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 Racisme primaire contre un métis malgache en Auvergne

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R@koto
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Masculin Nombre de messages : 5876
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MessageSujet: Racisme primaire contre un métis malgache en Auvergne   Ven 13 Oct - 22:59

le racisme ne passera pas



Citation :
Clément aura 13 ans le 19 octobre et il n'a plus de maison. Clément vit dans un bungalow, à quelques kilomètres de Clermont-Ferrand, et il frissonne de peur, chaque matin, quand ses parents partent travailler. Dans la nuit du 25 au 26 septembre, son père, François Philippe, l'a découvert prostré, sur son lit, tandis que de hautes flammes dévastaient le pavillon familial d'une superficie totale de 439 mètres carrés. Aujourd'hui, il ne reste plus grand-chose de la bâtisse. Mais l'incendie a épargné les inscriptions qui se détachent, en grandes lettres noires, sur les façades avant et arrière : "SALE NÈGRE", "NEGRO TU VA CREUVE" et "BATAR". De temps à autre, des curieux s'aventurent à Espirat, petit village de 315 habitants, au coeur de la Limagne, et jettent un oeil avide sur la maison en ruine, dont l'entrée est barrée par un ruban jaune de la gendarmerie.


François Philippe, 43 ans, ne supporte plus les badauds, les questions pressantes, les regards lourds. Quand il marche dans les débris calcinés de ce qui fut sa maison, il baisse la tête. Ecarte du pied un vélo d'enfant. Effleure de ses mains noueuses un parpaing noirci. Il aimerait comprendre. François Philippe est métis, né d'un père malgache et d'une mère anglaise. Technicien dans un bureau d'études, il dit n'avoir jamais souffert du racisme. Jusqu'à ce dimanche de mai 2003, quand tout a commencé.

C'était le jour de la Fête de la pierre et du vin. Le vieux fort du village était paré de mille couleurs, et les gamins couraient dans les ruelles. Venu d'un village voisin, François Philippe construisait, seul, sa maison, depuis 2002. A mains nues, un peu à l'écart de la départementale qui traverse Espirat. Charpente, menuiserie, plomberie, électricité, il s'occupait de tout. C'était son rêve, son bonheur promis, pour héberger sa deuxième femme, Véronique, et Clément, né d'un premier mariage. Deux chambres avaient même été prévues à l'étage pour accueillir des enfants de la Ddass.

"Dans la matinée, se souvient François Philippe, j'ai découvert une feuille de papier, type A4, posée sur une truelle. Des lettres avaient été découpées dans un journal, puis collées sur la feuille. Ça disait : "PAS DE NÈGRE À ESPIRAT, PREMIER AVERTISSEMENT." Je n'ai pas compris, j'ai cru à une plaisanterie. Il n'y avait aucune raison de mal m'accueillir, ici. Mais je suis quand même allé à la gendarmerie, pour faire une main courante. Ils ont conservé le mot. Moi, je n'avais jamais eu de problèmes en France. A Espirat, je n'avais senti aucune animosité, j'étais venu ici pour la tranquillité."

L'affaire en reste là. Les gendarmes ne s'inquiètent pas outre mesure, pas plus que le maire, Daniel Rousselot. "Que pouvait-on faire de plus, dit aujourd'hui l'élu. Les gendarmes ont fait ce qu'ils ont pu, avec leurs moyens." Pendant trois ans, il ne se passe plus rien. François Philippe continue à bâtir son rêve, pierre après pierre, la maison sort de terre, le couple et l'enfant s'installent dans les chambres.

Chaque week-end, chaque soir, l'homme travaille sur le chantier. Il choisit les meilleurs matériaux. En guise de poutres, il achète de gros rondins à Saint-Flour, qu'il fait sécher pendant trois ans avant de les placer avec soin, dans le salon. "Je n'ai pas pris de vacances pendant trois ans, ni ma famille d'ailleurs. Cette année, seulement, on a réussi à partir une semaine, à Noirmoutier."

Un jour de février 2006, Véronique Philippe, Clément à ses côtés, ouvre la boîte aux lettres. François Philippe ne se rappelle plus vraiment la date. Il se souvient seulement que c'était la semaine où Youssouf Fofana, le chef autoproclamé du "gang des barbares de Bagneux", responsable du meurtre d'Ilan Halimi, s'était enfui en Côte d'Ivoire.

