suis fort, dit le rocher, mais le crabe me perce.
Le crabe perce le rocher ; le rocher brise le bateau ; le bateau flotte sur l'eau éteint le feu ; le feu brûle le couteau; le couteau coupe la corde; la corde étrangle le chat; le mange le rat; le rat troue le mur; le mur arrête le vent; le vent plie l'arbre; l'arbre casse la jambe de Raboutity; il n'y a rien de plus fort que le crabe.

- C’est vrai, je suis fort, dit le crabe, mais l’homme m’attrape et m’arrache les pattes.
L’homme attrape le crabe; le crabe perce le rocher; le rocher brise le bateau; le bateau flotte sur l'eau éteint le feu; le feu brûle le couteau; le couteau coupe la corde; la corde étrangle le chat; le mange le rat; le rat troue le mur; le mur arrête le vent; le vent plie l'arbre; l'arbre casse la jambe de Raboutity; il n'y a rien de plus fort que l’homme.

- C’est vrai, je suis fort, dit l’homme, mais Zanahary, le dieu malgache, me fait mourir.
Zanahary fait mourir l’homme; l’homme attrape le crabe; le crabe perce le rocher; le rocher brise le bateau; le bateau flotte sur l'eau éteint le feu; le feu brûle le couteau; le couteau coupe la corde; la corde étrangle le chat; le mange le rat; le rat troue le mur; le mur arrête le vent; le vent plie l'arbre; l'arbre casse la jambe de Raboutity; le rocher; l’arbre casse la jambe de Raboutity; rien n’est plus fort que Zanahary.



source : http://www.chez.com/feeclochette/Ailleurs/serpent.html
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MessageSujet: Re: Contes et légendes de Madagascar   Lun 16 Oct - 0:20

un dernier pour aujourd'hui


Le jeune orphelin haï par ses frères

Citation :
Il était une fois un homme et une femme qui avaient sept fils. Ils étaient tous forts et beaux, sauf le dernier, Faralahy, qui était chétif et de pauvre mine. Aussi ses frères se moquaient de lui et, quand leurs parents furent morts, ils le rendirent très malheureux, en lui faisant faire toutes sortes de travaux pénibles, et en le traitant, comme un esclave.
Un jour, le pauvre garçon se mit à réfléchir et se dit :
" Mon père est mort, ma mère est morte; mes frères, qui devraient les remplacer, sont méchants pour moi, et je suis pauvre et laid. Que, vais-je devenir ? Il faut que j'aille trouver Zanahary, le dieu des malgaches."

Donc, Faralahy commença par aller voir un vieillard, très, très vieux, nommé Rafouvatou, et lui dit :
- Je veux aller voir Zanahary, que faut-il que je fasse ?
Rafouvatou le regarda et, voyant que c'était un brave garçon, il lui dit :
- Mardi sera un bon jour pour commencer ton voyage, et tu réussiras sûrement si tu écoutes bien mes conseils.
- Je les écouterai, soyez sans crainte, dit Faralahy, dites-moi ce qu'il faut faire.
- Eh bien ! quand tu seras de l'autre côté de cette grande montagne là-bas, tu verras un beau champ de cannes à sucre; ce sont les cannes à sucre de Zanahary ; tu n'y toucheras pas, tu marcheras toujours au millet de la route. Un peu plus loin, tu verras des moutons ; ils seront très gros et très gras. Ce sont les moutons de Zanahary ; tu les laisseras tranquilles. Quand tu seras de l'autre côté de la vallée, tu verras de magnifique orangers avec des oranges grosses comme ta tête; ce sont les oranges de Zanahary; tu n'en prendras pas. Quand tu auras gravi une autre montagne, tu verras des bœufs énormes; ce sont les bœufs de Zanahary ; tu ne leur jetteras pas de pierres et tu ne les effraieras pas. Un peu plus loin, tu verras un beau puits plein d'eau claire et limpide; c'est la source dorée de Zanahary; même si tu as très soif, tu n'en boiras pas. Et quand tu seras arrivé à la demeure de Zanahary, s'il n'est pas à la maison, tu salueras sa femme, et si elle t'offre à boire, tu feras bien attention de ne pas toucher l'anse de la cruche. "
Faralahy remercia Rafouvatou, et se mit en marche.

Bientôt, il vit le champ de cannes à sucre, mais il resta bien au milieu de la route, et se contenta de dire : " Quelles belles cannes à sucre! " Un peu plus loin, il rencontra les moutons et s'écria : " Quels magnifiques moutons! " mais sans se détourner de son chemin. Il continua d'avancer, et, voici : il vit les orangers, tout chargés d'oranges grosses comme sa tête! Il avait faim, il avait soif, mais il ne se dérangea pas de son chemin. Puis il passa devant les bœufs : " Quel superbe troupeau ! " dit Faralahy, mais sans s'approcher d'eux. Enfin, il arriva près de la source dorée, il ne put s'empêcher de s'écrier : " Quelle eau pure et limpide, comme elle doit être délicieuse! " mais il n'y trempa même pas le bout de ses doigts!
A la fin, il arriva à la demeure de Zanahary. Zanahary n'était pas à la maison ; il n'y avait que sa femme.
Faralahy la salua bien poliment et lui demanda à boire et quand on lui présenta la cruche, il ne la prit pas; il ouvrit simplement la bouche et la servante lui versa de l'eau dedans.

Lorsque Zanahary rentra, il dit : " Que veut Faralahy, celui qui est haï par ses frères ? "
- Seigneur, dit Faralahy, je veux être beau et fort, car les gens me méprisent.
- Est-ce que tu as vu mes cannes à sucre, en venant ici ?
- Oui, mais je n'y ai pas touché.
- Est-ce que tu as vu mes moutons?
- Oui, mais le n'en ai point tué.
- Est-ce que tu as vu mes oranges, aussi ?
- Oui, mais je n'en ai point cueilli.
- Est-ce que tu as vu mes bœufs ?
- Oui, mais je ne leur ai point jeté de pierres.
- Est-ce que tu as vu ma source dorée ?
- Oui, mais le n'ai pas puisé de l'eau.
- Alors Zanahary se tourna vers sa femme.
- Est-ce qu'il vous a saluée, quand il est entré?
- Oui, dit la femme, et très poliment.
- Quand on lui a donné à boire, a-t-il seulement ouvert la bouche sans toucher à la cruche ?
- Oui, en vérité, répondit la servante.
Alors Zanahary toucha Faralahy, et il devint immédiatement un grand et beau jeune homme de robuste apparence. Il remercia et s'en retourna bien content.

Quand il arriva à la maison, ses frères ne pouvaient en croire leurs yeux.
- Est-ce toi, Faralahy, d'où viens-tu ?
- J'étais si malheureux, que je suis allé voir Zanahary, et voilà ce qu'il a fait de moi.
Alors les six frères se dirent :
- Nous, qui sommes déjà beaux et forts, si nous y allons aussi, certainement Zanahary fera de nous de superbes géants.
Ils allèrent trouver Rafouvatou, qui les regarda et leur dit :
- Vous pouvez partir mercredi, mais je ne vous garantis pas le succès. Cependant, si vous voulez vous abstenir de tout ce que je vous dirai, cela ira peut-être.
- Nous le ferons. Qu'est-ce que c'est ?
- Quand vous verrez les belles cannes à sucre de Zanahary, n'y touchez pas.
- C'est bien facile. Quoi encore ?
- Quand vous verrez les gros moutons de Zanahary, n'en tuez pas.
- Bien. Quoi de plus ?
- Quand vous verrez les énormes oranges de Zanahary, n'en cueillez pas.
- Nous n'en cueillerons pas. Autre chose ?
- Quand vous arriverez près des bœufs gras de Zanahary, ne les effrayez pas et ne leur jetez pas de pierres.
- Bien sûr que non. C'est tout ?
- Quand vous arriverez près de la source dorée de Zanahary, n'y puisez pas.
- Après ?
- Quand vous entrerez dans la demeure de Zanahary, s'il n'est pas là, saluez sa femme, et si on vous donne à boire, ne touchez pas à l'anse de la cruche.
- Ça va bien; ne craignez rien, c'est comme si nous y étions déjà et ce que nous allons être puissants !
Les six frères se mirent donc en route, et quand ils virent les délicieuses cannes à sucre, ils s'écrièrent : " Oh! comme elles sont mûres et juteuses! Une chacun, qui est-ce qui s'en apercevra ? "
Un peu plus loin, ils virent les moutons : " ils sont si gras, et il y en a tellement! Si nous n'avons rien à manger, nous ne pourrons jamais arriver au bout de notre voyage. "
Donc, ils tuèrent un mouton et le mangèrent.
Ensuite, ils virent les oranges, et comme ils avaient soif, ils en cueillirent plusieurs, et quand ils passèrent devant les bœufs, ils furent étonnés de leur grosseur ne purent s'empêcher de leur jeter des pierres. A source dorée, ils burent à longs traits et, quand ils entrèrent dans la demeure de Zanahary, ils ne saluèrent pas sa femme, mais lui demandèrent grossièrement boire; et quand on leur présenta la cruche, ils la saisirent par l'anse et la vidèrent tout entière.