Dans une enveloppe, une feuille A4, à nouveau. Toujours ces lettres, découpées dans un journal. Et ce mot : "LES NÈGRES AU BÛCHER, DEUXIÈME AVERTISSEMENT." Désormais, la famille vit dans la peur. Une plainte est déposée. "Le petit était terrorisé, il pleurait tout le temps. Il y avait un tas de bois derrière la maison, je l'ai déplacé. "Les nègres au bûcher", on avait compris ce que ça voulait dire. Et chaque soir, je laissais mon tuyau d'arrosage prêt, au cas où. C'était dur à vivre, on ne parvenait pas à palper la chose qui nous voulait du mal."

La famille vit repliée sur elle-même. Le village ne sait rien de ce drame intime, ou feint de l'ignorer. Arrive mai 2006, la France fête la commémoration de l'abolition de l'esclavage.

Un matin, à 6 heures, en rentrant de son travail, Véronique Philippe regarde sa maison, écarquille les yeux, les bras ballants. Dans la nuit, les inscriptions racistes ont été dessinées sur la façade. A l'arrière, une croix a été peinte sur un mur, surmontée de trois points. Cette même croix est dessinée sur le pare-brise de la vieille 406 de François Philippe, à hauteur du conducteur. "J'ai tout de suite pensé au Ku Klux Klan, indique François Philippe, les trois points, c'était pour ma femme, mon fils et moi." Au boulot, ça va mal. La situation pèse sur son moral. "Je ne dormais plus, je multipliais les bêtises, j'ai même eu un blâme. Je me sentais responsable de tout ça. Et puis j'ai fini par en parler à mes collègues."

Les gendarmes pataugent. Pas facile de cerner l'adversaire invisible. Ils épluchent le passé de François Philippe, ne lui découvrent aucun ennemi. Auditionnent à tour de bras. Sans résultats. Le 11 septembre, trois carreaux de la maison sont brisés, deux à l'étage, un au rez-de-chaussée. Quinze jours plus tard, c'est le drame. "Vers 3 heures, le 26 septembre, j'ai été réveillé par une explosion. Je me suis levé, j'ai vu que le garage et le toit de la maison étaient en feu, ça sentait l'essence dans le salon. J'ai couru voir mon fils, il était assis sur son lit. On a couru dehors, j'ai eu le temps de prendre mon portefeuille, mes clés de voiture. Dire que le soir même, Clément m'avait dit : "Papa, il y a quelqu'un dehors." Il était en crise, il pleurait, je ne l'ai pas cru." De la maison du voisin, en pyjama et en claquettes, il voit sa vie s'envoler en fumées noirâtres. Son fils à ses côtés, en larmes, son jouet préféré arraché aux flammes dans les bras.

Gérard Davet
Article paru dans l'édition du 13.10.06

François Philippe, en pyjama, a vu depuis chez les voisins sa maison partir en fumée le 26 septembre. Depuis quatre ans ce technicien dans un bureau d'études construisait son pavillon de ses mains à Espirat (Puy-de-Dôme)

THIERRY ZOCCOLAN POUR "LE MONDE"


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Mélodie
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MessageSujet: Re: Racisme primaire contre un métis malgache en Auvergne   Sam 14 Oct - 22:45

oh que c'est dégoûtant!!!
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Robinson
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MessageSujet: Re: Racisme primaire contre un métis malgache en Auvergne   Dim 15 Oct - 20:43

Dégoûtant est un faible mot !
C'est littéralement à dégueuler

J'espère seulement que les flics feront leur boulot correctement et arrêteront ce fou dangereux car pour faire des choses pareilles, faut vraiment être un malade...direction HP et directement piqué ! !
J'espére au moins que le village a soutenu cette famille et les a aidé !

En savez-vous davantage ?
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Langevine974
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MessageSujet: Re: Racisme primaire contre un métis malgache en Auvergne   Dim 15 Oct - 21:24

Dégueulasse et pitoyable!!!! J'espère que justice sera faite.
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rubis
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MessageSujet: Re: Racisme primaire contre un métis malgache en Auvergne   Mer 18 Oct - 13:47

il n'y a pas de mot assez fort pour qualifié ce "crime" comment peut on encore à notre époque agir de la sorte c'est affreux. Mais il est vrai que dans certain coin de France le racisme existe toujours c'est plus que dégueulasse.
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Mélodie
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MessageSujet: Re: Racisme primaire contre un métis malgache en Auvergne   Mer 18 Oct - 14:57

c'est vrai, le racisme est plus présent surtout dans les petis bleds mais bon ... faut bien qu'il y en ait
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MessageSujet: Re: Racisme primaire contre un métis malgache en Auvergne   

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