Alors Zanahary entra.

- Que venez-vous chercher ici, vous six ?
Les frères firent un profond salut et dirent : " Nous sommes venus, seigneur, pour que vous fassiez de nous des géants ".
- Avez-vous vu mes cannes à sucre en venant ?
- Oui, mais nous n'en avons pris qu'une chacun.
- Avez-vous vu mes moutons ?
- Oui, et nous avions si faim que nous en avons mangé un.
- Avez-vous vu mes oranges ?
- Oui, et nous avions si soif que nous en avons cueilli quelques-unes.
- N'avez-vous pas jeté de pierres à mes bœufs ?
- C'est celui-ci qui en a jeté, dirent cinq des frères en montrant l'aîné.
- Quand ils sont entrés, vous ont-ils saluée, madame ?
- Non, vraiment, dit la femme.
- Et quand ils ont bu, ont-ils pris la cruche eux-mêmes ?
- Oui, dit la servante.
Alors Zanahary fronça le sourcil et leur dit:
- Vous vous êtes conduits comme des animaux privés de sens, devenez des animaux.
Aussitôt l'aîné devint un lézard, le second un serpent, le troisième une grenouille, le quatrième un crapaud, le cinquième, un caméléon et le sixième une chauve-souris, et il sauvèrent dans la forêt.

Faralahy hérita de leurs biens et devint riche et puissant.

Et les Malgaches terminent l'histoire par ce proverbe : Que celui qui est laid ne se décourage point; celui qui est beau ne soit point orgueilleux.




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MessageSujet: Re: Contes et légendes de Madagascar   Mer 18 Oct - 13:13

vos contes sont magnifiques et l'histoire de la grenouille m'a bien fait rire. Continuez car franchement c'est agréable à lire
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MessageSujet: Re: Contes et légendes de Madagascar   Ven 20 Oct - 10:29

çà doit sortir pour noël:



Citation :

“Mila loza”, pour transmettre aux enfants les vraies valeurs de notre société
Au moment où le monde du livre n’est pas au mieux de sa forme, Rakotoson Michèle a choisi de sortir son livre intitulé “Mila loza”. Il s’agit d’un conte de 36 pages illustré par des images destiné aux enfants. Rédigé en malgache et en français, cet ouvrage sera un outil indis-pensable non seulement à l’apprentissage de la langue française et malgache mais aussi à la transmission de la littérature dite orale malgache dont le conte.
Effectivement, les ouvrages de conte ne sont pas très nombreux dans la bibliographie malgache d’autant plus que les conteurs ne sont pas non plus très nombreux. La littérature orale qui renferme la plupart de nos valeurs ne se transmet pratiquement plus.
L’édition de cet ouvrage a été financé par la diaspora malgache de France. Leur objectif étant de promouvoir la lecture chez les jeunes malgaches mais aussi de réveiller l’intérêt des enfants par rapport à la richesse de ce genre qu’est le conte.
Ce livre devrait sortir au début du mois de novembre dans toutes les librairies de la capitale.
Contes, porteurs de valeurs culturelles
Tout comme les “Fables de la Fontaine”, nos contes sont également porteurs de valeurs et d’identité culturelles. A travers des petites histoires fantastiques, les enfants pourront facilement identifier les valeurs qui sont chères à la société qui est la nôtre.
Pour forger de bons citoyens, l’éducation des enfants devrait plutôt passer par des lectures de contes...
Répondre au besoin du jeune public
La sortie de cet ouvrage répond en quelque sorte à une demande spécifique. En effet, cette stratégie devrait faire partie de la politique de promotion de la lecture. Identifier le besoin du jeune public afin de susciter davantage son intérêt en présentant les ouvrages demandés.
Les ouvrages de conte ne sont certainement pas les plus demandés du moment. Par contre, la sortie de “Mila loza” est prometteur et pourrait susciter d’autres éditions.

Domoina M.


merci au journal : http://www.lequotidien.mg/article.php?art=12158&date=2006-10-20
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MessageSujet: Re: Contes et légendes de Madagascar   Ven 20 Oct - 14:25

rubis a écrit:
vos contes sont magnifiques et l'histoire de la grenouille m'a bien fait rire. Continuez car franchement c'est agréable à lire
Je suis d'accord avec toi rubis, cependant il ne faut pas être pressée car ils font plus de 2lignes, rien que de lire un nom malgache c'est un vrai hyéroglyphe, les noms de famille malgache sont de vrais supplices à lire, mon nom c'était "RAKOTONDRAZAY" et j'avais une copine qui s'appelait "RAKOTOANDRIANANDRASANA"
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MessageSujet: Re: Contes et légendes de Madagascar   Mer 13 Juin - 22:47

DES CONTES DE MADAGASCAR
ILLUSTRES PAR LES ENFANTS



http://www.refer.mg/cop/refmada/tcontes.html


Contes malgaches
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MessageSujet: Re: Contes et légendes de Madagascar   Ven 3 Aoû - 17:26

Un autre conte malgache...!




Imaitsoanala, la fille de l’oie sauvage.



Il y a très longtemps, vivait une oie sauvage géante prénomée Ivorombe. La beauté de son plumage blanc, gris et noir était remarquable. Ivorombe avait une haute opinion d’elle-même, aussi son attitude était superbe et élégante.



Un jour, en survolant l’océan, Ivorombe repéra une île isolée recouverte de toutes sortes de plantes et de milliers d’orchidées colorées, toutes plus extraordinaires les unes que les autres. L’oie décida de s’y installer. Elle construisit une maison au sommet d’un coteau, au bord de l’océan.

Ivorombe estima qu’elle ne pouvait s’abaisser à s’occuper elle-même de tâches domestiques, aussi acheta-t-elle une petite esclave.

C’était un joli coua malgache, un petit oiseau de couleur vert-gris avec une longue queue, qui préférait sautiller que de voler.
L’oie la prénomma Iangoria.

Iangoria entretenait et nettoyait la maison. Elle cuisinait également pour l’oie sauvage pendant que celle-ci survolait la région dans tous les sens.

Ivorombe était très douée pour repérer, en plein vol, des objets de valeur dans les villes ou les villages. Elle les dérobait aussitôt et les apportait ensuite chez elle.

Les saisons passèrent, Ivorombe grandit et pondit plusieurs œufs, qu’elle couva. Environ un mois plus tard, les oisons sortirent des œufs, ils grandirent et s’envolèrent. Tous, sauf un, la coquille de l’œuf restait intacte !

Ivorombe l’oie sauvage le retira et le déposa dans une corbeille tressée, dans un coin de sa cuisine, avec l’intention de le manger plus tard. Puis elle l’oublia.

Quelques jours plus tard, Iangoria le coua malgache se rappela du contenu de la corbeille.
-Maîtresse, nous avons encore cet œuf non éclos dans la cuisine. Le désirez-vous cuit et servi avec le riz ? demanda la petite esclave.
-Non, ça va pour aujourd’hui, dit l’oie sauvage. Je n’ai plus faim, Iangoria, laissons-le pour demain.

Et ainsi de suite, jour après jour.
Plusieurs semaines s’écoulèrent lorsqu’un midi, la petite esclave alla finalement chercher l’œuf. A sa grande surprise, il était éclos !
Pourtant au lieu de trouver un oison, c’était un adorable bébé qui était couché dans le panier tressé.


à suivre...
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MessageSujet: Re: Contes et légendes de Madagascar   Ven 3 Aoû - 17:57

suite...


Stupéfaite, la servante s’écria :
- Maîtresse, venez vite ! Voyez, un bébé est sorti de votre œuf !
- Un bébé ? Que me racontes-tu là ? Ce n’est pas possible !
L’oie sauvage s’approcha de la corbeille et s’exclama :
-Oh, le beau bébé ! C’est une petite fille, je vais l’appeler Imaitsoanala.

Puis, soudain perplexe, le grand oiseau porta son aile à son bec et hésita :
- Mais comment vais-je le nourrir ? Je suis un oiseau ! Je ne peux pas l’allaiter !
- Pourquoi ne pas voler une vache pour que l’enfant ait du lait ? suggéra Iangoria.
Sitôt dit, sitôt fait.

L’oie sauvage enleva une vache bien grasse à un fermier et l’attacha dans son jardin. La grosse bête donnait chaque jour du bon lait pour le bébé.
La maman oie s’emparait des vêtements qui séchaient au soleil dans les villages pour habiller la petite fille.
Elle fabriqua même un berceau avec du roseau. Elle couchait l’enfant dans ce petit lit avec précaution et la couvait du regard avec fierté.

Un jour, l’oie sauvage appela sa servante.
- Iangoria, je vais m’absenter. Promets-moi de surveiller mon bébé et ne t’éloigne pas du berceau.
- Je veillerai sur elle, maîtresse, dit le coua malgache en hochant la tête.

L’oie Ivorombe partit à la maraude. Avec sa vue perçante, elle scrutait du ciel les belles choses puis elle les raflait et les rapportait pour son enfant.

A chacun de ses retours et avant de se poser sur le sol, elle l’appelait en chantant :
-Imaitsoanala, ô, ma fille ! Pourquoi ne te montres-tu pas ? Pourquoi ne viens-tu pas m’accueillir ? Mais le bébé ne lui répondait pas !

Imaitsoanala était bien trop petite pour parler et pour courir à sa rencontre. Ce silence vexait beaucoup l’oie sauvage. Elle prenait un air offensé et entrait dans la maison.
- Oh, ça pue l’homme ! ça pue l’homme dans cette maison !
- Maîtresse, il n’y a personne d’autre ici ! La petite et moi étions seules ! s’étonnait l’esclave.
- Iangoria, j’avais seulement peur que quelqu’un ne soit venu et n’ait volé mon bel enfant. Dis-moi, lui as-tu donné assez de ce bon lait ?
- Oui, maîtresse, je l’ai fait boire et elle a bien bu !
- A-t-elle bien dormi dans son berceau ?
- Oui, maîtresse, elle a bien dormi !
Les jours passaient ainsi.

La petite fille sortit de son berceau et se mit à marcher.
Elle trottait dans le magnifique jardin qui entourait la maison.
La maman oie et la servante veillaient sur elle.

la suite bientôt...
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MessageSujet: Re: Contes et légendes de Madagascar   Lun 6 Aoû - 20:23

Citation :


La légende de l’ananas



Madagascar est une très belle île, dans laquelle, il n’y a pratiquement pas de bêtes féroces. En dehors de l’homme évidemment.

Ah, si pourtant. Il y a des crocodiles et des requins. Qui d’ailleurs se détestent cordialement.

Vous me direz que les requins vivants dans les eaux salées et les crocodiles dans des eaux douces, ils n’ont que peu de chance de se rencontrer.

Et pourtant, si. Ils se rencontrent dans les eaux saumâtres des estuaires

Un jour, il y a bien longtemps, une Maman crocodile se promenait avec toute sa progéniture dans les eaux saumâtres d’un fleuve qui se jetait dans la mer, lorsque soudain, elle se trouva en face d’un énorme requin.

La maman n’avait pas peur pour elle-même, elle était prête au combat, mais il fallait qu’elle mette ses petits à l’abri.

Alors, vite, vite, elle les rassembla derrière elle, puis d’un magistral coup de queue, elle les envoya dans les airs, pour qu’ils soient en sécurité à l’intérieur des terres.

Les petits crocodiles ont la tète plus lourde que la queue. Aussi, quand ils retombèrent, les tètes s’enfoncèrent dans la terre. Pour se dégager, ils agitèrent frénétiquement leur queue qui finit par se déchirer en lanières.

Mais les petits crocodiles ne purent se dégager. Alors, de leurs dents, des racines finirent par sortir. Sur les lanières de queue, des feuilles poussèrent. Un nouveau végétal était né : L’ananas.

Et c’est pourquoi, aujourd’hui encore, quand vous voyez un ananas vous pouvez constater qu’il est recouvert d’écailles, des écailles de petits crocodiles qui vous rappellent son origine

source : Aristée http://aristee.canalblog.com/archives/souvenirs/index.html
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MessageSujet: Re: Contes et légendes de Madagascar   Ven 31 Aoû - 11:26

Histoire de SOKAKE (la tortue)
SOKAKE (soukaké)


IL ETAIT UNE FOIS..(.Indray andro hono)


il y a bien longtemps, un jeune homme appelé SOKAKE [ soukaké ] qui habitait un vaste pays lointain où le soleil brille toujours dans un ciel de couleur bleu profond., un pays appelé Madagascar et où la nature offre de paysages variés :

- de forêt dense toujours verte avec de grands arbres qui déploient leurs grandes feuilles vertes.

- de forêt sèche avec de grands palmiers ou de grands arbres bouteilles appelés BAOBABS

- de forêt d'épineux avec des cactus de toutes les formes…

Et c'est là... dans le SUD MALGACHE domaine de la "forêt d'épineux" appelée aussi "BUSH" que s'est déroulée L'HISTOIRE de SOKAKE [ soukaké ] .

SOKAKE aimait bien faire la fête et, le soir venu partait avec ses amis danser de villages en villages. Dans la journée, il devait travailler avec son père. Comme tous les paysans du sud malgache, Sokake était bouvier : il gardait dans les prairies un troupeau de zébus, des vaches à bosses et à cornes.

Mais fatigué de sa tournée nocturne, Sokake tardait souvent à se réveiller…

Un jour... Il y eut un deuil dans le village. Comme tous les habitants se connaissaient, chacun avait un devoir de visite et de veillée pour le réconfort et le soutien des parents du défunt.
Les parents de Sokake partirent alors accomplir leur devoir envers leurs voisins. Et tout le village passa la nuit à veiller. Puis le lendemain, vint le moment de l'enterrement.
Mais Sokake était toujours absent. Où était-il ? Que faisait-il ?

Sokake s'amusait comme à l'accoutumée dans les villages environnants. Il ne vit pas passer le temps!

Le village mit donc le défunt en terre. Sur le chemin du retour pour son village, Sokake croisait du monde…C'étaient les paysans qui revenaient de l'enterrement.
Ils ne lui disaient rien mais leurs regards lui lançaient des reproches:

"O QUELLE HORREUR ! Sokake avait complètement oublié son devoir envers son village !

Quelle honte pour un jeune homme en âge de prendre une épouse !
Il aurait pu au moins rendre visite aux parents du défunt !
Ses amusements habituels l'avaient retenus et il avait tout oublié ! ... "
Et à chaque fois que des regards se posaient sur Sokake, il devenait de plus en plus petit… changeait de couleurs et …
SOKAKE FINIT PAR DEVENIR UNE TORTUE !

La carapace de la tortue cachait la honte du jeune homme.

Et c'est ainsi que les tortues s'appellent aujourd'hui SOKAKE dans le sud de l'île.

Dans le sud de Madagascar où tout le monde connaît cette histoire, il y est interdit de tuer et de manger une tortue. Quand on y rencontre une tortue, il est de coutume de la cacher avec une branche de feuilles vertes; ou mieux encore, la remettre dans le bois.
Et c'est ainsi que les Malgaches ont pu préserver les belles tortues de l'île, ces créatures uniques au monde.
Comme tous les contes malgaches, celui-ci se termine par :

"ANGANO, ANGANO
ARIRA, ARIRA !
IZAHO MPAMAKY…
NY VAOTAVO !
IANAREO MPIHAINO"

Prononcez :
[ angaN angaN
ariR ariR
izaH MpamaC
n vouataV
ianaré MpiHaïN ]


"contes, contes
balivernes et balivernes !
A moi, de casser la calebasse …
Censée contenir les bonnes paroles !
A vous, d'en retenir l'essentiel"


A RETENIR :
1 - Nous avons chacun des libertés et des droits mais aussi et surtout des devoirs envers nos prochains.

2 - Au sein des sociétés de TRADITION ORALE, les INTERDITS tiennent une place importante dans l'éducation.

A Madagascar, NE PAS TUER LA TORTUE revient à LA PROTEGER puis à PROTEGER SON MILIEU, bref à PROTEGER LA NATURE.

le geste rituel associant la tortue et les feuilles vertes nous rappelle aussi que LA FAUNE et LA FLORE DOIVENT TOUJOURS ALLER ENSEMBLE


Source :
http://pageperso.aol.fr/Mahagagamada/rafarahendry.html
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MessageSujet: Re: Contes et légendes de Madagascar   Mer 18 Fév - 20:31

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MessageSujet: Re: Contes et légendes de Madagascar   Sam 10 Mar - 23:31

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